L'église Saint-Martin est une église catholique située à Moutiers, dans le département d'Ille-et-Vilaine, en France. Elle a été inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du .

Localisation

L'église est située en France, en région Bretagne et dans le département d'Ille-et-Vilaine, à quatre kilomètres environ au nord de La Guerche-de-Bretagne, sur la commune de Moutiers. L'édifice, cadastré section C, numéro 434, se dresse au centre du bourg, place Saint-Martin. Cette dernière, cadastrée section C, numéro 433, présente une forme triangulaire, se trouvant au débouché des Rues du Stade, du Sacré-Cœur et du Pont des Arches. L'église se dresse sur un petit tertre entouré de murets, vestige de l'ancien cimetière paroissial dont le transfert Rue de la Broderie, au lieudit "le cèdre", ne date que de 1973Le cimetière, sur le site Glad.. La disparition de l'ancien enclos, le contournement de Moutiers par l'axe Vitré-La Guerche depuis 1997, la réhabilitation du centre-bourg, projetée dès 1998 et réalisée de 2003 à 2008, inscrivent l'église Saint-Martin dans un environnement rénové et moderne, le bâtiment n'en demeurant pas moins l'élément structurant majeur du villageLa réhabilitation du centre-bourg sur le site internet de la commune..

Historique

La paroisse Sous l'Ancien Régime, Moutiers est une paroisse du doyenné de La Guerche, de l'archidiaconé du Désert, dans le diocèse de Rennes. La cure est alors à la collation de l'abbaye Saint-Martin de MarmoutiersChanoine Amédée Guillotin de Corson, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes, Rennes, Fougeray et Paris, René Haton, 1880-1886, 6 vol. in-8° br., couv. impr., tome V, 804p., .. L'ancienneté de la paroisse ne fait pas de doute, le nom même de Moutiers évoquant un monastère disparu qui devait se trouver au voisinage de l'église actuelle, Moutiers venant du nom latin Monasterium. Nombre de cercueils en calcaire coquillier furent d'ailleurs trouvés à plusieurs reprises le long du coteau bordant l'édifice paroissial, attestant ainsi la présence d'une vaste nécropolePaul Banéat, Le Département d'Ille-et-Vilaine, Éditions Librairie moderne J. Larcher, Rennes, 1928, Réédition Éditions régionales de l'Ouest, Mayenne, 1994, 4 tomes, , tome II, . En 1120, Gautier, seigneurs des Pallières, terre de Moutiers, fit don de l'église aux bénédictins de Marmoutiers pour que les moines de leur prieuré vitréen de Sainte-Croix en aient l'usage paroissial, le disposant et son fils revêtant à cette occasion l'habit monastique. La possession de l'église de Moutiers par l'abbaye tourangelle fut confirmé en 1197 par Herbert, évêque de Rennes, cette situation perdurant pendant tout l'ancien régimeChanoine Amédée Guillotin de Corson, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes, Rennes, Fougeray et Paris, René Haton, 1880-1886, 6 vol. in-8° br., couv. impr., tome V, 804p., .. Avec la période concordataire, la paroisse de Moutiers continue d'appartenir au doyenné de La Guerche mais se voit rattachée à l'archidiaconé de Dol du diocèse puis archidiocèse de Rennes. Aujourd'hui, l'église Saint-Martin de Moutiers relève de la paroisse Notre-Dame de La GuercheLa paroisse Notre-Dame de La Guerche sur le site de l'archidiocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo..

L'église L'histoire de la construction de l'église Saint-Martin n'est appréhendable que par quelques cartouches millésimant certains travaux et par comparaison stylistique avec d'autres œuvres locales mieux connues et datées.

fin début : datation approximative du corps du bâtiment, église à pignons multiples caractéristique de la région vitréenne. 1618 : millésime inscrit sur la voûte du chœur, au septentrion. 1686 : date gravée sur le troisième contrefort de la façade sud. 1773 : millésime portée par un des bossages de la façade occidentale. 1847 : date figurant au pignon de la sacristie. 1927 : installation de quatre nouvelles cloches dans le beffroi. 1977 : inscription du monument au titre des monuments historiques par arrêté du . 2000-2010 : restauration intérieure et extérieure de l'église.

Architecture Si la construction de l'église Saint-Martin de Moutiers s'est étalée sur quelque trois siècles et demi, l'édifice n'en présente pas moins une relative homogénéité architecturale et stylistique. Il ne compte certes pas parmi les chefs-d’œuvre du patrimoine religieux d'Ille-et-Vilaine mais constitue néanmoins un exemple remarquable des églises à pignons multiples de la région de Vitré.

Extérieur La façade occidentale thumb|La façade occidentale. La façade occidentale de l'église Saint-Martin de Moutiers, quoique asymétrique, s'organise autour d'une section centrale formant avant-corps, seule partie du bâtiment érigée en pierres de taille moyennement calibrées. Cette dernière s'inscrit entre deux chaînages d'angle en bossages et compte trois étages délimités par deux cordons de pierre. Au rez-de-chaussée s'ouvre un portail plein cintre dont les jambages et claveaux sont taillés en bossages. De fins pilastres se dégagent sur les piédroits et la clef de voûte, légèrement pendante, est sculptée d'une tête d'angelot aux ailes repliées. L'étage intermédiaire loge un fronton triangulaire interrompu par une niche abritant une statue de Saint-Martin en habit archiépiscopal, mitré et tenant de sa main gauche la croix à double traverse. Le pignon, sommé d'une croix et aux rampants sans ornement constitue le dernier étage. En son centre est percé un oculus cerné de bossages concentriques et incurvant vers le bas le second cordon en son milieu. Cette élévation, sobre sinon austère, est caractéristique de l'architecture classique du finissant, un cartouche daté de 1773 millésimant le chaînage d'angle droit à mi-hauteur.

