La crise économique espagnole est liée à la Crise financière mondiale de 2007-2008 et à la crise de la dette dans la zone euro. L’Espagne est, avec la Grèce, Chypre, l’Irlande et le Portugal, un des principaux pays européens touchés.

En Espagne, la crise économique a été générée par une bulle immobilière ayant fragilisé le secteur financier et bancaire du pays, ainsi que bien évidemment le secteur de la construction. La crise économique espagnole a eu un impact important sur le chômage celui-ci montant à un taux de 24,4 % en Spain Jobless Crisis Deepens, The Wall Street Journal, 28 avril 2012], tout en augmentant le taux d’endettement privé et public déjà élevés. La crise économique avait également des causes plus structurelles comme un déficit commercial élevé et récurrentEl tirón de las importaciones eleva el déficit exterior a más del 10% del PIB El Pais, 30 aout 2008..

Le PIB espagnol a commencé à diminuer au 2008, et le pays est entré officiellement en récession dès le trimestre suivant. Le pays a eu une baisse de 3,7 % en 2009, de 0,1 % en 2010, alors qu’il est positif de 0,7 % en 2011Spain Country Report, GlobalFinance.

Bulle et crise immobilière

thumb|Bâtiments inachevés en raison de la crise à La Corogne. La bulle immobilière espagnole a eu pour conséquence une augmentation des prix immobiliers de 200 % entre 1996 et 2007Spanish economy: What is to blame for its problems?, BBC, Laurence Knight, 18 mai 2012.. Cela alors que le taux de propriété est de 80 %, encouragé par divers dispositifs fiscaux et par une législation favorables aux locataires. L’hypothèque est particulièrement développée en Espagne. Le prix moyen au m² était à la fin 2008 de €/m²Más de 900.000 viviendas construidas en los años del ‘boom’ inmobiliario están vacías, Elconfidencial, 28 aout 2008. Entre et , le nombre de constructions a chuté de 25,3 %Construction output down by 0.6% in the euro area, Eurostat, 20 aout 2008., cette chute des constructions a touché en particulier la Catalogne avec une baisse de 42,2 %, alors que l’Extremadure, une région rurale n’a connu qu’une baisse de 1,7 %.

L’Espagne a également construit des infrastructures notables peu ou pas utilisés comme l’aéroport Central-Ciudad Real ou l’aéroport de Castellón-Costa Azahar ou encore le projet immobilier de Valdeluz qui malgré sa taille n’a été que peu occupé.

Crise bancaire et financière Durant la crise économique, le secteur bancaire et tertiaires, s'est fortement concentré en Espagne, via des fusions de caisses d'épargnes, des nationalisations ou de systèmes institutionnels de protection (SIP). Les systèmes institutionnels de protection sont créées à partir de la mi-2010, ils consistent à une fusion financière partielles des entités.

2010 En , est créé par la fusion de Caja España et de Caja Duero. Le , Caja de Jaén est absorbé par Unicaja. Le , les caisses d'épargnes , et fusionnent pour aboutir à Unnim.

Le premier SIP à être créé est Banca Cívica en , qui regroupe Caja Navarra, Cajasol, Caja de Guadalajara, CajaCanarias et Caja de Burgos. Le SIP Caja3 est créé en pour regrouper Caja Inmaculada, Caja Círculo et Caja de Badajoz.

Le , est créé par la fusion de plusieurs caisses d'épargnes catalanes (, et ). Le , Caja Castilla-La Mancha est absorbé par CajAstur. Le , Caja Guadalajara est absorbé par Cajasol. Le , Caixa Girona est absorbé par . Le , Novacaixagalicia est créé par la fusion de Caixa Galicia et de Caixanova, des caisses d'épargnes galiciennes. Le , CajaSur est absorbé par BBK.

2011 Banco Financiero y de Ahorros est créé le , en regroupant Caja Madrid, Bancaja, La Caja de Canarias, Caja de Ávila, Caixa Laietana, Caja Segovia et Caja Rioja. Le même jour est créé le SIP Banco Mare Nostrum qui regroupe Cajamurcia, Caixa Penedès, Caja Granada et Sa Nostra. Le , est créé le SIP Liberbank qui regroupe les caisses CajAstur, Caja Castilla-La Mancha, Caja de Extremadura et Caja Cantabria.

