Adélaïde de Bourgogne, née vers 870 et morte entre 928 et 929, est une princesse bourguignonne issue de la maison bavaroise des Welf, qui, par mariage, vers 888, avec Richard de Bourgogne, dit le Justicier, devient la première duchesse de Bourgogne. Dans la plupart des actes, elle ne porte cependant que le titre de comtesse (comitissa).
Biographie Origines et ascendance Adélaïde (Adele, Adeleydis) est la fille de (v.835-876), comte de Paris, d'Auxerre et marquis de Bourgogne Transjurane., et de WaltradePatrick Corbet, Adélaïde de Bourgogne: genèse et représentations d'une sainteté impériale. Actes du colloque international du centre d'études médiévales-UMR 5594, Auxerre, 10 et 11 décembre 1999, Comité des travaux historiques et scientifiques, 2002, 230 pages, ., probablement Waltrade de Wormsgau. Elle porte le nom de sa grand-mère paternelle, Adélaïde de Tours. L'année de sa naissance est inconnue. L'année 870 est donnée communément comme point de repère, Christian Settipani donnant vers 865, (lire en ligne)..
Elle est la sœur de (v.860-912), roi de Bourgogne, et la demi-sœur par son père d'Adelgunde de Bourgogne (872-902), mariée en 890 à (866-904) comte de Bliesgau, de Keldachgau, de Bonngau et de Charmois..
Mariage et descendance Aux alentours de l'année 888, elle reçoit de son frère, , l'abbaye de Romainmôtier, probablement en dot, selon le Recueil des chartes de l'abbaye de ClunyRecueil des chartes de l'abbaye de Cluny, , document 379 - « Charta qua Adeleydis comitissa.. » (lire en ligne).. L'année 888 est en effet retenue par l'historien Maurice Chaume (1888-1946) comme l'année de son mariage avec Richard de Bourgogne, alors comte d'Autun, à qui elle apporte, en dot, le comté d'Auxerre. Toutefois une charte de l'année 900 issue du Recueil des actes des rois de Provence, publié par René Poupardin, semble contredire cette possession par la comtesse mais l'attribue à Hugues, très probablement son filsRecueil des actes des rois de Provence, document 37.. L'analyse de ces documents permettrait d'indiquer que le mariage s'est déroulé quelques années avant l'année 888, comme le suppose entre autres le médiéviste Steven Robbie dans sa thèse The emergence of regional polities in Burgundy and Alemannia, c. 888-940 (2012) Steven Robbie, The emergence of regional polities in Burgundy and Alemannia, c. 888-940: a comparative assessment, PhD thesis, Université de St Andrews, (2012), , note 78 ( lire en ligne)..
Elle devient ainsi, outre comtesse d'Auxerre et comtesse consort d'Autun, au gré des acquisitions de son mari, comtesse de Nevers, de Troyes et de SensChasot de Nantigny Louis, Les généalogies historiques des rois, ducs, comtes, etc. de Bourgogne, Le Gras, Paris, 1738., puis, par la fusion des comtés de 898, la première marquise, puis, en 921, la première duchesse de BourgogneRichard Jean (dir.), Histoire de la Bourgogne, Privat, 1988..
De son union avec Richard de Bourgogne naissentSettipani Christian, La Préhistoire des Capétiens (481-987). Première partie : Mérovingiens, Carolingiens et Robertiens, Nouvelle histoire généalogique de l'auguste maison de France, vol. 1, Patrick van Kerrebrouck, Villeneuve d'Ascq, 1993. : Raoul (v.890-936), duc de Bourgogne, abbé laïc de Saint-Germain d’Auxerre et de Sainte-Colombe de Saint-Denis-lès-Sens (921-923), puis roi des Francs (923-936) ; Hugues (891-952), duc de Bourgogne, comte d'Outre Saône (923-952) et de Mâcon (927-952), et marquis de Provence (936-952) ; Boson (895-935), abbé laïc de Saint-Pierre de Moyenmoutier et du Saint-Mont de Remiremont ; Ermengarde, duchesse de Bourgogne, mariée à Gilbert de Chalon, comte de Dijon, de Beaune et de Chalon, puis duc de Bourgogne ; Adélaïde, épouse du comte Ermengaud de Rouergue..
Mort et testament Richard le Justicier semble mourir en 921. Leur fils, Hugues, donne à sa mère l'année suivante le domaine de Poligny (Villam Poligniacum , sitam in Comitatu Varasco), dans le JuraFrançois Ignace Dunod de Charnage (1679-1752), Histoire des Séquanois et de la province séquanoise, des Bourguignons et du premier royaume de Bourgogne, de l'église de Besançon jusque dans le sixième siècle, et des abbayes nobles du comté de Bourgogne... depuis leur fondation jusqu'à présent, 1735, , 207 (lire en ligne).Jean-Marie Croizat, Les Jurenses, les Nibelungen : étude sur le royaume, le duché, le comté de Bourgogne aux , éditions du 47, 2004, 167 pages, . Steven Robbie, The emergence of regional polities in Burgundy and Alemannia, c. 888-940: a comparative assessment, PhD thesis, Université de St Andrews, (2012), .. Elle souhaite en faire donation au chapitre de Saint-Nazaire d'Autun à sa mort. En attendant, elle donne l'édifice de Saint-Hippolyte et ses dépendances...
En 928 ou 929, la comtesse (mentionnée sous la forme « dono Dei comitissa ») effectue une donation à l'abbaye de Cluny du monastère de Romainmôtier. La charte, considérée comme son testament, se trouve répertoriée dans le Recueil des chartes de l'abbaye de Cluny et intégrée au cartulaire de RomainmôtierDominique Iogna-Prat, Études clunisiennes, Paris, Picard, 2002, p. 151-160.. Cependant, il semble que cette donation n'ait pas eu d'effet avant la fin du , où elle fut réitérée avec succès, enclenchant la construction de l'abbatiale de Romainmôtier.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie complémentaire sur Adélaïde et la fondation de Romainmôtier .
Articles connexes Duché de Bourgogne Liste des ducs de Bourgogne Liste des duchesses de Bourgogne
Adélaïde de Bourgogne Catégorie:Première maison Welf Catégorie:Personnalité du haut Moyen Âge par nom Catégorie:Noblesse franque du IXe siècle Catégorie:Noblesse franque du Xe siècle Catégorie:Comtesse d'Auxerre