vignette|Sainte Couronne à Notre-Dame de Paris. Un certain nombre de reliques associées à Jésus ont fait l'objet de vénération tout au long de l'histoire du christianisme. Il s'agit essentiellement de reliques liées à la crucifixion et à la mise au tombeau (morceaux de la croix, couronne d'épines, tissus divers), ou à l'épisode de la nativité.

Si certains croient en leur authenticité, ces objets ayant fait l'objet d'un culte particulièrement développé au Moyen Âge à travers toute l'Europe, d'autres en doutent profondément. Par exemple, au , le théologien catholique et humaniste Érasme écrit ironiquement à propos de la prolifération des reliques, évoquant le nombre de bâtiments qui auraient pu être construits à partir du bois de la croix utilisée dans la crucifixion du Christ. De même, alors que des experts argumentent pour savoir si le Christ a été crucifié avec trois ou quatre clous, plus de 30 « saints clous » continuent à être vénérés à travers l'Europe. Le Christ n'ayant pas laissé de reliques corporelles à la suite de son Ascension, selon la tradition religieuse, les catholiques et orthodoxes ont donc vénéré principalement des reliques de contact., les protestants rejetant la vénération de ces objets.

Quelques reliques, comme les restes supposés de la Couronne d'épines, ne reçoivent qu'un faible nombre de pèlerins, tandis que d'autres, tels le Suaire de Turin (associé à une dévotion catholique à la Sainte Face de Jésus), reçoivent des millions de pèlerins, y compris les papes Jean-Paul II et Benoît XVI, même si l'Église catholique décrit ce suaire comme une « image » et non pas comme une relique.

Reliques principales Linceuls et faces On connaît un certain nombre d'images acheiropoïètes (du grec αχειροποίητα, littéralement « non fait de main d'homme »), supposées être le visage de Jésus, des impressions de son visage ou de son corps sur un morceau de tissu. Dans la plupart des cas, ces images font l'objet d'intenses débats et de spéculations. Certaines images existent sous forme physique, d'autres sont seulement connues par des documents écrits.

Le suaire de Turin thumb|Une photo récente du Suaire de Turin. Le visage : à gauche en positif, à droite, en négatif contrasté.

Le Saint Suaire de Turin est la relique la plus connue de Jésus et l'un des objets les plus étudiés de l'histoire humaine.

Différents tests ont été effectués sur le linceul, dont la datation par le carbone 14 en 1988, qui a donné des résultats indiquant que la pièce de tissu date du Moyen Âge. Une partie des catholiques contestent ces résultats. .

Le suaire d'Oviedo thumb|Le coffre contenant le suaire d'Oviedo.

Le suaire d'Oviedo est une toile de lin d'environ 85x52 centimètres conservée dans la Cámara Santa de la cathédrale d'Oviedo en Espagne. Il est censé être le tissu qui entourait la tête de Jésus-Christ après sa mort, comme mentionné dans l'Évangile de Jean (20:6-7).

Le suaire est gravement sali et chiffonné, avec des taches sombres, situées symétriquement. Contrairement aux marques sur le saint suaire de Turin, ces taches ne constituent pas une image. Certains y voient cependant une correspondances entre les marques des deux suaires, ce que les sceptiques contestent. Les croyants (comme l'archiviste du Vatican qui les a étudiés en 1995) affirment que les deux tissus recouvraient le même homme. Ils affirment également que les résidus de pollen sur le suaire de Turin et celui d'Oviedo fournissent des preuves solides que les deux proviennent de la même région de Palestine.

Le Saint-Suaire de Cadouin vignette|150px|Saint-Suaire de Cadouin, en réalité voile de la période fatimide, tissé en Égypte sous le règne du calife Al-Mustalî (1094 -1101). L'abbaye de Cadouin est un monastère cistercien du Périgord du début du . L'origine du suaire de Cadouin est mal connue. D'un côté, les documents (chartes, actes officiels) concernant l'abbaye de Cadouin ne le mentionnent pas tout au long du , et même en 1201, il est ignoré. Ce n'est qu'en 1214 qu'un acte de Simon IV de Montfort, le mentionne.

