Joseph Péters, né le à Verviers (Belgique) et mort (exécuté) le à la prison de Plötzensee (Berlin), est un prêtre catholique belge du diocèse de Liège et résistant de la Seconde Guerre mondiale.
Biographie Né à Verviers en Belgique le , de Martin Hubert Péters, vannier et de Marie Anne Hubertine SchmidtSelon son acte de naissance, visible en ligne, sur le site des Archives d'État de Belgique, acte 537, vue 689., Joseph est le benjamin d'une fratrie de six enfants (Théodore, Gertrude, Martin, Hubertine, Léon et Joseph).
Le il est ordonné prêtre après des études de théologie au petit séminaire de St-Trond puis au grand séminaire de Liège.
Nommé professeur de religion à Malmedy, Joseph Péters est une figure marquante de l’histoire de cette ville. Il est connu pour son engagement anti-nazi et son aide aux jeunes pour leur éviter le service obligatoire dans la Wehrmacht .. Arrêté en , et après être passé dans les caves de la Villa Laloire à Malmedy, il est exécuté le par décapitation à la prison de Plötzensee .Contrairement à ce qu'on peut souvent lire, il ne fut pas décapité à la hache, mais guillotiné : Raymond Jacob, L'Abbé Péters, résistant malmédien, (59, Malmedy, Malmedy - folklore, a.s.b.l., coll. « Malmedy - folklore », 2001-2002), 103 : . à Berlin en Allemagne.
Ses actes de résistance Il demeure 13 ans à Malmedy et refuse de quitter son poste de professeur après l'annexion des Cantons de l'Est (Belgique) par l’Allemagne en 1940. À cette époque, il continue à se considérer comme . Ses activités patriotiques se résument à convaincre la jeunesse malmédienne des dangers du nazisme. Par une résistance passive, il s’oppose à l’expression du nazisme dans sa paroisse et soutient le moral de la population. Il devient alors très vite un exemple pour la jeunesse, notamment en s'opposant publiquement à la propagande des Jeunesses hitlériennes. rétorque-t-il à un jeune nazi venu le défier lors d’un office à Géromont.
Le , Pierre Laval est victime d’un attentat à Versailles. Le régime occupant est très irrité. L’abbé est alors convoqué à la Kommandantur et pressé de renoncer à sa résistance passive et à son opposition au régime d’occupation en place à Malmedy. L’abbé devient alors l’objet d’une surveillance serrée de la part de la Gestapo. Il n’obtient pas le soutien des instances ecclésiastiques allemandes.
Un jeune malmédien de 15 ans se présente chez le prêtre et lui demande conseil quant à son avenir. L’abbé flaire un traquenard mais tente néanmoins de convaincre le jeune homme de ne pas s’engager sous la bannière nazie. Quelques jours plus tard, une plainte est envoyée à la Kommandantur : l’abbé est alors accusé d’avoir détourné un jeune malmédien de ses devoirs militaires.
Le il est arrêté sur la base de la dénonciation du jeune Rottenführer des Jeunesses hitlériennes manipulé par l'instituteur M. J., nommé Ortsschulenleiter (inspecteur régional des écoles) et titulaire également de la Filmstelle du Landratsamt de Malmedy qu'il utilise pour la propagande auprès de la jeunesseJournal de Malmedy du 28 juin 1947.. Il est incarcéré à la prison d'Aix-la-Chapelle.
De sa cellule, il écrit le jour de Noël : « Héros et martyr, l'abbé Joseph Péters », dans Vert et Vieux, Bulletin de l'Institut St-Michel de Verviers, 2, mars 1946, 11-14..
La sentence est exécutée et à le , l'abbé Joseph Péters meurt guillotiné en présence de l'aumônier de la prison de Plötzensee, Peter BuchholzDernière trace écrite de l'abbé Joseph Péters, écrite le jour de sa mort à son frère Théo. Lettre avec marquage bleu, signe du contrôle interne des courriers par les autorités de la prison.. L'acte de décès est enregistré le lendemain à l'hôtel de ville de Berlin-Charlottenburg. Cette date est notamment reprise sur la plaque de la rue qui porte son nom. Le , un courrier officiel est envoyé à la famille pour annoncer son décèsCourrier original envoyé à la famille le 5 juillet 1943 pour annoncer le décès de l'abbé Joseph Péters..
Hommages Le , la RTBF lui consacre un reportage télévisé d'une dizaine de minutes dans sa séquence « La belle histoire » de l'émission Au quotidien..
À Malmedy, la rue de l’abbé Péters mène vers la place du Parc sur laquelle un buste commémoratif en bronze a été inauguré le à sa mémoire... C'est Roger Collette Lansival, né à Malmedy le , qui a permis la réalisation de cette place et du monument car il était particulièrement reconnaissant à l'abbé de l’avoir détourné des voies nazies de l'époque.
Le nom de l'abbé J. Péters figure aussi sur la plaque en hommage aux prêtres victimes de 1940-1945 dans la cathédrale Saint-Paul de Liège. et sur le monument aux morts de 1940-1945 de l'Institut Saint-Roch..
À l'occasion du , une plaque commémorative a été installée en 1953 dans la cour de l’école moyenne des filles, école dans laquelle l'abbé Péters a enseigné la religion. Sur cette plaque on peut lire les mots ; témoignage de son engagement pour cette jeunesse malmédienne durant cette période de l'Histoire..
Les 12 et paraissent deux articles biographiques d'hommage dans Le Courrier du Soir de l'époque...
Le , les obsèques de l'abbé Péters furent célébrées à la cathédrale de Malmedy. La même année, à la suite d'une intervention du Groupement réfractaire du canton de Malmedy, le conseil communal décida de donner le nom de rue Abbé Péters à l'ancienne rue du Parc, où il avait habité pendant 15 années. Sur cette plaque, la mention suivante est inscrite . La date est celle de l'enregistrement de son décès par les autorités mais, l'abbé est bel et bien décédé le premier du mois.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Articles connexes Malmedy Prison de Plötzensee
Bibliographie
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