vignette|284x284px|La croix de Mi-lieue le 5 octobre 2019 Saint-Michel-en-Grève (Lokmikael-an-Traezh en breton) est une commune française du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France. À l'origine une commune vivant essentiellement de son agriculture (au Moyen Âge), elle a connu un essor important avec l'arrivée du tourisme. Le village a compté jusqu'à six hôtels répartis dans la rue principale, il n'en reste plus aucun aujourd'hui.

Géographie Situation

Saint-Michel-en-Grève est située dans le canton de Plestin, près de Lannion. Ce village trégorrois se trouve en bord de la Manche, avec une courte façade littorale donnant sur la partie orientale de la « Lieue de grève ». (située majoritairement en Plestin-les-Grèves, une petite partie étant située en Tréduder), dite aussi « Grève de Saint-Michel », un endroit longtemps mal famé, au fond de la Baie de Lannion, où est concentrée la majorité de la population. Le bourg de Saint-Michel-en-Grève vu de la grève de Saint-Michel

Géologie À l'ouest de Saint-Efflam, au niveau de la grève de Saint-Michel, affleure la formation de Plestin-les-Grèves dont l'âge est estimé à 585 millions d'années. Elle est représentée par des schistes noirs recoupés de nombreux filons de quartz affecté de plis ptygmatiquesDu grec ptygma (pli) : plissotement serré à charnière régulière, qui affecte un filon quartzo-feldspathique (matériau granitique) dans certaines roches métamorphiques. par suite d'un raccourcissement dû à une compression de la roche encaissante. Ces schistes ardoisiers ont été exploités depuis le jusqu'en 1918. En contrebas du Grand Rocher, des déblais de carrières montrent des schistes à chiastolite d'âge ordovicien..

Le Grand Rocher est constitué de grès quartzites et phylliteux et de grès quartzites massifs. Ces roches sont affectées par des plissements (plis coffrés ou plus serrés, métriques ou décamétriques) et des fractures..

Soumise à d'importants prélèvements de sable, notamment pour des besoins agricoles, depuis des siècles, et poursuivis pendant longtemps en dépit des arrêtés d'interdiction pris dès la seconde moitié du , le trait de côte de la « Lieue de Grève » a considérablement reculé. De nos jours, les dépôts abondants d'algues vertes provoquent des odeurs nauséabondes (marées vertes) en raison de leur décomposition et leur ramassage entraîne de gros frais..

Relief et hydrographie La commune possède des espaces littoraux remarquables : les coteaux du nord du bourg, les vallées du Kerdu et du Roscoat, ainsi que le vallon de Toul-ar-Vilin dans leurs parties avals et surtout la partie orientale de la Lieue de Grève (Grève de Saint-Michel). La majeure partie du finage communal est constituée d'un plateau avoisinant les 100 mètres d'altitude (l'altitude la plus élévée, 106 mètres) se trouve près de Kerhuel), en pente douce vers la mer (94 mètres d'altitude encore au lieu-dit Pen al Lan par exemple) et limité côté mer par des pentes assez fortes d'un dénivelé avoisinant la centaine de mètres.

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est limitée côté sud-ouest par le Roscoat et côté nord par le Ruisseau de Kerdu (sauf dans sa partie aval où ce cours d'eau traverse la commune, se jetant dans la Manche à Toul ar Vilin).. La commune est séparée de celle de Tréduder par le ruisseau de Roscoat. Un autre petit ruisseau, le Traou Bigot au nord, la sépare de Trédrez-Locquémeau, tandis que le Kerdu, qui vient de Ploumilliau, la traverse. Le Roscoat, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Lanvellec et se jette dans la Manche à Tréduder, après avoir traversé .. vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-Michel-en-GrèveLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lannion à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Saint-Michel-en-Grève est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lannion, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (64,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (67,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (46,4 %), forêts (18,7 %), terres arables (18,2 %), zones urbanisées (12,4 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (4 %), zones humides côtières (0,3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Logement Parmi les logements de Saint-Michel-en-Grève, on observe une faible part (57,4%). de résidences principales par rapport au département (75.3%) et une proportion élevée (37,5%) de résidences secondaires par rapport au département (16%). La part (5,1%) de logements vacants est inférieur aux Côtes d'Armor (8,7%).

