Georges Besançon, né le à Paris et mort le à Bois-Colombes, est un pionnier de l’aviation qui travailla sur les aérostats et le sondage aérologique. Il était également journaliste, il fonda et dirigea la revue L'Aérophile.

Biographie Origine et formation Charles Louis Georges Besançon naît le dans le quartier du Faubourg-Montmartre du de Paris au , rue Bleue.. Sa mère Élodie Joséphine Besançon est modiste ; née le Acte de naissance, registre de l'état civil de Paris, registre V3E/N.182, page 51 , acte Reconstitué A.D.75., elle épouse Charles Casadavant le à ParisActe de mariage, registre de l'état civil de Paris, acte 525, registre V4E2682, page 14 , A.D.75..

La famille quitte Paris et s'installe à Bois-Colombes en 1896. Georges Besançon verra la création en 1913 de la grande usine Hispano-Suiza. Il reviendra habiter dans cette commune à la fin de sa vieGérard Hartmann, Georges Besançon (1866-1934), Perpétuel sinon Immortel, ..

thumb|Tract électoralde Georges Besançonaux élections législatives de 1898 ; dessin de l'illustateurFerdinand Edouard Ernest Mifliez dit Misti. En 1881, âgé de quinze ans, il fait la rencontre de Wilfried de Fonvielle, un vétéran au parc aérostatique du quartier de La Villette. Wilfried de Fonvielle, républicain convaincu, initie Georges Besançon non seulement à l’aérostation, mais aussi à l’écriture politique, domaine qui le tentera lorsqu'il se présentera aux élections législatives de 1898 dans la du de Paris.

Georges Besançon est exempté de service militaire pour .

Journaliste scientifique Devenu journaliste, Georges Besançon soutient de toute la vigueur de sa plume l'aérostation, tant par des articles historiques rappelant les exploits de Jean-François Pilâtre de Rozier ou des frères Montgolfier que par des articles scientifiques sur cette aventure nouvelle qui fascine : la navigation aérienne.

Georges Besançon rédige des articles où il rend accessible les techniques réservées à des experts, se plaçant ainsi à l'inverse des intellectuels de l’époque. A , il démontre ses capacités de vulgarisateur scientifique. Son écriture est décrite comme précise et allant à l'essentiel. Ainsi, il n'utilise que le présent de l'indicatif, contrairement aux journalistes verbeux du siècle précédent.

En 1888, Georges Besançon est invité à siéger à la commission préparant la grande Exposition universelle de Paris célébrant le centenaire de la Révolution (1889). Il rédige pour plusieurs journaux populaires des articles enflammés sur la Première République et son engagement pour l’aérostation, retraçant les exploits des aérostiers du siège de Paris en 1870-1871, il décrit avec ferveur et force détails les efforts des aéronautes du troisième quart du siècle. Son style est si réaliste qu’on jurerait qu’il a lui-même vécu les événements.

Quelques années plus tard, devenu un journaliste réputé et un membre éminent et fondateur de l'Aéro-Club de France, Georges Besançon crée l’Association syndicale des secrétaires de rédaction et fonde le Syndicat des journaux et publications périodiques, qu'il préside.

Directeur d'école Georges Besançon fonde en , l’École normale d’aérostation. Cette école, reconnue d’utilité publique par décision ministérielle du , forme à l’emploi des ballons libres gonflés à l’hydrogène les aérostiers des compagnies de sapeurs-aérostiers de l’armée française. En 1889, toujours préoccupé de la chose publique et en soutien à l’aérostation, Besançon fonde l’Union aérophile de France, une société savante chargée de faire avancer l’aéronautique. C'est là qu’il fait la connaissance de Gustave Hermite, lequel reçoit le baptême de l’air cette même année 1889. Avec lui commence une nouvelle aventure, celle des ballons-sonde.

Aéronaute Dès 1886, Georges Besançon effectue ses premières ascensions en ballon et obtient le brevet de pilote aéronaute en 1887.