Le , Caja España-Duero fusionne avec Unicaja. Le , Unnim, Novacaixagalicia et sont nationalisées via le fonds de restructuration des banques espagnoles. Le , Caja Mediterráneo est absorbé par Banc Sabadell.

2012 Le est créé le SIP Kutxabank regroupant BBK, CajaSur, Kutxa y Caja Vital. Le , Banca Cívica est absorbé par .

Le , Banco Financiero y de Ahorros, le SIP derrière la marque Bankia, est nationalisée, tandis que le son plan de sauvetage est estimé à 23,5 milliards d'eurosSandrine Morel avec Clément Lacombe "La tempête financière sur Madrid s'aggrave", Les Echos du 31/05/2012. Auparavant, entre et , les banques espagnoles ont déjà emprunté 144 milliards d'euros à 3 ans auprès de la BCE dans la deuxième opération LTRO"Agefi, 16 avril 2012: la dépendance des banques Espagnoles à la Bce inquiète.". D'après l'économiste Jacques Sapir, en , les besoins du système bancaire seraient de 250 à 300 milliards d'euros"Hebdomadaire Marianne, 12 juin 2012, Jacques Sapir". Par ailleurs, d'autres banques pourraient également avoir des besoins non négligeables. Madrid ne veut alors pas d'aide européenne et prépare des plans dont l'un qui conduisait à impliquer la BCE est rejetée par cette dernière. Pour Nicolas Véron, les problèmes bancaires ne peuvent être traités de façon distincte des problèmes de dette souveraine.

Le , Unnim est acquis par BBVA.

Le , les banques espagnoles ont bénéficié d’une aide qui pourrait aller jusqu’à 100 milliards d’euros de la part de la zone euro via le mécanisme européen de stabilité et le fonds européen de stabilité financière L'Espagne a accepté à reculons un sauvetage européen pour ses banques, LePoint, 10 juin 2012.La zone euro met 100 milliards sur la table pour aider les banques espagnoles LeMonde, 9 juin 2012.. Cette aide serait distribuée via le fonds de restructuration des banques espagnoles, elle n’est pas distribuée avant le .

Le , la commission européenne approuve un plan gouvernemental qui comprend la restructuration de Bankia, de NCG Banco et de , ainsi que la vente de Banco de Valencia à Spain banks to cut jobs and shrink in restructuring, BBC, 28 novembre 2012.. Le plan comprend également un prêt de 37 milliards d’euros, ainsi que la création d’une « » pour regrouper les actifs pourris, mais également la fermeture d’un grand nombre d’agences bancaires et la réduction du personnel bancaire.

Dette publique thumb|upright=0.9|Évolution entre la dette publique espagnole et celle de la moyenne de l'Eurozone entre 1999 et 2014. L’Espagne avait au début de cette crise une dette représentant 36,2 % de son PIBLooking at Austerity in Spain, CATO, Juan Carlos Hidalgo, 31 mai 2012., ce faible taux étant aidé par les taxes sur l’immobilier et par l’augmentation de l’activité et donc du PIB de par la bulle immobilière. Le , la dette publique de l’Espagne représentait 71,1 % de son PIB, soit encore moins que la moyenne de la zone euro, qui avait une dette publique de 88 % de son PIB.

Déficit public Le déficit public espagnol explose en 2009. Il s'élève à 11,2 % du PIB selon Eurostat, bien au-delà de la limite des 3 % du pacte de stabilité européen. Le gouvernement socialiste s'était engagé à le ramener à 3 % en 2013, mais S&P estimait « que le déficit public devrait probablement encore excéder 5 % du PIB d'ici 2013 ».

En 2010, le déficit public est réduit à 9,24 % du PIB (contre un objectif de 9,3 %), avec 5,7 % pour l’État (contre un objectif de 6,7 %) et 2,83 % pour les régions (contre un objectif de 2,4 %). En , le gouvernement espagnol annonce qu'il tiendra son objectif de déficit fixé à 6 % du PIB pour l'année 2011, alors que les déficits des régions est largement au-dessus des objectifs fixés par l’État (plus particulièrement pour l'Andalousie et la Catalogne)Espagne: déficit budgétaire encore en repli à fin août, 2,8 % du PIB. Toutefois, l'Espagne loupe largement son objectif en 2011 alors que le déficit public s'affiche à 8,9 %, dont 2,9 % du PIB pour les régions.

