Étienne Fougère, né le à Panissières (Loire) et mort le à Lyon (Rhône), est un industriel, leader patronal et homme politique français.
L'industriel du textile et le leader patronal Petit-fils d'un artisan et fils d'un employé de commerceJean-Marie Fougère, décédé en 1926: La Soierie de Lyon, août 1926. Sa mère est décédée en 1924: La Soierie de Lyon, 16 janvier 1924, Étienne Fougère fait carrière dès l'âge de 17 ans comme employé dans l'industrie des soieries et devint fabricant à Lyon (Maison Fougère Frères, fondée en 1905, devenue en 1923 Fougère frères et fils puis en 1931 Fougère frères et fils et CieÉtienne Deschamps, op. cit., p. 80, La Soierie de Lyon, 15 avril 1918, La Soierie de Lyon, 16 août 1925, La Soierie de Lyon, juillet 1931. Siège Social : 74, rue Vendôme, à Lyon. Étienne Fougère est associé gérant avec son frère cadet Antoine (dit Antonin, 1872-1935: La Soierie de Lyon, février 1935 cf. son Dossier de la Légion d'honneur sur la base Léonore), et avec son fils Jean (devenu associé en 1923: La Soierie de Lyon, 16 septembre 1923) et Louis Fougère. Le capital de cette société en nom collectif s'élève à en 1918, à 3 millions de francs en 1931: à Antonin Fougère, à Étienne Fougère, à Louis Fougère).
Il se montre très actif dans les organisations patronales, à Lyon puis à Paris, où il s'installe en 1928Mathias Bernard, op. cit., p. 281. Il est membre de la Chambre de commerce de Lyon, de la Chambre de commerce internationale, président du syndicat des fabricants de soieries de Lyon, de 1922 à 1926La Soierie de Lyon, avril 1922, Ibid., avril 1927, de la Fédération française de la soie (à partir de 1923La Soierie de Lyon, août 1923. ), qu'il a constituée, de la Fédération internationale de la soie (à partir de 1926)La Soierie de Lyon, 16 décembre 1927, "Fédération internationale de la soie".
Il préside également l'Association industrielle, commerciale et agricole (AICA) de Lyon et de la région, à partir de sa constitution en 1918Pierre Vernus, "Les organisations patronales à l'échelle locale: le cas de Lyon", op. cit., p. 1074, Mathias Bernard, op. cit., p. 244, Revue générale d'électricité, 6 juillet 1918, la Fédération des associations régionales du commerce, de l'industrie et de l'agriculture, qu'il met sur pied en 1921 et qui devient en 1923 sous son impulsion le de la Confédération générale de la production française, le Comité d'action des industries et commerces d'exportationLa Soierie de Lyon, février 1924, ainsi que, de 1925La Soierie de Lyon, février 1925, Le Temps, 27 mars 1925 à 1943, l'Association nationale d'expansion économique, liée à la CGPF et fondée en 1915Clotilde Druelle-Korn, « L'ANEE », op. cit., p. 1089-1092 : En 1919, Fougère tente de convaincre ses dirigeants de la transformer en confédération patronale, sans succès. L'association et la CGPF partagent à partir de 1925 un périodique commun, sous le double titre Production nationale et expansion économique. Elle siège à Paris au 23, avenue de Messine. . C'est une association interprofessionnelle qui milite pour la promotion du commerce extérieur et des entreprises exportatrices et entend peser sur la politique commerciale des pouvoirs politiquesPar exemple au sujet du rétablissement de la liberté de circulation des capitaux en 1927 ( Le Temps, 3 mai 1927) ou au sujet des répercussions sur le commerce extérieur des sanctions contre l'Italie: Le Temps, 9 janvier 1936, "A la présidence du conseil". . Il est membre du conseil d'administration du quotidien lié au patronat La Journée industrielle, dirigé par Claude-Joseph GignouxLes Documents politiques, diplomatiques et financiers, octobre 1933. Il est enfin l'un des vice-présidents de la Confédération générale du patronat français (CGPF) en 1936Les documents politiques, diplomatiques et financiers, octobre 1936.
Il fait partie du groupe des « experts » lors des négociations douanières internationales (1924, 1926-27) et du comité des experts du décret du 31 mai 1926 mis en place par le président du Conseil Aristide Briand par diagnostiquer les raisons de la crise des changes et proposer au gouvernement des mesures pour y remédierJean-Étienne Dubois, « L’expertise économique entre délégation de souveraineté et instrumentalisation politique. L’exemple du « Comité des experts » au secours du franc en 1926 ».
Il a été un membre dirigeant du Redressement français et a soutenu son programme politique, économique et socialÉtienne Deschamps, op. cit., p. 88.
