Sibassor est une commune du Sénégal localisée dans le département de Kaolack lui-même localisé dans la région de Kaolack.
Géographie
Traversée par la route nationale , elle est géographiquement limitée : au Nord par la communauté rurale de Dya , au Sud par la communauté rurale de Ndiaffate , à l'Est par la commune de Kaolack , à l'Ouest par la communauté rurale de Thiomby.
Histoire
, le nom de ce dernier proviendrait du nom d'un ancien marigot dont l'origine étymologique vient de deux termes sérères : Siib, qui veut dire mettre la sauce (sur le couscous), Soor, qui est le moment pendant lequel on met le riz dans la sauce lors de la préparation de ce plat.
Cette histoire fait référence à la période des sacrifices faits au niveau du marigot et durant lesquels on immolait un taureau noir et préparait beaucoup de couscous et de riz. D'après les traditions, les personnes désirant disposer d'un gros troupeau devaient forcément abreuver leur bétail au niveau du marigot.
Avec l'installation de l'usine Sonacos en 1914, on assiste à une forte croissance de la population dont la majorité est constituée par les ouvriers en plus des Libano-Syriens qui y étaient installés pour des raisons de la traite arachidière.
Jusqu'en , Sibassor était un village faisant partie de la communauté rurale de Dya. Depuis quelques années, Sibassor connait un développement, tant du point de vue démographique que du point de vue de ses activités économiques. C'est d'ailleurs ce qui a poussé l’État du Sénégal de l'ériger en commune en .
Économie
Agriculture La place prépondérante du secteur primaire dans la structure économique du Sénégal n'est plus à démontrer. La commune de Sibassor ne déroge pas à cette règle.
En effet, malgré la baisse de la pluviosité, la dégradation des terres, la salinisation et la réduction de la fertilité, l'agriculture demeure le maillon central de l'économie. Elle est de type traditionnel, extensif et pluvial. Actuellement, l'agriculture constitue la locomotive de l'économie locale car elle joue un rôle important dans l'essor des autres secteurs d'activité.
Facteurs de production Les facteurs de production les plus importants dans la localité sont les suivants : La terre : en raison des pressions démographiques et foncières les terres de culture deviennent insuffisantes. À cela s'ajoute, la dégradation des sols. Causée par détérioration avancée de l'écosystème et les pratiques culturales inadaptées. La main d'œuvre : elle est essentiellement locale et familiale. Néanmoins des opérateurs disposant de grandes superficies agricoles font appel à la main d'œuvre externe. Le matériel agricole : le niveau d'équipement en matériel agricole est très faible. En plus, le matériel agricole qui est très vétuste ne permet pas d'envisager des perspectives prometteuses dans le domaine de la production agricole. Les intrants agricoles : pour la production, les agriculteurs de la commune de Sibassor utilisent les intrants suivants ; les semences, les engrais et les produits phytosanitaires. Ces intrants, qui arrivent souvent en retard, sont insuffisants et ne sont pas distribués à temps. L'eau : malgré le fort potentiel en eau de surface, on assiste à une faible maîtrise de cette dernière. Il faut le rappeler, en sus des bas fonds la commune de Sibassor compte seize mares.
Acteurs de l'agriculture Les partenaires d'appui sont composés de l'ANCARANCAR, de la DRDRDRDR et de la DPVDPV, ces partenaires assurent un appui technique et le conseil agricole.
Productions agricoles Les conjonctions pédoclimatiques contraignent les agriculteurs de la commune de Sibassor à pratiquer des cultures à cycle court. Il s'agit principalement de : Le mil : considéré comme alimentation de base dans la civilisation de la plupart des populations de cette commune, il est la principale culture vivrière. L'arachide : qui occupe la majeure partie des terres cultivables, constitue la principale culture de rente. Ce qui explique l'importance de sa production. Toutefois, cette spéculation traverse une crise conjoncturelle liée surtout à la commercialisation des récoltes. En effet, ce secteur est secoué par de nombreuses réformes depuis plus d'une décennie. Les cultures d'appoint (Maïs, Niébé, Sorgho) : elles servent généralement à l'auto consommation et sont pratiquées par une minorité. Ce qui explique le faible pourcentage des terres emblavées et part peu élevée de la production. On note, aussi, que ces spéculations sont souvent développées en association. Toutefois, elles permettent de combler le déficit vivrier de plusieurs ménages.
La conservation et la transformation Avant traitement, la production est généralement stockée à l'air libre dans les champs. Ensuite, celle-ci est transportée au niveau des concessions pour sa conservation. Cependant, cette dernière est réalisée d'une manière traditionnelle, le plus souvent, sans un conditionnement approprié pour lutter contre les déprédateurs et autres destructeurs de récolte. Les raisons en sont principalement la méconnaissance des techniques et des produits de traitement efficaces et l'insuffisance d'unités de stockage adéquates au niveau de la localité qui en compte uniquement quatre.
Concernant la transformation des produits agricoles, elle est l'apanage des femmes leaders accompagnées par le PROMER II et d'autres projets. Les produits transformés sont, entre autres : le mil, le maïs, l'arachide, le bissap, etc. Elle procure aux femmes transformatrices des revenus monétaires ou non appréciables.
Commercialisation La production agricole ainsi que les produits transformés sont écoulés en grande partie au niveau des marchés limitrophes. Toutefois, le caractère restreint du marché constitue un sujet de préoccupation. C'est ainsi que les bénéficiaires ont sollicité un appui en termes d'accompagnement pour la prospection de nouveaux marchés afin de ne plus soumettre aux prix fixés par le nombre limité de négociants et d'accroître leurs revenus.
