alt=Schéma de blason.|thumb|Armes actuelles de la ville de Périgueux. L'histoire de Périgueux inventorie, étudie et interprète l'ensemble des évènements, anciens ou plus récents, liés à cette ville française.
Si le lieu est habité depuis la Préhistoire, la première ville, nommée Vesunna, date de la Rome antique. Sous l'Empire romain, Périgueux devient une puissante cité de la Gaule aquitaine. Lors des invasions barbares, Vésone est détruite vers 410. Puis un nouveau centre fortifié, appelé le bourg du Puy-Saint-Front, se développe vers la fin du . Jusqu'au , le pouvoir politique est tout entier entre les mains de l'évêque, qui protège jalousement l'autonomie de sa ville. Il faut attendre 1250 pour voir la bourgeoisie contrebalancer son autorité, un siècle avant sa soumission définitive au royaume de France.
À la Renaissance, Périgueux continue à se développer et devient un carrefour commercial dans la région. Mais ce premier âge d'or est fauché par les guerres de religion, durant lesquelles une grande partie des marchands sont pillés. Durant la monarchie absolue, Périgueux reste une cité modeste en France, dont la principale richesse est sa situation en tant que carrefour commercial. Sous la Révolution, la ville devient officiellement le chef-lieu du département de la Dordogne.
Ce n'est que sous Napoléon que la ville connaît un essor urbain, lors de sa fusion en 1813 avec la commune de Saint-Martin. La Belle Époque marque l'essor de nombreuses industries — notamment la métallurgie et les ateliers de chemin de fer. La Seconde Guerre mondiale voit Périgueux, située en zone libre, être le centre de plusieurs réseaux de la Résistance.
À la sortie de la guerre, Périgueux se redresse rapidement sur les aspects urbain, économique et politique de la ville.
Préhistoire
C'est durant l'Acheuléen puis surtout durant le Moustérien que sont apparus et se sont installés les premiers hommes ayant vécu sur l'actuel emplacement de Périgueux, au pied du plateau presque encerclé par l'Isle.. De cette période, différents sites sont mis au jour sur le territoire communal de Périgueux, notamment aux Sept Fonts (rive droite)., à la Croix du Duc, au Gour de l'Arche, aux Jambes, au Petit-Puy-Rousseau, au Toulon, ainsi qu'au nord des allées de Tourny.. La vallée de l'Isle attire des populations animales et humaines de par ses ressources diverses, notamment ses massifs de calcaire riches en silex et ses grottes qui peuvent servir d'abris..
Situé au-dessus de l'importante source du Toulon, le site des Jambes a livré du Périgordien supérieur..
Antiquité
En , la vallée de l'Isle est occupée par les Ligures qui en sont chassés vers par les Ibères..
Vers , , selon Venceslas Kruta.. Ils s'installent pendant cette période sur les hauteurs en rive gauche de l'Isle et créent, sur les collines de l'Écornebœuf. et de la Boissière, sur l'actuel territoire de Coulounieix-Chamiers, un camp fortifié à la Boissière, également connu sous le nom de ... Entre les deux collines se trouve la fontaine sacrée des JameauxWlgrin de Taillefer, Antiquités de Vésone, cité gauloise, remplacée par la ville actuelle de Périgueux, tome 1, Périgueux, 1821, (lire en ligne), probablement dédiée à Ouesona, déesse-mère protectrice des eaux bienfaisantes d'après Claude Chevillot. Les Pétrocores sont installés en Gaule et non en Aquitaine, car avant la conquête romaine, ces deux territoires sont séparés par la rivière GarumnaJules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, livre I, 1..
alt=Photo du site de Vesunna.|thumb|Intérieur du musée Vesunna, où l'on peut apercevoir les vestiges de la cité antique.
En , Vercingétorix demande aux Pétrocores d'envoyer , pour l'aider à affronter les légions romaines de Jules César..
