La (en occitan : carrièra Teodor Ozenne) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.
Situation et accès Description La rue Théodore-Ozenne est une voie publique. Elle se situe dans le quartier Saint-Étienne, dans le secteur 1 - Centre.
Elle naît de la rue du Languedoc à la hauteur de la place des Carmes. Cette rue large de 20 mètres était, lors de son aménagement, la plus large de la ville. Elle est rectiligne orientée au sud-est en direction de l'entrée du Jardin des Plantes. Elle coupe d'abord la rue d'Aussargues, puis reçoit sur son côté droit la rue du Colonel-Pointurier et donne naissance sur son côté gauche à la rue de la Pleau. Elle traverse ensuite la grande-rue Nazareth avant de donner naissance, sur sa gauche, à la rue Caminade, puis à la rue Sesquières, et de recevoir la rue Furgole. Elle donne naissance sur son côté droit à la rue Escoussières-Montgaillard. Elle n'est reliée à la rue Jules-de-Rességuier que par un escalier. Elle délimite le côté sud-ouest du Jardin royal et se termine au carrefour des allées Jules-Guesde.
La chaussée compte une voie de circulation automobile dans chaque sens. Elle appartient à une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Il existe une bande cyclable de chaque côté.
Voies rencontrées La rue Théodore-Ozenne rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :
Place des Carmes Rue du Languedoc Rue d'Aussargues (g) Rue José-Félix (d) Rue de la Pleau (g) Rue du Colonel-Pointurier (d) Grande-rue Nazareth Rue Caminade (g) Rue Sesquières (d) Rue Furgole (d) Rue Escoussières-Montgaillard (g) Rue Jules-de-Rességuier (g) Allées Jules-Guesde
Transports La rue Théodore-Ozenne est parcourue et desservie sur toute sa longueur par la ligne de bus , ainsi que, entre la grande-rue Nazareth et la rue du Languedoc, par la navette . Au nord, la rue Théodore-Ozenne aboutit également à la place des Carmes, où débouche la station du même nom, sur la ligne de métro . Au sud, sur les allées Jules-Guesde, se trouvent également les arrêts de la ligne de bus .
Il existe plusieurs stations de vélos en libre-service VélôToulouse le long de la rue Théodore-Ozenne ou à proximité : les stations (10 rue Théodore-Ozenne), (1 place des Carmes) et (35 allées Jules-Guesde).
Odonymie vignette|gauche|Les plaques de rue à l'angle des allées Jules-Guesde. Le nom de la rue rend hommage à Théodore Fulgence OzenneSalies 1989, vol. 2, ., né à Paris en 1814, mort à Toulouse en 1898, banquier toulousain et président de la chambre de commerce. Il fut également adjoint au maire et occupa les fonctions d'administrateur du Bureau de bienfaisance à partir de 1890, des Hospices à partir de 1891, et du Mont de Piété à partir de 1893. À sa mort, il légua une partie importante de ses propriétés à la ville de Toulouse des châteaux et des terrains de la campagne toulousaine pour les lycées de garçons et de filles (actuels lycée Bellevue et Raymond-Naves)Salies 1989, vol. 1, .. Il fut également une personnalité de la vie culturelle de la ville, mainteneur des Jeux floraux, et il légua l'hôtel d'Assézat à la ville à la condition qu'on y installe les sociétés savantes locales, dont l'Académie des sciences, inscriptions et belles-lettresSalies 1989, vol. 1, ..
La dernière partie de la rue Théodore-Ozenne, entre la rue Caminade et la rue Jules-de-Rességuier, correspond à une ancienne rue qui débouchait à la porte Montgaillard, une des portes secondaires du rempart de la ville. Elle était pour cette raison dénommée, au moins depuis la fin du , rue de la Porte-Montgaillard (carraria Portae Montis Gaillardi en latin, 1282) ou, plus simplement, rue Montgaillard (carraria Montis Gaillardi en latin, 1325)Chalande 1918, .Salies 1989, vol. 2, .. En 1794, pendant la Révolution française, on lui donna le nom de rue du Jardin-Public, car elle aboutissait au Jardin Royal, renommé Jardin Public à la même époqueSalies 1989, vol. 2, ..
