La coupe de Tunisie de football est une compétition de football créée en 1922 et disparue en 1955 pour laisser place à la nouvelle coupe de Tunisie. Il s'agit d'une compétition disputée dans toute la Tunisie. Le club le plus titré est le Club sportif de Hammam Lif qui totalise sept titres consécutifs.
Le palmarès de cette compétition d'avant l'indépendance du pays est reconnu par la Fédération tunisienne de football, tout comme notamment les compétitions de la Ligue de Tunisie.
Histoire
La Coupe de Tunisie est instaurée en 1922. Sa première édition enregistre l'engagement de 18 clubs, ce qui nécessite l'organisation d'un tour préliminaire pour quatre clubs tirés au sort avant les huitièmes de finale. La première finale est disputée le : elle oppose l'Avant-garde de Tunis au Racing Club de Tunis et se solde par la victoire du premier club sur le score de 1-0.
La deuxième finale est disputée le et nécessite le recours aux prolongations au cours desquelles le Racing Club de Tunis bat le Sporting Club de Ferryville (2-1). La Dépêche tunisienne du lendemain relate le match et indique les formations dont celle des vainqueurs est la suivante : André Léchenault - , - Mustapha Zmerli, , - Kleber Fest, Marcel Bonnet, , et .
La troisième finale a lieu au vélodrome du Belvédère le . Le Stade gaulois l'emporte sur le Racing Club de Tunis (2-0) sur des buts de et . Les lauréats sont - Paul Garriga, - , , - , Grisoni, , Saunot et . Dans les rangs des vaincus figure Mustapha Zmerli, décrit par La Dépêche tunisienne comme un .
La quatrième coupe est disputée le au vélodrome du Belvédère. Le Sporting Club de Tunis bat le Football Club de Bizerte (2-1) buts de aux et et de à la . Le trio arbitral est composé de , et . Les vainqueurs sont Raoul Chaisaz - , Félix Thomas - Armand Nataf, , - , , Ingarao, et .
La cinquième coupe revient au Stade gaulois qui, le , bat le Sporting Club de Tunis (2-0) sur des buts de et Olivieri. Les vainqueurs sont - , - , Olivieri, Couty - , , , et .
Après une interruption de deux saisons, la coupe reprend avec la sixième édition remportée le , au stade Smadja, par l'Union sportive tunisienne (UST) qui bat le Sporting Club de Tunis (2-1) sur des buts de et pour l'UST et Ali Ben Saïd pour le Sporting. Le trio arbitral tunisien est composé de , Abdelhamid Bellamine et Belhassen Ben Chedly. Les vainqueurs sont Victor Krief - Gaston Haddad, - Edmond Zerbib, , - , Azoulay, , Roubaud et Paul Bloch.
La septième édition de la coupe de Tunisie est disputée en 1931 sosu forme d'une finale à trois clubs : l'UST, Métlaoui Sports et l'Union sportive de Béja. Métlaoui gagne le premier match contre Béja (2-0) sur des buts de et , mais perd le second contre l'UST (1-3) sur des buts de Chastanet pour Métlaoui et Angel Darmon, Edmond Zerbib et Azoulay pour l'UST. Le troisième match est arrêté alors que l'UST mène 1-0 contre Béja, ce qui lui permet de remporter la coupe avec l'équipe formée de Victor Krief - Gaston Haddad, Édouard Fitoussi - Edmond Zerbib, Angel Darmon, Albert Benmussa - Maurice Lévy, René Pariente, , Azoulay et Paul Bloch.
La huitième coupe est remportée en 1932 par le Racing Club de Tunis contre le Sporting Club de Tunis en deux manches (1-1 et 5-0). La neuvième coupe disputée le est remportée par l'UST qui bat le Stade gaulois (2-1) après prolongations et sur des buts de Maurice Castro et Jacques Sitbon (alias Kiki Lakhal) pour l'UST et de pour le Stade gaulois. Les vainqueurs sont André Tuil - , Édouard Fitoussi - Edmond Zerbib, Angel Darmon, Albert Benmussa - Maurice Lévy, Maurice Castro, Jacques Sitbon, Azoulay et René Pariente. La coupe reste chez l'UST lors de la dixième édition, à l'issue de deux matchs disputés les 17 et contre la Vaillante-Sporting Club de Ferryville (1-1 sur des buts de Azoulay et puis 2-1 sur des buts de Jacques Sitbon et pour l'UST et pour Ferryville. Les vainqueurs sont André Tuil - Gaston Haddad, (puis Charles Scemama pour le second match) - Edmond Zerbib, Angel Darmon, Albert Benmussa - Maurice Lévy, Azoulay, Jacques Sitbon, Castro et . L'UST remporte une troisième coupe consécutive avec la onzième édition en 1935, battant le Sporting Club de Tunis (3-0) grâce à Castro, auteur des trois buts ; les vainqueurs sont André Tuil - , Édouard Fitoussi - Raymond Temim, Angel Darmon, Albert Benmussa - Victor Assous, , René Pariente, Castro et Henri Bismuth.
