Les monts du Cantal (ou massif cantalien, ou volcan du Cantal) sont un massif montagneux situé au centre-ouest du Massif central, dans le parc naturel régional des Volcans d'Auvergne, et constituant une région naturelle française. Il est constitué des vestiges du plus grand stratovolcan visible d'Europe. Apparu il y a environ d'années, ce volcan, dont les dernières éruptions sont datées d'environ d'années, a été largement démantelé par des phénomènes d'effondrements massifs et d'érosion fluviale et glaciaire. Il compte dix sommets culminant à plus de d’altitude.

Le massif situé autour du Plomb du Cantal a donné son nom à un fromage, à un département et au cheval blanc que montait lors de la bataille d'Austerlitz.

Toponymie Le mot cantal (occitan, variante cantau) / chantal (nord occitan, auvergnat, variante chantau) est courant en Auvergne. Selon Albert Dauzat, l'ancienne forme *Cantallu (non attestée) est formée d'un radical qui pourrait être le mot gaulois cant « brillant »Albert Dauzat, « Toponymie gauloise de l'Auvergne », in La Toponymie française, 1971, Paris, Payot, p. 192., suivi du suffixe -allu d'origine prélatine. Il existe bien un mot gaulois cantalon attesté dans l'inscription d'Auxey (Côte-d'Or) rédigée dans cette langue, à savoir Iccauos Oppianicnos ieuru Bringindone cantalon « Iccauos fils d'Oppianos a dédié à Bringindona le cantalon »Xavier Delamarre (préface Pierre-Yves Lambert), Dictionnaire de la langue gauloise : une approche linguistique du vieux-celtique continental, éditions Errance, 2003, p. 103.. Il signifie peut-être « pilier, monument circulaire » que l'on rapproche du vieil irlandais cet « pilier rond » (< *canto-) et du gaulois cantos « cercle ». Le gaulois cantos est fréquent dans la toponymie française. Il est apparenté au breton kant « cercle » et au latin canthus « cercle ». Cantal se réfère peut-être à l'origine au Plomb du Cantal donné en raison de la forme arrondie de son sommet, puis au massif, puis au département.

Les monts du Cantal ont aussi été appelés monts Celtiens parce qu'ils étaient désignés dans des itinéraires antiques et dans les vieux titres latins comme Mons Celtarum ou Mons CeltusJean-Aimar Piganiol de La Force, Nouvelle description de la France, , tome XI, p.126Jean-Joseph Brieude, Topographie médicinale de l'Auvergne, , p. 4Vicomte de Murat-Sistrières, Préliminaires sur l'histoire de l'Auvergne, 1782, p. 36Deribier du Châtelet, Dictionnaire statistique, ou Histoire, description et statistique du département du Cantal.. Le chemin antique qui les traversait du nord au sud était lui aussi connu sous le nom de Via Celtica.

Géographie Situation vignette|Carte représentant les pays traditionnels d'Auvergne. Les monts du Cantal, une des cinq régions naturelles composant le parc naturel régional des Volcans d'Auvergne, occupent de manière centrale la plus grande partie du département auquel ils ont donné leur nom, dans la région d'Auvergne-Rhône-Alpes, au centre du Massif central. Ils occupent également une partie de la pointe nord du département de l'Aveyron (région de Mur-de-Barrez).

Ils sont bordés par les régions naturelles suivantes : le Mauriacois à l'ouest ; le plateau de l'Artense au nord ; la région volcanique du Cézallier au nord-est ; le Carladès, la planèze de Saint-Flour et l'Aubrac au sud ; la Châtaigneraie au sud-ouest.

Géomorphologie thumb|left|Image radar reconstituée des monts du Cantal.

Le stratovolcan cantalien forme une vaste ellipse de de grand axe NW-SE et de d'axe NE-SW : au centre, le stratocône résiduel, surbaissé, a une superficie de ; il est entouré d'un piémont volcanoclastique, constitué de dépôts d'avalanches de débris qui dépasse les , et qui couvre une surface de . En prenant en compte le fait que son altitude initiale ait pu atteindre , cela lui confère le statut de plus grand édifice volcanique européen récent. Il culmine dans sa partie centrale au Plomb du Cantal à . Il a été considérablement modelé par l'érosion des anciens glaciers (vallées en auge, lignes de crêtes fortement découpées). De manière quasi géométrique, une vingtaine de vallées s'étirent comme des rayons vers la périphérie, découpant les plateaux basaltiques en forme de triangles ou de « parts de gâteau » (planèzes qui se situent en inversion de relief en raison du creusement des vallées).

