Le métro de Lausanne est l'un des systèmes de transport en commun desservant la ville suisse de Lausanne et son agglomération, dans le canton de Vaud. Exploité par les Transports publics de la région lausannoise (TL), il comporte deux lignes aux caractéristiques et aux histoires très différentes, totalisant près de . En 2025, le métro a transporté de voyageurs.
La première ligne (M1), construite pour relier l'UNIL et l'EPFL au centre-ville, est en service depuis 1991. C'est d'un métro léger, initialement apparenté à un tramway par son premier nom commercial, Tramway du sud-ouest lausannois (TSOL). La seconde ligne (M2), construite pour relier le nord et le sud de la ville, est en service depuis 2008. C'est d'un métro sur pneumatiques entièrement automatisé, résultant de la transformation et du prolongement de l'ancienne ligne de chemin de fer à crémaillère Lausanne-Ouchy ouverte en 1877, qui fut elle-même un funiculaire jusqu'en 1958 et fermée en 2006. Une troisième ligne en projet (M3) reprendra les mêmes technologies que la seconde ligne : elle devrait voir son premier tronçon inauguré à l'horizon 2031.
La desserte de Lausanne et de son agglomération est assurée par d’autres moyens de transport en commun, parmi lesquels le chemin de fer Lausanne-Échallens-Bercher (LEB), le réseau express régional vaudois et onze lignes de trolleybus.
Le métro lausannois constitue le seul réseau de métro de Suisse.
Histoire
Le métro de Lausanne est né du regroupement de lignes aux caractéristiques et aux histoires différentes. Son historique remonte aux origines de l'ancêtre de la ligne M2, le chemin de fer Lausanne-Ouchy.
Le Lausanne-Ouchy vignette|gauche|Le funiculaire Lausanne-Ouchy.
La création d'un chemin de fer urbain à Lausanne au cours du a pour objectif de relier le port d'Ouchy à la gare de Lausanne, ouverte en 1856 par l'Ouest-Suisse afin de faciliter le transport des marchandises entre les bateaux à vapeur naviguant depuis 1823 sur le Léman et le chemin de fer : ce transbordement, rendu difficile par la géographie de la ville, était alors assuré à dos d'âne. Dans la seconde moitié du , plusieurs projets voient le jour, mais ne se concrétisent pas, jusqu'aux années 1870 où un funiculaire voit le jour. Construit entre 1874 et 1877, il est inauguré le : il relie le port d'Ouchy au quartier du Flon en desservant la gare et est appelé le Lausanne-Ouchy ou LO.. Entre la gare et le Flon, une seconde ligne de funiculaire dite Lausanne-Gare ou LG est construite à partir de 1878 et inaugurée le . La ligne sera très vite surnommée la Ficelle, surnom qu'elle conservera même après sa transformation en train à crémaillère.
Dès 1896, la compagnie du Lausanne-Ouchy est concurrencée par le réseau de la Société des tramways lausannois pour la desserte d'Ouchy..
Le funiculaire, arrivé à bout de souffle, est transformé en 1954 pour le Lausanne-Gare, puis en 1958 pour le Lausanne-Ouchy, en chemin de fer à crémaillère.... Durant la même période, l'activité marchandise est déplacée à la gare de Lausanne-Sébeillon, qui devient la nouvelle gare de marchandises de la ville, au détriment de la gare de Lausanne qui se concentre sur le trafic voyageurs. Un nouveau tracé est établi le long des rues de Sébeillon et de Genève, tracé à son tour fermé le , mettant fin au trafic marchandises sur le Lausanne-Ouchy.
Le TSOL et le devenir du Lausanne-Ouchy vignette|Le Lausanne-Ouchy.
Dès 1957, l'idée de prolonger le Lausanne-Ouchy est évoquée et, en 1973, un prolongement du Lausanne-Ouchy par les voies du Chemin de fer Lausanne-Échallens-Bercher (LEB) est même proposé... En 1984, la ligne est rachetée par la ville de Lausanne qui en confie l'exploitation aux Transports publics de la région lausannoise, qui n'est autre que l'ancienne Société des tramways lausannois, concurrente de la compagnie du Lausanne-Ouchy dès 1896.. En 1987, deux hypothèses de prolongement du LO sont étudiées, vers la Blécherette ou vers le CHUV et Épalinges, qui conduira au choix du second tracé. Le premier est repris par le projet de ligne M3.
