Le campus de l’Institut polytechnique de Paris. (historiquement, campus de l'École polytechnique), aussi appelé platal dans l'argot polytechnicienLes codes de… : Polytechnique, article du sur le site de L'Expansion., est situé à Palaiseau et a été inauguré en 1976. Il constitue une partie du campus du pôle technologique et scientifique Paris-Saclay, en cours d'aménagement depuis 2010.
Histoire
À sa création en 1794, l'école est située dans les dépendances du palais Bourbon puis transférée à l'hôtel de Lassay l'année suivante.. Lorsqu'il militarise l'école, Napoléon l'installe sur la montagne Sainte-Geneviève à Paris, dans les anciens locaux des collèges de Navarre, Tournai et Boncourt, aujourd'hui ministère de l'Enseignement supérieur et de la RechercheHistoire de l'École polytechnique sur le site du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
Au courant de l'histoire, il y eut plusieurs projets de déménagement de l'école. En particulier, en 1850, le projet de transfert de l'école au château de Meudon est avancé par les partisans d'une militarisation plus poussée de Polytechnique. Le discours du général de Lamoricière (X 1824) à l'Assemblée nationale a finalement raison de ce projet : Cet argument sera repris à la fin des années 1960 par les opposants au déménagement de l'école à Palaiseau.
En effet, après la guerre, l'école entame une longue réforme. En 1945 le pavillon Joffre est démoli (à l'exception de la façade) et les bâtiments modernisés. En 1956 la décision est prise de porter à 300 l'effectif des promotions, ce qui nécessite de nouveaux aménagements des pavillons Joffre et Foch.
En 1961, la « commission des 400 » étudie le passage de 300 à 400 élèves par promotion et conclut que même dans le cas d'un maintien à 300 élèves le déménagement de l'école est nécessaire. En effet, malgré les extensions réalisées durant tout le et les constructions entreprises au , l'école ne dispose que de 3,5 hectares au Quartier latin. Le Premier ministre Michel Debré crée alors une commission chargée de la nouvelle implantation et dès 1963 Edgard Pisani propose le site de Palaiseau dans l'Essonne, sur le plateau de SaclayLes Délices du campus ou le douloureux exil, article de la revue Histoire de l'éducation. La même année l' rend un rapport favorable au transfert, à condition qu'il se fasse en région parisienne, sur un terrain d'au moins 200 hectares, bien desservi par les transports et à proximité d'autres écoles et universités. La décision officielle du transfert est prise en 1964 et un concours est lancé en 1967, remporté par l'architecte Henry PottierPSS / École polytechnique, sur pss-archi.eu, premier second Grand prix de Rome (1944)Archiwebture — Pottier, Henry (1912-2000). 399 Ifa, sur le site de la Cité de l'architecture et du patrimoine.. Le projet initial d'Henry Pottier est quelque peu remanié, en particulier les logements des élèvesProjet d'Henri Pottier pour l'École polytechnique en 1967, projet lauréat du concours. En 1967 les déménagements de l'École nationale supérieure de techniques avancées, de l'École nationale des ponts et chaussées et de l'Institut national agronomique sur le plateau de Saclay sont déjà projetésPlan de situation des implantations projetées pour les grandes écoles au sud-ouest de Paris (P. Drouin et J. Fayeton : « Près du parc de Sceaux, la nouvelle école », Arts et manufactures, octobre 1967, , ).
Les travaux à Palaiseau commencent en 1970 mais à partir de 1972 les polytechniciens manifestent leur désaccord avec le projet, en particulier par la création du groupe X Montagne Sainte-Geneviève (GXM) qui regroupe les opposants au projet. Ces derniers organisent un vote par correspondance auprès des membres de l'Association des anciens élèves (AX) qui révèle une forte opposition au projet (75 % contre). Le désaccord est encore plus net chez les élèvesPromotion 73 : 86 % contre, promotion 74 : 85 % contre, promotion 75 : 76 % contre.. Le GXM propose en particulier une rénovation totale du site originel de l'école mais lors de l'assemblée générale de l'AX de le président du Conseil de l'école confirme le transfert et annonce que les autres écoles ne vont pas rejoindre le plateau de Saclay.
