Modesty Blaise est un personnage de comic strip britannique qui met en scène un personnage de fiction du même nom, créé par Peter O'Donnell (écrivain) et Jim Holdaway (dessinateur) en 1963. Le strip suit les aventures de Modesty Blaise, jeune femme exceptionnelle dotée de nombreux talents et d'un passé criminel, et de son acolyte de confiance, Willie Garvin. Ce strip a été adapté au cinéma en 1966, 1982 et 2003, ainsi que dans une série de romans et nouvelles, à partir de 1965.
Présentation du personnage En 1945, une fillette sans nom s'échappe d'un camp de personnes déplacées (DP) à Kalyros, en Grèce. Elle n'a aucun souvenir de son passé récent et erre à travers la mer Méditerranée, le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord de l'après-guerre. Elle apprend à survivre à la dure et se lie d'amitié à un autre réfugié errant, un érudit juif hongrois originaire de Budapest du nom de Lob qui lui offre une éducation et un nom: Modesty (elle ajoutera « Blaise » plus tard, d'après le nom du tuteur de Merlin dans la légende arthurienne). Lob meurt lorsque Modesty a 12 ans. En 1953, elle finit par prendre le contrôle du gang criminel d'Henri Louche à Tanger et le développe jusqu'à un niveau international connu sous le nom de "Le Réseau".
Durant ces années, elle fait la connaissance de Willie Garvin. En dépit de la vie désespérée qu'il mène, elle perçoit son potentiel et lui offre de travailler pour elle. Inspiré par la confiance qu'elle lui accorde, il s’élève à la position de bras droit du Réseau et devient le meilleur ami et l'homme de confiance de Modesty. Ils partagent une relation strictement platonique basée sur le respect mutuel et les intérêts partagés. Willie Garvin l'appelle toujours "Princesse", une façon de s'adresser à elle qu'il est le seul à utiliser. D'autres membres du Réseau appellent Modesty "Mam'selle". Bien que leur relation ne comporte aucun aspect sexuel, ce sont les divers amants de Modesty qui sont souvent jaloux de Garvin, plutôt que l'inverse, car il est le seul homme qui fait toujours partie de sa vie, tandis qu'eux-mêmes vont et viennent. De même, certaines petites amies de Willie commencent par être jalouses de Modesty, avant de parvenir dans certains cas - comme Lady Janet - à comprendre comment fonctionne la dynamique entre eux.
Modesty obtient la nationalité britannique en épousant l'anglais James Turner à Beyrouth et divorce rapidement après ; Turner meurt un an plus tard d'alcoolisme. Lorsque Modesty estime avoir accumulé suffisamment d'argent, elle se retire des affaires et, s'étant fixé comme règle de ne jamais interférer avec les secrets du gouvernement de Sa Majesté, emménage en Angleterre, tout comme Willie Garvin. Mais tous deux s'ennuient dans leurs nouvelles vies de riches oisifs et ils acceptent d'aider Sir Gerald Tarrant, un fonctionnaire de haut rang des Services Secrets britanniques. C'est à ce moment que commence véritablement l'histoire, bien qu'elle soit présentée de manière différente dans le premier comic strip et dans le premier roman. La fortune de Modesty est estimée à 500.000 livres sterling en 1963. Elle vit à Londres dans un appartement de haut standing qui surplombe Hyde Park et possède également une villa à Tanger ainsi qu'un cottage à deux miles de Benildon dans le Wiltshire.
