André Chauvat, né le à Argenton-sur-Creuse et décédé le à Dax, est un Résistant déporté français de la Seconde Guerre mondiale.

Biographie André Chauvat, apprenti menuisier, adhère au Parti communiste en 1935, à 17 ans puis devient secrétaire de la cellule d'Argenton-sur-Creuse..

La Résistance Revenu dans sa ville natale le après sa libération des obligations militaires, André Chauvat y constitue un noyau d'amis sûrs, de toutes tendances opposés aux occupants allemands ; , qui donne la liste des membres du noyau.. André Reviron a donné du Résistant un portrait qui souligne ses qualités de solidité et de dynamisme et sa capacité d'entrainement. André Chauvat sera l'âme de ce noyauPortrait d'André Chauvat, .. À Cluis, il succède à Georges Pirot, chapitre La débâcle et la Résistance. à la tête d'un groupe qui édite des tracts, diffuse des journaux clandestins, récupère des cartes d'alimentation et collecte des fonds pour les Résistants internés ou cachés et leurs familles en difficulté..

En mai 1942, il rencontre Auguste Chantraine qui lui fournit des explosifs. Il s'initie à leur maniement, prend des risques en en transportant des quantités importantes sur de longues distancesIl en transporte la première fois 50 kg de Tendu à Pommiers), en vue du sabotage des pylônes d'Orsennes puis d'autres quantités en divers lieux, jusqu'à Valençay et Dun-le-Poëlier, cf. ., les cache et les distribue à des Résistants qu'il forme sommairement à leur utilisation. Il réalise le premier sabotage effectué dans l'Indre en faisant sauter le à Orsennes trois pylônes d'une ligne à haute tension partant du barrage d'Éguzon ; ce sabotage avait été demandé par le SOE via Valérien, Sir Benjamin Cowburn (réseau Tinker, deuxième mission dans l'Indre) ; v. aussi les récits d'André Chauvat., en synchronisation avec Auguste Chantraine qui en fait autant au même moment à La Lienne, Les premiers saboteurs.. Il reçoit l'ordre de faire sauter un train de marchandises dans le tunnel de Chabenet, opération longue à préparer que son arrestation ne lui permetItra pas de mener à terme..

Le , le général Laure, secrétaire général de la Légion française des combattants, vient à Argenton inaugurer la place "Maréchal Pétain". André Chauvat a prévu de faire sauter l'estrade avant les discours., mais la nouvelle du débarquement allié en Afrique du Nord, qui a commencé dans la nuit, vient perturber la cérémonie et les discours ne sont pas prononcés. Dans la nuit du , André Chauvat fait exploser deux charges à Argenton, au commissariat de police et au bureau de la Légion française des combattants..

Arrestation et déportation Ces sabotages provoquent la colère des autorités vichystes. La police judiciaire de Limoges est chargée de l'enquête et arrête André Chauvat le sur son lieu de travail à ChâteaurouxLes établissements Rutard ; cf. ., pour sabotages, attentats par explosifs à ArgentonDossier SHD. Le Résistant est interrogé pendant dix jours au commissariat de police de Châteauroux. et torturé.. Le , il est emprisonné à la maison d'arrêt de Châteauroux où il subit des interrogatoires pendant un an. Deux tentatives d'évasion sont organisées par la Résistance. La première, à l'hôpital, ne peut être menée à son terme. La seconde, à la prison, préparée minutieusement par les MUR sous la direction de Robert Monestier ; André Chauvat, témoignage dans le livre de Georgette Guéguen-Dreyfus, a lieu dans la nuit du mais deux évènements imprévus entrainent la neutralisation d'André Chauvat et l'échec de la tentative..

Le résistant est transféré à la prison de Limoges et condamné le par la Section spéciale de Limoges aux travaux forcés à perpétuitéAndré Chauvat était armé d'un revolver lors de la tentative d'évasion, ce qui a été la cause apparente de la lourdeur de la condamnation.. Il est conduit le au centre de détention d'Eysses en Lot-et-Garonne. Livré le aux Allemands, il est envoyé au camp de Compiègne. De là, il est déportéConvoi I.229 au camp de concentration de Dachau (matricule 73256), en même temps qu'Auguste ChantraineAuguste Chantraine avait le matricule 73255, cf. listing des détenus d'Eysses, en ligne.. Il peut survivre, au contraire de ce dernierAuguste Chantraine est mort le au camp de Mauthausen.. Libéré le par l'armée américaine, il arrive le au centre d'accueil des déportés à l'hôtel Lutetia à Paris et rentre à Argenton, six mois après la libération de la ville, où il est accueilli à la gare, portant sa tenue rayée de déporté. Des sept déportés après l'évasion manquée de la prison de Châteauroux, seuls trois sont revenus.

Après la guerre, André Chauvat reprend sa vie militante et épouse Paulette Jallet, fille du Résistant Robert Jallet, chef des MUR de l'Indre. Il décède à l'âge de 69 ans et repose à Argenton-sur-Creuse.

Récits André Chauvat a laissé cinq récits de son action dans la Résistance : Dans l'ouvrage de Georgette Guéguen-Dreyfus, deux chapitres : "Les premiers saboteurs", ; "La veille de Noël 1943, l'évasion manquée de la prison de Châteauroux", Dans la Marseillaise du Berry, trois articles rédigés avec Jules Plicaud, son compagnon à Dachau : "Un groupe à la naissance de la Résistance", ; "Alors, c'est comme avant ?", ; "De la prison de Châteauroux à Dachau", .

Sources

dactylographié, consultable au Cercle d'histoire d'Argenton-sur-Creuse

. Dossier André Chauvat au Service historique de la Défense (SHD), fort de Vincennes . Daniel Paquet, Ma Résistance, "André Chauvat", p. 42, "Arrestation d'André Chauvat", p. 44-45, Éditions Points d'Æncrage et Cercle d'Histoire d'Argenton, 215 p., .

Notes et références

Catégorie:Naissance en mars 1918 Catégorie:Naissance à Argenton-sur-Creuse Catégorie:Décès en février 1988 Catégorie:Décès à Dax au XXe siècle Catégorie:Résistant communiste français Catégorie:Camp de Royallieu Catégorie:Déporté résistant Catégorie:Survivant des camps de concentration nazis Catégorie:Décès à 69 ans