Le Poste parisien est une station de radio parisienne généraliste privée diffusée du au , puis de juin 1981 à 1987.

Historique Paul Dupuy, directeur du quotidien Le Petit Parisien, qui se targue à l'époque d'être , décide d'investir dans une station de radiodiffusion qu'il nomme Poste du Petit Parisien et qui commence à émettre le à partir d'un studio situé 18 rue d'Enghien à Paris, dans l'immeuble abritant le service de rédaction et l'imprimerie du journal sur le toit duquel est installé un émetteur de faible puissance (). Ce nouveau poste peine à trouver son public face à d'autres postes mieux installés comme Radiola.

La « Compagnie Générale d'Énergie Radio-Électrique Poste Parisien » est créée le pour prendre en charge la gestion du Poste du Petit Parisien. Le , un décret du ministre des PTT autorise le Poste du Petit Parisien à transférer son émetteur aux Molières (Seine-et-Oise) dans la banlieue sud-ouest de Paris, à en augmenter la puissance et à changer de nom pour devenir « Le Poste Parisien ».

Les 24 et , le Poste Parisien inaugure fastueusement son nouveau siège et ses studios du 116 bis, avenue des Champs-Élysées en présence du président de la République Paul Doumer, du président du Sénat Albert Lebrun, de différents ministres et du maréchal Pétain. Avec la mise en service le même jour de son nouveau puissant émetteur de , il devient une des radios les plus puissantes de France et audible sur tout le territoire français mais aussi dans une grande partie de l'Europe et en Afrique du Nord.

Sous l'impulsion de Roger Sallard et de Jean Grünebaum, la station propose un programme populaire avec des jeux, des feuilletons et de grandes émissions de variété enregistrées en public et accueille dans ses studios toutes les célébrités du moment. Maurice Bourdet, ancien journaliste au Petit Parisien, créé le Journal Parlé et en devient le rédacteur en chef. , malgré la concurrence de Radio-Cité et Radio-Luxembourg. Au début de 1934, Jean Grünebaum décide de doter la station d'un orchestre de jazz, « Le Jazz du Poste Parisien », dont la direction est confiée à Lucien Moraweck et qui enregistre quelques disques chez PathéJean-Jacques Ledos, Petite contribution à l'histoire de la radio, éditions L'Harmattan, , 2012 , .. La même année, Maurice Diamant-Berger monte une émission radiophonique enregistrée comme un film grâce au sélénophoneRobert Prot, Précis d'histoire de la radio & de la télévision, éditions L'Harmattan, 2007 , ..

La guerre

Paul Edmond Decharme déclare : « Le Petit Parisien répudie les hommes et les coutumes qui l'ont jeté dans l'abîme... » et insiste sur l'attachement du journal à la personne du Maréchal Pétain. Conformément à cette devise, les rédacteurs juifs sont exclus du Journal ; un extrait d'arbre généalogique et un certificat de race aryenne sont exigés et une nouvelle équipe se met en place. Les services de sténo-radio et de propagande sont dirigés par Gilbert Cesbron.

C'est de ces studios que les Parisiens entendent aussi la première radio libérée de Paris le .

L'après-guerre Le , les installations des anciens postes privés parisiens sont réquisitionnées par l'État. Le , Le Poste Parisien, Radio-Cité, Radio 37, Radio Île-de-France et Radio Normandie constituent le groupement professionnel de la radio privée pour défendre leurs droits, mais l'ordonnance du révoque toutes les autorisations d'exploitations accordées avant-guerre aux radios privées et instaure un monopole d'État sur la radiodiffusion française qui empêche le Poste Parisien de retrouver son autorisation d'émettre. La réquisition des installations du Poste Parisien est levée le , mais la loi sur le monopole ne lui permet pas de reprendre ses émissions. La Radiodiffusion française doit maintenant lui payer un loyer pour continuer à occuper ses locaux du 116 bis, avenue des Champs-Élysées où une bonne partie des émissions de radio de la RTF (feuilletons radiophoniques) sont enregistrées.

