La crise financière chypriote de 2012-2013 est une crise économique qui a touché le secteur financier de Chypre après les défauts de paiements partiels sur la dette publique grecque en 2011 et 2012, parallèlement à un taux de déficit élevé de l'État, qui a vu sa notation financière chuter.

Prémices En , Chypre reçoit un prêt de 2,5 milliards d'euros de la part de la Russie pour l'aider à financer son déficit et pour re-financer sa dette à long terme.

Le , Moody's déclasse la note financière de Chypre, le , c'est le tour de Fitch. Le même jour Chypre demande l'intervention du mécanisme européen de stabilité et du fonds européen de stabilité financière en sa faveur. Dès le , la Troïka et Chypre discutent d'un possible plan de sauvetage, après l'analyse pendant ce dernier mois de la situation financière du pays.

Le , en accord avec la Troïka (FMI, BCE, Union européenne), Chypre annonce des mesures d'austérité : coupes dans les salaires des services publics, dans les allocations, augmentation de la TVA, des taxes sur le tabac, l'alcool, l'essence, les jeux de loterie, l'immobilier, ainsi que l'augmentation des cotisations pour la sécurité sociale.

Plan de sauvetage Dans la nuit du vendredi 15 au samedi , les pays de la zone euro élaborent un plan de sauvetage du secteur financier de l'île, qui a besoin de 17 milliards d'euros. Le plan prévoit une aide de 10 milliards d'euros (55 % du PIB chypriote) venant de la zone euro et, une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires de 6,75 % jusqu'à et 9,9 % au-delà devant rapporter 5,8 milliards d'euros Anne Bauer, "La zone euro veut sauver Chypre avec la participation des déposants bancaires" Les Échos du 18/03/2013 Ce plan a été refusé par le parlement et des discussions sont en cours.

Le , le parlement chypriote accepte la restructuration de la deuxième banque du pays Laiki Bank, à travers la création d'une bad bank.

Le , un second plan est proposé par la Troïka et Chypre. Ce plan comprend la garantie des dépôts de moins de , la Laiki Bank est condamnée, ses dépôts de moins de et les actifs de bonnes qualités sont transférés dans la Bank of Cyprus, le reste des dépôts et des crédits sont intégrés pour assurer le financement des décotes des actifs de la banque, touchant les revenus possibles de la liquidation de celle-ci. Les dépôts de plus de de la Bank of Cyprus sont transformés en action de Bank of Cyprus pour 37,5 % de ces dépôtsBank of Cyprus confirme une taxe sur les gros déposants, Les Échos, 30 mars 2012, 22,5 % supplémentaires seront immobilisésChypre : les gros dépôts pourraient être plus ponctionnés que prévu Le Monde, 30 mars 2013. Le plan vise à lever 4,2 milliards d'euros, en retour des 10 milliards d'euros de prêt accordé à Chypre. Il ne nécessite pas d'accord supplémentaire de la part du parlement. Le ministre des finances chypriote a aussi déclaré que les dépôts supérieurs à de la Laiki Bank pourraient être taxés à hauteur de 80%. Ce plan est mis en cause parce qu’il a permis à certains gros comptes d'oligarques russes de fuir les banques chypriotes en difficultés après sa mise en placeDenis Dupré, "Le sauvetage des banques chypriotes a épargné les mafias, mais pas les contribuables" Le Monde, 15 avril 2013.

En , le taux de ponction des dépôts supérieurs à de la Bank of Cyprus en actions de celle-ci, passe de 37,5 % à 47,5 %Chypre : les déposants trinquent plus que prévu, La Tribune, 30 juillet 2013. 10 % des dépôts gelés faisant partie de la tranche supérieure aux 100 000 € d'encours ont été libérés en avril. Il est prévu que 12 % de dépôts gelés supplémentaires soient libérés.

Le , l'ensemble des ministres chypriotes démissionnent pour protester notamment contre les privatisations demandées par ses prêteursCrise politique à Chypre, au bord de la faillite, Alexia Kefalas, Le Figaro, 28 février 2014.

En , Chypre vote une loi permettant l'expropriation de propriétaires de bien de plus de insolvables et qui refusent un ré-échelonnement de leur dette, sous la pression de la BCE, qui menaçait de ne pas faire un assouplissement quantitatif de 500 millions d'euros de rachat de dette publique chyprioteChypre cède à la troïka pour bénéficier du QE, Romaric Godin, La Tribune, 21 avril 2015.

Références

Articles connexes Crise de la dette dans la zone euro

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