vignette|droite|Vue du grand hall depuis le lac.|alt=Photo du grand hall. En 1976 le nouveau campus de Palaiseau, d'une superficie de avec une surface bâtie de ., est inauguré par Valéry Giscard d'Estaing. Estimé à 169 millions de francs en 1969, le coût final des travaux se serait élevé à 378 millions de francs. La promotion 1975, de retour de son service militaire, y fait sa rentrée au mois d'. Le campus conserve certains noms des anciens bâtiments de la montagne Sainte-Geneviève, par exemple le pavillon Boncourt est toujours le pavillon de commandement et les pavillons Foch et Joffre sont restés des résidences pour les élèvesJournées européennes du Patrimoine samedi 19 & dimanche 20 septembre 2009, sur le site du Ministère de la Recherche et de l'Enseignement supérieur. vignette|droite|Hall de l'école.|alt=Photo du grand hall
En , le polytechnicien Jacques Attali rend son rapport intitulé Pour un modèle européen d'enseignement supérieur. Concernant Polytechnique, il préconise en particulier la création d'un campus à Paris-Saclay, par la mise en commun des moyens de l'École polytechnique, des universités d'Orsay, d'HEC Paris, de Supélec, de l'École centrale Paris et des organismes de recherche présents dans ce périmètreJacques Attali, Pour un modèle européen d'enseignement supérieur, Rapport - février 1998, 85 pages, lire en ligne.
En 2006, SupOptique rejoint le campus2006 à nos jours avec Jean-Louis Martin, sur le site de l'IOGS, ouvrant la voie à l'ENSTA ParisTech en 2012ENSTA ParisTech 2012, sur le site de l'ENSTA ParisTech. D'autres écoles doivent rejoindre le campus : l'ENSAE ParisTech en 2016, Télécom ParisTech et une partie de Télécom SudParis en 2017Réunion d'information École polytechnique 27 mars 2013, sur le site de l'École..
À partir de 2007, le projet de campus du plateau de Saclay prend une impulsion nouvelle à l'initiative de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire. Ce dernier souhaite la création d'une « Silicon Valley à la française » sur le plateau, et le projet est ainsi renommé Paris-Saclay, incluant également des territoires hors du plateau comme Versailles ou Saint-Quentin-en-Yvelines.. En , le plan Campus prévoit l'investissement de 850 millions d'euros sur le plateau de SaclayPlan campus : 850 millions d’euros pour le plateau de Saclay, actualité du sur EducPros.fr.. En , le campus de Saclay bénéficie d'un milliard d'euros au titre du grand emprunt.. En , l'IDEX Paris-Saclay est sélectionné pour un montant de 950 millions d'euros.. L'opération s'inscrit parallèlement dans le cadre du Grand Paris et le campus Paris-Saclay doit bénéficier du futur réseau Grand Paris Express avec la station PolytechniqueLe métro à Saclay en pole position, actualité du sur le site du Parisien.. Le , le Premier ministre Jean-Marc Ayrault confirme l'investissement de près de 3 milliards d'euros sur le plateauPresque 3 milliards pour créer le mega campus Paris-Saclay, actualité du sur le site du Figaro..
Le plan local d'urbanisme du quartier de l'École polytechnique prévoit la transformation du site actuel de l'école, fermé, en véritable quartier, vivant et ouvert à tous et relié à la villeRévision simplifiée (fin 2012), sur le site de la ville de Palaiseau, appelé « quartier ouest de Polytechnique » (QOX)..
Infrastructures vignette|Plan du campus.|alt=Plan du campus Enseignement et recherche Bâtiments de Polytechnique Les bâtiments du campus regroupent 50 salles de cours et de travaux pratiques ; 16 amphithéâtres (le plus grand est l'amphithéâtre Poincaré d'une capacité de 780 places.) ; 5 laboratoires de langue ; 22 laboratoires de recherche ; une bibliothèque ; un centre poly-média ; des ateliers de dessin, de peinture, de modelage, de gravure, de photographie, d'architecture ; 11 salles de réunion.
