Claude Farrère, nom de plume de Frédéric Charles Pierre Édouard Bargone, né le à Lyon (Rhône), mort le à Paris (Seine), est un officier de marine et un écrivain français. Il remporte le prix Goncourt en 1905 avec Les Civilisés. Il est élu à l'Académie française en 1935. Biographie Carrière militaire Claude Farrère effectue ses études secondaires au lycée Thiers, puis au lycée de Toulon.. Suivant les traces de son père, Pierre Bargone (1826-1892), lieutenant-colonel d’infanterie de marineClaude Farrère sur le site ecole.nav.traditions.free.fr., il se lance dans une carrière militaire et entre en 1894 à l’École navale. En 1899, il sert en Extrême-Orient sur le cuirassé Vauban, puis sur le croiseur Descartes et prend part à l'occupation du Kouang-Tchéou-Wan au sud de la Chine. Il est promu enseigne de vaisseau en 1899. Il sert en 1901 sur le cuirassé Massena dans l'escadre du Nord, puis l'année suivante sur la vieille frégate-cuirassé Couronne, en école de canonnage dont il sort breveté. En 1903, il sert sur le contre-torpilleur Vautour à Constantinople, navire commandé par le commandant Viaud (alias Pierre Loti). Lieutenant de vaisseau en 1906, il sert sur le cuirassé Brennus (1907) puis sur l'aviso Cassini (1908) où il prend part à des opérations sur les côtes marocaines. En 1910, il est affecté au service Renseignement et travaux historiques (le futur Service historique de la Marine) de l'état-major de la Marine. Il est mis en disponibilité par le ministre de la Guerre, l'amiral Boué de Lapeyrère à la suite d'un article qu'il a écrit sur la crise de la marine nationale française. Il est réintégré en avec un embarquement sur le croiseur-cuirassé Ernest Renan. Il quitte la marine début pour intégrer comme inspecteur d'armement la Compagnie générale maritime mais il est rappelé en au début de la guerre et sert sur le croiseur-cuirassé Amiral Aube. Il se fait détacher dans l'armée de terre en 1917 et commande une batterie d'assaut, et obtient la Croix de guerre le à la bataille de la Malmaison. Il est nommé capitaine de corvette en . Il démissionne de la Marine en pour se consacrer entièrement à l’écriture. Décorations par décret du Dossier légion d'honneur sur culture.gouv.fr, base Leonore. par décret du 12 aout 1922 par décret du (1917) Carrière littéraire Son talent lui vaut un prix Goncourt en 1905 avec Les Civilisés. S’inspirant de son expérience et de ses voyages, il écrit principalement des romans à succès, mais aussi des récits de voyages, des ouvrages de marine et des essais sur l'actualité internationale. Il est l'ami de Pierre Louÿs, de Pierre Benoit (en compagnie duquel il eut un accident d'automobile sans gravité en date du .) et de Victor Segalen et porta une grande estime à Pierre Loti : Il précise aussi qu'il a servi quatorze ou quinze mois sous ses ordres, L'œuvre de Claude Farrère fut parfois rapprochée de celle de ce dernier. Ainsi, il s'intéresse particulièrement à la Turquie qu'il a visitée onze fois à partir de 1902, et surtout au Japon auquel il voue une amitié qui ne s'est jamais démentie, illustrée par un de ses premiers livres, La Bataille qui se déroule au Japon, à Nagasaki, en 1905, à l'approche de la bataille de Tsushima entre les flottes japonaise et russe. Farrère est invité par le gouvernement japonais en 1938 en tant qu'écrivain « indépendant ». Au cours de ce séjour, il se rend en Chine du Nord, en Corée et au Mandchoukouo, et est décoré de l'insigne de deuxième classe de l'ordre du Trésor sacré. Il a également écrit un recueil de nouvelles fantastiques, L'Autre côté, dont certaines ont été reprises dans Fiction. En 1906, il publie L'Homme qui assassina (avec des illustrations de Ch. Atamian) : vingt ans avant Agatha Christie, Claude Farrère fait de l'assassin le narrateur d'un roman policier. Le il épouse dans le arrondissement de Paris, Joséphine Victorine RogerActe mariage, Archives Paris (). dite Henriette Roggers, artiste dramatique de trois ans son aînée qui sera quelques années plus tard pensionnaire de la Comédie-Française.. Le couple n'a pas d'enfants et après le décès de sa femme, le , Farrère reste veuf. thumb|Claude Farrère rendant visite à Atatürk à Izmit en 1922. Il soutient l'Empire ottoman pendant les guerres balkaniques ;

