Le Monde comme , selon la définition du Dictionnaire des concepts philosophiques, est l'héritier du « Cosmos » de l'antiquité grecque. , . ..
Le concept de Monde qui progressivement lui succède est fortement théologisé par le Moyen Âge pour être déthéologisé au par la tradition cartésienne, puis lui-même remis en question au début du par la phénoménologie qui inverse la direction du regard en faisant de l'homme l'origine absolue du sens. À partir de là, le cosmos devenu monde devient pluriel, .. Les principaux phénoménologues ont abordé à partir de points de vue différents, l'analyse de ce concept.
Du Cosmos des présocratiques au concept de monde Le terme de « Cosmos » désigne chez les présocratiques le tout des étants comme système, c'est-à-dire .
Ainsi des Pythagoriciens pour qui note Jacques Dufresne..
Philippe Arjakovsky écrit dans le Dictionnaire : . Emmanuel Housset, lui attribue le mérite d'avoir sondé, l'« énigme du monde ». Axe de sa pensée, la doctrine du devenir, qui constitue la part la plus célèbre de l'héraclitéisme, n'est pas seulement un mobilisme universel ; elle est aussi .
L'« héraclitéisme » deviendra même avec Hegel : le « devenir » comme première détermination de la pensée concrète et de la vérité. C'est à trois autres thèmes que cette pensée doit sa fortune philosophique telles que l'accent mis sur un cosmos vivant en guerre avec lui-même , une nature qui aime à se cacher (fragment 123), un monde imprévisible (fragment 52 Le temps est un enfant qui joue au trictrac. Ce royaume est celui d'un enfant).
Le monde du Moyen Âge
. Ce monde qui se décompose en monde sensible et monde suprasensible de l'ordre surnaturel est indissociable d'une intelligibilité générale . . À la fin du Moyen Âge le cosmos s'affranchira progressivement de son sens religieux pour devenir une notion philosophique mieux adaptée à la désignation de l'univers.
C'est de ce cosmos qu'est née avec la philosophie et plus tard la phénoménologie par dérivation l'idée de monde conçue comme une unité vivante et rationnelle.
Le monde de Descartes Descartes disjoint radicalement Moi et monde. S'il distingue deux catégories de substance, l'ego et la nature, les deux sont néanmoins ontologiquement semblables. La phénoménologie à partir d'Edmund Husserl refusera cette confusion et se posera la question du mode d'être de ces deux substances..
Descartes prescrit souverainement au monde (par déduction logique) son être véritable, soit . Le monde, pour Descartes, est une sommation de choses. . Ce monde n'a pas la loi de son devenir hors de lui-même : il rayonne, immuable, entièrement nécessaire, la cohérence solidaire de ses parties et l'indicatif de son ordre..
Le monde de Leibniz Leibniz contrebat les divisions et les séparations tranchées qu'avait introduites Descartes. . Pascal David fait de Leibniz .
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Le monde d'Emmanuel Kant .
Les débats traditionnels sur le caractère « fini » ou « infini » du monde n'ont pu se tenir que parce que l'on a cru que le monde était une Chose en soi. Émile Bréhier, dans son panorama de la philosophie allemande, prend appui sur la question du monde fini ou infini pour montrer le caractère contradictoire de la notion de Chose en soi.
Kant défait le lien entre le « livre de la nature » et la « théologie naturelle » . La nature ne recèle donc plus aucun enseignement théologique ni ne manifeste plus la perfection de Dieu, parce qu’elle n’est que le résultat d’une objectivation du sensible réalisée au moyen des catégories de l’entendement. Si le « livre de la nature » n'est plus aussi lisible, alors l'attention se porte sur la subjectivité écrit Michaël Fœssel.. Toutefois Kant reste attaché .
Alors que dans un premier temps, le monde était déclaré inachevé en raison d’une omnipotence divine qui devait trouver le moyen de s’exprimer dans la plasticité de la matière, il l’est désormais pour devenir compatible avec la téléologie de la liberté humaine. Réduit au statut de matière indéterminée, le monde non seulement se fait à chaque instant, mais il est fait par ceux qui l’habitent..