Le projet de rénovation du bâtiment central de l’École polytechnique, lancé en 2023 représente un investissement de 130 millions d’euros. Il est financé par l’État à travers le ministère des Armées (53 M€) et le ministère de l’Enseignement supérieur (7 M€), le reste étant couvert par un emprunt de 70 M€ auprès de la Banque européenne d’investissement. La rénovation du bâtiment s’intègre dans un projet plus large de réhabilitation de l’École polytechnique et du campus de l’Institut Polytechnique de Paris, dont le coût total est estimé à 440 millions d’euros. Les travaux doivent débuter au deuxième trimestre 2026 pour s’achever courant 2029, avec pour objectif de moderniser les espaces pédagogiques tout en valorisant l’héritage architectural du site.
Bâtiments de l'ENSTA Le , l'École polytechnique et ENSTA Paris ont inauguré le nouveau Pôle de Mécanique, fruit d’un programme de travaux lancé trois ans auparavant. Cette structure de plus de 10 000 m² réunit sur le campus de Palaiseau les laboratoires de mécanique des solides, mécanique des fluides et mécanique du vivant des deux écoles, dans le cadre du département « mécanique et énergétique » de l’Institut Polytechnique de Paris. Conçue pour favoriser la mutualisation des équipements et stimuler les synergies scientifiques, elle se positionne comme un centre de recherche de référence à l’échelle nationale et internationale, à quelques pas du futur site ONERA.
Bâtiments de l'IOGS L'Institut d’optique Graduate School occupe depuis 2006 des locaux voisins de l’Institut polytechnique de Paris.
Bibliothèques Bibliothèque centrale de l'X vignette|droite|Intérieur de la bibliothèque.|alt=Photo de la BCX La bibliothèque centrale de l'X (BCX) assure une triple mission, documentaire, culturelle et patrimoniale. Elle fournit aux enseignants, aux élèves, aux étudiants et aux chercheurs les documents nécessaires à leurs activités et offre à l'ensemble du personnel les moyens d'une pratique culturelle individuelle ou collective. Par dérogation, elle conserve les archives de l'établissement depuis 1794, ainsi que les collections muséographiques. La bibliothèque présente également durant l'année des expositions scientifiques et culturellesPrésentation, sur le site de la BCX.
Les collections comportent environ , dont de périodiques sur support papier. Il y a 381 titres de périodiques vivants auxquels il faut ajouter l'accès à plus de électroniques. La coopération avec les laboratoires, qui participent à l'enrichissement de la base de données bibliographiques, permet d'avoir actuellement monographies recensées et localisées dans toute l'école. Tous les domaines sont représentés, des sciences pures à la littérature et aux loisirs en passant par les langues, les sciences humaines et économiques. Près de documents de ces domaines sont en libre accès dans les différents niveaux de la bibliothèqueDécouvrir la bibliothèque, sur le site de la BCX.
Depuis 1996 la BCX a entrepris plusieurs plans de numérisation en partenariat avec GallicaPlans de numérisation, sur le site de la BCX.
Le Centre de ressources historiques (CRH), est le service de la bibliothèque chargé du fonds de livres anciens ( livres datés de 1456 à 1850, dont 5 incunables), des archives historiques et scientifiques de l'école, ainsi que des collections muséographiques et iconographiques. Les collections du Centre de Ressources Historiques sont consultables sur rendez-vousRéserve de livres anciens, sur le site de la BCX. La BCX abrite aussi un fonds muséographique, composé en particulier de 400 objets scientifiques anciensFonds muséographique, sur le site de la BCX.
La Société des amis de la bibliothèque et de l'histoire de l'École polytechnique (SABIX), association créée en 1986 aide la Bibliothèque de l’école à sauvegarder ses richesses, développer ses activités, élargir son rayonnement et affirmer sa politique patrimoniale : accroissement, restauration et mise en valeur de ses