vignette|Fleurs de plante femelle du genre végétal Cannabis avec des trichomes visibles.
Le cannabis se présente sous forme de fleurs, de feuilles, de résine ou d'huile. Le nom commun « cannabis », calqué sur le latin, se réfère principalement en français contemporain à l'utilisation des plantes du genre végétal éponyme (le genre Cannabis) pour leurs effets psychoactifs et médicinaux. Le principal constituant psychoactif présent dans ces plantes est le tétrahydrocannabinol (THC), parmi les 483 composés connus, dont au moins 84 autres cannabinoïdes, tels que le cannabidiol (CBD), le cannabinol (CBN), et la tétrahydrocannabivarine (THCV). L'usage du cannabis comme substance récréative a progressivement mis au point diverses recettes, préparations et modes de consommation.
Les recherches sur la dangerosité de la marijuana pour les populations, bien que toujours controversées au , ont conduit à son inscription comme étant une drogue dans la convention unique sur les stupéfiants de 1961. Ainsi, la détention, le commerce, la promotion et la consommation de marijuana ont été interdits au cours du dans la majorité des pays du monde. Le cannabis reste malgré cela très consommé comme psychotrope, notamment en Amérique du Nord et en Europe.
Étymologie et dénominations Le mot cannabis serait issu du grec κάνναβις kánnabis, « chanvre » emprunté aux Scythes, également emprunté en persan sous la forme polytonique کنب (kanab), en arabe قنب (qunneb), en slavon konopia, lié à konopí, en germanique hanapiz, lié à hemp et Hanf. Il faut remarquer toutefois que Alexandre de Théis et Jacob Golius soulignent que le mot polytonique قنب (qaneb) est connu de temps immémorial chez les ArabesAlexandre Étienne Guillaume baron de Théis, Glossaire de botanique, Paris, 1810, p. 87, et tandis que le naturaliste français Édouard Grimard est persuadé que le mot est soit de l’arabe qaneb (« chanvre »), soit du celtique can ab (« petit roseau »)Édouard Grimard, La Plante: Botanique simplifiée, Paris, 1863, p. 431, Antoine-Paulin Pihan, lui, considère que chanvre, chènevis et cannabis viennent tous de l’étymon arabeAntoine Paulin Pihan, Dictionnaire étymologique des mots de la langue française dérivés de l’arabe, Paris, 1847, p. 89. C’est également l’avis des co-auteurs de l’anthologie Le Livre du cannabis (Tigrane Hadengue, Hugo Verlomme, Michka, Saskia Van den Bosch)Tigrane Hadengue, Hugo Verlomme, Michka, Le Livre du cannabis : le XXIe siècle sera-t-il psychédélique ?, Georg éditeur, Éditions Médecine et hygiène, Département livre Georg, 1999, p. 756.
Le cannabis est parfois surnommé « l'or vert ».. Il est aussi connu dans le langage populaire sous des dizaines de surnoms plus ou moins imagés comme : le cannabis récréatif en général : cannabis, chanvre récréatif, chanvre indien ; les fleurs (et feuilles) : marijuana, mariejeanne, weed, ganja, beuh, pot (en français québécois), zamal (en créole réunionnais) ; la résine (et autres parties pressées) : haschich, hasch, double H, shit, kif, jaune, mousseux ; frozen ; 3x filtré ; la cigarette roulée : joint, bedo, pétard, spliff (anglicisme employé lors de mélange de cannabis avec du tabac) ; l’huile de cannabis.
Biologie et culture
D'après les recherches récentes, et bien que les auteurs soient encore hésitants sur la séparation en plusieurs espèces distinctes, il s'agirait plus probablement d'une seule et même plante : l'espèce végétale Cannabis sativa, avec de nombreuses variantes. Dans les milieux industriels ou agricoles, c'est de préférence le mot français chanvre qui est utilisé au pour désigner les plants ou la matière qu'ils produisent« Parlons chanvre » dans Les Échos du chanvre, hiver 98/99, - .. C'est le taux de tétrahydrocannabinol présent dans chaque variété botanique ou cultivars de Cannabis sativa qui détermine si elle est utilisée comme chanvre à usage agricole ou bien pour ses substances chimiques. De par le monde, on a ainsi sélectionné progressivement un grand nombre de lignées de cannabis en fonction de l'usage que l'on souhaite en faire ou des réglementations locales.