D'un autre côté, les histoires produites au cours du par les moines de l'abbaye le relient à une série de légendes anciennes, et avancent qu'il aurait été en possession de l'abbaye dès le début du .

Quoi qu'il en soit, le Saint-Suaire attire rapidement une foule de pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle et fait la prospérité du monastère. En 1392, devant les troubles de la guerre de Cent Ans, l'abbé Bertrand de Moulins (1392-1414) le fait transporter à Toulouse. La renommée du Saint-Suaire est telle que vers la Pentecôte 1399, le roi fou Charles VI donne l'ordre au connétable Louis de Sancerre, alors à Toulouse, de le lui apporter à Paris.

Cependant, la guerre finissant, les moines de Cadouin désirent reprendre leur relique, mais les Toulousains refusent, voulant bénéficier de son prestige. En 1455, de jeunes moines de Cadouin, sous le prétexte de l'étudier, le subtilisent grâce à de fausses clés, et s'enfuient avec. Le suaire est déposé à l'abbaye d'Obazine en Limousin.

Ce fut ensuite Obazine qui refusa de restituer la relique. Les procès furent conclus par un arbitrage de Louis XI datant de 1482, qui rendit la relique à Cadouin et lui attribua une soulte de 4.000 livres tournois en sus. Il se fait apporter ensuite le Saint-Suaire à Poitiers.

En 1789, le Saint-Suaire échappe de peu à l'incendie des archives de l'abbaye, sauvé par le maire M. Bureau, qui le dissimule jusqu'à l'ostension du . Un nouveau pèlerinage reprend de l'importance après 1866. Des doutes sont émis sur son authenticité dès 1901, mais c'est une expertise linguistique menée à l'initiative du RP Francez qui prouve qu'il s'agit d'un faux en 1934.

En effet, le tissage est orné de bandes ornementales de tapisseries de soie insérées, portant des inscriptions en caractères coufiques, reprenant notamment la proclamation islamique solennelle (« Bismillâh Ar-Raḥmân Ar-Raḥîm… »). L'inscription fait ensuite allusion à Al-Musta'li, calife en Égypte de 1095 à 1101, et à son ministre Al-Afdhal Abu-l-Qâsim Shahanshah, qui exerçait ses fonctions de 1094 à 1121. Ces éléments permettent de situer le tissage du linge entre le début du règne de Musta'li et la prise de Jérusalem par les Croisés en 1098. Ces inscriptions de l'époque fatimide en font un exemple unique de tissu de cette époque.

L'image d'Édesse L'image d'Édesse est également connue sous le nom de Mandylion. Deux images pourraient être le Mandylion. La première est la Sainte Face de Gênes, conservée à l'église de Saint-Barthélemy des Arméniens à Gênes, l'autre est la Sainte Face de San Silvestro, conservée dans la basilique San Silvestro in Capite à Rome jusqu'en 1870, et maintenant dans la chapelle Mathilde du palais du Vatican. Selon le journaliste Ian Wilson, ce qui a été vénéré sous le nom de Mandylion du au était en fait le Suaire de Turin, plié en huit, et conservé dans un châssis oblong de telle façon que seule la Sainte Face était visible.

Le voile de Véronique

Selon la légende, le voile de Véronique a été utilisé pour essuyer la sueur du front de Jésus quand il portait la croix. Aujourd'hui, plusieurs images prétendent être le voile de Véronique.

La première est conservée dans la basilique Saint-Pierre de Rome. Elle était très vénérée au Moyen Âge. Elle a fait l'objet de peu d'études dans les temps modernes et il n'y a pas de photos détaillées. En 1907, l'historien d'art jésuite Joseph Wilpert a été autorisé à inspecter l'image.

Le palais de la Hofburg à Vienne possède un exemplaire du voile de Véronique, authentifié par la signature du secrétaire du pape Paul V, sous le règne duquel une série de six copies a été faite en 1617.