Perdant de son objectivité le monde d'après Kant va devenir un a priori existentiel
Le monde de l'Idéalisme allemand Pour le plus illustre représentant de ce courant philosophique, Schelling, le monde est unité essentielle ; il n'y a pas lieu d'opposer le monde idéal et le monde réel. Humain et nature ne sont que les deux faces d'un seul et même être, l' Un, l'Absolu-. C'est du sein de l'Absolu que naissent Nature et esprit, coexistant et se développant parallèlement dans une parfaite identité. Les contradictoires procèdent d'un Absolu « indifférent » à l'objectif et au subjectif, d'une unité indifférenciée. Il ressort que le rythme de la nature est le même que celui de l'Esprit ; c'est cette thèse qui se trouve identifiée sous l'appellation de philosophie de l'Identité qui n'est ni le « Moi » de Fichte, ni le Dieu de la théologie.
Dans la Naturphilosophie, la terre est représentée comme organisme universel, mère de tous les autres ; c’est par cette image notamment que Hegel ouvre l’étude de la physique organique ; la géologie est, pour lui, une morphologie de l’organisme terrestre
Le monde d'Arthur Schopenhauer
Dans l'esprit de sa philosophie, Arthur Schopenhauer voit le monde comme la manifestation . .
Le monde de Nietzsche . (Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra). Pour Nietzsche ..
écrit Pascal David. Pour le métaphysicien Nietzsche l'être de l'étant, compris comme « volonté de puissance », cherchant à se dépasser éternellement, sera compris dorénavant par Nietzsche comme . Pour Nietzsche écrit Joseph Vande Wiele..
Le monde d'Edmund Husserl En évacuant toutes les questions traditionnelles sur le monde, Husserl introduit avec sa phénoménologie une attitude radicalement nouvelle. écrit Emmanuel Housset.
Husserl a commencé très tôt à développer la notion de « monde de la vie », dès ses Recherches logiques ; mais c'est surtout dans son ouvrage tardif, la Krisis, qu'elle devient le titre d'une problématique universelle, écrit Emmanuel Housset. Le monde de la vie [...], n'est pas un simple monde des choses, mais il est tout à la fois, en arrière-plan, un monde de valeurs, de biens, et un monde pratique. Cette notion désigne en gros, , les phénoménologues parlent aussi de monde pré-scientifique -. On peut inclure dans ce concept toutes les prestations, concrètes comme abstraites, qu'un ego peut effectuer dans le cours naturel de sa vie (perception d'objet, de chose, de personne, pensée en général, jugement scientifique, hypothèse métaphysique, croyance de toutes sortes, etc.). Il contient aussi des environnements idéaux, corrélats des actes de connaissance comme les nombres qui se rencontrent dans les actes de numération. Paul Ricœur remarque à ce propos que l'illusion la plus constante qui caractérise la « thèse du monde » est la croyance naïve à l'existence « en soi » de ce monde et que toute perception empirique d'objet aurait a priori un caractère d'évidence que n'aurait pas la simple réflexion écrit Husserl-. Comme l'écrit ailleurs Paul Ricœur, .
Pour Husserl il ne peut y avoir de monde objectif que sur la base du phénomène de l'intersubjectivité.
Comme le note Emmanuel Housset, dans son livre intitulé Husserl et l'énigme du monde, l'attention au « phénomène » du monde, à son apparaître dans sa « transcendance », constitue le point le plus constant de la pensée d'Husserl. . L'acte fondamental qui doit permettre d'accéder à l'énigme du monde est selon Husserl celui qui permet de sortir de l'« attitude naturelle ». Il s'agit de laisser l'être du monde, devenu problématique, se dévoiler dans sa vérité en se dégageant par la « réduction phénoménologique » des préjugés et des habitudes-. Le monde comme horizon . Le fait que à l'occasion de la perception l'objet se découvre, se dévoile et nous soit donné implique, selon Husserl, l'existence d'un sol fondateur universel de croyance au monde que présuppose toute pratique. Husserl écrit cité par Étienne Bimbenet.