Topographie Principaux sommets De nos jours, les monts du Cantal se composent de plusieurs sommets, les plus connus étant : le puy Mary (), classé Grand Site national, offre un des plus beaux panoramas d'Europe ; le Plomb du Cantal (), point culminant du département potentiellement accessible depuis Super Lioran en téléphérique et la station de Prat-de-Bouc ; le puy Griou, haut de , dôme de phonolite ; le puy Chavaroche, haut de , situé au sud-ouest du puy Mary ; le puy de Peyre-Arse, qui culmine à , offrant un magnifique panorama sur les vallées glaciaires de la Santoire et de l'Impradine ; le puy de Seycheuse (), qui offre un panorama sur le cirque glaciaire de la Santoire et sur la vallée de l'Alagnon.

Dans le tableau de Théodore Rousseau, la vallée, à travers laquelle coule la rivière Mars, abrite de nombreux villages, dont Saint-Vincent-de-Salers. L'un des principaux sommets du Cantal, le puy Mary, est au centre. À sa gauche se trouve le petit pic du puy de Peyre-Arse, et sous le pic pointu à droite se trouve le col du Redondet.

plus de de de moins de Plomb du Cantal Puy du Rocher Puy Brunet Puy de Peyre-Arse Puy Mary L'Arpon du Diable Puy de la Cède Puy Chavaroche Rocher de la Sagne du Porc Puy de la Tourte Bec de l'Aigle Puy Griou La Chapeloune Puy Bataillouse Téton de Vénus L'Aiguillon Roche Taillade Puy de Grandval Puy de Seycheuse Puy Gerbel Rochers de Chamalière Roc des Ombres Puy de Niermont Roc d'Hozières Peyre Ourse Suc Gros ou Le Peylat Rocher de l'Aygue Puy Gros Puy Violent Le Piquet Suc de Rond L'Élancèze Suc de la Blatte Puy de la Belle-Viste Cabrespine Puy d'Orset Puy de Prat-de-Bouc Le Courpou Sauvage La Cumine Le Griounou Puy de la Poche Puy de l'Usclade Puy de Niermont Puech Bernis Puy de Bâne Roche Parlante Puy Tariol Rocher du Cerf Puy de Bassierou Puy de la Jambe Roc du Chauve Suc du Lac Le Suc Puy de Massebœuf Puy de la Molède Puy Masso

Cols thumb|Près du Plomb du Cantal en automne.

De nombreux cols permettent la communication entre les différentes vallées dont :

plus de de moins de Pas des Alpins, Col du Peyre Arse, Col de la Pourtoune, Col de la Chèvre, Brèche d'Enfloquet Pas de Peyrol, Col de la Tombe du Père, Col de Rombière, Col du Piquet, Pas Rouge, Col du Redondet, Col de Combe Nègre, Col de Cabre, , entre Lascelle et Murat Col des Charpilles, Col de Bellecombe, Col du Luchard, Col d'Eylac, Col de Prat-de-Bouc, Col du Gliziou, Col de la Griffoul, Col de Serre, Col de la Molède, Col du Pertus, Col de Cère, Col de Font-de-Cère, Col de Néronne, Col du Lioran, Col de Légal, Col d'Aulac, Col d'Aisses, Col d'Entremont, Col de Berganty, Col de Lagat, Col du Pas du Roc, Col du Puy de Renel, Col de Bruel, Col de Curebourse, Col de Saint-Georges, Col de la Croix de Cheules, Col de Fontbulin, Col du Croizet, Le Pertus, Col de Ribeyre,

NB : les cols en gras sont des cols routiers

Planèzes et plateaux Le volcan est bordé par différents plateaux (ou planèzes) que ses anciennes coulées de laves ont formé : le planèze de Saint-Flour sur le versant sud-est ; le plateau du Limon sur le versant nord-est ; le plateau de Trizac sur le versant nord-ouest ; le planèze de Salers sur le versant ouest ; le planèze de la Pinatelle sur le versant est ; le planèze de Lacapelle-Barrès, sur le versant sud ; le planèze de Pierrefort.

