Anatoile AmoudruAutres formes du nom : Anathoile Amoudru, Anatole Amoudru BNF, né le , à Dole, et mort le , dans la même ville, est un architecte classique, magistrat, homme politique et érudit français.

Biographie Origines Le patronyme Amoudru semble avoir pour origine le prénom d'une personne d'origine germanique, Amaldrud.

Il se compose des racines amal, signifiant zélé, et drud, ami fidèle.

Il se rencontre essentiellement en Franche-Comté et dans le département rhônalpin de l'Isère.

Premières années Anatoile Amoudru naît le , à Dole, en Franche-ComtéMichaud Joseph François et Michaud Louis Gabriel (dir.), Biographie universelle, ancienne et moderne, volume 56, L.G. Michaud, Paris, 1834..

Il est le fils de Guillaume Amoudru, arpenteur royal en la maîtrise des eaux et forêts, et de Philippe Françoise DelaporteBrune Paul (Abbé), Dictionnaire des artistes et ouvriers d'art de la France, volume Franche-Comté, Éditions provinciales, Bourg-en-Bresse, 1992 ( 1912)..

Anatoile Amoudru fait ses humanités dans l'illustre collège de l'Arc, à Dole, sa ville nataleBulletin de l'Association Fraternelle des Anciens Elèves du Collège de l'Arc Dole.

Il passe ensuite deux ans chez un architecte à Dijon, en Bourgogne, avant de gagner Paris pour suivre les enseignements des architectes Jean-François Blondel et Victor Louis.

En 1764, il achève sa formation à Varsovie, en Pologne, auprès de ce dernier, appelé pour concevoir les plans et superviser les travaux des palais des familles Branicki, Czartoryski, Scapicala, et du roi Stanislas II de Pologne.

De retour en France, l'année suivante, Anatoile Amoudru réalise le château du Fresne, à Authon, dans l'Orléanais, son premier grand projet d'architecte.

Mariage

Le , Anatoile Amoudru épouse, à Dole, Jeanne Françoise Lachiche, nièce de Claude-Quentin Lachiche, ingénieur et premier auteur du projet du canal de jonction du Rhône au Rhin.

Mort et postérité Anatoile Amoudru s'éteint à Dole (Jura), le , à l'âge de 73 ans.

Une rue lui est dédiée dans sa ville natale.

Vie professionnelle L'architecte Les dessins d'architecture S'il réalise quelques édifices civils notables, tels qu'en Orléanais, le château de plaisance du Fresne (1765), à Authon, ou en Franche-Comté, la maison Muiron (1778), à Besançon, la fontaine des Ormois (1780)Fontaine des Ormois, à Soing, sur le site officiel de l'Office de tourisme des Combes à la Saône, à Soing, et le lavoir de Ray-sur-Saône (après 1800)"Ray-sur-Saône", Guide La route des communes Haute-Saône, C'Prim 9, Besançon, 2012., Anatoile Amoudru est surtout connu pour avoir dessiné les plans et supervisé les chantiers de nombreuses édifications religieuses, dans la partie nord-est de la Franche-Comté d'alors.

Peuvent-être citées parmi elles, dans l'ordre chronologique;

dans le bailliage d'Amont (actuel département de la Haute-Saône): l'église Sainte-Cécile (1769), à Autoreille; l'église Saint-Antoine (1771-1774), à Frasne-le-Château; l'église de l'Assomption (1776), à Noidans-lès-Vesoul; le presbytère (1776), à Jonvelle; l'église Saint-Pierre et Saint-Paul (1777), à Sauvigney-lès-Pesmes; l'église de l'Assomption (1777-1783), à Cemboing; l'église Saint-Barthélemy (Chœur, sacristie et tourelle d'escalier du clocher), à Chancey; l'église Saint-Maurice (1778-1784), à Brussey; la croix de cimetière (1781), à Igny; la croix monumentale (1781), à l'église de Soing-Cubry-Charentenay; l'église Saint-Brice (1782-1784), à Saint-Bresson; l'église Saint-Loup (1785-1790), à Saint-Loup-sur-SemouseSuchaux Louis, La Haute-Saône : nouveau dictionnaire des communes, volume 4, Société d'agriculture, lettres, sciences et arts de la Haute-Saône, Vesoul, 1969.; l'église Saint-Léger (1787-1791), à Bresilley; l'église Saint-Léger (1789), à Neurey-en-Vaux l'église Sainte Marie-Madeleine (1777-1780), à Pomoy

dans le bailliage de Besançon (Besançon et sa proche périphérie) : l'église de la Place du Marché (1788), à Rougemont

et dans le bailliage du Milieu (actuels Bas-Jura et Bas-Doubs) : l'église Sainte-Catherine (1780-1786), à Bersaillin; l'église Sainte-Croix (1772-1777), à Chevigny.

Les dessins d'ameublement L'esprit foisonnant d'Anatoile Amoudru ne se limite pas à réalisation de dessins d'architecture mais fait aussi de très nombreux dessins d'ameublement pour les intérieurs des églises dont il supervise la construction.