., puis le mouvement kémaliste pendant la guerre d'indépendance turque ;

Préface à Léon Rouillon, Mon Beau Voyage. La Turquie et ses ennemis jugés par un soldat français, Paris, Les Gémeaux, 1923.. Ses idées sur ce sujet sont résumées dans l'avant-propos d'un roman qu'il publie en :

Cependant, il regrette, à partir de 1925, la politique laïciste de Mustafa Kemal Atatürk. Farrère revient sur cet engagement en rééditant, en 1930, sous forme de livre, Turquie ressuscitée, publié comme un très long article en , et qui est le récit de son voyage en Turquie peu avant l'offensive finale d'août- contre les forces grecques. thumb|left|Claude Farrère en costume de l'Académie française. Le , Claude Farrère assiste au salon annuel des écrivains anciens combattants à l’hôtel Salomon de Rothschid, rue Berryer, à Paris, en tant que président de l’Association des écrivains combattants (fonction qu'il occupera de . à ). Lorsque le président de la République, Paul Doumer, venu inaugurer l'exposition, arrive à la table où sont exposés les ouvrages de Farrère, l’écrivain lui offre un exemplaire de La Bataille et lui signe une dédicace. C’est alors que le Russe Paul Gorgulov se détache de la foule et tire quatre coups à bout portant, puis un cinquième, sur Doumer, qui s’écroule. L'écrivain, qui a tenté de protéger le président, est blessé au bras.. En 1933, il s’engage au sein du Comité français pour la protection des intellectuels juifs persécutés ; il demande aussi à la France de faire bon accueil aux Juifs qui fuient l’Allemagne, à la fois au nom de la générosité et au nom de l’intérêt bien compris du pays : ce serait « une bonne affaire » d’accueillir ces Juifs, comme l’Allemagne avait accueilli des protestants français après la révocation de l’édit de NantesRalph Schor, L’Antisémitisme en France pendant l’entre-deux-guerres, Bruxelles, Complexe, 2005, , 295 et 299-300 ; .. Pendant l'entre-deux-guerres, il collabore au Flambeau, journal des Croix-de-feu; il adhère à cette association en ; ; .. Par la suite, il publie dans Le Petit Journal, sur Retronews., organe du Parti social français, qui a repris la succession politique des Croix-de-feu. Il publie en 1934 une Histoire de la Marine française dans laquelle il explique que l'existence d'une marine a toujours été, en France, l'apanage d'une élite éclairée, en général peu soutenue par l'opinion publique, et que les grandes défaites subies par la France (début de la guerre de Cent Ans, Louis XIV, Napoléon) étaient généralement dues à l'absence d'une marine. thumb|redresse|Inscription sur la sépulture de Claude Farrère, au cimetière de Sainte-Foy-les-Lyon. Claude Farrère est élu à l'Académie française le , le même jour qu'André Bellessort et Jacques Bainville. Il bat de cinq voix son concurrent, Paul Claudel, pour succéder à Louis Barthou au . Après-guerre, il fait partie du comité d'honneur de l'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain... En 1948, avec l'aide d'un comité, il s'occupait de décerner le « Grand prix de la mer » à des écrivains débutants. Il meurt à l'hôpital du Val-de-Grâce ; il repose au cimetière de Sainte-Foy-lès-Lyon avec son épouse.. Son testament indiqua qu'il désignait comme légataire universel l'Association des écrivains combattants.

