Le revenu de base est défendu sous des appellations et pour des motifs divers par des universitaires et des militants, des hommes d’affaires et des syndicalistes, des formations politiques de droite et de gauche, des mouvements sociaux et des organisations non gouvernementales. Il est défendu aussi bien par des altermondialistes que par des libéraux néoclassiques.

Dans les Amériques Aux États-Unis Le « prix Nobel d'économie » Milton Friedman, fondateur du monétarisme et critique du keynésianisme, défendait l'idée dans Capitalisme et liberté (1962). Il s'agissait pour lui d'éviter l'effet pervers de la solution – dirigiste, bureaucratique et peu transparente dans ses utilisations – d'un empilement d'allocations sociales créant, selon lui, un esprit d'« assistanat », voire de mendicité, plutôt que de matérialiser un droit inhérent de la personne. Il proposait de mettre en place cette proposition par l'introduction de l'impôt négatif sur le revenu, couplé à un impôt à taux uniqueMilton Friedman, Capitalisme et liberté, chap. 12.

L'homme politique et économiste brésilien Eduardo Suplicy rapporte qu'Eduardo Matarazzo Suplicy (sénateur du PT-SP), Citizen’s Basic Income: The Answer is Blowing in Wind, 2006. Une loi faillit passer sous Nixon, et la mesure était aussi défendue par Martin Luther King. Le rival de Nixon à la présidentielle de 1972, George McGovern, conseillé par James Tobin et Robert Solow, proposait aussi d'instaurer un revenu inconditionnel. Un impôt négatif, attribué aux seules familles qui travaillaient, a été mis en place en 1974. Le Royaume-Uni a fait de même en 2000 avec le Family Tax Credit.

Martin Ford. soutient l'idée que les emplois les plus courants dans notre économie seront complètement automatisés par l'avancée technologique tel que la robotique et l'intelligence artificielle et que, sans un revenu de base, cela provoquera une réduction drastique de la consommation et de la confiance, pouvant potentiellement précipiter une crise économique majeurePatrick Tucker, "The Postemployment Economy, " The Futurist (September–October 2010). Ford soutient en outre que le niveau d'un revenu de base devrait varier en fonction de mesures d'incitation telles que la poursuite de l'éducation, ou des comportements qui profitent à la communauté ou à l'environnement.

David Graeber envisage le revenu de base comme un moyen de disjoindre le travail du revenu et ainsi de lutter contre ces « jobs à la con ».

Au Canada Le sénateur conservateur Hugh Segal est l'un des partisans les plus actifs et visibles de l'idéeWhy Guaranteeing the Poor an Income Will Save Us All In the End, Huffington Post, 8 mars 2013. Un sondage datant d' a montré que 46 % de la population serait favorable à l'instauration d'un revenu annuel garanti alors que 42 % y seraient opposés..

En Europe Une initiative citoyenne européenne intitulée « Revenu de base inconditionnel - Explorer une voie vers des conditions sociales émancipatrices dans l'UE » a été lancée officiellement le Feu vert pour l’initiative citoyenne européenne pour le revenu de base, Revenudebase.info, 14 janvier 2012. Coorganisée par des citoyens de 14 pays de l'Union européenne (Allemagne, Belgique, France, Grèce, Slovénie, Slovaquie, Royaume-Uni, Pays-Bas, Pologne, Espagne, Italie, Luxembourg), cette initiative vise à collecter un million de signatures dans l'Union européenne afin de demander à la commission européenne d'étudier le revenu de base, notamment via des études de faisabilité.

Aux Pays-Bas Penseurs et théoriciens Rutger Bregman est un partisan du revenu de base.

En France

Penseurs et théoriciens L'idée remonte en France à Jacques Duboin qui a proposé un revenu universel dans les années 1930[Jacques Duboin, un banquier contre la pauvreté dans l’Abondance https://revenudebase.info/2014/08/08/jacques-duboin-abondance/].

Le philosophe écologiste André Gorz, après y avoir été opposé, s'est rallié à cette idée dans ses derniers ouvrages<ref>André Gorz, Misères du présent, richesse du possible, Galilée, 1997 ; Id., L'immatériel, Galilée, 2003 ; Id., « Revenu garanti et postfordisme », EcoRev, .</ref>. L'allocation universelle ou le revenu d'existence est présenté comme un incitateur aux activités non marchandes à condition qu'il soit d'un montant suffisant pour échapper au chantage à l'emploi et permettre ainsi à l'individu de répartir son temps entre activités libres et travail hétéronome (salarié ou subordonné). En 2007, dans l’article Penser l’exode de la société du travail et de la marchandiseAndré Gorz, « Penser l’exode de la société du travail et de la marchandise » , ., dans la perspective d’une sortie du capitalisme, il envisage l’allocation d’un revenu social garanti en lien avec les ateliers coopératifs de fabrications locales et l’autoproductionPour une présentation des évolutions de sa pensée sur le sujet, voir la biographie de Willy Gianinazzi, André Gorz. Une vie, La Découverte, 2016.

