Les Jaros de la Beauce sont un club professionnel de hockey sur glace qui a évolué de 1975 à 1976 dans la (NAHL). L'équipe jouait au Palais des Sports de Saint-Georges-de-Beauce, dans la province de Québec au Canada.

Le club termine au premier rang du classement général lors de sa première saison, en 1975-1976, mais perd la finale de la Coupe Lockhart face aux Firebirds de Philadelphie. Des problèmes financiers nuisent au rendement de l'équipe lors de la saison suivante et la concession est finalement dissoute par son propriétaire en .

Historique

Histoire du hockey à Saint-Georges (1910-1975) thumb|left|Le Centre sportif Lacroix-Dutil en avril 2013|alt=Photographie couleur du centre sportif Lacroix-Dutil vue de l'extérieur La ville de Saint-Georges a une longue tradition de hockey local, régional et provincial. Le plus ancien match connu se déroule en 1910 alors que Saint-Joseph-de-Beauce bat Saint-Georges 3 à 2. Le hockey se joue alors sur les rivières et non à l’intérieur. En 1925, la formation de la Ligue de Beauce permet des confrontations entre les villes beauceronnes, avec des équipes à Saint-Georges, mais aussi à Sainte-Marie, Saint-Joseph et Beauceville.

Entre 1945 et 1949, une ligue municipale est constituée et quatre clubs s’affrontent. Les joueurs proviennent d’industries locales comme la , la et la ; il y a également une équipe de marchands.

En 1950, le Tournoi Comrie voit le jour. Encore présenté chaque année à Saint-Georges, il s’agit du plus ancien tournoi de hockey amateur au Québec. Il permet aux participants de remporter le trophée Tom Comrie..

Au début des années 1960, apparaît la Ligue Beauce-Dorchester, qui sera suivie par la Ligue Beauce-Centre et la Ligue Beauce-Frontenac.

Le projet est dans l’air depuis longtemps mais il est officialisé en 1968 : St-Georges aura son aréna couvert. Inauguré le , le nouvel édifice porte le nom de Palais des Sports. D’importantes rénovations ont lieu en 1998 et en 2012, dont l’ajout d’une deuxième glace. En l’aréna change de nom pour devenir le Centre sportif Lacroix-Dutil.

En 1970, c’est la Ligue intermédiaire de l’est qui apparaît à Saint-Georges avec des équipes de la Beauce, de la Rive-Sud de Québec et de Québec.

Origines du nom de l'équipe Le choix du nom de l’équipe fait référence à un évènement ayant eu lieu en 1974. En effet, la Ville de Saint-Georges a accueilli les Troisièmes Jeux d’hiver du Québec. Les jeux ont connu un immense succès et, durant les festivités, il y avait une mascotte du nom de Jaro qui fut très populaire. Ce nom dérive probablement du gentilé jarrets noirs .. Historiquement, les gens provenant de la Beauce étaient surnommés les « Jarrets noirs », parce qu’ils se salissaient les jambes lorsqu’ils traversaient les cours d’eau pour aller vendre leurs produits à Lévis ou à Québec.

Naissance de la concession Au printemps de l’année 1975, l’homme d’affaires beauceron, André Veilleux, est actionnaire minoritaire des Nordiques de Québec.. Depuis quelques années, il a tenté d’acheter certains clubs de hockey de la grande région de Québec, comme les Remparts de Québec ou les Canadiens junior de Thetford Mines. Il a même essayé, en vain, de devenir le principal propriétaire des Nordiques au printemps de 1974. Lorsqu’il rencontre Jean-Charles Gravel, un ancien camarade de classe qu’il n’avait pas vu depuis 20 ans, le déclic se fait : les deux hommes amèneront une équipe de hockey professionnel en Beauce. Veilleux, propriétaire des camions Mack de Québec, a l’argent ; Gravel, ancien entraîneur des Nordiques du Maine, possède les connaissances en matière de hockey. Les deux hommes contactent alors Robert Dextrase, le président de la North American Hockey League.

