La bataille de Flavion est un combat opposant des unités blindées françaises et allemandes le autour de Flavion et de Florennes, près de Charleroi en Belgique, dans le cadre de la bataille de France. Il s'agit de la deuxième bataille de chars de mai- après la bataille de Hannut (12-), précédant celle de Montcornet ().

L'enjeu pour les Français est la résorption de la tête de pont de Dinant établie par les Allemands depuis deux jours, ou au moins de stopper son extension. Mais la bataille de Flavion se solde par la destruction rapide des unités blindées françaises engagées, mettant en exergue leurs défauts par rapport à leurs homologues allemandes : inadéquation du ravitaillement, coopération interarmes insuffisante, faiblesses des transmissions (notamment la radio dans les chars) malgré les qualités certaines des blindés français..

La victoire des blindés allemands à Flavion leur ouvre la voie vers la frontière française, où ils perceront le secteur fortifié de Maubeuge dans la foulée.

Contexte historique

Le , le Troisième Reich lance une grande offensive sur les Pays-Bas, le Luxembourg, la Belgique et la France dans ce qui sera appelé la bataille de France.

Les Allemands appliquent le plan jaune : leur groupe d'armées B attaque les Pays-Bas et avance dans la plaine belge, y attirant ainsi l'aile marchante des Franco-Britanniques qui suivent le plan Dyle-Bréda prévu dans le cas d'une telle offensive allemande dans les pays neutres. Dans le même temps, le groupe d'armées A allemand, avec en premier échelon ses formations de chars (la et la ), lance l'attaque principale au centre de la ligne de front, à travers les Ardennes, et atteint ainsi la Meuse le 12 au soir, la franchissant en force le lendemain.

Prélude à la bataille Progression des chars allemands de Dinant vers Philippeville thumb|left|Situation générale le au soir des , , et françaises attaquées par les corps blindés allemands, avec le mouvement de la DCr pour réduire la tête de pont établie par Hoth.

Ainsi, la ( du général Hoth) traverse le fleuve (face à la française du général Corap) au niveau de Houx et Bouvignes (situés au nord de Dinant), établissant le 13 une tête de pont profonde jusqu'à Haut-le-Wastia et Onhaye, repoussant devant lui le d'armée français du général Martin et le d'armée.

La est constituée de deux divisions blindées : au nord la Panzerdivision de Max von Hartlieb-Walsporn, au sud la d'Erwin Rommel. Le lendemain, bientôt flanquées par les divisions d'infanterie qui arrivent peu à peu sur la Meuse, les divisions de Hoth cherchent à progresser vers l'ouest : la progresse peu dans cette direction mais la avance jusqu'à Anthée, au sud-est de Flavion et menace de percer sur la route de Philippeville.

Arrivée de réserves françaises en vue d'une contre-attaque Pendant ce temps, le matin du 14, le groupe d'armées français, jusqu'alors focalisé par la situation préoccupante à Gembloux où combat la , enlève à cette dernière la cuirassée ( DCr) de Marie-Germain-Christian Bruneau pour la diriger en soutien du d'armée (), devant la menaçante tête de pont de Dinant établie par la qu'il faut empêcher d'une progression plus en avant vers Philippeville.

Bruneau se voit ainsi confié par Corap la mission de contre-attaquer le soir même du 14. Il prépare ainsi une attaque qui a pour objectif, en partant du nord de Flavion, d'atteindre Rapport Martin, qui commandait à l'époque le d'armée, cité par . et de . Cette première attaque, menée seulement par la DCr doit être un Journaux des marches et des opérations de la DINA, cité par ..

Pour le lendemain est prévue une attaque aux objectifs de plus grande envergure avec deux régiments de tirailleurs de la d'infanterie nord africaine ( DINA) du général Sancelme. Cette division, en réserve du d'armée depuis le , vient de monter en ligne dans l'après-midi du 14 face à la . L'attaque ainsi prévue avec ces deux divisions a pour objectif .

Mais la DCr qui fait route depuis Fleurus où elle était en réserve de la , n'arrive pas entièrement à temps sur place à cause de l'encombrement des itinéraires de cette armée et du retard qu'a mis l'ordre de déplacement à parvenir à certaines unités. Première arrivée, la demi-brigade lourde doit ravitailler pour attaquer mais le train de ravitaillement de la division n'arrive, comme la demi-brigade légère, que dans la nuit jusqu'au lendemain matin, la contre-attaque du soir du est donc impossible. L'arrivée de la DCr n'est néanmoins pas détectée par les Allemands.

Puis c'est l'attaque du lendemain qui est compromise par un ordre de la , qui fixe au soir du 14 de nouveaux objectifs défensifs à la DINA car dans la journée l'aile droite du d'armée vient d'être repoussée de la Meuse qu'elle tenait encore autour de Givet. Ainsi, sans autre support d'infanterie que son bataillon de chasseurs portés, la DCr n'a plus les moyens de l'attaque prévueUne attaque pour « reprendre du terrain perdu » devait être menée avec l'aide de divisions d'infanterie, sans elles la DCr ne pouvait que mener des contre-attaques pour donner un « coup d’arrêt destiné à briser l’élan de l’ennemi » . et reçoit finalement l'ordre par le général Martin de se tenir en retrait « pour agir en contre-attaques limitées afin de maintenir l'intégrité du front »Rapport Martin, qui commandait à l'époque le d'armée, cité par ..