Husserl montre que le sens se constitue dans le vécu. Le monde devient un sens constitué par la conscience. L'expérience d'un objet se constitue selon un double horizon celui de l'objet et celui du monde. Husserl marque ainsi le caractère inséparable de la conscience d'objet et de la conscience du mondeHusserl nous invite à écrit -. Si le monde dans sa totalité est co-donné dans chaque perception alors, de ce fait conclut Husserl, il n'est ni un objet en face d'un sujet qui pourrait s'en abstraire, ni la simple totalité des choses existantes.
La temporalisation du monde
Dans son ouvrage Leçons pour une phénoménologie de la conscience intime du temps, Husserl décrit l'entrelacement des principaux « vécus » impliqués dans la « conscience intime du temps ». Il s'agit de comprendre la continuité de l'être des choses, sachant que être pour un objet signifie qu'il est appréhendé comme le même dans ses changements. Husserl franchit dans cette direction une étape décisive avec la découverte des phénomènes de la « rétention » et de la protention, qui accompagne toute prise de conscience.
Intersubjectivité et objectivité du monde
La mise entre parenthèses du « monde objectif », poursuivie à travers la réduction phénoménologique, conduirait à un monde qui serait exclusivement mien; or il appartient au sens d'être de ce « monde objectif » d'être simultanément, un « monde commun ». Pour résoudre cette contradiction, Husserl reprend de Emmanuel Kant l'idée d'un lien entre l'intersubjectivité et l'objectivité du monde.
Après avoir refusé d'accorder au monde une valeur absolue, Husserl tente de montrer d'après Emmanuel Housset, que la constitution de l'« objectivité » ne serait rien d'autre que la bonne interprétation de l'« intersubjectivité » . Emmanuel Housset résume ainsi l'argumentation de Husserl :
Le point de vue cosmologique avec Eugen Fink Alors que Husserl donne à lego le statut de sphère fondamentale, c'est au monde que Fink attribue la primordialité essentielle . Fink écrit : rappelle .. David Chaberty, citant Fink : .. De ce fait, Fink récuse le préjugé husserlien sur le rôle du sujet qui pour lui ne serait pas phénoménologique..Il n'y aurait pas de possibilité de fondement « égologique » à l'intersubjectivité et au monde..
Dans Le jeu comme symbole du mondeEn effet, écrit -., Fink cherche, par l'idée de « jeu » (jeu du monde et jeu de l'homme dans le monde), à dépasser toutes les conceptions qui aboutissent à réduire notre relation au monde à de simples intérêts pratiques ou théoriquesEn effet chez Husserl mais aussi chez Heidegger -.. Fink se demande si le jeu ne permet pas d'aborder autrement et d'offrir un nouvel éclairage au phénomène du monde écrit Raphaël Célis.. Cet auteur soutient que, ..
Fink tente de penser « cosmologiquement » le problème de l'« apparaître » des choses du monde. Il écrit dans ce texte relevé par David Chaberty., . Dans cette perspective la chose n'apparaît pas seule dans l'existence mais accompagnée d'autres choses du mondecitation|Fink le souligne : cela signifie que l’apparaître n’est jamais un apparaître ‘isolé’. Aucune chose n’apparaît seule ; la chose apparaît dans le champ englobant d’une ‘présence’ commune, elle apparaît dans une ‘région-.-.. De même par approfondissement de l'intuition husserlienne de la rétention et de la protention, Fink part de ces horizons, (qu'il appelle «horizon de dé-présentation ») pour penser que tout vécu n'est ce qu'il est qu'en tant qu'il est inclus dans les horizons de l'avant et de l'après, écrit Marc Richir. Serge Meitinger écrit à propos de l'usage de cette notion par Eugen Fink .
écrit Natalie Depraz.
La chair du monde de Merleau-Ponty C'est tout au long de son œuvre que Maurice Merleau-Ponty construit pas à pas sa vision du monde comme le suggère Pascal Dupond.