Gustave Hermite, membre de l’Académie des sciences, oriente Georges Besançon vers l’aérostation à but scientifique. Ils imaginent en 1889 un aéronef destiné à la conquête du pôle Nord. Ce projet ne voit pas le jour, faute de financement. En 1895, Besançon soutient l'ingénieur et aéronaute suédois Salomon August Andrée qui part à la conquête du continent Arctique, tentative qui se terminera tragiquement en 1897. Entre 1886 et 1901, Georges Besançon effectue en ballon libre. Le , il tombe en mer lors d’une tentative de traversée de la Manche au départ du Havre. À cause du mauvais temps le vol se termine par un amerrissage forcé et l'équipage est recueilli au bout d'une nuit par le voilier allemand Germania. Le , en fin de soirée, Georges Besançon et Maurice Farman, son jeune apprenti aéronaute, tentent d’établir un record du monde de durée de vol, détenu en par le scientifique et aérostier Gaston Tissandier en 1875. Partis de La Vilette, après dix-sept heures de vol, glacés par un froid polaire, alors qu’ils sont montés à , ils atterrissent près d’Agen. En , Georges Besançon met au point un dispositif d’équilibrage par réchauffement de l’air dans un réacteur. L’aéronaute est devenu ingénieur.

Ingénieur Gustave Hermite et Georges Besançon sont les premiers dès 1892 à utiliser un ballon-sonde libre doté d'un enregistreur de température et de pression atmosphérique.. Libéré des contraintes des cerfs-volants utilisés antérieurement, le ballon s'élève librement dans l'atmosphère aussi haut que la résistance de son enveloppe le lui permet. Le ballon retombe alors au sol et on peut récupérer les enregistrements.

Reconnue officiellement d’utilité publique en 1893, l’Union aérophile de France forme alors une commission scientifique dans laquelle Wilfrid de Fonvielle, Gustave Hermite et Georges Besançon rédigent des articles dans la revue de l’association L’Aérophile fondée en et que dirige Georges Besançon.

C’est lui aussi qui conçoit les instruments. Le , Gustave Hermite et Georges Besançon lancent leur premier gros ballon en baudruche (caoutchouc, l’enveloppe peut se dilater en altitude) de , « L’Aérophile-I », du parc aérostatique de Vaugirard, avec l’aide financière et technique de l’Union aérophile de France et le soutien de l’Académie des sciences. Le ballon atteint l’altitude de , altitude jamais atteinte par une machine, ce qui semble le plus incroyable est le profil de la courbe des températures. En effet, si la température baisse avec l’altitude, ils découvrent, vers , un nouveau phénomène, un réchauffement : entre l’atmosphère et la stratosphère, ce qu’on interprétera plus tard comme étant la tropopause. Suivent trois autres vols dont les analyses de l’air sont faites au laboratoire de l’École normale supérieure, rue d’Ulm.

Associé au vicomte Decazes, il est l'auteur du brevet d'un « hélicoplane » déposé le et intitulé « Voiture automobile à propulsion aérienne ».

À partir de 1898, les ballons sondes sont utilisés systématiquement par la Société météorologique de France. Son directeur, Léon Teisserenc de Bort en lancera 236 dans la haute atmosphère de 1898 à 1902, date à laquelle les savants de l’Académie des sciences admettront l’existence de la stratosphère et de la tropopause, Georges Besançon fonde en la « Ligue Nationale Aérienne ».

Scientifique international Les ballons-sondes de Gustave Hermite et Georges Besançon, ont contribué à répondre pour une part à des questions d’aspect anodin mais fondamentales des savants de la fin du , touchant à la géophysique de la Terre. Depuis 1892, l’Académie des sciences, l’Institut et l’Observatoire de Paris financent leurs travaux. Les résultats obtenus sont publiés au sein de la communauté savante internationale. De l’été 1892 à l’été 1896, quatre ballons-sondes sont lancés dans la haute atmosphère par l’équipe Hermite-Besançon. À la suite des communications faites à l’Académie des sciences le , ils obtiennent une subvention pour la poursuite de leurs travaux. Ils pourront lancer plus de avant 1902. En 1909, Besançon recevra des mains du président la grande médaille de Vermeil de l’Académie des sciences.

