La grève des joueurs français lors de la Coupe du monde de football 2010 constitue le paroxysme d'une série d’événements connus sous le nom de fiasco de Knysna., ou tout simplement Knysna par métonymie, qui désigne l'échec sportif, les conflits internes, la grève d'un entraînement par les joueurs et, plus généralement, la crise connue par l'équipe de France de football et ses joueurs durant la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. Considérée comme la plus grave crise connue par l'équipe de France de football, elle se produit dans la ville sud-africaine de Knysna où se trouve le centre d'entraînement de la sélection française.
Malmenés dans les éliminatoires à la fin desquels la France se qualifie en barrage grâce à un but suivant une main de Thierry Henry, les Bleus connaissent une préparation compliquée marquée par plusieurs polémiques avant de sombrer dès le premier tour de la compétition finissant sans aucune victoire. Toutefois, l’événement prend une tout autre tournure lorsque la presse révèle que l'attaquant Nicolas Anelka a insulté le sélectionneur Raymond Domenech à la mi-temps du match perdu contre le Mexique, notamment à travers le titre qui barre la une de L'Équipe du : « Va te faire enculer, sale fils de pute », le journal rapportant selon lui les propos d'Anelka dans le vestiaire. La Fédération décide d'exclure l’attaquant de l'équipe mais les joueurs marquent leur opposition à cette décision en boycottant un entraînement prévu le . Cette grève, symbolisée par l'image du car rideaux tirés, duquel les joueurs refusent de descendre, constitue alors une situation inédite et aggrave considérablement la situation des Bleus en Afrique du Sud. La défaite finale face aux Sud-Africains lors du troisième et dernier match provoque l’élimination déjà imminente de la France et achève le fiasco.
Les événements sont vivement relayés dans les médias français et internationaux, et occupent une grande partie de l'espace médiatique durant l'été 2010 en France. En effet, cette crise et les événements relatés en Afrique du Sud provoquent un large scandale dans l'opinion publique et dans la presse, dont l'ampleur est telle que le président de la République Nicolas Sarkozy décide d'intervenir par l’intermédiaire de ses ministres, la ministre des Sports Roselyne Bachelot et la secrétaire d'État Rama Yade. L'affaire remonte même jusqu'à l'Assemblée nationale. Cette crise a de nombreuses conséquences avec un vaste changement à la Fédération et des sanctions sportives et financières à l'encontre de plusieurs joueurs. De manière plus générale, ce fiasco contribue à une perte de réputation massive de l'équipe de France et du football français à l'étranger. Plusieurs enquêtes, livres et documentaires paraissent dans les années suivantes pour en expliquer les raisons.
Cette crise marque les esprits de ses acteurs et des observateurs et donne naissance à un désamour de la part du public français pendant quelques années. Elle précipite la fin de la carrière internationale de plusieurs joueurs remplacés par une nouvelle génération. Elle marque enfin l’arrivée de plusieurs joueurs champions du monde 1998 aux commandes de l'équipe de France à commencer par Laurent Blanc qui prend dans la foulée le poste de sélectionneur, avant de laisser sa place dès 2012 à Didier Deschamps qui emmène la France à la victoire en Coupe du monde huit années après ces évènements.
Contexte Avant le Mondial L'équipe de France, finaliste de la coupe du monde 2006, s'est directement qualifiée pour l'Euro 2008 en terminant seconde du groupe B des éliminatoires derrière l'Italie. Le , elle bat l'Équateur (2-0) lors du premier match de préparation pour la compétition européenne grâce à un doublé de l'attaquant stéphanois, Bafétimbi Gomis, qui a honoré sa première sélection et marqué ses deux premiers buts sous le maillot tricolore. Deux jours plus tard, elle fait match nul contre le Paraguay (0-0).. Le , elle bat la Colombie (1-0) grâce au but sur pénalty de Franck Ribéry.. Le , pour le premier match de la compétition en Autriche et en Suisse, elle fait match nul contre la Roumanie (0-0). Quatre jours plus tard, elle s'incline face aux Pays-Bas (1-4) malgré la réduction de l'écart de Thierry Henry qui marque le seul but français dans cette compétition. Le , elle perd face à l'Italie (0-2). L'équipe est éliminée dès le premier tour avec un bilan d'un nul et deux défaites, un but marqué pour six encaissés. Juste après la rencontre, en interview d'après-match, le sélectionneur des Bleus demande Estelle Denis en mariage.
