Wiesmoor est une ville de Basse-Saxe, en Allemagne, située dans l'arrondissement d'Aurich. La commune a été fondée en 1922.
Cette ville est située à la pointe sud-est de l'arrondissement d'Aurich. Avec 13 372 habitants pour , Wiesmoor est peu densément peuplée par rapport aux autres villes de Frise orientale. C'est d'ailleurs la deuxième plus petite en nombre d'habitants, après Esens.
Jusqu'à la fin du XVIIIème siècle, ce territoire était totalement inhabité, car il faisait partie du marais central de Frise orientale et constituait donc une barrière naturelle entre les comtés d'Auricherland et d'Östringen. Ce n'est qu'à partir de 1780 que certaines parties de l'agglomération actuelle ont été peuplées de manière durable. Le développement urbain s'est fait de l'extérieur vers l'intérieur, ce qui signifie que les localités situées à la périphérie de la ville sont nettement plus anciennes que le centre-ville lui-même.
Si Wiesmoor est la plus jeune ville de Frise orientale et l'une des plus jeunes villes de Basse-Saxe, c'est aussi la seule agglomération de Frise orientale à avoir un passé industriel : concrètement il 'agit de l'exploitation à grande échelle de la tourbe qui a débuté en 1906.
Pendant une soixantaine d'années, Wiesmoor a produit de l'électricité en brûlant de la tourbe. L'ancienne centrale électrique produisait également, par cogénération, de la chaleur utilisée pour la culture de plantes, notamment de fleurs, ce qui lui a valu le nom de ville des fleurs. La ville est reconnue comme station climatique depuis 1977 ; le tourisme y est une activité économique majeure, tout comme l'horticulture et l'industrie laitière. Il existe également un certain nombre d'entreprises industrielles.
Du fait de son jeune âge, la ville ne compte que peu de monuments historiques, contrairement à d'autres villes de Frise orientale. On trouve toutefois sur le ban communal quelques fermes à gulf, architecture typique de la région.
Toponymie La ville tire son nom d'une zone marécageuse qui apparaît pour la première fois sous ce nom sur une carte en 1778 et désigne la partie centrale des tourbières de la Frise orientale. Il existe plusieurs hypothèses sur l'origine du nom de la ville. Il est probable que la région ait été associée aux communes voisines de Wiesede et Wiesedermeer.
Géographie Wiesmoor est située au centre de la région historique de Frise orientale, à 30 km de la mer du Nord.
L'agglomération de Wiesmoor se trouve dans la partie centrale du marais du centre de la Frise orientale. Ce marais se trouve sur une crête, la crête géologique de l'Oldenbourg et de la Frise orientale, qui s'étend du nord-ouest au sud-est.
Au cours des derniers millénaires, la tourbière s'est formée sur une moraine de fond après la glaciation de la Saale et présentait vers 1900 des couches de tourbe atteignant une épaisseur huit mètres. Au début du , la tourbière s'étendait sur une surface de 100 kilomètres carrés. La majeure partie de cette surface est aujourd'hui recouverte par la ville de Wiesmoor. Dans les zones périphériques de la ville, on trouve encore aujourd'hui quelques petites surfaces de tourbières ombrotrophes isolées qui ont été épargnées par l'urbanisation.
La commune a été construite à une altitude comprise entre 10,6 et 14 mètres. Après le drainage, par le canal Nordgeorgsfehn, elle se situe aujourd'hui en moyenne à 11 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Wiesmoor est à la frontière de trois arrondissements : À l'est, la ville est limitrophe de la commune de Friedeburg (arrondissement de Wittmund), au sud la commune d'Uplengen et Firrel dans l'arrondissement de Leer. À l'ouest, se trouve la commune de Großefehn, au nord le quartier de Brockzetel de la ville d'Aurich.