Nombre de ses aventures sont construites sur des virées dans lesquelles elle et Willie Garvin sont impliqués en raison de leur association avec Tarrant. Cependant, ils peuvent aussi bien décider d'aider de parfaits inconnus ou combattre divers méchants excentriques dans des endroits exotiques de leur propre gré si la cause correspond à leurs valeurs ; les "fantômes" liés à l'ancien Réseau émergent de temps à autre pour les hanter. Bien que Modesty et Willie n'hésitent pas à tuer si nécessaire, ils évitent autant que possible de le faire et se fient plutôt à leurs extraordinaires capacités physiques et martiales.
vignette|200px|Un yawara en forme d'haltère, appelé "kongo" dans Modesty Blaise Les combats que Modesty et Willie ont à affronter sont souvent très spéciaux. Peter O'Donnell met l'accent sur le combat à mains nues et les armes inhabituelles. L'arme favorite de Modesty est un "kongo" (ou yawara) et si, dans ses premières aventures, elle préfère le Colt calibre 32 et l'automatique MAB D calibre 32 ACP, dans les publications ultérieures elle change pour le pistolet automatique Star PD .45. De son côté, l'arme favorite de Willie est le couteau de lancer, dont il porte généralement une paire. De nombreuses autres armes bizarres (comme le bâton de combat, l'épée, la sarbacane ou la fronde) et des techniques de combat inattendues font aussi leur apparition.
Conformément à l’esprit de la "chronologie flottante" de toutes les séries de comic strips et des personnages de fiction, Modesty et Willie ne vieillissent généralement pas au fil des décennies, Modesty ayant toujours la vingtaine bien passée et Willie étant de huit ans son aîné. Les seules exceptions à cette règle se trouvent dans le strip racontant l'origine de Modesty (In the Beginning), dans le recueil de nouvelles de 1996 (Cobra Trap, qui est le dernier livre de Modesty Blaise et qui contient cinq histoires dans lesquelles l'âge de Modesty avance approximativement de 20 à 52 ans) et dans le film My Name Is Modesty (2003), préquelle dépeignant Modesty à la fin de son adolescence.
Dans l'ouvrage collectif Myths for the Modern Age: Philip José Farmer's Wold Newton UniverseWin Scott Eckert ed. (MonkeyBrain Books, 2005), Chuck Loridans publie un article intitulé The Daughters of Greystoke dans lequel il avance que Modesty est la fille de Tarzan et de La d'Opar.
Le comic strip Peter O'Donnell conçoit son personnage après une rencontre de hasard alors qu'il sert au Moyen-Orient. Après une courte période de collaboration avec Frank Hampson (le créateur de Dan Dare) qui le laisse sur sa faim, O'Donnell choisit de travailler avec Jim Holdaway, avec lequel il avait déjà travaillé sur le strip Romeo Brown. Modesty Blaise commença à paraître le dans l’Evening Standard ; le strip est repris par un grand nombre de journaux parmi lesquels le Johannesburg Star, le Detroit Free Press, le , The Telegraph, (Calcutta, Inde), The Star, The West Australian (Perth, Australie) et The Evening Citizen (Glasgow, Écosse).
Après la mort de Jim Holdaway en 1970, c'est l'artiste espagnol Enrique Badía Romero qui dessinera le strip. Huit ans plus tard, Romero abandonne pour se consacrer à d'autres projets de bandes-dessinées et, après deux courtes tentatives de et Patrick Wright, Neville Colvin dessinera le strip jusqu'en 1986, date à laquelle Romero reprend le collier et continuera jusqu'à l'arrêt de la série.
La publication du strip aux États-Unis est erratique, entre autres à cause des occasionnelles scènes de nu, beaucoup moins bien acceptées là-bas qu’ailleurs, ce qui a conduit à une version censurée du strip (Modesty utilise à l'occasion une tactique qu'elle appelle le "Clouage", par laquelle elle se présente seins nus afin de distraire les méchants suffisamment longtemps pour donner à Willie ou à elle-même une occasion de les mettre hors de combat). Un exemple de cette censure se trouve dans l'introduction du volume Death Trap (réimpression de Titan Books - 2007), qui illustre deux segments de l'arc narratif, The Junk Men qui avait été censuré par le Detroit Free Press lors de sa première publication en 1977 ; dans les deux cas, un carré a été dessiné par-dessus des images de Willie et Modesty légèrement vêtus. Selon certaines sources, bien que ces changements aient été apportés de la plume même de Romero, le dessinateur, Peter O'Donnell ne les avait pas approuvésLawrence Blackmore, "Preserving Modesty's Modesty" in Modesty Blaise: Death Trap. Titan Books, 2007..