Tout en continuant de louer ses locaux à la RTF ou à des sociétés privées de cinéma, la société Poste Parisien poursuit son activité en se tournant vers la postproduction sonore en cinéma à partir de 1951 sous le nom de Studio Kleber. Les doublages sont réalisés sous la direction de Serge Luguen. Le studio réalise aussi les doublages de nombreuses séries télévisées comme Les Incorruptibles, Aventures dans les îles, Bonanza, Le Fugitif, L'Homme à la Rolls, Mission Impossible, Les Envahisseurs, Mannix, L’Homme de fer, Au-delà du réel et Max la Menace. En 1967, l'activité d'enregistrement sonore est suspendue, car les studios du Poste Parisien deviennent inutilisables à cause des nuisances occasionnées par les travaux de reconstruction du nouveau Lido qui emménage au rez-de-chaussée dans les locaux voisins du cinéma Normandie en 1969. Quelques années plus tard, Europasonor (le studio où enregistrait Claude François) s'installe en partie dans les studios du Poste Parisien avant qu'ils ne retombent à nouveau en léthargie à partir de 1978.

Dans les années 1970, la société Poste Parisien SA, dirigée par Pierre Charié-Marsaines, continue d'exister. Le Groupe Amaury (Le Parisien libéré, L'Équipe...), qui l'a racheté en 1960, la maintient en activité, car elle est engagée dans un long combat juridique avec l'État dans lequel elle souhaite obtenir ses dommages de guerre.

La renaissance En juin 1981, à la faveur de l'explosion des radios libres, le président du Poste Parisien SA, soutenu par son propriétaire le Groupe Amaury, revendique dans un article du Parisien libéré le droit historique de sa société à émettre à nouveau en tant que radio locale privée en compensation des dommages que l'occupation allemande puis le monopole d'État lui ont fait subir depuis 41 ansArticle du Monde, juillet 1981.. Le Poste Parisien commence d'émettre en juin 1981 depuis le siège de ses studios historiques au 116 bis, avenue des Champs-Élysées, d'abord brièvement sur , puis sur .

La Commission consultative des radios locales privées lui demande en 1983 de se regrouper dans la « Fréquence Presse », un attelage pluraliste imposé qui réunit les projets radiophoniques du Matin de Paris, de L'Unité, de L'Humanité, de La Croix, de Bayard Presse, de l'Équipe et du Parisien, qui conserve le nom de Poste Parisien et émet sur à partir du . Avec un budget mensuel de , la station est uniquement financée par ses journaux actionnaires puisque la loi interdit aux radios locales privées toutes formes de recettes publicitaires« Vous avez dit pluraliste... », L'Unité, 30 septembre 1983, sur unite.jean-jaures.org..

En 1985, elle prend le nom de Top 101, avec un format sport et musique, puis diffuse le programme Europe 2 jusqu'en 1987.

En 1990, Hit FM, propriété du groupe Europe 1, qui diffuse le programme Europe 2 à Paris sur , change de nom pour devenir Programme Europe 2 sur le Poste Parisien, nom qu'elle abandonne en 1994.

Identité sonore et visuelle Logos

Slogans 1932 à 1940 : « Le Poste français que le monde écoute » 1985 : « Top 101, la radio qui s'écoute des oreilles aux doigts de pied »

Indicatif L'indicatif du Poste Parisien de 1932 à 1940 était la musique du chant militaire le Régiment de Sambre-et-Meuse.

Organisation Dirigeants Président Pierre Charié-Marsaines : 1960 - 1987

Directeurs généraux Paul Dupuy : - Pierre Dupuy : 1927 - Roger Sallard : - (codirecteur) Jean Grünebaum : 1944 - 1957 Marie-Odile Amaury : - 1987

Directeur artistique et directeur des programmes Jean Grünebaum : - Directeur administratif

Marcel Lemonon : 1925 - 1944

Rédacteur en chef Maurice Bourdet : -

Directeur de l'information Bertrand Etienne : - 1985

Capital vignette|upright|Façade du Poste Parisien au 116 bis, avenue des Champs-Élysées en septembre 1941, alors réquisitionnés pour Radio-Paris. La « Compagnie Générale d'Énergie Radio-Électrique Poste Parisien » est une société anonyme au capital de créée le . La CSF, propriétaire de Radio Paris, est présente dans le capitalCaroline Ulmann-Mauriat, Naissance d'un média : histoire politique de la radio en France (1921-1931), éditions L'Harmattan, , 2000 , . qui est porté à par décision de l'assemblée générale extraordinaire du Action au porteur de la Compagnie Générale d'Energie Radio-Electrique Poste Parisien, Paris 1933, sur numistoria.com..