Le , malgré la mauvaise prestation de l'équipe lors de la dernière compétition internationale, Raymond Domenech est maintenu, sur décision du conseil fédéral de la FFF, à son poste de sélectionneur.
Après l'échec de l'Euro 2008, l'équipe de France termine deuxième du groupe 7 des éliminatoires de la Coupe du monde 2010, derrière la Serbie, et doit disputer des barrages pour se qualifier pour la plus grande compétition mondiale. Le 2009, il est annoncé qu'elle va devoir affronter l'Irlande.. Le , lors du match aller au Croke Park à Dublin, elle s'impose chez son adversaire (1-0) grâce au seul but de la rencontre signé Nicolas Anelka. Quatre jours plus tard lors du match retour au Stade de France, elle fait match nul face à la même équipe (1-1), grâce au but égalisateur de William Gallas, et se qualifie pour la coupe du monde en Afrique du Sud. Cependant, la qualification est très contestée non seulement par la presse et les supporters, mais aussi par l'équipe adverse, car sur l'action qui mène au but égalisateur, Thierry Henry contrôle deux fois le ballon de la main avant d'offrir la passe décisive à son coéquipier, ce qui déclenche un véritable lynchage médiatique et politique. Plus tard en interview d'après-match diffusée sur Stade 2, l'attaquant français reconnaît volontiers avoir fait main et en avoir parlé à l'arbitre après le but. Deux jours après la rencontre, la fédération irlandaise de football demande que le match retour soit rejoué, mais la FIFA rejette leur requête et confirme définitivement les résultats des deux rencontres.
Le , elle reçoit l'Espagne en amical qui s'impose (0-2) grâce aux buts de David Villa et Sergio Ramos. Dans le documentaire Le bus: Les Bleus en grève diffusé sur Netflix, il est révélé qu'avant le match amical contre le Costa Rica, Raymond Domenech a décidé de nommer Patrice Evra nouveau capitaine de l'équipe nationale aux dépends de William Gallas qui, habituellement, est le vice-capitaine après Thierry Henry lorsque ce dernier ne joue pas.
Le , elle bat le Costa Rica (2-1), au Stade Félix-Bollaert de Lens pour son premier match de préparation et les buts français sont signés Franck Ribéry et Mathieu Valbuena, le milieu offensif marseillais qui honore sa première sélection et marque son premier but sous le maillot tricolore. Quatre jours plus tard, les Bleus se déplacent en Tunisie, à Radès, mais ne ramènent qu'un match nul (1-1) grâce au but de William Gallas. Pour leur dernier match à La Réunion au Stade Michel-Volnay, ils s'inclinent face à la Chine (0-1).
Avant le début du Mondial, une partie des médias révèle l'apparition de « clans » dans le groupe opposant les joueurs « issus de quartiers dits sensibles » (Ribéry, Anelka…), aux « provinciaux » (Lloris, Toulalan, Gourcuff, Govou) ; Malouda, Henry ou encore Squillaci étant considérés comme des électrons libres.. Parmi ces derniers, Yoann Gourcuff serait victime, selon la presse, de bizutages de la part de ses coéquipiers et serait en conflit ouvert avec Franck Ribéry qui n’accepterait pas son nouveau statut et serait contrarié par une jalousie amoureuseJean Pierre Paclet, l’ancien médecin de l’équipe de France, évoque dans son livre L’implosion publié en août 2010, une jalousie amoureuse lors du stage en Tunisie avant le Mondial en Afrique du Sud. . .