Histoire
Première occupation au En 1744, la Frise orientale fut rattachée à la Prusse. Frédéric le Grand, très intéressé, pour des raisons essentiellement fiscales, par la mise en culture de terres jusqu'alors inexploitées, fait construire de nouvelles digues et de nouveaux polders et crée de nouvelles colonies dans les marais frison. Un édit de 1765, transfère à l'État toutes les surfaces de landes n'appartenant pas encore à des agriculteurs locaux.
Dans les décennies suivantes, ce sont environ 80 établissements qui sont fondés, dont trois sur le territoire de la commune actuelle : Voßbarg (1780), Wiesederfehn (1796) et Zwischenbergen (1810), le dernier village à une époque où la région avait été rattachée aux Pays-Bas, à la suite des guerres napoléoniennes.
Industrialisation et création de la centrale électrique Au début du , un projet est élaboré pour exploiter la tourbe de cet endroit de façon industrielle. Des machines vont être utilisées à Wiesmoor. On amène sur place des engins de travaux publics comme les locomobiles, qui sont suffisamment de stables pour œuvrer sur le sol marécageux, et des excavateurs à godets ainsi que d'autres excavateurs.
Le chef de ce projet est le conseiller privé prussien et futur secrétaire d'État Eberhard Ramm du ministère de l'agriculture et des forêts, qui donna plus tard son nom au quartier de Rammsfehn. Il convainc l'industriel Carl Friedrich von Siemens de l'intérêt de construire une centrale électrique à tourbe. Après des forages d'essai, un site est finalement choisi dans l'actuel centre-ville de Wiesmoor. Il n'est pas rentable à l'époque d'extraire la tourbe et de la transporter ailleurs pour produire de l'électricité. Pour construire la centrale, il fallait toutefois auparavant drainer le terrain.
Le canal Nordgeorgsfehn, déjà creusé, en 1891, jusqu'au village de Neudorf (commune d'Uplengen), est prolongé à cet effet entre 1906 et 1922, afin d'assurer la jonction entre la Jümme, affluent de la Leda et le Ems-Jade-Kanal. Les premiers habitants permanents arrivent sur le site en 1907, pour participer à la construction de ce canal. Un bureau de poste est ouvert en 1908. En 1909, la centrale électrique interurbaine de Wiesmoor est mise en service, après deux ans de travaux, par Siemens Elektrische Betriebe. Elle est reprise en 1921 par la Nordwestdeutsche Kraftwerke AG (NWK). vignette|Centrale électrique à tourbe en 1910
La construction puis l'exploitation de la centrale électrique ainsi que l'extraction de tourbe nécessaire à son fonctionnement créaient des emplois durables. La construction d'une première école est achevée en 1913, premier signe visible de la croissance de la ville. Le nombre d'habitants de Wiesmoor passe de 151 en 1914 à 383 en 1919 et à 686 en 1923. Pendant la Première Guerre mondiale, des prisonniers de guerre sont employés à divers travaux, comme l'aménagement d'un cimetière. Ils remplacent aussi des ouvriers de la centrale appelés sous les drapeaux.
Les communes de Wiesmoor et de Mullberg sont créées le après le démantèlement de l'arrondissement de Friedeburger Wiesmoor. Une église luthérienne est construite au bord du canal Nordgeorgsfehn en 1929/1930 dans le centre-ville. La première banque (caisse d'épargne) ne s'est installée qu'en 1924. L'arrivée continue d'ouvriers a conduit à la création d'un nouveau quartier au sud de l'agglomération, le quartier de Rammsfehn, au début des années 1930.
Pendant le régime nazi, des travailleurs astreints au service obligatoire ont été utilisés pour l'exploitation des tourbières, aux côtés de volontaires. Ainsi, durant l'été 1935, un camp de baraques accueillent une cinquantaine de jeunes chômeurs berlinois. Ces jeunes travaillent dix semaines dans la tourbière et ont ensuite trois jours de congé, le salaire journalier s'élevant à quatre Reichsmark. Le terrain de sport de Wilhelmsfehn a été aménagé par ces mêmes chômeurs. À partir de 1940, les jeunes femmes sont enrôlées de force dans le cadre du Reichsarbeitsdienst. Pendant la guerre, un camp de travail pour les travailleurs étrangers est installé à Wiesmoor. Trois prisonniers français s'en échappent le , sans que l'on sache ce qu'il est advenu d'eux.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Wiesmoor n'a guère été touché par les combats, hormis quelques bombardements. A la fin de la guerre, début , la ville est occupée par des troupes canadiennes et polonaises.