Forces en présence cuirassée thumb|Char français B1 bis, baptisé « Var », du BCC abandonné sur panne à Ermeton le à la veille de la bataille. lourde : de chars de combat ( BCC, 35 chars Renault B1-bis) ; de chars de combat (35 chars Renault B1-bis) ;

légère : de chars de combat (45 chars Hotchkiss H-39) ; de chars de combat (45 Hotchkiss H-39) ;

de chasseurs portés (BCP) ;

d'artillerie tout-terrain (RATT, trois groupes de ).

(ne participe pas à la bataille étant encore sur la rive orientale de la Meuse) (2 bataillons de chars soit au : 105 Panzer I et II, 44 Panzer III et IV, 11 chars de commandements)

(deux bataillons de fusiliers) (deux bataillons de fusiliers) (trois groupes) (bataillon antichar) (bataillon de reconnaissance) (bataillon de pionniers)

et (3 bataillons de chars soit au : 102 Panzer I et II, 91 Panzer 38(t), 24 Panzer IV, 8 chars de commandements)

(deux bataillons de fusiliers) (deux bataillons de fusiliers) (trois groupes) (bataillon antichar) (bataillon de reconnaissance) (bataillon de pionniers)

Déroulement de la bataille vignette|droite|Carte de la bataille

Le à l'aube, la cuirassée est déployée face à l'est avec sa demi-brigade lourde en avant, le BCC étant au sud d'Ermeton tandis que le BCC est au nord de Flavion. La demi-brigade légère (les chars H39) est placée en retrait, le BCC au sud-ouest de Stave et le BCC au nord de Corenne. Enfin, le bataillon d'infanterie ( BCP) et les groupes d'artillerie ( RATT) sont à l'arrière près de Florennes, le divisionnaire est à Stave.

En raison du retard du train de ravitaillement, seul le BCC a pu se ravitailler en essence dans la nuit.. Les chars des autres bataillons devront faire le plein pendant des combats. Ce manque de carburant ne permet pas à la DCr d'appliquer l'ordre venant du général Martin de se tenir plus en retrait à l'ouest, seul le RATT se replie vers Erpion à l'exception temporaire de la .

La première unité allemande qui arrive au contact des unités françaises au petit matin est le de la , qui venant de Morville rencontre le BCC autour de Flavion : les blindés légers allemands ne faisant pas le poids face aux B1-bis, les Allemands engagent leurs canons antichars pour se défendre. Par ailleurs les chars du BCC, faute de carburant en quantité suffisante, ne peuvent empêcher la progression de la 7. PzD vers Philippeville. Celle-ci menace ainsi le BCC de débordement, qui se replie donc, mettant de fait le BCC dans une situation similaire ; la 2/ BCC contre attaque alors mais échoue face au nombre, le BCC doit se replier à son tour. Ses chars, n'ayant plus de carburant, se fixent sur des hauteurs d'où ils tiennent en respect les Allemands.

Le général Bruneau envoie la (douze chars) du BCC en renfort auprès du , mais elle est bloquée au sud de Biert de front par les chars de la et attaquée de flanc par ceux du de la : les douze chars français sont perdus.

Pressé de poursuivre vers l'ouest, le général Hoth donne l'ordre à la de s'occuper de la division française, tandis que la doit se lancer vers Philippeville. La division du général Rommel décroche donc vers le sud-ouest à partir de , défilant à côté du dispositif français qui la tient encore en partie sous son feu, malgré l'intervention de l'artillerie et de l'aviation allemande. La seule batterie d'artillerie française cause notamment des difficultés aux Allemands, mais faute de nouveaux ordres, elle se replie à 11h. De son côté, la division du général von Hartlieb-Walsporn se regroupe pour l'assaut : en début d'après-midi, sa Panzer-Brigade 5 est prête.

Soutenus par les canons antiaériens de utilisés en antichars, par les bombardiers en piqué et par l'artillerie de divisionnaire, les chars allemands mettent en déroute d'abord le BCC autour de Flavion ; puis c'est au tour des et BCC d'Ermonton à Stave. L'ordre de repli est finalement donné par le général Bruneau à . La DCr a perdu dans l'affaire la majorité de ses chars : par exemple le BCC perd 22 de ses 35 B1-bis dans la journée, soit mis hors de combat par les Allemands, soit en panne sèche (dans ce cas incendiés lors des replis) ; le BCC perd ses derniers chars à Beaumont le lendemain. Seul le BCC a été relativement épargné, disposant encore de la moitié de son effectif.

Conséquences La DCr est contrainte de se replier à l'ouest sur Solre-le-Château. À l'issue de ses combats à Flavion, elle a perdu environ 100 chars, le BCC est anéanti et il ne reste plus qu'une compagnie aux et BCC. De leur côté les Allemands ont perdu entre 60 et 100 chars, 20 automitrailleuses et 20 canons antichars..

Le lendemain, la DCr tente de défendre Beaumont mais doit à nouveau se replier abandonnant la dernière compagnie du BCC, une du BCC ainsi que deux batteries du RA. Le , le général Bruneau et une partie de son état-major est capturé à Bantouzelle.

À partir du , dans la région d'Esternay à à l'ouest de Sézanne, le général Welvert reconstitue à partir des débris et de renforts une nouvelle DCr qui sera ensuite redéployée dans l'Oise afin de protéger la française.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Plan Dyle Campagne des 18 jours Armée française en 1940 cuirassée (DCr)

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