L'Aéro-club de France Fondé le , l’Aéro-Club de France compte déjà au , plus de . Dès lors, plusieurs commissions sont montées pour soutenir les activités du club. Georges Besançon préside la plus sollicitée, la commission de la documentation scientifique et technique. L’Aérophile devient la revue officielle du club.

En , Georges Besançon est nommé commissaire général chargé de préparer l’Exposition universelle de Paris en 1900 (comme il le fut en 1889) puis de suivre toute la manifestation l’année suivante, jusque fin octobre. L’année 1900 est marquée à Paris en effet par l’Exposition universelle, qui bouleverse totalement la vie des Parisiens. Cinquante millions de visiteurs se pressent vers les installations du Champ-de-Mars. Au Parc de Saint-Cloud, à Vincennes (parc de la ville) et sur un terrain acheté à Suresnes pour l’Aéro-Club, sont organisées des ascensions.

Le , Georges Besançon est victime d'un accident d'aéroplane piloté par Maurice Farman lui-même. Il s'en tire heureusement avec « seulement » un bras cassé.

Au début des années 1920, il forme le vœu de relancer une compétition de ballons libres un peu oubliée : le « Grand Prix des sphériques de l’Aéro-Club de France », dont la dixième édition s’était déroulé le , juste avant la guerre. Organisée en , cette dernière fête du ballon est pour Georges Besançon une grande satisfaction : il prend place dans la nacelle aux côtés de l'aéronaute et explorateur Henry de La Vaulx et de son ami Alberto Santos-Dumont dans le ballon-pilote.

Affaibli par la maladie, Georges Besançon meurt le à Bois-Colombes, six mois après avoir démissionné de son poste de secrétaire général de l’Aéro-Club de France, poste occupé durant trente ansGeorges BESANÇON, inventeur du ballon-sonde, ..

Il repose au cimetière du Père-Lachaise.

Publications Georges Besançon est l'. Il a également publié plusieurs ouvrages, dont : Notre flotte aérienne avec la collaboration de Wilfried de Fonvielle Édition originale chez Gauthier-Villars, 1908, 234 pages Réédition en 2012 , 246 pages Flotte aérienne, 1908 Édition originale en 1908 Réédition en 2010 , 242 pages Ballons et aéroplanes, Garnier Frères, 1911, 394 pages Les Zeppelins, Bloud et Gay, 1925

Distinctions

. Il est fait commandeur par le général Victor Denain. Georges Besançon est nommé chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur le sur le rapport du ministre du Commerce et de l'Industrie Jean Cruppi, promu officier le sur le rapport du ministre des Travaux publics (aviation) Yves Le Trocquer et commandeur le sur le rapport du ministre de l'Air Victor Denain au titre des .

Pour la qualité de ses articles scientifiques sur l’aérostation, il est nommé officier de l'Instruction publique le et pour ses travaux journalistiques de vulgarisation, touchant à la science et au sport naissant, il reçoit en 1906 la médaille de vermeil de la Société nationale d’encouragement au bien.

Il est nommé chevalier de l'ordre du Mérite agricole le puis promu officier, chevalier de l'ordre de Charles III d'Espagne le .

Il obtient la grande médaille d'or de l'Aéro-Club de France le , la grande médaille de vermeil de l'Académie des sciences et la médaille d'or à l'Exposition universelle de 1900.

Pour approfondir Bibliographie

Gérard Hartmann, Georges Besançon (1866-1934), Perpétuel sinon Immortel, Georges Besançon, inventeur du ballon-sonde,

Liens externes

Michel Rochas (Inspection générale de l’aviation civile et de la météorologie), « L’invention du ballon-sonde », in revue La Météorologie, , , .

Notes et références Notes

Références

Catégorie:Naissance en mai 1866 Catégorie:Naissance dans le 9e arrondissement de Paris Catégorie:Aviateur français Catégorie:Journaliste français du XXe siècle Catégorie:Aérologie Catégorie:Ingénieur aéronautique français Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1934 Catégorie:Officier du Mérite agricole Catégorie:Officier de l'Instruction publique