Depuis la Seconde Guerre mondiale Après-guerre, la production d'électricité à partir de la tourbe est cependant devenue de moins en moins rentable. Pour cette raison, la Nordwestdeutsche Kraftwerke cesse l'extraction de la tourbe en 1964. Afin de garantir à la fois la production d'électricité et les emplois, la Norddeutsche Kraftwerke prévoit, à partir de 1962, de construire à Wiesmoor une centrale nucléaire d'une puissance de 40 MW pour remplacer la centrale à tourbe. Ces projets ont toutefois été rapidement abandonnés car la rentabilité d'une petite centrale nucléaire n'était pas garantie. De plus, l'approvisionnement en eau de refroidissement aurait également été problématique. Au lieu de cela, la centrale sur tourbe, démolie en 1964, a été remplacée par une centrale à turbine à gaz de 25 MW.
La commune n'a cependant pas connu de déclin économique grâce au développement du tourisme, Wiesmoor étant ainsi l'une des premières communes de Frise orientale, non située sur le littoral, à miser sur cette activité. Par ailleurs, dans les années 1960, d'autres entreprises industrielles se sont installées, mais ont dû cesser leur production dans les décennies suivantes. Il s'agissait notamment de petites usines textiles, dont une filiale du fabricant Klaus Steilmann, ainsi que l'une des trois filiales est-frisonnes (avec Leer et Norden) du fabricant de machines à écrire Olympia Werke. En revanche, l'entreprise de transport routier Bohlen et Doyen, fondée en 1950 par Heinrich Bohlen et Heinrich Doyen, s'est développée et reste, aujourd'hui, le plus gros employeur privé de la ville.
À partir de 1964, un bataillon de défense anti-aérienne s'installe dans la Fehnkaserne nouvellement construite au sud de Wiesmoor. Le bataillon fait partie de la stratégie de défense antiaérienne de l'OTAN, pendant la guerre froide. Outre les membres de l'armée de l'air, des soldats américains sont stationnés dans la caserne, car des missiles à ogives nucléaires sont stockées dans la région isolée de Wiesmoor.
Dans les années 1990, Wiesmoor a dû faire face à deux crises économiques. La fin de la guerre froide a entraîné la fermeture de la base militaire Fehn en 1993, la production d'électricité s'arrête en 1995 et entraîne la démolition de la centrale électrique à turbine à gaz la même année. En revanche, l'horticulture qui s'est développée à l'origine grâce à la chaleur fournie par cogénération constitue encore aujourd'hui un des piliers économiques de la ville.
Héraldique vignette|150px|gauche|Blason de Wiesmoor Les armes de Wiesmoor se blasonnent ainsi : "Sous un chef d'écu noir avec un éclair d'or sortant de la bordure gauche de l'écu, d'or au coq de bruyère noir armé de rouge". Le vert et jaune sur le drapeau de la ville sont une référence à la Norddeutsche Kraftwerke.
Démographie +AnnéeHabitants191415119193831939905194990519615 73819707 177198510 505199110 922200112 875200713 128201713 743
Politique Si la Frise orientale est un bastion traditionnel du , dans les arrondissement de Wittmund, la partie orientale de l'arrondissement de Leer et certaines parties de l'arrondissement d'Aurich, dont Wiesmoor, la est une force politique importante et devance généralement légèrement le SPD lors des élections.
Le conseil municipal de Wiesmoor compte 30 membres, dont 14 sièges remportés par le SPD aux dernières élections du . Le maire actuel est le candidat sans étiquette Sven Lübbers. Il succède au maire Friedrich Völler (2014-2021).
Points d'intérêts