Histoire Moyen Âge et période moderne Au Moyen Âge, l'actuelle rue Théodore-Ozenne n'existe pas. Il y a bien une rue étroite, qui naît au carrefour de la rue Caminade et va jusqu'à la porte Montgaillard (emplacement au devant de l'actuel )Chalande 1918, .. Cette porte est une des portes secondaires du rempart de la ville. Elle existe déjà au début du , puisque, lors de la croisade des Albigeois, des combats y opposent les croisés, menés par Simon de Montfort, aux Toulousains révoltés. Un pont, défendu par une deuxième tour, permet de franchir le fossé qui entoure le rempart. Au-delà s'étend une plaine marécageuse, traversée par le Sauzat et les ruisseaux qui descendent de la butte du Calvinet et de Pech David. La porte est reconstruite et consolidée vers 1346, et au début du Chalande 1918, ..
La population profite de la proximité d'un puits public, simplement désigné comme le puits Montgaillard. Il se trouve au centre de la petite place qui se forme au carrefour de la rue des Brassiers (actuelle rue Sesquières) et de la rue CaminadeChalande 1918, .. La rue est principalement bordée d'écuries et de granges. Elle connaît une faible activité, principalement liée à sa position à l'entrée de la ville : c'est pour cette raison qu'on y trouve plusieurs auberges et hôtelleries. Les plus importantes sont l'« hostellerie à l'Image de Saint-Pierre », tenue à la fin du par un certain Barthélémy Coder, qui se trouve près du puits Montgaillard (emplacement de l'actuel ), et l'hôtellerie du Faucon, tenue au milieu du par un certain Jean Martel (emplacement de l'actuel ). Les autres auberges n'ont pas d'enseignes spécialesChalande 1918, ..
La rue commence à se transformer à partir du milieu du . Le développement de l'administration royale favorise l'émergence d'une classe de spécialistes du droit – hommes de loi, jurisconsultes, notaires, avocats. La proximité du Château Narbonnais, occupé par la sénéchaussée, puis par le parlement, attire une nouvelle population dans la rue Montgaillard. Les familles de parlementaires les plus puissants font construire des hôtels particuliers pour manifester leur richesse. Ainsi, en 1550, Étienne Potier, seigneur de La Terrasse, notaire et greffier des présentations au parlement, fait construire un hôtel entre la grande-rue Nazareth (actuel ) et la rue Montgaillard (actuel ).
En 1616, les capitouls délibèrent de créent réer une Académie d'équitation, pour les exercices militaires des jeunes gens de la ville. Ils établissent un manège sur un terrain appartenant à la ville, entre les deux portes Montgaillard. L'année suivante, on fait construire un manège couvert, long de 23,40 m et large de 10,80 m. On accorde également à la nouvelle institution deux tours des remparts, pour le fourrage des chevauxChalande 1918, .. C'est une des premières académies d'équitation du royaume, sur le modèle de l'Académie fondée à Paris en 1594 par Antoine de PluvinelL'Académie d'équitation de Paris est fondée par Antoine de Pluvinel, chambellan, second gouverneur du dauphin Louis. Elle se trouvait près du Louvre (ancien , rue Saint-Honoré, emplacement de l'actuelle place des Pyramides) et avait pour ambition de perfectionner les jeunes gens issus de la noblesse en équitation, musique, danse, escrime, beaux-arts, et sciences militaires.. L'Académie toulousaine continue à fonctionner, même après la création par les États de Languedoc, en 1640, d'une académie de Province à Montpellier. Les jeunes gens y apprennent à monter à cheval, mais on leur enseigne également les armes, la musique et les mathématiques. Chaque année, on distribue comme prix « aux mieux faisant des armes », deux épées, l'une en argent et l'autre damasquinéeChalande 1918, ..
