La tentative de contre-coup d'État à Kati et Bamako a lieu le et le , lors de la guerre du Mali. Après le coup d'État des bérets verts le , les bérets rouges tentent un contre-coup d'État, qui échoue.
Prélude Le , plus d'un mois après le coup d'État militaire de 2012 au Mali initié par le capitaine Amadou Haya Sanogo, des soldats du (RCP), surnommés les « bérets rouges », favorables à l'ancien président Amadou Toumani Touré, tentent un contre-coup d'ÉtatMali : les dessous d'un contre-coup d'état manqué, Jeune Afrique.
La raison ayant motivé cette tentative serait due à une rivalité avec les anciens putschistes de Sanogo, dit les « bérets verts ». Les troupes d'élite du RCP faisaient partie de la garde présidentielle de Amadou Toumani Touré, lequel était un ancien membre de ce corps.
Après le coup d'état, les 4 BRDM-2 du régiment à Djicoroni sont confisqués. À la suite de la chute de Gao, le régiment qui combattait au nord se replie sur Bamako, mais à son arrivée dans la capitale malienne, ses soldats sont désarmés, contrairement à ceux des autres corps.
Selon une source diplomatique
Selon une source sécuritaire à Bamako,
Le colonel décline l’invitation, mais par la suite, la rumeur se répand que les Bérets verts de Kati ont l'intention de faire une descente punitive contre Guindo pour avoir tenu tête à Sanogo. Aussi le , vers 14 heures, toutes les unités spéciales du RCP sont convoquées au camp de Djicoroni, base des bérets rouges.
Déroulement Le , les parachutistes « bérets rouges » attaquent le bâtiment de la radio et de la télévision publiques (ORTM), l’aéroport de Bamako, ainsi que le camp militaire de Kati. Le capitaine Alou Ongoïba dirige l’assaut de l’aéroport, le capitaine Békaye Bafa Samaké celui de l’ORTM et le capitaine El Hadj Sékou Diakité celui du camp de Kati. L'opération est coordonnée par le colonel Abidine Guindo et son adjoint le colonel Louis Somboro.
Selon le récit de deux soldats bérets rouges, leur groupe constitué de 13 hommes avec deux pick-up s'empare de l'aéroport, six bérets verts du CNRDRE y sont tués contre un mort chez les assaillants, le chauffeur d'un des véhicules. Mais les bérets verts contre-attaquent avec une quinzaine de pick-ups et une dizaine de blindés BRDM-2. Les commandos parachutistes prennent la fuite et traversent le fleuve avec des piroguesSlate Afrique : Mali: la mission impossible des bérets rouges.
L'offensive est un échec. Le , les bérets verts attaquent à leur tour et prennent le camp de Djicoroni, base du régiment des parachutistes. Les bérets rouges prennent la fuite avec femmes et enfants, certains se replient vers le camp d’entraînement de Samako, à l’ouest de BamakoFrance 24 : Le camp des bérets rouges pris par les ex-putschistes : "Un symbole de l’ancien pouvoir vient de s’écrouler".
Selon les sources, les affrontements auraient faits 11 à 14 morts et 40 blessés.
Les pertes Selon Abdoulaye Nènè Coulibaly, directeur général de l’hôpital Gabriel Touré, les combats ont fait 14 morts et 40 blessé dans les deux camps. Des sources militaires évoquent jusqu'à 30 morts, dont 6 à 11 à l'ORTM et au moins quatre au camp de DjicoroniL'Indépendant : Bilan des affrontements entre la junte militaire et les bérets rouges, lundi et mardi.
Les prisonniers Après le , au moins 80 personnes, majoritairement des parachutistes, sont arrêtées. Le , à la suite de pressions exercées par les familles des détenus et leurs avocats, par des organisations locales et internationales de défense des droits humains dont Amnesty International, et par le ministre malien de la Justice, 43 détenus sont transférés au camp 1 de la gendarmerie, où leurs conditions de détention s'améliorent.
Selon Human Rights Watch et Amnesty International, les prisonniers bérets rouges ont été torturés. Des témoins affirment que des soldats, des policiers et des gardes nationaux ont commis des actes de tortures au camp militaire de Kati. D'après un des témoins, Sanogo a proféré des menaces contre plusieurs détenus, et l'un d'eux, disparu depuis, a été frappé à coups de pied par le capitaine. D'autres abus sont commis au camp du Groupement Mobile de Sécurité (GMS). Les prisonniers ont subi des passages à tabac, des viols et des brûlures. Selon Human Rights Watch et Amnesty International, les prisonniers bérets rouges ont été torturés. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme :
Après avoir été emprisonnés à Kati du au , tous les détenus sont transférés au Camp 1, où les conditions de détentions sont plus acceptables.
Le , le colonel Abidine Guindo est arrêté, en octobre il reconnaît son implication dans le contre-coup d'étatLe Combat : Arrestation du Colonel Abdine Guindo: Que s’est-il passé ?Journal du Mali : Les confessions du colonel Abidine Guindo.
En , selon Human Rights Watch, au moins 20 soldats prisonniers ont disparu et des dizaines d'autres ont été torturés par les « Bérêts verts ». L'association accuse également les forces de sécurité du Capitaine Sanogo, de s'être livrées à une campagne d’intimidation contre des journalistes, des proches de soldats et d'autres personnes. Elle appelle alors les autorités maliennes à ouvrir une enquêteHuman Rights Watch : Mali : Les forces de sécurité ont fait « disparaître » 20 personnes et en ont torturé d’autres.
Le , le juge d'instruction chargé du dossier ordonne la remise en liberté de 29 prisonniers, dont 26 « bérets rouges » parachutistes et trois civils, parmi lesquels Malamine Konaré, fils d'Alpha Oumar KonaréRFI : Mali: des bérets rouges restent en détention malgré une ordonnance de liberté provisoire. Le , les 29 prisonniers sont libérés.
Le , un charnier contenant les corps des 21 bérets rouges disparus est découvert à Diago, près de KatiRFI : Bérets rouges tués au Mali: un charnier découvert près de Kati. Les cadavres, retrouvés les yeux bandés, les mains menottés et les pieds enchaînés, sont identifiés en par des tests ADNLerepublicainmali : Charnier de Diago : les tests ADN confirment l’identité des bérets rouges.
Le , quatre autres corps sont exhumés d'un charnier dans le cimetière du quartier Hamdallaye de Bamako. Il contenait les corps de trois militaires et d'une vendeuse de jus gingembre, tués lors des combats devant l'ORTML'Indépendant : Les corps de 3 militaires et de la vendeuse de jus tuée devant l’ORTM découverts le dimanche dernier au cimetière d’Hamdallaye. La résidence du Général Sanogo à Kati fouillée à la recherche de charniers.
Le , cinq autres corps sont exhumés de deux fosses communes à Kati, ils étaient vêtus d'uniformes militaires et leurs mains étaient liées. Dans l'une des fosses, des têtes de crocodiles sont également retrouvéesRFI : Mali: deux fosses communes découvertes aux environs de Kati.
Liens externes Rapports Human Rights Watch : Mali : Les forces de sécurité ont fait « disparaître » 20 personnes et en ont torturé d’autres France 24 : Vidéo : des soldats de l’armée malienne torturés dans le camp de Kati
Reportages Benjamin Roger, Mali : les Bérets rouges, toujours debout, Jeune Afrique, .
Références
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