En , lors de l'organisation administrative de la Gaule effectuée par Auguste, Périgueux est placée dans la province aquitaine.. L'oppidum de la Boissière est abandonné et la cité gallo-romaine municipe Vesunna, future Périgueux, est créée entre 25 et dans une boucle sur la rive droite de l'Isle.. Elle bénéficie de la puissance publique romaine.. À cette date, Vesunna fait partie des vingt-et-une cités de la province Aquitaine..
C'est au que la ville, en tant que cité romaine, connait son plus grand essor, principalement sur le point de vue de l'urbanisme, où les plus grands monuments publics sont construits d'après des plans romains, comme le forum, l'amphithéâtre et les thermes.. Tout au long du , le chantier urbain se poursuit : on agrandit les bâtiments déjà érigés mais on construit également de plus en plus de domus. À la fin du , à la suite de l'invasion attribuée aux Alamans, la cité romaine se rétrécit sur cinq hectares et demi., en se retirant sur un petit plateau derrière des remparts., édifiés entre 276 et 290. Intégrant la moitié nord-ouest de l'amphithéâtre de Vesunna, ces murailles sont construites par remploi d'éléments des monuments de la ville (des vestiges subsistent de ces remparts) et cette troisième cité prend le nom de Civitas Petrucoriorum (« cité des Pétrocores »), lieu qui va devenir « la Cité ».. Cette enceinte compte à l'époque vingt-quatre tours, vingt-trois courtines et quatre portes, dont seulement deux subsistent aujourd'hui : la porte Normande et la porte de Mars..
Selon le géographe Strabon, les Pétrocores travaillent beaucoup le fer..
Au début du , les Wisigoths ravagent Vésone, notamment ses édifices religieux, et s'installent sur le site, malgré la résistance organisée en l'an 407 par Pégase, l'occupant du siège épiscopal... Vers 465, le roi des Wisigoths, Euric, martyrise l'évêque et interdit le culte catholique en fermant les lieux de culte et en supprimant l'évêché. Ce n'est qu'à partir de l'an 506 que l'évêque Chronope peut restaurer le culte et les églises.
Moyen Âge alt=Portrait d'un roi couronné, barbu et moustachu, à la cape rouge, tenant à la main droite un sceptre à la fleur de lys.|thumb|Portrait de Pépin le Bref, peint par Louis-Félix Amiel et commandé par Louis-Philippe pour le musée de l'Histoire de France (1837).
Haut Moyen Âge Domination franque des Saliens Après le déclin de l'Empire romain d'Occident, les Francs dominent la région dès la fin du . De ce fait, la Cité devient chrétienne au , même si la diffusion de la religion a déjà atteint, en grande partie, la société urbaine..
Sous le règne des Mérovingiens, le territoire passe de main en main, provoquant ainsi de multiples disputes à propos des partages successoraux, qui opposent les descendants de Clovis, après sa mort en 511. Childebert en hérite en premier, jusqu'à son décès en 558, après quoi les terres de Caribert en 561, puis celles de Gontran en 567, sont intégrées au territoire de Vésone. Gontran défend, avec l'aide de l'Église et des habitants de Vésone, la cité contre les attaques violentes de son frère Chilpéric et du bâtard de Clotaire , Gondovald.
En 766, résultant du conflit avec Waïfre, le duc d'Aquitaine, Pépin le Bref exerce sa terreur dans le Périgord, et rase les remparts des villes, y compris celui de l'antique cité des Pétrocores..
Attaques normandes et apparition du Puy-Saint-Front Entre 840 et 865, les Normands, remontant l'Isle, pillent et incendient à plusieurs reprises la Cité.. Vers la fin du ., au nord-est et en bordure de l'Isle, autour d'un monastère que l'évêque Frotaire (977-991) avait fait construire en l'honneur de saint Front, se développe un nouveau centre fortifié, nommé à cette époque le « bourg du Puy-Saint-Front »., composé essentiellement de marchands, d'artisans et de « laboureurs ».. Pour se protéger des envahisseurs, les deux villes voisines édifient des murailles.