Peuvent être cités, par ordre chronologique, les dessins :

du tabernacle (1770) de l'église Saint-Antoine de Frasne-le-Château; de l'armoire à bannières et meuble de sacristie (1775), de l'église Saint-Étienne de Cresancey; d'une partie du mobilier (1780) de l'église Saint-Étienne d'Authoison, comprenant bancs, confessionnaux, boiseries et stalles, retable des fonts baptismaux et bas-relief du baptême du Christ, retable et tableau (Saint-Roch et Saint-Sébastien) du maître-autel, et meubles de sacristie; de l'ensemble du maître autel (1780) de l'église Sainte-Trinité de Vadans; du maître-autel (1781) de l'église Saint-Valère de Villers-Vaudey; du maître-autel (1784), autel et retable secondaires de l'église Saint-Ferréol et Saint-Ferjeux de Chenevrey; des confessionnaux (1784) de l'église de l'Assomption de Combeaufontaine; de l'ensemble du maître-autel et de la clôture de chœur (1784) de l'église Saint-Marcel de Sauvigney-lès-Gray; du mobilier (1784) de l'église Saint-Pierre-ès-Liens de Vy-lès-Rupt, comprenant bancs, coffre à archives, ensemble du maître-autel, 2 autels et retables secondaires, grille de communion et chaire (1786). de l'ensemble du maître-autel et grille de communion (1785) de l'église Saint-Prudent de Champlitte; de la chaire (1785) de l'église Saint-Martin de Citers; de la clôture de chœur (1785) et de l'ensemble du maître-autel (1786-1788) de l'église Saint-Christophe de Francourt; du mobilier (1785) de l'église Saint-Étienne de Lieucourt, comprenant 6 chandeliers et 1 croix d'autel, ensemble du maître-autel, clôture de chœur, chaire, et confessionnal; du confessionnal de l'église Saint-Pierre et Saint-Paul de Broye-Aubigney-Montseugny; du maître-autel et de la clôture de chœur (1785)) de l'église de Recologne-lès-Rioz; des confessionnaux et de la clôture de chœur (v.1785) de l'église d'Igny; des bancs (v.1785) de l'église Saint-Pierre de Lavigney des confessionnaux (v.1785) de l'église Saint-Nicet de Mailley-et-Chazelot; du confessionnal (v.1785) de l'église Saint-Jérôme de Mercey-sur-Saône; de la clôture de chœur et des confessionnaux (v.1785) de l'église Saint-Vincent de Meurcourt; de la chaire (v.1785) de l'église Saint-Martin de Montagney; des clôtures de chapelle (v.1785) de l'église Saint-Martin de Scey-sur-Saône-et-Saint-Albin; du confessionnal (v.1785) de l'église de la Nativité-de-Notre-Dame de Vauvillers; d'une partie du mobilier (1786) de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Battrans, comprenant retable du maître-autel, autels et retables secondaires; des bancs (1786) de l'église de l'Assomption de Montot; de l'ensemble du maître-autel (1786) de l'église de la Nativité-de-Notre-Dame de Venère; et de la clôture de chœur (1788) de l'église de la Nativité-de-Saint-Jean-Baptiste de Oyrières).

L'homme politique Anatoile Amoudru devient le premier maire élu de Dole, en 1790, et est réélu l'année suivante. À l'issue de son dernier mandat, craignant de ne pouvoir satisfaire les vœux de ses concitoyens, il décide d'abandonner la mairie au profit du tribunal du district de Dole, duquel il devient juge.

L'homme de loi De retour à Dole, en 1775, Anatoile Amoudru y étudie le droit, puis entre, comme avocat, au Parlement de Besançon. Il exerce peu de temps cette profession qu'il quitte au profit de la charge d'Architecte de la maîtrise des eaux et forêts pour les provinces de l'Est, qu'il occupe jusqu'en 1789. En outre, de 1792 à 1797, Anatole Amoudru exerce la profession de juge, au tribunal du district de Dole, puis démissionne pour se consacrer à la réalisation du cadastre de la ville.

Le géomètre et métrologue De 1797 à 1808, Anatoile Amoudru réalise le cadastre parcellaire de la commune de Dole, soit dix ans avant que le cadastre napoléonien ne soit institué par la loi du . Il établit, en outre, en 1808, les rapports des anciennes mesures agraires, en vigueur en Franche-Comté, d'abord entre elles, puis avec le nouveau système métrique, adopté par l'Assemblée constituante, en 1790.

L'historien Comme la plupart des érudits de son époque, Anatoile Amoudru s'intéresse à l'histoire locale et rédige une Notice sur la ville de Dôle manuscrite, dans laquelle il avance les raisons qui le pousse à croire, à l'instar de nombreux historiens dolois, que la ville est construite sur l'emplacement du Didatium de la Gaule de Ptolémée, quand d'autres la place plutôt vers BesançonDunod Pierre Jules, Les Méprises des auteurs de la critique d'Ancre, seconde partie, Thomas Lombrail, Amsterdam, 1709..

Voir aussi Articles connexes Architecture classique Jean-François Blondel Victor Louis

Ouvrages Brune Paul (Abbé), Dictionnaire des artistes et ouvriers d'art de la France, volume Franche-Comté, Éditions provinciales, Bourg-en-Bresse, 1992 ( 1912). Michaud Joseph François et Michaud Louis Gabriel (dir.), Biographie universelle, ancienne et moderne, volume 56, L.G. Michaud, Paris, 1834.

Liens externes

Notes et références

Catégorie:Architecte français du XVIIIe siècle Catégorie:Maire de Dole Catégorie:Naissance à Dole Catégorie:Naissance en janvier 1739 Catégorie:Décès en mars 1812 Catégorie:Décès à 73 ans Catégorie:Décès à Dole