En 1957, les neveux de Pierre Dupuy revendent la Société du Petit Parisien à Marcel Boussac, qui la revend trois ans plus tard, en 1960, à Émilien Amaury, qui en fait l’acquisition pour le compte de la société du Parisien libéréFonds 11AR Le Petit Parisien, Archives nationales (site de Paris).. De 1960 à 1987, la SA Poste Parisien est la propriété du Groupe Amaury.

Sièges Le premier siège et le studio du Poste du Petit Parisien étaient situés 18 rue d'Enghien à Paris, dans l'immeuble abritant le service de rédaction et l'imprimerie du journal Le Petit Parisien.

En 1929, la station s'installe dans de somptueux studios ultra modernes au 116 bis, avenue des Champs-Élysées dans le de Paris (bâtiment abritant aujourd'hui le Lido), conçus par l'architecte Chatelan, et qui comprennent un grand auditorium de deux cents mètres carrés et six mètres de hautPhotographie du grand auditorium du Poste Parisien en 1934, sur Flickr.com., un studio pour la musique de chambre, un studio pour les émissions parlées, une salle d'écoute, une salle de montage, une salle de contrôle technique et les loges des animateurs et artistes.

Programmes Le Poste Parisien est une radio généraliste pour son information et ses programmes, mêlant les émissions culturelles et les émissions de divertissement. Elle diffuse beaucoup d'émissions de variété en public, des jeux, du théâtre radiophonique, des concerts de musique classique, mais aussi de jazz, enregistrés par les meilleurs orchestres de l'époque dans son grand auditorium des Champs-Élysées. Le service des radioreportages est très actif, l'actualité parisienne et les sports constituant les principaux sujets du Journal Parlé.

Émissions Émissions de 1924 à 1940 Tirage de la loterie nationale : émission présentée par Georges Briquet de 1933 à . L'Heure des amateurs : radio-crochet du Poste Parisien présenté par Georges Briquet et qui révéla notamment Bourvil. Jazz Tango : émission musicale de jazz interprétée par « Le Jazz du Poste Parisien » et diffusée le samedi soir à partir de 1934. Les meilleurs enregistrements de jazz : émission hebdomadaire de promotion des disques du « Jazz du Poste Parisien » présentée par Jacques Canetti de 1934 à 1935. La Vie en société : série de petites comédies animées par Jean Nohain. Les Potins de Paris : émission de Jean Nohain. 1935 : Le Salon des amis de Mireille : émission de Mireille, présentée par Jean Nohain, diffusée tous les jeudis, dans laquelle Mireille reçoit des invités (Paul Valéry, Mistinguett, Marguerite Long, Marie Laurencin) avec qui elle vient de déjeuner au Fouquet's de l'autre côté de l'avenue des Champs-Élysées« Les chemins de Mireille : 1933-1939 Retour à Paris », Le Hall de la chanson (lire en ligne).« Espace Jean Nohain », Musée européen de la communication, Château de Pignerolle (lire en ligne).. En correctionnelle : parodies burlesques des procès de l'administration jouées par Jean Nohain, Claude Dauphin, Marguerite Moreno et Pauline Carton. La Course au trésor : adaptation d'un jeu américain présenté par Pierre Dac de à dans lequel il s'agit de trouver dans Paris un objet dans des conditions rocambolesques et selon des indices donnés par Pierre Dac à l'antenne. la Société des Loufoques : émission humoristique de Pierre Dac et Fernand Rauzéna composée de chansons délirantes et de sketchs mettant en scènes des personnages insolites comme le commissaire Lachnouf, MM. Charpailloux, Bouillongras et Fraisaulard. Mémoires : vie de Sacha Guitry racontée par l'auteur.