Toujours en 2016, le nombre de résidences principales étaient de 260 pour 453 personnes. La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants étant de 75,3%, contre 71,1 % en Côtes d’Armor.

Voies de communication et transports

Voies de communication Le territoire communal est desservi par la route départementale RD786 (ancienne Route nationale 786).

Le territoire communal est traversé par le Sentier de grande randonnée 34 et donc de fait par le Sentier européen E5, qui utilise le GR34 pour border la Manche.

Transports collectifs Saint-Michel-en-Grève est desservie par la ligne 30 Lannion-Morlaix reliant Lannion à Morlaix. Les deux collectivités Lannion-Trégor Communauté et Morlaix-Communauté assurent chacune les transports à l’intérieur de leurs périmètres. Cette ligne dessert la Gare de Lannion et la Gare de Morlaix. Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Locus Michaelis en 1224, ecclesia Beati Michaelis de Littore en 1330, ecclesia de Loco Mych(aelis) fin du , parochia Beati Michaelis in Littore en 1427, Lochmichael en Trez en 1461, Lomicael en 1484, Locmiguel en 1543, Saint Michel en Greffve en 1544Bernard TANGUY : Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor. 1992..

Son nom est formé du breton lok « lieu consacré », associé au nom de l'archange saint Michel.

Le nom de la commune en breton est Lokmikael-an-Traezh., parfois réduit à Lokmikael.

Histoire Préhistoire et Antiquité Des recherches archéologiques ont permis de mettre au jour des restes d'enceintes fortifiées. La commune compte également quelques menhirs.

Dans le bourg et sous la plage de Saint-Michel-en-Grève, se trouvent des restes d'une voie romaine., aujourd'hui matérialisée par la rue La voie romaine en direction de Trédrez, et la croix de Mi-lieue.

Saint-Michel-en-Grève était déjà habité ä l'époque gallo-romaine : en 1867 et 1869, de fortes marées mirent au jour les vestiges de deux bains gallo-romains dans le mur de soutènement du cimetière..

Moyen-Âge Le nom du bourg atteste une création qui ne peut-être antérieure au . Siège d'un prieuré-cure jusqu'à la Révolution, le bourg semble lié à la fondation de cet établissement dont les origines sont probablement directement liées à la présence des moines de l'abbaye du Mont-Saint-Michel sur la Lieue-de-Grève. À la suite de la donation que leur fit en 1086 l'évêque de Tréguier du « Mont Hyrglas », « le Grand Rocher », de ses dépendances et de la dîme de Plestin, ces moines fondèrent un prieuré dont on ignore encore l'emplacement exact..

La seigneurie de Kerhuel, successivement possédée par les familles du Bois (), Le Rougé, de Coëtlogon (entre le et le début du ), de Trogoff (1747) et de la Boissière (1753), était la plus importante seigneurie de la paroisse. Elle possédait droit de moyenne et basse justice en Ploumilliau, Plouzélambre et Saint-Michel-en-Grève, et de droits de prééminences dans les églises paroissiales de Saint-Michel-en-Grève, de Ploumilliau et Plouzélambre, ainsi que dans les chapelles de Saint-Guennou (en Ploumilliau) et de Sainte-Geneviève (en Saint-Michel-en-Grève). Le château était, selon Henri Frotier de la Messelière, entouré d'une « enceinte circulaire de 60 mètres de diamètre entourée d'un double fossé », qui a disparu, de même que le château, mais subsiste l'ancienne motte castrale près de Milin ar C'hastel..

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