En 1936, l'équipe de l'Italia de Tunis s'octroie la douzième coupe aux dépens de la Jeunesse de Hammam Lif (1-0) sur un but d'Aldo Medina. Les vainqueurs, portant une tenue entièrement noire, sont - , - , , - , Aldo Medina, , de .
La coupe de 1937 augure d'un changement radical dans le paysage footballistique tunisien : l'Espérance sportive (ES)Appellation à l'époque de l'Espérance sportive de Tunis et l'Étoile sportive du Sahel jouent un rôle de premier plan, la première en parvenant en finale et la seconde en demi-finale. Même le Stade gaulois, vainqueur de la coupe, compte dans ses rangs plusieurs joueurs autochtones. La passion est à son comble dès les demi-finales qui permettent à l'ES de se qualifier facilement en finale en battant l'Union sportive radésienne (2-0) sur un doublé de ), alors que le Stade gaulois écarte l'ESS (3-1) sur deux buts de Damiani et un but de Maurice Lévy contre un but de Slaïem Belhaj Ali. La finale, jouée le , est perçue comme un évènement nationaliste : l'arbitre en accordant un penalty au Stade gaulois déchaîne la fureur du public espérantiste mais Ezzedine Berbeche le râte, avant que son coéquipier Marius Lignières ne marque l'unique but à la . L'équipe victorieuse est composée d'Ali Ben Saïd - Ezzedine Berbeche, Jean Lignières - , , - Marius Lignières, Maurice Levy, Damiani, Ouardi Berbeche et Larbi Ben Hassine (alias Larbi Bardo)Fils du champion cycliste Ali Bardo et père de l'entraîneur Habib Mejri alors que la formation espérantiste est constituée de Laâroussi Tsouri - , Mohamed Mouldi (alias Mouldi Nanna) - , Mohamed Dougaz, Othman Bhaïer - Hechmi Cherif, Kacem Ben Saïd, Mabrouk Meskine, Salah Skikha (alias Mahjoub) et Hamadi Mghirbi.
La quatorzième coupe, disputée le , réunit les deux équipes pionnières du football en Tunisie : le Racing Club et le Sporting Club de Tunis. Après une première édition terminée sur un score nul (0-0), le Sporting gagne la compétition (2-0) sur des buts de et . Il présente alors la formation suivante : - , - , , - Il dispute le second match à la place de ., , , Miceli et .
En 1939, les équipes nationalistes occupent le devant de la scène : l'ES et l'ESS disputent la finale alors que le Club africain, éliminé en demi-finale après deux matchs par l'ES, gagne la coupe de consolation contre l'autre demi-finaliste, l'Étoile sportive ouvrière de Ferryville (1-0) sur un but de Hédi Ben Ammar. Quant à la finale, elle est remportée facilement par l'ES (4-1) sur des buts de Mabrouk Meskine ( et ), Kacem Ben Saïd () et Hamadi Ayari () pour l'ES et de () pour l'ESS. Les vainqueurs sont Laâroussi Tsouri - Mohamed Mouldi, Mohamed Larbi Anniba - Mohamed Dougaz, Rachid Turki, Kacem Ben Saïd - Hechmi Cherif, Moncef Zouhir, Mabrouk Meskine, Najjar et Hamadi Ayari ; les vaincus sont - Jelloul Bouali, Tijani Karaborni - , Ali Zmantar, Tijani Ben Youssef - Mohamed Aïssa, Mohamed Toumi, Jemaï, Rachid Sehili et Mohamed Dridi. Quant au Club africain, lauréat de la coupe de la consolation, il présente la formation suivante : Youssef Lassoued - Abdesselem Ben Ismaïl (alias Lagraâ), Hédi Saheb Ettabaâ - Khémaïes Ben Ismaïl, Hassen Akacha, - Hédi Ben Ammar, Alioua Trabelsi, Hattab Charrad, Mohsen Haddad et Ezzedine Bouabsa.
Profitant du léger intermède de la Seconde Guerre mondiale, la Ligue de Tunisie fait disputer la seizième coupe de Tunisie. 19 clubs seulement s'engagent dans cette édition dont la finale, disputée le , est remportée par l'Union sportive de Ferryville (4-1) contre l'Union sportive de Béja, avec deux buts de et un de et pour Ferryville et un de pour Béja.
