Le traducteur universel est un appareil que l’on trouve fréquemment dans les œuvres de science-fiction. Décrit pour la première fois dans la nouvelle Premier contact (, 1945) de Murray Leinster, le but d’un tel objet est d’offrir une traduction immédiate de toute langue dans la langue de son choix. Au delà de la fiction, les sociétés de technologie cherchent à mettre au point un tel traducteur universel pour un usage courant.

La convention veut que cet appareil permette de contourner le problème pratique de la communication avec des peuples extraterrestres, à moins que la barrière de la langue ne fasse partie de l’intrigue. Traduire une nouvelle langue à chaque épisode et lors de chaque rencontre avec une espèce ou une culture nouvelles prendrait trop de temps, au détriment du déroulement de l’intrigue. Le schéma risque en outre de devenir trop répétitif. Il arrive parfois que les extraterrestres parviennent à extrapoler quelques règles d’anglais à partir d’un échantillon de discours. Ils assimilent la nouvelle langue très rapidement, rendant ainsi le traducteur universel superflu.

S’il est vrai qu’un tel traducteur universel semble invraisemblable, les scientifiques continuent d’explorer de tels moyens technologiques, en ne faisant intervenir qu’un nombre limité de languesarticle dans BBC News du 25 octobre 2006.

Généralités En règle générale, le traducteur universel est instantané, mais s'il s'agit d'une langue nouvelle, il y a parfois un léger temps de latence avant que le traducteur ne parvienne à donner une bonne transposition linguistique. C'est le cas par exemple dans Star Trek. Certains auteurs recherchent une plus grande vraisemblance en recourant à une traduction assistée par ordinateur, ce qui implique la saisie d'une base de données du vocabulaire de la langue en question, ce qui se fait souvent par le biais d'écoutes de transmissions radio.

La présence d'un traducteur universel pose parfois des problèmes de logique ou de cohérence, par exemple lorsque les extraterrestres continuent de parler anglais (ou français) alors qu'aucun traducteur universel n'est présent et que tous les personnages qui l'entourent semblent entendre son discours correctement traduit au lieu de l'original. Il faut aussi une certaine dose de suspension consentie de l'incrédulité lorsque les lèvres des personnages forment les mots traduits plutôt que la langue originale. Quoi qu'il en soit, cela permet de faire l'économie de sous-titres, coûteux et encombrants. Cela écarte en outre l'hypothèse peu probable que tous les autres peuples de la galaxie se seraient donnés la peine d'apprendre l'anglais (ou le français).

Exemples dans la fiction

Les Aventuriers du Survivaure Un robot nommé D6R27-H59P ou D6 est un traducteur universel dans la saga MP3 Les Aventuriers du Survivaure. Il comprend des milliers de langues. Ses traductions sont littérales.

Doctor Who

Grâce à un champ télépathique, le champ de traduction, le vaisseau TARDIS traduit automatiquement la plupart des langues compréhensibles (écrites ou parlées) dans une langue comprise par son pilote et les membres d'équipage. Le champ télépathique traduit également tout ce qu'ils disent en une langue correspondant au lieu et à l'époque où ils se trouvent (par exemple le bon dialecte latin lorsqu'ils sont dans la Rome antique. Ce système occupe fréquemment une place de choix dans les épisodes de la série. Le vaisseau TARDIS et, par extension, bon nombre de ses systèmes, y compris le traducteur, sont liés par télépathie au pilote, le Docteur. Aucun de ces systèmes ne semble fonctionner correctement lorsque le Docteur est empêché d'agir. Dans La Chute de Pompéi, lorsque sa nouvelle compagne, Donna Noble, essaie de parler directement en latin, ses propos sont traduits en gallois.