C'est seulement au que s'élèvent les constructions, comme les deux petites maisons des d'Albis de Belbèze (actuel ). Au no 5, en 1664 noble Claude de Saint-Félix, sieur de Couladère, capitoul en 1646-1647. Au no 16, vers 1670, Antoine d'Albis, conseiller au Parlement, secrétaire du roi, puis, son fils Pierre-Thomas d'Albis ; en 1727, son fils Denis d'Albis, conseiller aux requêtes du Parlement en 1727, conseiller honoraire en 1768 ; en 1751, son fils Jean-François-Denis d'Albis de Belbèze, seigeur de Thil et de Bretx, conseiller aux requêtes en 1751, conseiller à la Grand-Chambre en 1770, membre de l'Académie des Jeux-Floraux en 1779Chalande 1918, .. Au no 9, en 1783, Jean-François-Denis d'Albis de Belbèze.
L'institution de l'Académie d'équitation est plusieurs fois suspendue et rétablie, selon les capitouls en fonction. Elle rencontre pourtant un grand succès tout au long du . En 1784, le directeur inaugure dans le manège une Course de chevaux donnée au public. Ce spectacle attire une foule si nombreuse, qu'une tribune s'écrouleChalande 1918, ..
En 1745, l'ancienne porte gothique, avec ses créneaux et ses mâchicoulis saillants, parut aux capitouls, un monument d'un aspect désagréable dans le voisinage des nouvelles promenades, et on décide d'abattre sa partie supérieure et d'employer les matériaux à la clôture du cimetière Saint-Sauveur (emplacement de l'actuelle place Dominique-Martin-Dupuy). En 1747, elle est finalement démolie et reconstruite dans le goût du style néo-classique par le maître-maçon Foulquier. L'année suivante, on procède à de nouveaux embellissements. Jean-Marc Arcis, fils du sculpteur Marc Arcis, y sculpte les blasons des capitouls. Enfin, en 1749, la tour qui défend le pont sur le fossé, est également démolie, et les matériaux utilisés pour les réparations du logis de l'Écu, dans l'enclos de la Maison commune (emplacement de l'actuel square Charles-de-Gaulle)Chalande 1918, ..
Époque contemporaine La Révolution française apporte quelques bouleversements. Pendant la Terreur, entre 1793 et 1794, plusieurs parlementaires toulousains sont inquiétés. En 1793, l'hôtel d'Albis de Belbèze (ancien ) et l'immeuble voisin (ancien ), qui appartiennent à Jean-François-Denis d'Albis de Belbèze, sont vendus comme biens d'émigréChalande 1918, .. En revanche, l'Académie d'équitation ne cesse pas de fonctionner. Elle sert à former les cavaliers des troupes révolutionnaires. En 1809, elle est reconstituée sous le nom d'École d'équitation, et désignée dans la troisième classe des Écoles impériales.
Dans la deuxième moitié du , les municipalités toulousaines se préoccupent d'améliorer l'urbanisme et la circulation dans les rues de la ville. En 1865, sous l'impulsion du maire Jean Patras de Campaigno, le projet de l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, Urbain Maguès, est retenu. Il s'organise autour de la percée de deux grandes voies qui traversent la ville du nord au sud, la rue Longitudinale, et d'est en ouest, la rue Transversale. La première partie de la rue Longitudinale – renommée rue d'Alsace-Lorraine –, entre le boulevard de Strasbourg et la place Rouaix, est ouverte entre 1869 et 1873Salies 1989, vol. 1, .. Dans le même temps, la première partie de la rue Longitudinale – renommée rue de Metz – est percée entre la place du Pont-Neuf et la place Étienne-EsquirolSalies 1989, vol. 2, .. Peu avant, en 1867, la porte Montgaillard est démolie, permettant de dégager l'espace entre les allées Saint-Michel (actuelles allées Jules-Guesde) et le Jardin Royal.
La place Montgaillard ne date que du siècle dernier, elle a été créée sur l'emplacement d'un terre-plein qui se trouvait entre la porte de l'enceinte de la ville et la tour avancée qui commandait le ponceau jeté sur les fossés des fortifications. Ce terre-plein s'appelait,alors, par extension, l'Esplanade. Sur le côté ouest, où se sont élevées les nouvelles constructions, se trouvait le Manège.