La NAHL a vu le jour en 1973, à la suite du démantèlement de la . Quelques-unes de ses équipes agissent comme clubs-écoles auprès de certaines formations de l’Association mondiale de hockey, comme les Nordiques du Maine et les Jets de Johnstown. Le tandem Veilleux-Gravel n’a pas approché les équipes de l’AMH, mais les deux Beaucerons obtiennent tout de même une réponse favorable de la part des dirigeants de la NAHL. S’ils se présentent avec à la prochaine réunion de la ligue tenue en mai, ils obtiendront une concession.

Le , Jean-Charles Gravel et des représentants de la Ville de Saint-Georges-de-Beauce donnent une conférence de presse. Après les Canadiens de la Ligue nationale de hockey et les Nordiques de l’AMH, il y aura bel et bien un troisième club de hockey professionnel au Québec et il s’appellera les Jaros de la Beauce. Pour répondre aux exigences de la NAHL, qui veut un amphithéâtre de , la ville s’engage à exécuter des travaux au cours de l’été pour agrandir le Palais des Sports, un aréna disposant de . Gravel, de son côté, déclare que les Jaros seront une formation robuste.

Le , lors d’une réunion tenue à Syracuse (État de New York), la NAHL accorde une franchise à André Veilleux et les Jaros de la Beauce voient le jour.

Mise en place de l’équipe À la mi-, sans donner d’explications, Jean-Charles Gravel quitte l’organisation des Jaros. Une conférence de presse est donnée le à Saint-Georges par le propriétaire, président et directeur-gérant André Veilleux. Le club beauceron présente alors les cinq premiers joueurs à joindre ses rangs. Il s’agit de Gordon Talbot, Ron Fogal, Peter Folco, Richard Grenier et Gilles Bilodeau. Lorsqu’ils constatent que la philosophie du club repose principalement sur la robustesse, certains journalistes donnent alors aux Jaros le surnom de Beux (bœufs) de la Beauce.

À la fin juin, Marc Picard, ancien entraîneur des Remparts de Québec, devient le nouvel instructeur des Jaros. Il apporte alors de la crédibilité à l’organisation puisqu’il a mené les Remparts à la conquête de la Coupe du président au printemps de 1974.

En , la Ville de Saint-Georges reporte les travaux du Palais des Sports à l’été suivant. Mais les Jaros ne s’en font pas outre mesure, la vente des billets de saison semble se dérouler somme toute assez bien.

En août, l'attaquant René Villemure et le défenseur Jean-Luc Duquette signent avec le club beauceron. Puis, le , Dwayne Byers et Jocelyn Hardy se joignent à l'équipe.

Saison 1975-1976 Saison régulière Le camp d’entraînement des Jaros débute le à l’aréna de Sainte-Marie et 35 joueurs sont présents. Parmi les candidats, l’Américain James Troy et le Québécois Michel Garneau retiennent l’attention à l'issue des matchs intra-équipe. Le premier match hors-concours des Jaros a lieu le au Palais des Sports de Saint-Georges contre les Stingers de Cincinnati de l’AMH. Les hommes de Marc Picard subissent une défaite de 10 à 1 mais tiennent leur bout côté robustesse. Après une victoire de 9 à 1 contre les Nordiques du Maine, le club part ensuite jouer une série de matchs d’exhibition sur la route, notamment à Thetford Mines contre les Toros de Toronto et à Lac-Mégantic contre les Cape Codders.