Le dernier strip des aventures de Modesty Blaise est publié dans l’Evening Standard du ; certains des journaux publiant la série estiment que celle-ci était devenue un classique pour leurs lecteurs et commencent alors à la rééditer depuis le premier épisode. Peter O'Donnell, afin de donner à Romero un travail supplémentaire, lui accorde la permission d'adapter une de ses nouvelles () sous forme d'un roman graphique qui sera publié en Scandinavie en 2002 et réimprimé plus tard aux États-Unis dans un numéro spécial de .
Depuis le , le Evening Standard, qui avait arrêté de publier des comic strips depuis quelque temps, publie à nouveau La Machine dans sa version originale. À la suite d'un changement de propriétaire du journal, les histoires suivantes ne seront pas rééditées.
Numérotation des épisodes Les strips ordinaires de Modesty Blaise sont numérotés sans interruption de 1 à 10183. Cette numérotation n'inclut pas les deux histoires In the Beginning et The Killing Ground parues dans la presse, ni les deux comic books Modesty Blaise et The Dark Angels.
À côté de la numérotation ordinaire, on trouve également un certain nombre de « A-strips ». Un A-strip porte le même numéro que le strip précédent, mais suivi d'un « A ». Ils sont utilisés pour numéroter les épisodes parus les jours où certains des journaux publiant Modesty Blaise ne paraissaient pas. Un A-strip n'est pas vital pour la continuité de l'histoire et n'est souvent qu'un complément du strip précédent. Le premier A-strip est le « 194A » et fut publié à Noël 1963 dans les journaux écossais.
Depuis , le Evening Standard ne paraît plus le samedi. Donc, depuis lors (c'est-à-dire depuis l'histoire Cry Wolf), un sixième des strips ont été des A-strips et n'ont pas été publiés en avant-première par le Evening Standard.
Un seul strip est numéroté avec le suffixe « X ». Il s'agit du strip numéro « 3641X » et il est en tout point semblable aux A-strips.
Réimpressions De nombreuses rééditions du comic strip d'une qualité variable ont été publiées au fil des ans. La plupart concernent les premières histoires, tandis que les strips des années 1980 et 1990 sont les moins réédités.
L'une des premières compilation a été publiée en 1978 lorsque Star Books, une collection de la maison d'édition W. H. Allen Ltd, publie deux albums brochés des histories dessinées par Holdaway: 1) In the Beginning, The Black Pearl et The Vikings; 2) La Machine et The Long Lever. Ces rééditions souffrent d'une mauvaise qualité de reproduction qui rend de nombreux textes illisibles.
Entre 1981 et 1986, la maison d'édition américaine Ken Pierce Books Inc. coédite avec Eclipse Comics la réédition d'une série en huit volumes au format comic book sous-titrés Première édition américaine. Les quatre premiers livres contiennent des histoires dessinées par Holdaway dans les années 1960, tandis que les quatre derniers contiennent les strips du début des années 1980 illustrées par Neville Colvin. Ces livres souffrent également d'une mauvaise qualité de reproduction dont de nombreux textes imprimés trop clairs, ce qui les rend difficiles à lire.
Entre 1984 et 1988, la maison d'édition britannique publie huit volumes de rééditions de strips dessinés par Holdaway et Romero, couvrant la période allant de 1963 à 1974.
En 2003, la maison d'édition américaine Manuscript Press publie deux volumes des strips de Romero datant de la fin des années 1980 (Live Bait et Lady in the Dark); elle publie aussi toutes les histoires qui n'ont pas été rééditées par ailleurs sous forme de séries dans ses magazines Comics Revue et Modesty Blaise Quarterly, dont le premier, comme indiqué ci-dessus, a également publié The Dark Angels pour la première (et, à la date d'aujourd'hui, seule) fois en Angleterre. Comics Revue continue de réimprimer les strips de Modesty Blaise depuis 2008. La réédition de Titan Books