Notation En , Standard & Poor's abaisse la notation de l’Espagne de AAA à AA+ Chronologie de la crise en Espagne, LesEchos, 20 novembre 2011. L'agence Standard & Poor's rétrograde le crédit espagnol de AA+ à AA, invoquant les faibles espoirs de croissance de ce pays, frappé de plein fouet par l'éclatement de la bulle immobilière et de la construction. Le , Moody’s abaisse la note de l’Espagne de deux cran de A1 à Aa2, avec une perspective négative. Le , l'agence de notation Fitch Ratings dégrade la note espagnole de trois crans à BBB. Le , Moody’s baisse sa note sur l’Espagne de trois crans à Baaa3. Standard & Poor's baisse sa note à BBB- le . Pour les analystes, la dégradation de la note de l'Espagne est plus préoccupante en raison du poids de son économie dans la zone euro, nettement supérieur à celui de la Grèce et du Portugal car si elle devait demander l'aide comme la Grèce à l'UE, cela ne serait pas possible vu sa taille.

Austérité thumb|Courbe du PIB espagnol entre 2007 et mi-2011. En , José Luis Zapatero annonce plusieurs mesures d'austérités, correspondant à 1,5 % du PIB, comprenant des baisses salariales des salariés publics, et un arrêt de la valorisation des retraites. En , une réforme du droit du travail est votée. En , l'âge légal de départ à la retraite passe de 65 à 67 ans.

À la suite des élections générales espagnoles de novembre 2011 remportées par le Parti populaire, Mariano Rajoy devient président du gouvernement et promet davantage d'austérité.

Le , le gouvernement du parti populaire annonce des mesures d'austérités pour un total de 8,9 milliards de coupes budgétaires et de 6,3 milliards de hausses d'impôtsChronologie de la crise espagnole, La Croix, 7 octobre 2012

Le gouvernement espagnol annonce de nouvelles mesures d'austérité en contenant des mesures d'économie totales de 39,5 milliards d'euros avec pour objectif un déficit public à 5,3 % (contre 8,9 en 2011) alors que l'objectif initial était de 4,4 %. Les budgets des ministères sont réduits de 17 % en moyenne afin de réaliser 27,3 milliards d'économie en plus de 12,3 milliards de hausse de prélèvement. Le budget estime la récession de l'économie en 2012 à 1,7 %, mais si les coupes budgétaires devaient entrainer une contraction plus importante de l'économie, le gouvernement ne pourra pas atteindre ses objectifsL'Espagne s'essaye à l'austérité massive mais « intelligente ».

Le , le gouvernement espagnol annonce un nouveau plan d'austérité de 65 milliards d'euros et revoit ses objectifs de déficit public. Les mesures comprennent la hausse de la TVA de 18 à 21 %, et le taux réduit de 8 à 10 %, des baisses de subventions, des réductions d'avantages fiscaux, des réductions de dépenses dans les ministères et des privatisations. Quant à l'objectif de déficit, il est réduit à 6,3 % du PIB contre 5,3 %, puis 4,5 % en 2013 et 2,8 % en 2014Nouveaux sacrifices pour l'Espagne, 65 milliards d'économies et recettes à trouver.

L’Espagne durant la crise lance plusieurs plans de relanceL'Espagne prête à un nouveau plan de relance, LeMonde, 27 mars 2009.L'Espagne prépare un nouveau plan de relance de 6 milliards, LeFigaro, Cy. L. 21 aout 2009..

Chômage thumb|Carte du taux de chômage par provinces au 2012. thumb|upright=0.9|Taux de chômage par tranche d'âge entre 2005 et 2012. Le taux de chômage est de 17,4 % en Spain's jobless rate soars to 17% BBC, 25 avril 2009], près de 2 millions de personnes ont alors perdu leur travail sur cette dernière année, et près de 4 millions de personnes sont au chômageEl paro supera los cuatro millones de personas por primera vez en la historia, El Pais, 24 avril 2009. Le taux de chômage passe à 20 % au premier trimestre 2010, et est de 24,4 % en .