Les élections législatives polonaises de 2005 () se tiennent le afin d'élire les de la législature de la Diète et de la législature du Sénat pour un mandat de quatre ans.

Le scrutin a été remporté, à la majorité relative, par le parti conservateur Droit et justice (PiS), et les partis de droite et de centre droit dans l'ensemble.

Contexte thumb|Le président du Conseil des ministres, Marek Belka. Lors des élections législatives de 2001, l'Alliance de la gauche démocratique (SLD), formation sociale-démocrate fondée en 1999 sur la base d'une coalition créée en 1991 par d'anciens communistes, avait raté de peu la majorité absolue à la Diète, avec 41 % des voix et 216 députés sur 460. Afin de se placer au pouvoir, elle avait formé une coalition gouvernementale avec le Parti paysan polonais (PSL), plus vieux parti du pays et titulaire de 42 parlementaires, grâce à ses 9 % des voix.

La droite, désormais représentée par la Plate-forme civique (PO) et Droit et justice (PiS), avait totalement chuté par rapport aux 261 élus obtenus, en 1997, par l'Alliance électorale Solidarité (AWS) et l'Union pour la liberté (UW), deux partis totalement discrédités et n'ayant pas atteint les 5 % nécessaires. La PO, deuxième parti du pays, devait se contenter de 12,7 % des suffrages et 65 sièges, tandis que le PiS, arrivé quatrième, rassemblait 9,5 % des voix et 44 élus. En troisième position, l'Autodéfense de la république de Pologne (SRP) réalisait le meilleur résultat pour une formation populiste, avec 10,2 % des voix et 53 députés. Enfin, une formation nettement classée à l'extrême droite, la Ligue des familles polonaises (LPR), avait réussi une forte percée avec 7,9 % des suffrages, soit 38 parlementaires à la Diète.

Investi président du Conseil des ministres le 19 octobre, le social-démocrate Leszek Miller remet sa démission environ deux ans et demi plus tard, le , soit au lendemain de l'adhésion de la Pologne à l'Union européenne. La SLD, alors frappée par les scandales de corruption, le remplace par Marek Belka, qui n'obtient la confiance des députés que lors de sa seconde tentative.

Les élections européennes du 13 juin 2004 confirment l'effondrement de la SLD, qui n'obtient que 9,4 % des voix, arrivant ainsi en cinquième position, derrière la PO, la LPR, le PiS et la SRP, tandis que la Social-démocratie de Pologne (SDPL), dissidence de l'Alliance dont elle soutient le gouvernement, réussit son entrée au Parlement européen avec 5,3 % des voix. Avec les 6,3 % du PSL, la coalition au pouvoir ne réunit donc que 21 % des suffrages.

Ayant décidé de rejoindre le Parti démocrate (PD), Belka remet sa démission, refusée par le président de la République, Aleksander Kwaśniewski, le .

Forces en présence Force politique Idéologie Chef de file Score en 2001 Alliance de la gauche démocratique (SLD) Centre gaucheSocial-démocratie, social-libéralisme, troisième voie Wojciech Olejniczak 41 % des voix216 députés75 sénateurs Plate-forme civique (PO) Centre droitLibéral-conservatisme, démocratie chrétienne Jan Rokita 12,7 % des voix65 députés2 sénateurs Autodéfense de la république de Pologne (SRP) GaucheÉtatisme, agrarisme, populisme, nationalisme Andrzej Lepper 10,2 % des voix53 députés2 sénateurs Droit et justice (PiS) DroiteConservatisme, nationalisme, euroscepticisme Jarosław Kaczyński 9,5 % des voix44 députés0 sénateurs Parti paysan polonais (PSL) Centre droitDémocratie chrétienne, conservatisme, agrarisme Waldemar Pawlak 9 % des voix42 députés4 sénateurs Ligue des familles polonaises (LPR) Extrême droiteConservatisme national, social, catholicisme, populisme Roman Giertych 7,9 % des voix38 députés2 sénateurs