Œuvre vignette|redresse|Couverture de William Adolphe Lambrecht pour Les petites alliées (1920).

Théâtre L'École de jazz de Claude Farrère et Dal Médico (1927)Adaptation théâtrale de Dancing mothers d'Edgar Selwyn et Edmund Goulding, comédie en 4 actes, théâtre Femina, 21 octobre 1927. Les Tribulations d'un Chinois en Chine (1931)Adaptation théâtrale à l'occasion de l'exposition coloniale de 1931 de l'œuvre de Jules Verne, en collaboration avec Charles Méré. Voir : Isabelle Scaviner, in Revue Jules Verne 33/34, Centre international Jules-Verne, 2011, . Préfaces Désordres à Pondichéry de George Delamare, Les éditions de France, 211 p., 1938, auteur de la Lettre-préface. Postérité Son nom a été donné à une distinction littéraire délivrée par l’Association des écrivains combattants, le prix Claude-Farrère, créé en 1959 pour . Hommages thumb|Plaque sur l'immeuble où il est né à Lyon, au 31 rue Godefroy. Plusieurs voies publiques ou établissements portent son nom dont : une rue dans le quartier Montchat, dans le de sa ville natale de Lyon ; une rue dans le arrondissement de Paris ; une rue d'Ermont, banlieue nord de Paris ; une avenue de Toulon (qui croise la rue Pierre Loti) ; une avenue à Saint-Jean-de-Luz, sur la côte basque, avec une plaque commémorative devant son ancienne propriété ouvrant sur l'océan Atlantique. une rue, (transcription phonétique en turc de son nom), dans le quartier de Sultanahmet à Istanbul ; une école à Saint-Priest, dans la banlieue lyonnaise. Références littéraires Dans la nouvelle de Boris Vian, Le Plombier, parue dans le recueil Les Fourmis, le narrateur admet désirer Jasmin sauf . Dans Un Captif amoureux, un ancien officier de l'armée ottomane dit à Jean Genet : Dans La Rate au court-bouillon de Frédéric Dard, un roman de Claude Farrère est utilisé comme ustensile de cuisine. Dans Le Pavillon des cancéreux d'Alexandre Soljenitsyne, le personnage de Kostoglotov découvre qu'Élizabeth Anatolievna lit des romans en français, et notamment Claude FarrèreChapitre 34 : « Un peu moins bien ».. Auguste Gilbert de Voisins lui dédie son roman Le Bar de La Fourche. Dans Les Beaux Quartiers, de Louis Aragon, le docteur Lamberdesc (I, VI). Notes et références

Voir aussi

Bibliographie P. Beillevaire, « Après La Bataille : l'égarement japonophile de Claude Farrère » in Faits et imaginaires de la guerre russo-japonaise (1904-1905), , éditions Kailash, Paris, 2005, 590 p. Ali Özçelebi, Claude Farrère et la Turquie, Erzurum, Atatürk Üniversitesi basımevi, 1979 Alain Quella-Villéger, Le Cas Farrère. Du Goncourt à la disgrâce, Presses de la Renaissance, Paris, 1989 Alain Quella-Villéger, « Deux marins-écrivains face à la Marine française : Pierre Loti et Claude Farrère (1869-1919) », Guerres mondiales et conflits contemporains, , , Maxime Revon, J. N. Faure-Biguet, Georges Gabory, Henry Marx, Jules Bertaut, « Claude Farrère » in La Nouvelle Revue critique, 1924 Henri Troyat et Alphonse Juin, Le Fauteuil de Claude Farrère : discours de réception de M. Henri Troyat à l'Académie française et réponse de M. le Maréchal Juin, Paris, Plon, 1960 Liens externes

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