Farscape Dans la série télévisée australienne Farscape, John Crichton se fait injecter des bactéries traductrices qui fonctionnent comme une sorte de traducteur universel. Les microbes colonisent le tronc cérébral de leur hôte, traduisent tout ce qu'on lui dit et transmettent l'information ainsi traduite au cerveau de l'hôte. La personne porteuse de ces bactéries comprend, mais ne peut pas parler les langues étrangères. Elle continue à parler sa propre langue et n'est comprise d'autrui que si ses interlocuteurs ont reçu les mêmes microbes. Les microbes ne parviennent pas toujours à traduire correctement l'argot et le traduisent littéralement. Ils sont également incapables de traduire le langage naturel de Pilotes extraterrestres ou de Diagnosans, parce que les mots propres à leur langue peuvent avoir des milliers de significations. Cela dépasse de loin les capacités des microbes, raison pour laquelle les Pilotes doivent apprendre à s'exprimer en phrases simples. Les personnes ayant reçu le traitement peuvent apprendre à parler de nouvelles langues si elles le souhaitent ou pour faciliter la communication avec des personnes non-injectées. L'équipage du Moya a appris l'anglais grâce à John Crichton, leur ami humain, ce qui leur a permis de converser avec la population non-implantée lors de leur passage sur terre. Certaines espèces, comme les Kalish, ne peuvent pas utiliser les microbes traducteurs parce que leur corps les rejette. Elles doivent alors apprendre les langues selon la méthode traditionnelle.

FreeSpace Dans la série FreeSpace, il y a une espèce de traducteur qui permet de traduire le Vasudan en anglais (et éventuellement vice-versa).

Futurama Quasiment tout le monde parle anglais dans l'univers de Futurama, sans que cela ne soit expliqué d'aucune manière. Il se peut que cela soit dû au fait que la planète Terre occupe une position dominante dans la politique galactique. Il existe toutefois un traducteur universel, créé par le professeur Farnsworth, mais s'il est vrai qu'il parvient à traduire n'importe quelle langue source, la langue cible sera toujours le français, devenu une langue morte en l'an 3000. Dans la version française de Futurama, la langue morte est l'allemand : * Farnsworth: Je vous présente mon traducteur universel. Malheureusement, à ce jour, il ne traduit qu'en une langue morte incompréhensible. Cubert: Bonjour! Traducteur universel: Guten Tag! Farnsworth: Quel charabia!

Galactic Civilizations Dans le jeu vidéo Galactic Civilizations, un traducteur universel doit être mis au point afin de pouvoir communiquer avec les races extraterrestres.

Le Guide du voyageur galactique Dans l'univers du Guide du voyageur galactique, c'est un petit poisson, le poisson Babel, qui fait fonction de traducteur universel. Ce petit poisson est placé à l'intérieur du conduit auditif, où il s'alimente des fréquences mentales de ceux qui s'adressent à son hôte. Il produit ensuite une traduction sous forme d'excrétions qui s'écoulent dans le cerveau de son hôte.

Le roman constate qu'en permettant tout le monde de se comprendre, le poisson Babel a provoqué davantage de conflits que quoi que ce soit d'autre dans l'univers. Il explique en outre que ce poisson Babel n'a pas pu se développer naturellement, ce qui prouve l'existence de Dieu, son créateur. Étant donné que Dieu a besoin de la foi pour exister et que cette preuve rend la foi caduque, Dieu disparaît, par simple effet de logique.

Neuromancien Dans Neuromancien (1984), le roman de William Gibson, tout comme dans d'autres romans de la trilogie de la Conurb (Sprawl Trilogy), Comte Zéro (1986) et Mona Lisa s'éclate (1988), des appareils dénommés microsofts sont de petites puces branchées dans des prises neuronales installées derrière l'oreille de l'utilisateur, ce qui donne à celui-ci certaines connaissances et compétences telles que la maîtrise d'une langue étrangère. Cette dénomination est un mot-valise combinant les mots micro et soft et n'a aucun rapport avec la société Microsoft.