Il existe aussi quelques plateaux à l'intérieur même du volcan comme le plateau du Coyan ou le plateau de Peyre Gary.

thumb|center|upright=3.2|Vue panoramique depuis le plateau de Saint-Cernin avec les montagnes du col de Légal à droite et au centre et le puy Chavaroche à gauche.

Vallées Une vingtaine de vallées glaciaires rayonnent depuis le centre du volcan. Parfois abruptes, larges, étroites, boisées ou dénudées, : la vallée de l'Alagnon, qui s'étend du cirque glaciaire de Font d'Alagnon jusqu'au val d'Allier pour contribuer au val de Loire ; la vallée de la Santoire, étirée du cirque glaciaire du col de Cabre jusqu'à la vallée de la Rhue dévallant les monts Dore pour rejoindre la Dordogne ; la vallée de l'Impradine, qui démarre au pied du puy Mary pour se confondre avec la vallée de la Santoire quelques kilomètres plus loin ; la vallée de la Petite Rhue, dévalant les pentes du puy de la Tourte jusqu'à la vallée de la Rhue ; la vallée du Mars, allant du puy Mary à la vallée cantalienne de la Sumène ; la vallée de la Maronne, qui s'étend du roc des Ombres jusqu'à la Dordogne ; la vallée de l'Aspre, naissant sur les pentes du roc d'Hozières pour rejoindre non loin la vallée de la Maronne ; la vallée de la Bertrande, partant du puy Chavaroche pour rejoindre l'Etze et la Maronne ; la vallée de la Doire s'étirant du col de Légal pour rejoindre la Bertrande ; la vallée de l'Authre, qui s'étend du col de Bruel jusqu'à la Cère ; la vallée de la Jordanne, s'étendant du pied du puy Mary jusqu'à Aurillac où elle rejoint la vallée de la Cère ; la vallée de la Cère, allant de Font-de-Cère jusqu'à la vallée de la Dordogne ; la vallée du Goul, dévalant les pentes du Plomb du Cantal jusqu'à la vallée de la Truyère ; la vallée du Siniq, imitant le parcours de la vallée du Goul sa voisine ; la vallée du Brezons, imitant de même les deux précédentes ; la vallée de l'Épi, idem ; la vallée de Prat-de-Bouc, elle rejoint la vallée de l'Épi au hameau de la Sagnette ; la vallée du Lagnon qui s'étend du Plomb du Cantal pour se jeter un peu plus loin dans la vallée de l'Alagnon ; la vallée du Benet, parallèle à la vallée du Lagnon.

Hydrographie vignette|redresse=1.5|Selon l'image d'Épinal propagée par les hussards noirs de la , les monts du Cantal ont la réputation d'être le château d'eau du centre de la France, à l'intersection de trois grands bassins versants : la Dordogne à l'ouest, le Lot au sud–sud-est et l'Allier au nord-est. vignette|La Santoire à Lavigerie.

Le Cantal, avec ses . De-là, de nombreux ruisseaux et rivières prennent leurs sources sur ses pentes. À l'origine, ce sont de petits torrents de montagne qui dévalent le cirque glaciaire pour rejoindre généralement des gorges et ensuite adopter un cours plus calme et posé. Ils contribuent à différents bassins versants, mais finissent tous leurs parcours dans l'océan Atlantique.

Bassin versant de la DordogneBassin versant de la GaronneBassin versant de la Loire La Cère La Jordanne L'Authre La Maronne L'Aspre La Bertrande La Doire La Petite Rhue La Véronne La Santoire L'Impradine Le Lemmet L'Auze La Sumène Le Mars L'Ander L'Épi Le Brezons Le Goul L'Alagnon Le Lagnon Le Benet Le Bournandel Le ruisseau de la Gaselle Le Foufouilloux

L'omniprésence de l'eau engendre des paysages particulièrement verdoyants (d'où le terme « pays vert » qui est donné au Cantal) mais elle se traduit aussi par la formation de nombreuses cascades, gorges (gorges de l'Alagnon, gorges de la Jordanne, pas de Cère, etc.), lacs (lac du Pêcher, lac de Sauvages, lac de Serre, lac de Cheylade, lac des Graves, étang de Marfon, étang de Laveissière, etc.) et tourbières (tourbières du Jolan, de Brujaleine, etc.).

Géologie Description générale thumb|Vue satellite mettant en évidence la forme rayonnante singulière du Cantal qui se démarque nettement du reste du territoire. thumb|Les brèches ont fourni des pierres de construction comme celles de l'église de Salers.