Contraintes et solutions de l'agriculture Force est de constater que les conditions de vie des populations demeurent aujourd'hui hypothéquées par ce type d'agriculture qui ne garantit pas, aux producteurs, des revenus monétaires conséquents. Cette situation préoccupante s'explique surtout par : L'insuffisance et la vétusté du matériel agricole qui est très faiblement renouvelé du fait de la faiblesse des revenus et des difficultés d'accès au crédit. La baisse de la fertilité des sols due à la faible utilisation des fertilisants (engrais chimique ou organique) et à la monoculture de l'arachide. L'insuffisance et la mauvaise qualité des semences liée à l'absence de point local de production semencière et la cherté des semences certifiées. La salinisation des terres causée par l'avancée de la langue salée. L'insuffisance de l'équité sociale autour de la ressource foncière (détention lignagère) avec un système de maître de la terre. La déprédation des cultures souvent occasionnée par l'insuffisance des produits phytosanitaires. La difficulté de commercialisation des produits agricoles causée par une faible maîtrise des circuits de commercialisation. La sous valorisation du maraîchage et de la riziculture causée par la faible maîtrise des eaux de surface.
Afin de se conformer à la cible 2 de l'OMD1OMD1 , les populations de la commune de Sibassor ont proposé les solutions suivantes : Faciliter le renouvellement du matériel agricole Promouvoir le fertilisation des sols Introduire et diffuser les semences certifiées Faciliter l'accès aux intrants de qualité à temps Lutter contre la salinisation des terres Appliquer la loi sur le domaine National Lutter contre la déprédation Faciliter la commercialisation des produits agricoles Faciliter l'accès au crédit agricole Aménager les vallées mortes de la commune.
Élevage Malgré l'absence de statistiques récentes, force est de constater que le cheptel est actuellement très important dans la commune de Sibassor. Ceci s'explique d'une part par le rôle stratégique que l'élevage joue dans l'économie locale et d'autre part par les importants atouts (disponibilité d'aires de pâturage riche en protéines végétales et de points d'eau naturels) dont regorge cette localité.
Par ailleurs, il faut noter que l'élevage est plus pratique comme un moyen de thésaurisation et de positionnement social d'où son caractère extensif et traditionnel.
Par rapport à la santé animale, les pathologies suivantes sont identifiées dans la commune de Sibassor : La pasteurellose Le charbon symptomatique La dermatose modulaire La trypanosomiase Le parasitisme
Alimentation et abreuvement du bétail L'alimentation du cheptel se fait en majorité, au niveau des pâturages qui obéissent aux aléas climatiques. Hormis cela, les résidus de récolte ainsi que le fourrage aérien constituent une base d'alimentation des animaux. Cette situation s'explique par la cherté de l'aliment industriel.
Quant à l'abreuvement du bétail, il s'effectue, selon les saisons, au niveau des deux abreuvoirs ou des différents points d'eau naturels (mares temporaires).
Production animalière Les sous-produits de l'élevage, actuellement caractérisés par leur sous-valorisation dans la commune de Sibassor, sont riches et variés et concernent : La viande La production laitière Le cuir
Contraintes et solutions de l'élevage Les contraintes qui gangrènent le développement du secteur sont : L'insuffisance des parcours et zones de pâturage à travers la localité, consécutive à la faible application de la loi agro-sylvo-pastoral, La difficulté d'abreuvement du bétail due à l'insuffisance des abreuvoirs, La difficulté d'accès à des soins vétérinaire découlant de la cherté des prestations des privés et de l'absence d'un agent vétérinaire dans la commune, La recrudescence des cas de vol de bétail, favorisée par la prédominance du mode d'élevage extensif et une faible implication des services de sécurité, Les difficultés d'alimentation du cheptel dont notamment les bovins liées à la cherté de l'aliment industriel du bétail. Au vu des contraintes, il reste évident que la restructuration du secteur constitue une priorité. C'est dans cette logique que les actions suivantes ont été retenues : Délimiter et matérialiser à l'aide de borne en dur les zones de pâturage et les parcours du bétail, Augmenter le nombre d'abreuvoirs dans la commune, Faire un plaidoyer pour l'affectation d'un vétérinaire dans la commune, Procéder à l'identification et au marquage du bétail de la commune, Mettre en place des comités de vigilance contre le vol du bétail, Faciliter l'implantation d'un magasin de vente d'aliment de bétail.
Agroforesterie La commune de Sibassor est dépourvue de forêt classée. Toutefois, les populations exploitent de manière abusive les quelques ressources ligneuses ou non ligneuses dont dispose cette localité. Cette situation a accentué le déboisement dans cette collectivité locale surtout la zone côtière.
Signalons que cette exploitation qui porte sur le bois de chauffe, les produits de cueillette procurent à ces acteurs des revenus monétaires importants. Les recettes issues de le vente des produits forestiers sont utilisées pour la satisfaction des besoins de base des ménages comme achat des denrées de première nécessité, l'accès à la santé, la scolarisation des enfants, l'habillement, etc. Ce qui montre bien que l'agroforesterie contribue à lutter directement contre la pauvreté qui sévit dans cette zone.
Outre cela, la faible disponibilité du matériel végétal constitue l'une des contraintes majeures de l'agroforesterie dans la commune de Sibassor. À cela s'ajoutent : La cueillette prématurée des fruits La coupe abusive La déficience du matériel végétal Le défit d'encadrement La difficulté d'accès au crédit Le faible des élus locaux.