Star Control Dans les jeux vidéo Star Control, il est entendu que toutes les races ont des traducteurs universels. Les extraterrestres n'utilisent toutefois pas ces appareils de la même manière, ce qui provoque parfois des malentendus et entrave la communication. Le VUX, par exemple, est mentionné comme ayant des compétences linguistiques particulièrement poussées. Il serait capable de traduire les langues humaines bien avant que les humains ne puissent en faire de même pour comprendre le VUX. Ceci a posé des difficultés lors de la première rencontre entre le VUX et les humains, dans le vaisseau spatial dirigé par le capitaine Rand. Dans Le contrôle des Maîtres de l'Ur-Quan, le capitaine Rand aurait dit : « Celui-là est un sacré enculé » lorsque le VUX est apparu la première fois à l'écran. Toutefois, dans Star Control II, le même capitaine Rand dit : « C'est la plus horrible tronche qu'il m'ait été donné de voir » à l'adresse de son premier officier, tout en plaisantant et en disant que VUX était l'abréviation de Very Ugly Xenoform, c'est-à-dire « très vilain xénoforme » (morphologie étrangère). Nul ne sait quelle source est la bonne. Quoi qu'il en soit, il est entendu que les technologies de traduction universelle très poussées du VUX ont parfaitement bien transposé le sens exact des propos du capitaine Rand. Pour le VUX, créature efféminée, cette insulte était un parfait prétexte pour manifester son hostilité envers les humains.

En outre, une nouvelle race dénommée Orz est apparue dans Star Control II. Cette race viendrait d'une autre dimension et, lors du premier contact, l'ordinateur à bord du vaisseau constate que leur langue comporte de nombreuses anomalies vocales. Cela serait dû au fait que leur langue connaît de nombreux concepts ou phénomènes pour lesquels il n'y a pas d'équivalents en langue humaine. Les dialogues alternent par conséquent entre des mots ordinaires et des phrases entourées d'astérisques, indiquant qu'il s'agit d'une traduction très approximative de concepts "orziens" en langage humain. Une traduction fidèle prendrait sans doute un paragraphe entier.

Par ailleurs, les Supox sont une race qui s'efforce d'imiter la langue et la culture d'autres races lorsqu'ils s'adressent à elles. Ils vont même jusqu'à nommer leur propre planète "Terre", ce qui entraîne la confusion.

Dans Star Control III, les K’tang sont décrits comme appartenant à une race peu intelligente qui utilise des techniques de pointe, sans pleinement les maîtriser, afin d'intimider autrui. C'est sans doute la raison pour laquelle leur traducteur commet de nombreuses coquilles et emploie des termes mal à propos. De même, les dialogues des Daktaklakpak sont particulièrement ampoulés et comportent beaucoup de chiffres et d'expressions mathématiques. Cela serait dû au fait que la pensée de cette race mécanique fonctionne de façon trop différente de l'esprit humain pour permettre une traduction directe.

Starfighter Alex Rogan est emmené auprès du commandement de Starfighter sur Rylos, où on lui donne une puce rattachée au collier de sa chemise, afin de lui permettre d'entendre la race des Rylos et les autres extraterrestres parler anglais.

Stargate

Dans la série télévisée Stargate SG-1 (ou La Porte des étoiles au Québec) et Stargate Atlantis, il n'y a aucun appareil de traduction, la plupart des personnages, qu'ils soient extraterrestres ou humains, parlant anglais. Les réalisateurs du programme assument ce choix, affirmant que cela leur faisait gagner dix minutes par épisode en évitant les péripéties liées à l'apprentissage de nouvelles langues. Les premiers épisodes de Stargate SG-1 ont démontré à quel point il était difficile d'intégrer ces processus dans le déroulement de l'intrigue. Le dernier épisode de la huitième saison de Stargate SG-1, Retour vers le futur () (Moebius (Part 2)), les personnages remontent l'histoire jusqu'en 3000 L'un d'entre eux apprend l'anglais à la population locale de l'époque.