Histoire
thumb|Carte actuelle du cimetière de Jirzankal (Pamir, Chine), site des premières preuves de la consommation de cannabis thumb|Localisation du Rif, premier lieu de production et de transformation au monde.
Le Maroc est le premier producteur mondial de cannabisVoir sur yabiladi.com.. Le cannabis consommé en Europe provient principalement de la région du Rif, une région montagneuse située dans le Nord du Maroc. Le chanvre serait cultivé dans le Rif depuis le , soit depuis plus d'un millénaireHistorique de la culture de cannabis au Maroc d'après l'UNODC. Le cannabis marocain est appelé le kîf (venant du mot katf, garrot, qui sert à lier), peut être issu des rameaux d'herbes liés et conditionnés pour le séchage. En arabe ou dialecte marocain (darija), il peut être aussi appelé zatla, hashish, zakataka, al hasha, al hanchla, flitoxa, ghalghoula, aachour, tbisla, frimija, etc. après transformation en drogue.
Cannabinoïdes dans la plante Plus de soixante cannabinoïdes sont recensées dans les différents cultivars de Cannabis. Le tétrahydrocannabinol (THC), le cannabidiol (CBD) et le cannabinol (CBN) sont les plus répandues des cannabinoïdes. La biosynthèse du (CBD) et du (THC) se fait directement dans des glandes spécialisées présentes sur toutes les parties aériennes (trichome) de la plante, alors que le (CBN) résulte de l'oxydation du (THC) à la suite de l'exposition prolongée à l'air et/ou au soleil. Le développement de ces glandes débute avec la formation des bractées. Sur un autre plan, nous pouvons notifier que les facteurs régulant la production de cannabinoïdes ne sont que partiellement connus de nos jours.
Dès lors, on recense plusieurs recherches scientifiques sur les caractéristiques de ces cannabinoïdes : Il est prouvé par Haney et Kutscheid que le stress environnemental augmente de manière importante la quantité de Δ 9-tetrahydrocannabinol. (Haney and Kutscheid, 1973 ; Coffman and Gentner, 1975)Une théorie plus générale est énonce que les aspects qualitatifs dépendent de la génétique de la plante et que les aspects quantitatifs sont influencés par des facteurs environnementaux. Voir sur unodc.org.< (Fairbairn and Liebmann, 1974 ; Latta et Eaton démontrent que les cannabinoïdes jouent le rôle d'agents défensifs, contre la dessiccation, les parasites, les UV-B, le froid et les micro-organismes (Latta and Eaton, 1975).
Usage psychotropique
Le chanvre est largement utilisé pour les propriétés dysleptiques induites notamment par la présence de tétrahydrocannabinol (THC). C'est le cas essentiellement de trois des quatre sous-espèces qui peuvent être consommées directement après la récolte incluant cannabis sativa, cannabis indica et cannabis afghanica.
La sous-espèce Cannabis ruderalis, essentiellement cultivée pour la production de chanvre textile, ne contient pas suffisamment de THC pour provoquer des effets psychotropes. Elle n'est utilisée par les cultivateurs de cannabis que pour effectuer des croisements en vue d'obtenir une meilleure résistance et une floraison plus précoce. Actuellement, presque tous les cultivars utilisés pour l'auto-consommation sont des hybrides de ces quatre espèces. Pour la production d'hybrides, les sous-espèces cannabis indica et cannabis sativa sont essentiellement utilisées.
Modes de consommation thumb|Exemple de « tête » de cannabis. thumb|Un morceau de haschich. thumb|Une sebsi (Maroc). thumb|redresse=.6|Vaporisateur avec tube flexible.