Les années 1970 voient apparaître un autre projet, la desserte du campus de Dorigny à Écublens, accueillant l'UNIL et l'EPFL et inauguré à la fin des années 1960, qui voit sa fréquentation augmenter rapidement au fil des ans, tandis que la desserte en transport en commun, assurée par autobus, est insuffisante. Les études réalisées durant les années 1980 conduisent à la création d'une ligne de chemin de fer entre le Flon, le campus, la gare de Renens et une seconde branche vers Morges qui ne verra finalement jamais le jour. La construction de cette ligne de métro léger, baptisée Tramway du sud-ouest lausannois, commence en 1988 : la ligne, inaugurée le , est mise en service le suivant.. Elle est connectée au Lausanne-Ouchy à la station Lausanne-Flon, terminus commun aux deux lignes. Cette nouvelle ligne est un succès et arrive rapidement à saturation, obligeant à peine quatre ans après sa mise en service à commander des rames supplémentaires.
Du côté de la ligne à crémaillère, une étude est lancée par le canton de Vaud, non seulement pour prolonger, mais aussi pour moderniser la ligne, le matériel et les pièces détachées, devenues introuvables ; elle valide aussi le tracé Ouchy-Épalinges... En 1997, il est annoncé que le chemin de fer à crémaillère laissera place à un métro sur pneumatiques automatique qui sera réalisé par Alstom, qui l'emporte face à une offre inspirée de la technologie du SkyTrain de Vancouver..
En , pendant la campagne de communication du Conseil d'État durant l'enquête publique de la seconde ligne, il est annoncé que le TSOL devient la ligne M1 du métro, tandis que le Lausanne-Ouchy deviendra la ligne M2. Les problèmes financiers du canton de Vaud ont failli provoquer l'abandon du projet en 2001, sauvé entre autres par la votation populaire de 2002 sur la participation du canton au financement, qui voit les Vaudois l'approuver à une large majorité, et le changement de majorité au Conseil d'État qui déclare le projet essentiel au canton.
Construction et mise en service du M2 vignette|Construction de la ligne M2. vignette|Vue sur les Alpes depuis une rame M2 quittant la station Grancy. Les travaux du M2 débutent en par la partie entièrement nouvelle, et la première pierre est posée au mois de , avec un an de retard. Ils sont marqués en par l'effondrement de la voûte du tunnel en plein centre-ville, qui manque de peu d'emporter l'immeuble situé juste au-dessus... Les travaux de la partie sud débutent après la fermeture définitive du Lausanne-Ouchy, le . Les travaux sont achevés en et la ligne est inaugurée le suivant, puis mise en service le ... Comme pour le M1 en son temps, la ligne est victime de son succès, obligeant dès 2013 à revoir l'aménagement intérieur des rames et à augmenter le nombre de rames en ligne... D'autres mesures sont prises en 2016, avec une modification du pilotage automatique qui réduit le temps de parcours et augmente la capacité horaire de la ligne..
En 2012, les sociétés propriétaires de chaque ligne (Tramway du Sud-Ouest Lausannois SA et Métro Lausanne-Ouchy SA) sont radiées du registre du commerce. Leurs actifs sont repris par les TL, qui sont désormais à la fois propriétaires et exploitants du réseau...
Réseau actuel
Présentation du réseau Le réseau lausannois, long de , est composé de deux lignes desservant au total 28 stations, dont une seule commune aux deux lignes, Lausanne-Flon, terminal souterrain connecté à la gare de Lausanne-Flon et situé au cœur de la ville de Lausanne. La gare CFF de Lausanne, qui dessert les liaisons ferroviaires nationales et internationales, est située à en contrebas et accessible directement par la ligne M2 via la station Lausanne-Gare. Le port d'Ouchy est également accessible par la ligne M2.