Le calendrier régulier des Jaros doit débuter le au Coliseum de South Yarmouth, aréna des Cape Codders. Mais l’explosion d’une bonbonne servant à fabriquer la glace empêche la tenue de ce premier match. Le club de la Beauce doit donc jouer la première partie de son histoire au de Lewiston contre les Nordiques du Maine. Devant , dont venus encourager leur équipe, le club de Saint-Georges remporte le match 8 à 4. Joe Hardy compte le premier but de l’histoire des Jaros. Alain « Boom Boom » Caron compte le but gagnant et la victoire est créditée au gardien de but Yves Archambault. C’est toutefois l’aspect robustesse qui retient toute l’attention lors de ce premier match. Les joueurs des Jaros bousculent rondement les joueurs des Nordiques. En troisième période, l’attaquant Gilles Bilodeau va même jusqu’à frapper le gardien de but Georges Hulme qui était sorti de son filet. Humiliés, les joueurs des Nordiques veulent se venger. Le lendemain, lors du match d’ouverture des Jaros à Saint-Georges, ces mêmes Nordiques sont les visiteurs. Le directeur-gérant des Nordiques de Québec, Maurice Filion, est présent. Il a amené avec lui le dur à cuire Alan Globensky qu’il a décidé de prêter à son club-école. Après seulement 8 secondes de jeu en première période, Globensky se jette sur Michel Garneau. Son coéquipier James Troy intervient alors pour le défendre et les deux bancs se vident. Une bagarre générale éclate et le jeu est interrompu pendant plus de 30 minutes. Finalement, le hockey reprend ; Globensky chassé du match, les Jaros en profitent pour écraser le club du Maine 9 à 2. Le capitaine Joe Hardy est le héros de la soirée avec un tour du chapeau. L’alignement des Jaros lors de ce match inaugural, au Palais des Sports de Saint-Georges le , est le suivant : Les gardiens de but : Yves Archambault, Gilles Tremblay (substitut) Les défenseurs : Brian Beaubien, Mike Busniuk, Jean-Luc Duquette, Ron Fogal, Peter Folco Les attaquants : Daniel Beaulieu, Gilles Bilodeau, Dwayne Byers, Alain Caron, Alberto Di Fazio, Michel Garneau, Richard Grenier, Jocelyn Hardy, Gordon Talbot, James Troy, René Villemure

Le premier revers du club beauceron survient lors du match suivant. Les Jaros s’inclinent alors 6 à 4, devant leurs partisans, contre Cape Cod.

Au début de novembre, alors que son club présente une fiche de quatre victoires et une défaite, le directeur-gérant André Veilleux procède à des premiers changements. Il envoie le défenseur Ron Fogal aux Nordiques du Maine en retour d’un autre défenseur, Reynald Tremblay, le frère de Jean-Claude Tremblay. Puis, il met à l’essai un jeune défenseur originaire de Montréal, Wally Weir. Rapidement, Weir fait sa marque avec ses talents de pugiliste. Il cadre plutôt bien avec sa nouvelle équipe, alors que les Jaros se sont forgé, en quelques semaines seulement, une réputation de bagarreurs à travers la ligue. Et le match du ne fait qu’accroître leur notoriété en matière de robustesse. En effet, alors qu’ils reçoivent les Comets de Mohawk Valley au Palais de Sports, les Jaros déclenchent une autre bagarre générale. Dans l’échauffourée, Bob O’Reilly des Comets frappe René Villemure en plein visage avec son bâtonLe mot « bâton » est le terme québécois désignant en français la crosse. Finalement, ayant perdu le contrôle du match, l’arbitre décide d’interrompre la partie. Il n’y aura même pas de troisième période et les Jaros, qui menaient alors 2 à 1, sont déclarés vainqueurs. Ils sont toutefois les grands perdants des sanctions qui sont imposées par les dirigeants de la ligue. À la suite de la rencontre, Archambault et Bilodeau reçoivent trois matchs de suspension chacun ainsi que d’amende. Michel Garneau reçoit dix matchs de suspension et d’amende alors que l'entraîneur, Marc Picard, se voit imposer une suspension de six matchs et d’amende. Picard voit sa suspension prolongée de trois autres parties une semaine plus tard à la suite de son intervention auprès du banc des joueurs lors d’un match à Utica, alors qu’il était toujours en congé forcé.