Moyen Âge central La lutte entre l'Église et la noblesse Vers 1040, Périgueux est perturbée par des troubles ayant pour cause la monnaie frappée par le comte de Périgord, .. Peu de temps après, l'évêque Girard de Gourdon, la considérant défectueuse et de mauvaise qualité et l'ayant interdite, le comte , fils d', décide de prouver, les armes à la main, qu'elle lui convient.. De ce fait, la Cité doit prendre part à une guerre longue et meurtrière contre le comte. Les quelques habitations placées sous la protection du nouvel établissement religieux du Puy-Saint-Front sont incendiées vers 1099 ; le couvent et le bourg ne tardent pas à être reconstruits.
De nombreux pèlerins viennent se recueillir sur le lieu où sont conservées les reliques de saint Front.. Au , le nombre de maisons s'accroît et l'agglomération est de plus en plus ample. Cependant, au fil du temps, les habitants du bourg se désunissent. Vers 1104, les bourgeois et les citoyens des deux communes voisines en viennent aux mains ; dans ce contexte de lutte, les bourgeois assassinent et jettent dans l'Isle Pierre de Périgueux, descendant d'une très ancienne famille de la Cité.. Vers 1130, dans une querelle avec le couvent, une partie des bourgeois du Puy-Saint-Front s'allie avec le comte Hélie-Rudel.. Cette situation attise sa convoitise, persuadé qu'après avoir conquis le Puy-Saint-Front, il lui serait plus facile de soumettre enfin la Cité, ce qu'aucun de ses ancêtres n'a réussi à faire. À la même époque, les comtes dominent le Puy-Saint-Front.
Allégeance au trône d'Angleterre ou à celui du roi de France ? thumb|alt=Dessin d'une tour carrée.|Dessin d'une tour carrée dépendant de la défense fort ancienne du Puy-Saint-Front, et qui fut reconstruite pour contenir des bouches à feu au rez-de-chaussée. Vers 1150, , dit de Grignols, fait ériger une grande et forte tour, destinée à commander et surveiller la Cité, dont il vient de s'emparer.. Mais cette tentative d'oppression lui est fatale, ainsi qu'à ses descendants, car elle excite la colère du roi Henri II d'Angleterre, devenu duc d'Aquitaine par alliance. La tour est détruite en 1182, époque à laquelle, à la suite d'un traité avec le comte , le Puy-Saint-Front est remis entre les mains du fils d'Henri II d'Angleterre, Richard, qui fait détruire toutes les fortifications construites par lui et son prédécesseur. C'est à la même période, à la fin du , que le « bourg du Puy-Saint-Front » s'organise en municipalité..
Après avoir confisqué le duché d'Aquitaine à Jean sans Terre et l'avoir réuni à la couronne de France, Philippe Auguste exige que les peuples et les grands de ce duché lui rendent hommage. Hélie et les habitants de la future ville de Périgueux prêtent alors serment de fidélité au monarque français en 1204..
Contexte du traité d'alliance et naissance de Périgueux Pendant de longues années, le Puy-Saint-Front et les comtes vivent en bonne intelligence.. L'organisation municipale de cette ville est depuis longtemps reconnue et constituée par l'autorité royale. Quant à la Cité, elle ne rencontre aucune difficulté avec les comtes. Un premier accord entre les deux centres urbains est établi en 1217. L'état de paix dure jusqu'en 1239 ; une certaine confiance existe même entre le comte et la ville car, à cette époque, cette dernière lui verse en échange de l'abandon de la rente annuelle de , qu'elle lui devait à chaque Noël. Le couvent des Cordeliers est fondé entre Puy-Saint-Front et la Cité en 1220, consacré en 1269, terminé en 1274.
Pour assurer sauvegarde et assistance mutuelles, et pour que les rivalités s'éteignent, Périgueux naît en 1240, d'un traité d'union « Traité de réunion de la Cité et de la ville de Périgueux (année 1240) », dans Le chroniqueur du Périgord et du Limousin, 1854, (lire en ligne) des deux bourgs implantés à quelques centaines de mètres l'un de l'autre. : la Cité — issue de la Vésone gallo-romaine —, ville de l'évêque et du comte de Périgord, et la ville bourgeoise du Puy-Saint-Front.
Reprise des conflits nobles en Périgord