À gauche, légèrement en retrait, s'élève la tour-clocher de section carrée, cantonnée de contreforts d'angle appareillés en grès et présentant cinq ressauts, les faces visibles étant construites en moellons noyés dans un mortier de chaux. Aucun élément architectonique ne souligne la division intérieure de la partie maçonnée qui compte deux étages. Au rez-de-chaussée se devine les traces d'une porte en anse de panier à double archivolte aujourd'hui bouchée et qui donnait accès au collatéral septentrional de l'édifice. Cette ancienne entrée porte un élément sculpté de style gothique flamboyant en réemploi constitué d'un arc trilobé, orné de feuillages et sommé d'une tête d'homme entourée d'un quadrupède et d'un crâne. Au-dessus, une meurtrière terminée par un arc plein cintre prend appui sur une assise ouvragée en surplomb formant corniche. Elle correspond à la chambre haute de la tour logeant l'horloge, un cadran ornant les faces nord et ouest du clocher. Une large corniche en doucine termine la tour, portant la partie charpentée du clocher. Cette dernière procède du type de clocher à flèche double. Une pyramide tronquée, contenant le beffroi et percée de deux petites ouïes sur chacune de ses faces, repose sur une toiture à pavillons à faibles pans, les arêtiers de l'une s'inscrivant dans la continuité de ceux de l'autre, tandis que la flèche, octogonale et effilée, couronne le second pavillon débordant quelque peu l'assise de la pyramide.

À droite, le mur occidental du collatéral sud se présente dans toute sa nudité, seulement couronné par une corniche à modillons portant l'un des pans de la toiture de la première travée, orthogonale à celle de la nef. Une pierre tombale armoriée et datée de 1734 y est adossée, rappelant le souvenir de Messire Jacques François Nouail de la Contrie, curé de Moutiers de 1725 à 1734Paul Banéat, Le Département d'Ille-et-Vilaine, Éditions Librairie moderne J. Larcher, Rennes, 1928, Réédition Éditions régionales de l'Ouest, Mayenne, 1994, 4 tomes, , tome II, ..

La façade septentrionale thumb|Ornementation gothique flamboyant de la façade. La façade septentrionale de l'église de Moutiers, partie la plus ancienne de l'édifice, est le fruit de deux périodes de construction, bien distinctes et aisément détectables. Les trois chapelles en enfilade formant collatéral ont été érigées au tournant des . Elles constituent un ensemble homogène relevant stylistiquement du gothique flamboyant finissant, l'essentiel de la décoration étant porté par les parties hautes de l'ouvrage. Les chapelles présentent sensiblement le même calibre. Les pignons sont alignés et les fenêtres, simples ouvertures terminées par un arc d'ogive, affectent des dimensions similaires, leurs assises étant réglées à même hauteur. Le type de construction employé est identique, les pierres de taille étant réservées aux éléments structurants (contreforts, rampants des pignons, encadrements des fermes), le reste de la maçonnerie étant faîte de moellons. Un cordon de granite, en partie basse, unifie l'ensemble des trois chapelles et constitue, en les contournant, le premier ressaut des contreforts qui en comptent deux autres, pareillement alignés.

Cette composition vient butter contre la tour-clocher édifiée postérieurement. À la jointure des deux sections s'observe un décrochement du cordon de granite qui témoigne de campagnes de construction différentes. Le contrefort à l'angle nord-est de la tour compte des ressauts en plus grand nombre que ceux de ses homologues séparant les chapelles, ces ressauts étant d'ailleurs positionnés à des niveaux tout différents. L'érection de la tour a nécessité au demeurant la suppression du contrefort d'angle de la chapelle la jouxtant, deux éléments sculptés à la base de son pinacle étant alors réemployés dans la maçonnerie du clocher. La face nord de ce dernier ne présente rien de remarquable, étageant une fenêtre ogivale de moindre dimension, un arc de décharge et un cadran d'horloge.

Le décor sculpté se concentre sur les pinacles et rampants des pignons. Les pinacles, de section carrée, sont ornés à leur base, pour deux d'entre eux, d'un monstre gargouille permettant l'écoulement des eaux de pluie à partir des chéneaux séparant les chapelles, et pour celui à l'est, d'une crossette anthropomorphe. À la naissance des pyramidons, des arcs en accolade recoupés par un trilobe sont agrémentés de chiens, singes ou autres quadrupèdes, la flèche, terminée par un fleuron s'hérissant de crosses et choux frisés. Les pignons, couronnés d'une croix enhendée, sont également garnis de crosses. L'un des contreforts porte un bas-relief figurant Saint-Pierre tenant d'une main un livre et de l'autre une clefChanoine Amédée Guillotin de Corson, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes, Rennes, Fougeray et Paris, René Haton, 1880-1886, 6 vol. in-8° br., couv. impr., tome V, 804p., ..

La façade méridionale thumb|L'enfilade de pignons de la façade méridionale.