L'image du monastère de la Sainte-Face à Alicante, en Espagne, a été acquise par le pape Nicolas V auprès de parents de l'empereur byzantin en 1453, donnée par un cardinal du Vatican à un prêtre espagnol qui l'a emportée à Alicante en 1489.

La cathédrale de Jaén en Espagne en a aussi une copie, qui date probablement du et provient de Sienne. Elle est connue sous le nom de Santo Rostro et a été acquise par l'évêque Nicolas Biedma.

En 1999, le père Heinrich Pfeiffer a annoncé lors d'une conférence de presse à Rome qu'il avait trouvé le voile dans une église du couvent des Capucins, dans le petit village de Manoppello, Italie, où il se trouvait depuis 1660. Les défenseurs de l'authenticité du Saint Suaire prétendent que le visage de l'image de Manoppello correspond exactement à la face présentée sur le suaire de Turin et aux taches de sang sur le suaire d'Oviedo, ce que bien des sceptiques contestent.

La Sainte Coiffe de Cahors

La sainte Couronne

thumb|right|La Couronne d’épines de Paris Dans les reliques de la Passion exposées à Notre-Dame de ParisNotre Dame de Paris - Vénération de la Sainte Croix, on trouve un morceau de la Vraie Croix, découverte par sainte Hélène au début du et qui aurait été conservé à Rome, un clou de la Passion et la Sainte Couronne d'épines.

Malgré de nombreuses études et recherches historiques et scientifiques, son authenticité ne peut être certifiée mais elle a fait l'objet de plus de seize siècles de dévotion.

La couronne de la cathédrale de Paris est un cercle de cannes regroupés et liés par des fils d'or. Les épines sont attachées à ce cercle tressé de 21 centimètres de diamètre. Les épines avaient été dispersées au cours des siècles par les empereurs byzantins et les rois de France. On en compte 70, toutes du même type. Dès le les pèlerins à Jérusalem évoquent la couronne d'épines et les instruments de la Passion du Christ. En 409, saint Paulin de Nole en fait mention comme étant l'une des reliques conservées dans la basilique du Mont Sion à Jérusalem. Vers 575, Cassiodore, dans son Commentaire sur le 75 psaume, écrit : « Jérusalem possède la Colonne, ici, il y a la couronne d'épines ! ».

Entre les , les reliques ont été transférées progressivement dans la chapelle des empereurs byzantins à Constantinople, principalement pour les garder à l'abri des pillages, comme ceux subis par le Saint Sépulcre, lors des invasions perses. En 1238, Byzance est gouvernée par l'empereur latin Baudouin de Constantinople. Comme il était en grande difficulté financière, il a décidé de mettre en gage les reliques dans une banque de Venise pour obtenir un crédit.

Saint Louis, roi de France, prend la relève et rembourse les Vénitiens. Le , le roi, suivi d'un brillant cortège, accueille 29 reliques à Villeneuve-l'Archevêque. Le , le cortège arrive à Paris. Après avoir ôté ses vêtements royaux, vêtu d'une simple tunique, pieds nus et aidé de son frère, il porte la couronne d'épines à Notre-Dame de Paris avant de les déposer dans la chapelle du palais. Plus tard, il fait construire un reliquaire digne de les recevoir : la Sainte Chapelle.

Pendant la Révolution française, les reliques sont conservées à la Bibliothèque nationale. Après le Concordat de 1801, on les rend à l'archevêque de Paris, qui, le , les place dans le trésor de la cathédrale. Elles y sont toujours, placées dans des reliquaires offerts par et Napoléon III. Elles sont conservées et présentées au public par les chanoines du chapitre de la basilique métropolitaine, et placées sous la garde des chevaliers du Saint-Sépulcre de Jérusalem.

Le , un terrible incendie ravage en grande partie la cathédrale Notre-Dame. La couronne d'épines ainsi que d’autres reliques ont été sauvées des flammes par le père Fournier.

Le Saint Calice

Le Saint Calice est le récipient que Jésus a utilisé lors de la Cène pour servir le vin, comme le rapporte l'Évangile de Matthieu (26:27-28): « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, versé pour la multitude, pour le pardon des péchés. »