Le stückofen (littéralement le « four à morceau (de fer) ») ou « four à masse » est un bas fourneau de grande dimension, apparu au ou en Autriche, en Saxe et le long du Rhin. C'est une des ultimes évolutions du bas fourneau :

Capables d'atteindre des températures de l'ordre de , ces fours peuvent fondre partiellement ou totalement le laitier, voire le métal. Appelés dans ce dernier cas Flussofen (c'est-à-dire « fours à fondre »), ce sont d'authentiques hauts fourneaux produisant de la fonte en fusion. On peut cependant noter qu'à l'époque où le haut fourneau ne désignait pas systématiquement l'appareil produisant de la fonte liquide, par opposition au fours à loupe, on insistait aussi sur le fait que le secteur autour du trou de coulée, la poitrine, est maçonné. En 1830, C.-J.-B. Karsten écrit ainsi que

Ce bas fourneau est de dimension bien plus imposante que certains hauts fourneaux de la même époque, comme ceux du Sauerland, en Allemagne, qui ont évolué directement à partir du bas fourneau, grâce à la présence de silice, et surtout d'oxyde de manganèse(II) et d'oxyde de potassium, dans le minerai. Le four, maçonné et souvent de section carrée, s'élève à au Moyen Âge, jusqu'à atteindre au pour ceux de Vordernberg en Styrie, alors un centre de production de fonte d'Europe centrale. Cette hauteur reste cependant exceptionnelle : aux , la cuve du fourneau s'élève jusqu'à et atteint plus tard . Au début du , .

L'augmentation de la puissance de la soufflerie est nécessaire à cause de la hauteur du four : l'air doit être insufflé à pour pouvoir traverser la charge. S'il est encore possible d'utiliser des soufflets, ceux-ci doivent être actionnés avec des roues hydrauliques. Le stückofen est donc fréquemment arrêté en été.

Le produit obtenu est du fer, un acier ou de la fonte, selon la façon dont est conduit le process. En effet, le laitier, s'il n'est pas évacué régulièrement hors du four, empêche l'oxydation du métal. Or cette oxydation permet la combustion du carbone absorbé par diffusion du charbon de bois vers le métal : on obtient alors un acier insuffisamment malléable, voire une fonte. Dans ce cas, le produit obtenu n'est alors guère utilisable, les méthodes d'affinage de la fonte en acier naturel étant inconnues. Par exemple, l'ordre Teutonique de Poméranie échoue, à Tempel, entre 1345 et 1364, à produire un acier pour forger armes et armures : la fonte produite est finalement refondue pour en faire des bornes frontière.

Au les loupes fer obtenues pèsent . Elles pèsent entre au siècle suivant, pour atteindre au . Pour pouvoir être travaillées au martinet, celles-ci sont divisées en plusieurs morceaux (les stücks) pesant une centaine de kilos. La production annuelle d'un four se situe entre par an. La forte ressemblance de ces fours avec les hauts fourneaux modernes (le stückofen en est bien plus proche que la forge catalane), en fait un ancêtre idéal du haut fourneau.

Notes et références Notes

Références

Articles connexes

Bas fourneau Forge catalane Histoire de la production de l'acier

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