Résultats Diète + Résultats des législatives polonaises de 2005Elections in Europe: A Data Handbook, Dieter Nohlen & Philip StöverFichier:Pologne Sejm 2005.svg Parti Voix % +/- Sièges +/- Droit et justice (PiS) 26,99 155 111 Plate-forme civique (PO) 24,14 133 68 Autodéfense de la république de Pologne (SRP) 11,41 56 3 Alliance de la gauche démocratique (SLD) 11,31 55 161 Ligue des familles polonaises (LPR) 7,97 34 4 Parti paysan polonais (PSL) 6,96 25 17 Social-démocratie de Pologne (SDPL) 3,890 Parti démocrate (PD) 2,450Plateforme de Janusz Korwin-Mikke (PJKM)1,570Mouvement patriotique (RP)1,050Parti travailliste polonais (PPP)0,770 Minorité allemande (MN) 0,29 2Parti national polonais (PPN)0,290Terre ancestrale (DO)0,280 Autres0,62 –0 –Suffrages exprimés96,40Votes nuls3,60Total100 – 460Abstention59,49Inscrits/Participation40,51

Sénat + Résultats des sénatoriales polonaises de 2005Fichier:Pologne Sénat 2005.svg Parti Voix % +/- Sièges +/- Droit et justice (PiS)20,80 49 49 Plate-forme civique (PO)16,94 34 32 Alliance de la gauche démocratique (SLD)12,90 0 75 Ligue des familles polonaises (LPR)12,39 7 5 Autodéfense de la république de Pologne (SRP)8,35 3 2 Parti paysan polonais (PSL)5,86 2 2 Parti démocrate (PD)2,83 0 Social-démocratie de Pologne (SDPL)2,38 0Plateforme de Janusz Korwin-Mikke (PJKM)1,55 0Parti du centre (PC)1,02 0 Autres3,42 –0 – Indépendants11,57 5 3 Total des voix 100 Suffrages exprimés96,52Votes blancs et nuls3,48Total100 – 100Abstention59,51Inscrits/Participation40,49

Analyse Le discrédit qui frappait, depuis 2004, la SLD se traduit dans les urnes, avec un recul de presque trente points. Avec 11,3 % des voix et la quatrième position, la formation connaît le plus mauvais résultat de son histoire. Cet effondrement, similaire à celui connu quatre ans plus tôt par l'Alliance électorale Solidarité (AWS), ne profite pas réellement aux autres forces du centre gauche et du centre, la SDPL et le PD échouant à entrer à la Diète, tandis que le PSL connaît un léger repli.

La victoire revient, en effet, aux forces du centre droit et de la droite, ainsi qu'aux populistes nationalistes, dans une moindre mesure étant donné la progression très modérée, voire le recul, de la SRP et de la LPR. En revanche, le progrès est manifeste pour la PO et surtout pour PiS, qui passe de quatrième à premier parti du pays, tout en devant se contenter d'une majorité relative. Dans l'ensemble, ce scrutin est un échec pour les formations pro-européennes et libérales, les partis nationalistes, conservateurs et étatistes remportant 46,4 % des voix et 235 députés, soit la majorité absolue.

La situation est accentuée au Sénat, où les sièges sont pourvus au scrutin uninominal majoritaire à un tour. Les sociaux-démocrates, qui avaient les trois quarts des sièges de l'assemblée sortante, en sont totalement évincés, tandis que les conservateurs ratent de deux sièges la majorité absolue. C'est la première fois, depuis les élections sénatoriales libres de 1989, qu'aucun parti de gauche n'est présent à la chambre haute. Là encore, dans l'ensemble, les forces nationalistes s'imposent nettement, avec 59 sénateurs, contre 36 aux formations europhiles.

Conséquences Alors que, tout au long de la campagne, Droit et justice et la Plate-forme civique avaient affirmé leur volonté de former un gouvernement de coalition, qui aurait donc disposé d'une forte majorité de 288 députés et 83 sénateurs, les deux formations sont incapables de trouver un accord. PiS choisit alors de former un gouvernement minoritaire et désigne, le 27 septembre, le député Kazimierz Marcinkiewicz, ancien président du groupe à la Diète, comme candidat aux fonctions de président du Conseil des ministres.

Ce dernier est officiellement nommé le 19 octobre par le président de la République, Aleksander Kwaśniewski. Son gouvernement, constitué de membres du parti et d'indépendants, prête serment douze jours plus tard devant le chef de l'État. Le 10 novembre, il remporte le vote de confiance à la Diète par 272 voix contre 187, grâce au soutien de la SRP, de la LPR et du PSL.

Références

Voir aussi Politique en Pologne Gouvernement Belka II Gouvernement Marcinkiewicz

Pologne 2005 Catégorie:2005 en Pologne Catégorie:Politique en septembre 2005