Il fonde en 1923 avec Aymé Bernard, autre patron lyonnais, le Rotary-club lyonnais, qu'il préside, et devient le deuxième gouverneur du district français du Rotary International (1927-1930)Mathias Bernard, op. cit., p. 281, The rotarian, février 1924, p. 17The rotarian, avril 1925, p. 37, , Proceedings: Twentieth Annual Convention of Rotary International, Rotary International, 1929, discours de Fougère, p. 441-443, Cherbourg-Eclair, 12 décembre 1938, Trombinoscope 14-15, p. 11 . Il préside par la suite la commission économique du Rotary français. Dans les colonnes de son périodique, il appelle en 1937 à la profession organisée : « L’organisation des professions est aujourd’hui une nécessité impérieuse. Elle l’est au point de vue économique ; elle l’est au point de vue social ». Il est pour la constitution de syndicats, pour les employeurs et pour les employés, avec des relations fondées sur « la hiérarchie respectée » et « la collaboration confiante et loyale ». Car dans le domaine économique, « tout doit être réglé, mesuré, coordonné » et seule la profession peut établir les règles. Dans le domaine social, c’est à la profession de prendre en charge les secours (chômage, vieillesse, maladies), contre l’État « qui est sorti de son rôle de régulateur et d’arbitre pour substituer son autorité anonyme et sans âme à l’autorité naturelle de ceux qui travaillent et qui coopèrent ensemble »Le Rotary, février 1937, Étienne Fougère, « Étude sur la profession organisée », p. 17-20. . Ce sont peu ou prou les thèses du nouveau président de la CGPF, Claude-Joseph Gignoux.
L'homme politique Fougère contribue à implanter à Lyon la Fédération républicaine dans le en 1903Kevin Passmore, From Liberalism to Fascism: The Right in a French Province, 1928-1939, Cambridge University Press, 2002, p. 130. Il est candidat malheureux de ce parti aux élections législatives à Lyon en 1906, 1910 et 1914, battu par Pierre ColliardLes parlementaires français, II, 1900-1914 , 1914. Il est alors engagé dans la défense de l'enseignement catholique : il est vice-président de l'Association des anciens élèves des Frères et des écoles libres catholiques de Lyon, secrétaire général de la Fédération des amicales de l'enseignement catholique de France, secrétaire du Comité général des Unions régionales d’Associations amicales de l’enseignement libre, membre de la Ligue de la liberté de l'enseignementAndré Lanfrey, Sécularisation, séparation et guerre scolaire: les catholiques français et l'école, 1901-1914, Éditions du CERF, 2003, Comptes-rendus des travaux / Congrès national des anciens élèves des frères et des écoles et institutions libres catholiques, 1905, Comptes-rendus des travaux / Congrès national des anciens élèves des frères et des écoles et institutions libres catholiques , 1908, Compte rendu / deuxième Congrès diocésain de Lyon (22-23-24 février 1910), rapport de Fougère, Semaine religieuse du Diocèse de Lyon, 26 novembre 1909, Ibid., 27 novembre 1908.
Il parvient à se faire élire conseiller général du Rhône en 1913, après un échec en 1907, puis conseiller municipal de Lyon (1919-1923). Il mène sans succès après 1918 des tentatives de rapprochement entre les de la Fédération républicaine et l'aile droite des radicaux, tentatives entravées par les dirigeants lyonnais de la Fédération républicainePierre Vernus, "Les soyeux lyonnais", p. cit., p. 665. Il connaît encore un nouvel échec aux élections législatives de 1924 : la liste menée par le député sortant Auguste Isaac, sur laquelle il figure, n'a aucun élu Le Matin, 24 avril 1924. Il a été critiqué par un quotidien conservateur local, Le Nouvelliste de Lyon: cf. Jean-Étienne Dubois, Leçon d’histoire pour une droite dans l’opposition ? : les mobilisations de droite contre le Cartel des gauches dans la France des années Vingt, p. 72-74. Il échoue aussi aux élections municipales de 1925.
Il cesse de s'intéresser aux luttes politiques à Lyon et décide de se présenter aux élections législatives dans la Loire, son département d'origine. Investi par l'Alliance démocratique, il est élu député en 1928 de Montbrison. Il échoue à constituer à la Chambre un groupe des nouveaux élus qui se serait préoccupé avant tout des questions économiques, mais parvient à mettre en place un intergroupe d'études économiques et sociales avec d'autres députés, notamment Claude-Joseph GignouxLe Matin, 31 mai 1928, Le Matin, 23 mai 1928, L'Ouest-Eclair, 23 mai 1928, Le Temps, 18 mai 1928, Le Temps, 2 juin 1928, Le Temps, 17 août 1928,Le Temps, 11 novembre 1928. Il siège au groupe des Républicains de gauche, dont il est l'un des vice-présidentsLe Matin, 9 juin 1928, "Nouvelles parlementaires". Il préside la commission des douanes et des accords commerciaux de 1928 à 1932.
Son assise politique est fragile : il ne parvient pas à se faire élire conseiller général de la Loire en 1928Le Matin, 15 octobre 1928 et il ne parvient pas à conserver son siège de député en 1932 ; il est battu par un radical-socialiste, Antoine Ravel.
Il se porte candidat aux élections législatives de 1936 à Paris, dans le arrondissement, mais il se désiste après le premier tour pour Charles des Isnards, éluL’Écho de Paris, 29 avril 1936.
Dans l'entre-deux-guerres, il est membre du comité directeur de l'Alliance démocratique (centre-droit), vice-président de sa fédération de Paris à la fin des années 1930Le Temps, 31 mars 1924, Journal des débats, 30 mars 1939, "A l'Alliance démocratique".
Le militant de la réconciliation franco-allemande