Sou Met, dit Ta Met, né en 1937 et mort le , était le responsable des forces aériennes du Kampuchéa démocratique.
À ce titre il était proche du premier cercle du pouvoir khmer rouge dans les années 1970-1980.Rallié au régime de Hun Sen dans les années 1990, il poursuit sa carrière dans les Forces armées royales du Cambodge. Dans les années 2000, il est mis en cause dans le cadre du dossier 003 ouvert par les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens, pour sa participation aux purges au sein du régime Khmer rouge. Ce dossier est clos sans suite en 2011 sous la pression du gouvernement cambodgien.
Un haut cadre militaire Khmer rouge
Sou Met est le fils d'un cadre Khmer rouge, Ma Mang alias Pang, qui était secrétaire de la Zone sud-ouest entre 1963 et 1968. Il rejoint celle-ci dans les années 1970 et prend part à la prise de l'aéroport de Pochentong en .
Protégé de Ta Mok qui prend le contrôle de la Zone sud-ouest en 1968, il est nommé en à la tête de la de l’Armée révolutionnaire du Kampuchéa (ARK) constituée après la prise de Phnom Penh, ainsi que des Forces aériennes, sous les ordres directs de Son Sen. Devenu membre du Comité central en et du Bureau permanent de l'état-major général de l'ARK, il prend part aux décisions prises au sommetMarcel Lemonde, Jean Reynaud, Un juge face aux Khmers rouges, Seuil, 264 p. .. Il est notamment impliqué dans les purges de l'ARK à partir de 1976 et dans l'envoi à Tuol Sleng (S-21) d'une centaine d'officiers et de soldats de la Stephen Heder, Brian D. Tittemore, Seven candidates for prosecution: accountability for the crimes of the khmer rouge, War Crimes Research Office, American University Washington College of Law, 2001. p. 99-114Sacha Sher, Le Kampuchéa des "Khmers rouges": Essai de compréhension d une tentative de révolution, L'Harmattan, 2004, 484 p. p. 169.
Après la chute du régime en 1979, il reste un temps membre de l'État fictif maintenu par les khmers rouges, avec rang de ministre, appartenant ainsi à la seconde génération de leaders du mouvementChristophe Peschoux, Les nouveaux Khmers Rouges: 1979-1990, L'Harmattan, 1992, 310 p. , p. 73 ; Zachary Abuza, « The Future of the Khmer Rouge: Internal and External Variables », Contemporary Southeast Asia, Institute of Southeast Asian Studies, vol. 15, n° 4, mars 1994, p. 439..
Une carrière poursuivie dans les Forces armées royales du Cambodge
Ayant rallié les Forces armées royales du Cambodge (FARC) en 1996Cablegate: Khmer Rouge Tribunal: Five More for Prosecution, Scoop News, scoop.co.nz, septembre 2009., il devient commandant en chef adjoint des FARC de la région 5 en 2006Les dirigeants Khmers rouges, Justice pour le Cambodge, justicepourlecambodge.org ; Tom Fawthrop, Helen Jarvis, Getting away with genocide?: elusive justice and the Khmer Rouge Tribunal, Pluto Press, 2004, 327 p. p. 269..
La mise en cause avortée par les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens
Le dossier 003 ouvert en 2009 devant les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens implique Sou Met et Meas Muth, pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Il est l'un des éléments de la crise advenue en 2011 au sein de ce tribunal international déjà difficilement mis en place pour juger des crimes contre l'humanité du régime Khmer rouge, lorsque les investigations sont closes par les juges d'instruction You Bunleng et Siegfried Blunk, malgré l'opposition du procureur Andrew Cayley. Human Rights Watch dénonce alors une enquête menée « sans avoir notifié les suspects, ni interrogé certains témoins-clé, ou encore mené des recherches sur les lieux des crimes », ainsi que les pressions exercées en ce sens par le gouvernement Hun SenCambodge : Les juges d'instruction au procès des Khmers rouges doivent démissionner, hrw.org, 3 octobre 2011Sorpong Peou, « Mass Atrocities in Cambodia under the Khmer Rouge Reign of Terror », dans N. Ganesan, Sung Chull Kim, State Violence in East Asia, University Press of Kentucky, 2013, p. 146-147.
Bibliographie
Stephen Heder, Brian D. Tittemore, Seven candidates for prosecution: accountability for the crimes of the khmer rouge, War Crimes Research Office (American University Washington College of Law) - Coalition for International Justice, 2001. Marcel Lemonde, Jean Reynaud, Un juge face aux Khmers rouges, Seuil, 264 p. . .
Notes et références Notes
Références
Catégorie:Membre du mouvement Khmer rouge Catégorie:Naissance en 1937 Catégorie:Auteur du génocide cambodgien Catégorie:Décès en juin 2013 Catégorie:Naissance à Battambang Catégorie:Naissance dans le protectorat français du Cambodge