Enfin, de nouvelles critiques s’abattent sur les Bleus concernant le luxe de l'hôtel de résidence de l'équipe (Pezula Resort) qui est le plus cher de tous les hôtels des équipes participant à la compétition, les joueurs français dormant dans des chambres doubles à 589 euros par nuit. , déclare la secrétaire d’État Rama Yade sur Radio J. , a-t-elle ajouté. Les joueurs refusent d'aller à Soweto avec Rama Yade avant qu'elle-même ne se fasse épingler par le Canard enchaîné pour le prix de son hôtel, plus élevé que celui des footballeurs d'après le journal satirique (667 euros la nuit).
Les matchs contre l'Uruguay et le Mexique
thumb|Cuauhtémoc Blanco tirant le penalty lors de France-Mexique. Le au Cap, pour son premier match de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, l'équipe de France fait match nul contre l'Uruguay (0-0). Six jours plus tard à Polokwane, elle s'incline face au Mexique (0-2).
Les faits Échanges entre Anelka et Domenech Au cours de la mi-temps du match France-Mexique, Raymond Domenech, très agacé par la première période de ses joueurs, demande à Nicolas Anelka d'effectuer plus d'appels en profondeur et de cesser de « décrocher ». L'international tricolore exprime son désaccord envers son sélectionneur et finit par lui adresser son mécontentement par une phrase insultante et en le tutoyant.. Objets de débats, les vrais mots d'Anelka varient selon les sources. Si Raymond Domenech précise qu’il n'a , cette incertitude s'explique par le fait qu’il était seul face aux joueurs et qu'aucun membre de l'encadrement n'était présent dans le vestiaire à ce moment-là.
Les propos sont ainsi relayés en 2010 : selon la Une de L'Équipe le ; selon Bruno Godard (La décennie décadente du football français) ; selon Le Parisien.
À la suite de ces paroles, Domenech réplique : et c'est André-Pierre Gignac qui joue la seconde période à la place d'Anelka.
Dans son livre Tout seul sorti en , Raymond Domenech donne sa version. L'ensemble de l'échange a été selon lui. :
Dans Sélectionneurs, documentaire de Renaud Saint-Cricq diffusé sur Canal+ en 2018, Raymond Domenech confirme cette version.
D'après Éric Abidal dans une interview de , Anelka et Domenech ont eu un échange, mais il n'y a pas eu d'insulte..
La Une du journal L'Équipe Le , l'attaquant français Nicolas Anelka est exclu du groupe par la FFF pour avoir « insulté » son sélectionneur à la mi-temps du dernier match à la suite de la une du journal L'Équipe publié dans la presse. Le même jour en conférence de presse, le président de la Fédération, Jean-Pierre Escalettes, confirme sa décision d'exclusion du joueur. De son côté, le capitaine des Bleus, Patrice Évra, s'insurge de cette publication au sujet des propos tenus par son ancien équipier vis-à-vis de Raymond Domenech et pense qu'il y a un traitre au sein du groupe..
« Peu avant son départ, Nicolas Anelka a l'autorisation de rester pour le repas avec ses coéquipiers. Lors d'une réunion improvisée, l'ensemble des joueurs se réunissent une dernière fois dans l’un des salons du luxueux hôtel Pezula. Tandis que quelques applaudissements sont entendus, il semblerait que c'est lors de ce conciliabule que l'idée de faire grève en soutien à Nicolas Anelka aurait germé. Le joueur de Chelsea reprend l'avion quelques heures plus tard à destination de Londres. Mais si tous les joueurs ont accepté ce boycott à cette occasion,
Journée du 20 juin 2010 Franck Ribéry s'invite dans Téléfoot Le matin du , alors que la chaîne TF1 anime l'émission Téléfoot en direct de Knysna et que l'équipe de journalistes accorde une interview à Raymond Domenech afin que ce dernier s'explique sur son altercation avec Nicolas Anelka, Franck Ribéry s'invite dans l'émission, s'excuse auprès des supporters tricolores pour le mauvais départ dans la compétition internationale de l'équipe de France, met fin à la rumeur d'une altercation entre Yoann Gourcuff et lui, et rejoint les propos du capitaine des Bleus sur la présence d'une taupe dans le groupe..
La grève du car