Le débarquement d'armes de Plestin, ou encore débarquement de Locquirec, est une tentative de débarquement d'armes clandestin pendant la nuit du 8 au à Locquirec, dans le nord-ouest de la Bretagne, et durant lequel des nationalistes bretons tentent de récupérer un stock d'armes et de matériel fournis par les services secrets allemands.
Origine En 1939, Célestin Lainé, membre du Parti national breton, se réfugie en Allemagne.
Selon Jean-Yves Le Naour :Le thème de la pureté raciale celtique et le parfum de paganisme qui entoure les séparatistes séduisent les dirigeants allemands qui se réjouissent d’affaiblir la France en la démantelant.
Organisation Un bateau nommé le Gwalarn s'échoue sur la plage des Sables-Blancs à Locquirec dans la nuit du 8 au .
Les membres participant à l'opération sont André Geffroy, éleveur de moutons à Locquirec, Guy Vissault de Coëtlogon, alors élève de l’École pratique des hautes études, Alain Louarn, instituteur à Quimper, Jacques Bruchet, élève architecte à Paris, Patrick Guérin, qui vient de détruire la statue de Bécassine au musée Grévin à Paris, Ange Péresse et Bob Le Helloco. Le Helloco récupère son côtre côtier, le Gwalarn, au port de Roscoff et la petite troupe d'autonomistes gagne Guernesey.
Un premier groupe doit, sous couvert de la formation d'un camp de jeunesse sur la « Lieue de Grève », recevoir les armes. Le second était sur le thonier Gwalarn, dont le skipper est Hervé Le Helloco, dit « Bob », qui transportait des armes en provenance de Pologne et vraisemblablement chargées dans un petit port de la côte anglaise. C'est le service de renseignement, le « Service Spécial », du Kadervenn qui récupère les armes du Gwalarn en 1939.
Déroulement Durant la traversée qui s'est effectuée de nuit, une caisse tombe à l'eau alors qu'a lieu le transbordement des munitions dans le dundee, au large des Sept-Îles. En dépit des fiévreuses mais vaines recherches de l'équipage, la caisse a flotté entre deux eaux pour échouer dans la baie de Saint-Aubin à Jersey. La police britannique découvre alors un stock d'une cinquantaine de kilos d'affiches appelant les Bretons à se désolidariser d'une éventuelle guerre entreprise par la France, pour la défense des Polonais, qui proclament : « Pourquoi les Bretons se feraient-ils tuer pour la Pologne ? Aider la Pologne, c'est la mort de Bretons. La Bretagne sera envahie par une armée de réfugiés, de nègres, et d'Arabes tandis que vos frères et vos maris seront au front. »
Le bateau s'échoue sur la Plage des Sables-Blancs, à Locquirec dans la nuit du 8 au .
Suites Une caisse est tombée du Gwalarn et n'a pas pu être retrouvée, en dépit des efforts de l'équipage. Les douaniers découvrent le Gwalarn et il s'est révélé que celui-ci appartient à l'un des membres du P.N.B., Hervé Le Helloco. Aussi, l'opération de Locquirec terminée, ordonne-t-il à ses hommes de se soustraire aux recherches de la police.
Une caisse de tracts est découverte par un pêcheur dans les jours qui suivent.
Six personnes furent appréhendées par la police (dont Alan Louarn, André Geffroy, Hervé Le Helloco, Jakez Bruchet et Guy Vissault de Coëtlogon). Leur culpabilité n'ayant pu être établie, ils demeurèrent cependant 6 mois en prison à NantesGeorges Cadiou, "L'Hermine et la Croix gammée", Mango Document, 2001, [].
Fin 1941, par la voix de Werner Best, l'occupant allemand, inquiet de voir les miliciens incontrôlables de Célestin Lainé rôder armés dans les environs de Brest, ordonne à Raymond Delaporte, chef du PNB, de rendre les armes en possession du parti. Les armes du débarquement de 1939 sont ainsi restituées à leur fournisseur.
Sébastien Carney résume ainsi l'issue de cette opération du Gwalarn : « Les tracts et les armes n'auront servi à rien. (...) Cette livraison d'armes et de tracts a été un fiasco sur toute la ligne ».
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Catégorie:Collaboration en Bretagne pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Finistère pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Histoire du Finistère