Le cannabis peut se présenter sous différentes formes : fleurs séchées femelles (5-25 % THC) (qui forment les « têtes » ou « cocottes »), appelées « », ou des feuilles séchées (habituellement, les feuilles de la couronne fleurie des plantes femelles, appelées ) ; huile de haschich (60-90 % THC), concentré issu d'une extraction à l'aide de solvants (généralement solvant apolaire car le THC est soluble dans ceux-ci). Les feuilles sont mélangées au solvant pendant quelques minutes puis retirées par filtration. Le solvant est ensuite évaporé pour laisser apparaître l'huile ; pollen (~30 % THC), aussi appelé skuff, appelé ainsi par analogie avec le pollen des botanistes mais qui n'a en réalité rien à voir : le vrai pollen de la plante, poussière jaune produite par les pieds mâles au moment de leur reproduction, ne contient pas de substance active. Il s'agit ici de la poudre résineuse obtenue en battant des ballots de tissus remplis de fleurs de cannabis (têtes). La poudre, composée de billes de résines microscopique ainsi récupérée, est ensuite compactée en bloc, ce qui donne le haschich.
Le cannabis est généralement consommé dans des cigarettes artisanales appelées « joints », « pétards »Le cannabis sur le site du ministère de l'Intérieur français, « spliff », « boze », « tar-pé », ou « cigarettes magiques ». D'autres modes de consommation existent : pipe, chillum, etc., avec ou sans tabac ; « bang » (ou « bong »), une pipe à eau à travers laquelle la fumée est refroidie et filtrée avant d'arriver aux poumons : la quantité aspirée est plus importante et les effets plus rapides et plus intenses qu'avec un joint ; gâteaux (« », plus généralement « edibles ») : contrairement à l'inhalation où les molécules passent dans le sang via les poumons, l'ingestion va faire passer les principes actifs via le foie. L'apparition des effets est plus long, entre 30 minutes et 2 heures mais ceux-ci sont plus intenses car presque l'intégralité du THC ingéré va être ressenti (contre 50% par inhalation) mais aussi parce que les métabolites produits par le foie (11-hydroxy-THC) sont plus puissants. Les effets durent également plus longtemps (entre 6 et 12 heures) ; vaporisation : ce mode de consommation est présenté comme sain, comme les gâteaux, car il ne présente pas les dangers liés aux produits de combustion addictogènes et cancérigènes : goudrons, oxyde de carbone, etc. Le principe est de faire circuler de l'air chaud à une température inférieure à la température de combustion de la cellulose (env. 230°C). Les cannabinoïdes volatils (entre 150°C et 210°C) contenus dans les fleurs vont ainsi être extraits et inhalés. Par ailleurs la quantité de cannabis nécessaire est moins importante car le THC n'est pas détruit par la chaleur de la combustion. C'est le mode de consommation privilégié par les utilisateurs de cannabis à des fins thérapeutiques.
Dangerosité, comparée à celle d'autres substances
Il est difficile de comparer la dangerosité de psychotropes car leurs toxicité et effets varient selon les usages, doses, fréquences, modes de consommation, raisons de la consommation (récréative ou médicale par exemple), contexte social, des combinaisons de produits, de l'état de santé du consommateur etc. Les classifications dépendent des caractéristiques comparées (addictivité, nocivité et autres effets sur le comportement).
À partir du moment où le mode de consommation du cannabis est sain, c'est-à-dire sans combustion (vaporisation, ingestion), le cannabis est régulièrement présenté comme moins dangereux que l'alcool. L'alcool ne contient qu'une substance active, l'éthanol, alors que le cannabis contient plusieurs cannabinoïdes actifs. L'élimination de l'alcool du corps est relativement rapide alors que les composés actifs du cannabis, accumulés dans les tissus adipeux ont une demi-vie de plusieurs jours (4,3 jours en moyenne pour le THC éliminé principalement dans les selles). Cependant, alors qu'il existe une dose léthale d'alcool estimée à 4g par litre de sang (une bouteille d'1L à 40% d'alcool contient 315 grammes d'alcool pur) on estime qu'il est impossible de mourir par overdose de cannabis. Enfin, le cannabis (tant qu'il n'est pas fumé) même s'il peut laisser brumeux, ne provoque pas d'effet “gueule de bois”. Ces deux substances altèrent fortement la capacité à conduire un véhicule.