En 1945, la coupe disputée avant la reprise du championnat est remportée par l'Olympique de Tunis qui bat l'ES à l'issue de deux matchs (0-0 et 1-0) sur un but de Pierre Perez. Les vainqueurs sont - , - , , - , Larbi Ben Hassine, , Pierre Perez et . La dix-huitième édition de la coupe, jouée en 1946, sourit au Patrie Football Club bizertin (PFCB) qui bat l'ESS qui avait pourtant écarté le Club sportif de Hammam Lif constitué pour dominer la compétition et l'Association sportive française qui avait pris le relais de plusieurs formations comme le Racing, le Sporting, etc. Le PFCB l'emporte (3-1) grâce à trois buts de Barthélémy Gallard, contre un but pour Habib Mougou. Les finalistes sont - , - , , - , , Barthélémy Gallard, et (PFCB) contre Aleya Douik - Bouraoui Lamti, Abdessalem Mougou - Slaïem Belhaj Ali, Abdelhamid Blal, Rachid Sehili - Tijani Ben Youssef, Abdallah Ghomrasni, Salah Bellaouer, Habib Mougou et Ali Driss (ESS).
La dix-neuvième édition de la coupe, disputée le est marquée par un fait rarissime, la victoire d'un club évoluant alors en cinquième division, le Club sportif de Hammam Lif (CSHL) qui était la formation la plus forte du pays mais devait gravir régulièrement les échelons. Il bat l'ES (2-1) sur des buts de Hamadi Klouz et Mejri Henia pour le CSHL et de Taïeb Belhaj Ali pour l'EST. Les vainqueurs sont Abdelhafidh Bazine - , Hamadi Kaouech - , Ahmed Azzouna (Hammouda), Mohamed Boussetta - Mongi Afchar, , Salvo Luccia, Hamadi Klouz et Mejri Henia. La vingtième édition, celle de 1948, est remportée également par le CSHL, encore divisionnaire évoluant en quatrième division. Sa victime est le PFCB, battu sur un score de 2-0 (buts de Mustapha Mennaoui et Abdelaziz Ben Tifour). La formation victorieuse est composée d'Abdelhafidh Bazine - Mustapha Ben Tifour, Ahmed Azzouna (Hammouda) - Hammoudi, , Mohamed Boussetta - Mustapha Bsaïes, Mustapha Mennaoui, Abdelaziz Ben Tifour, et Mejri Henia. Continuant sur sa lancée, le CSHL, cette fois en troisième division, remporte la vingt-et-unième édition de la coupe disputée en 1949, au détriment du champion de Tunisie de la saison, le Club athlétique bizertin (CAB), sur un score de 1-0 (but de Mustapha Mennaoui). Les vainqueurs sont Abdelhafidh Bazine - Mustapha Ben Tifour, Ahmed Azzouna (Hammouda) - Hammoudi, Aissa Barka, Tijani - , Mustapha Mennaoui, Ali Zegouzi, Salvo Luccia et Mejri Henia.
La vingt-deuxième édition jouée en 1950 permet au CSHL, champion incontesté de la deuxième divisionIl obtient des scores fleuves tels que 22-0 contre le Stade gaulois, 12-0 contre le Football Club de Jérissa, 9-0 contre le Kram olympique, le Club sportif des cheminots, etc., de battre le champion de Tunisie de la saison, l'ESS, sur un score de 3-0 (buts de Mustapha Bsaïes, Ali Ben Jeddou et Fanfan Cassar). L'équipe victorieuse est la suivante : Abdelhafidh Bazine - Ahmed Azzouna (Hammouda), Compiano - Mustapha Mennaoui (Askri), Aissa Barka, Gaëtano Chiarenza - Fanfan Cassar, , Ali Ben Jeddou, Mustapha Bsaïes et Mejri Henia.
Enfin, en division nationale, le CSHL s'octroie le doublé en ajoutant la coupe au championnat, à l'issue de la finale disputée le contre le CAB et qui se termine sur un score de 2-0 (buts de Mejri Henia à la et d'Aissa Barka à la ). Les lauréats de la coupe sont Abdelhafidh Bazine - Ahmed Azzouna (Hammouda), Diego Luccia - Mustapha Mennaoui (Askri), Aissa Barka, Gaëtano Chiarenza - Mustapha Bsaïes, Ali Zegouzi, Abdessalem Kraïem, Salvo Luccia et Mejri Henia.