Chacune des lignes possède des caractéristiques qui lui sont propres, les rendant incompatibles entre elles : la ligne M1, ouverte en 1991 sous le nom TSOL, est un métro léger, tandis que la ligne M2, ouverte en 2008, est un métro sur pneumatiques automatisé, étroitement dérivé des technologies utilisées sur la ligne 14 du métro de Paris. Cette ligne M2 remplace l'ancienne ligne de chemin de fer à crémaillère Lausanne-Ouchy ouverte en 1877, exploitée en tant que funiculaire jusqu'en 1958 et fermée en 2006.
Lignes en service Ligne Parcours Mise enservice Longueur (en km) Nombre destations Matériel Nb de Ramesen pointe Nb total de rames Millions de voyageurs(2017) Lausanne-Flon ↔ Renens-Gare 1991 15 TL Bem 4/6, TL Be 4/6 N.C. 22 Ouchy-Olympique ↔ Croisettes 2008 14 Be 8/8 TL 16 18
Identité visuelle Lors de l'ouverture de la ligne M2, une nouvelle identité visuelle a été mise en place, et un logo « commun » aux deux lignes a vu le jour.. De couleur magenta, sa signification est la suivante : la lettre M (pour métro) est stylisée sous forme de trois barres obliques se référant à la fois à la fréquence élevée de la ligne M2 et à la topographie lausannoise particulièrement escarpée. Le cercle rappelle le tunnel et les barres interrompant le cercle et « ouvrant » le logo rappellent le fait que le métro s'inscrit dans un réseau plus vaste intégrant d'autres modes de transports. Chaque ligne est identifiée par ce logo suivi d'un autre comprenant le numéro entouré d'un cercle ouvert, là encore pour évoquer la notion de complémentarité des modes de transport, le tout de couleur bleue (voir la section Lignes en service pour un exemple d'usage).
Auparavant, le M1 utilisait un M noir surplombant une barre bleue horizontale, le Lausanne-Ouchy utilisait quant à lui une variante à barre rouge.
Stations
Depuis 2008, le réseau est composé de 28 stations, 29 si l'on compte double l'unique station commune aux deux lignes (Lausanne-Flon), dont les caractéristiques diffèrent selon les lignes. Si les stations du M1 sont majoritairement aériennes et pour la plupart en double voie afin de servir de points de croisement, la ligne étant à voie unique, celles de la ligne M2 sont toutes souterraines et équipées de portes palières.
Exploitation vignette|Signalétique et borne d'information aux voyageurs à la station Lausanne-Flon.
L'exploitation, l'entretien et la maintenance du réseau sont assurés par les Transports publics de la région lausannoise (TL), une Société anonyme fondée en 1894 qui avait pour but initial d'exploiter l'ancien tramway de Lausanne (1896-1964), et qui exploite depuis les réseaux de trolleybus et d'autobus. Elle devient en 1984 l'exploitant du Lausanne-Ouchy et est l'exploitant des deux lignes actuelles depuis leur ouverture.
Elle est aussi, depuis 2012, concessionnaire et propriétaire des infrastructures des deux lignes après sa fusion avec les deux compagnies existantes, à savoir Tramway du Sud-Ouest Lausannois SA pour la ligne M1 et Métro Lausanne-Ouchy SA pour la ligne M2, cette dernière était la compagnie concessionnaire du Lausanne-Ouchy depuis son ouverture en 1877 et l'ancien exploitant de la ligne jusqu'en 1984.
Horaires et fréquences Les deux lignes fonctionnent tous les jours sans exception et commencent leur service en semaine vers du matin et le finissent le lendemain vers du matin..... Chaque ligne possède des variations de son amplitude selon les jours de la semaine : La ligne M1 commence son service plus tard les dimanches et jours fériés, vers du matin environ, tandis que pour la ligne M2, elle finit son service à du matin les vendredis et samedis soir.
La fréquence en heures de pointe en semaine, et hors période de vacances universitaires pour la ligne M1, est de pour cette dernière et de pour la ligne M2 sur son tronçon central, le plus chargé, entre Lausanne-Gare et Sallaz et de sur le reste de la ligne.
Fréquentation vignette|Porte palière à la station Lausanne-Gare (la photo montre la déclivité importante à cette station).