Le journaliste Ignacio Ramonet a parlé, en 2000, de la nécessité d'« établir un revenu de base inconditionnel pour tous », couplé à l'instauration de la taxe Tobin et du démantèlement des paradis fiscaux..

L'économiste Yann Moulier-Boutang, directeur de la revue Multitudes, le présente comme un moyen de lutte contre la pauvreté pour un nouveau projet de société solidaire« Garantir le revenu », Multitudes, , 2002 et « Bioéconomie, biopolitique et biorevenu. Questions ouvertes sur le revenu garanti », Multitudes, , 2007.

Le philosophe Toni Negri, issu de l'opéraïsme et coauteur dEmpire, défend l'instauration, à l'échelle mondiale, d'un revenu universel qui fonderait les bases d'une citoyenneté mondiale.

Le philosophe Jean-Marc Ferry défend lui aussi le revenu de base, qu'il conçoit à l'échelle de l'Europe"Un revenu de base pour tous et sans condition? Une idée au service de l'esprit d'entreprise", La Tribune, 20 juin 2013, qu'il appelait dans les années 1990 un « revenu de citoyenneté »Jean-Marc Ferry, Revenu de citoyenneté, droit au travail, intégration sociale in « Vers un revenu minimum inconditionnel ? », in Revue du MAUSS, 1996, 7, 115-134..

Dans son ouvrage L'argent des Français, Jacques Marseille, historien de l'économie, propose, à fiscalité globale inchangée, d'instaurer un revenu de base mensuel de pour chaque adulte français, de la majorité à la mortJacques Marseille, L'Argent des Français, Perrin, 2009.

Bernard Maris, économiste, écrivain, et membre du conseil général de la Banque de France, soutient l'idée d'un revenu minimum d'existenceOncle Bernard Maris : de Charlie Hebdo à la Banque de France La Tribune, 23 décembre 2012Le revenu minimum d'existence, Charlie Hebdo, 27 décembre 2013.

Le blogueur Étienne Chouard soutient lui aussi cette proposition..

Le philosophe et fondateur du think tank Génération Libre Gaspard Koenig se dit en faveur d'un revenu universel sous la forme d'un impôt négatif. En 2014, le think tank libéral Génération Libre publie une étude proposant la mise en place d'un revenu de base de .

Organisations L'AIRE (Association pour l'instauration d'un revenu d'existence), fondée en 1987 par l'économiste Yoland Bresson, développe des modèles économiques et philosophiques associés au revenu d'existence. Il s'agit de la première association française dédiée exclusivement à la promotion de cette idée..

Le Collectif d'agitation pour un revenu garanti optimal (CARGO), qui rejoignit le mouvement de chômeurs AC!, revendiquait dans les années 1990 un Revenu minimum d'insertion à . Apostrophé à la télévision par CARGO, Jacques Chirac répond : .

En 2011, le Centre des jeunes dirigeants d'entreprise proposait la mise en place d'un revenu de base de (financé selon les travaux de Marc de Basquiat) dans son livre blanc de propositions pour la campagne présidentielle de 2012Michel Meunier: « Notre projet est une vraie révolution fiscale, mais quelle est l’alternative ? », revenudebase.info, 5 décembre 2012.

En 2013, le Mouvement mondial des travailleurs chrétiens s'est prononcé pour le revenu de base et a appelé à soutenir l'initiative citoyenne européenne lancée la même année..

Le Mouvement français pour un revenu de base (MFRB) est créé en 2013 pour rassembler les différents partisans du revenu de base pour obtenir son instauration en France..

Alternative libérale défend ce conceptProgramme économique, Nouvelle donne sociale, section Pour un revenu de liberté. en y voyant un moyen de faciliter « la prise de risque, l’initiative », et de supprimer le système actuel d’aides sociales « absurde et inefficace » qui favorise le clientélisme électoral. Il s'agit d'une des propositions majeures du parti, qui reprend dans ses grandes lignes la conception hayekienne. Le programme d'Alternative libérale précise que le montant du « revenu d'existence » sera mensuellement de pour un mineur et de 500 pour un majeur. Alternative libérale défend ainsi l'idée d'un montant différencié pour les majeurs et les mineurs.

En 2016, les Jeunes démocrates font la proposition d'un revenu de base à pour les personnes majeures et à pour les mineurs, principalement financé par une refonte de la fiscalité..

Partis et personnalités politiques de gauche Le député écologiste Yves Cochet avait inscrit l'établissement d'un revenu d'existence dans la profession de foi de sa candidature à l'investiture pour l'élection présidentielle française de 2007Profession de foi d'Yves Cochet et Question débattue chez les Verts. Il précise : « Le revenu d’existence est universel, reçu par tous sans plafond de ressources, mais imposable et donc entièrement récupérable sur les riches par la fiscalité ». Les Verts défendent ce revenu de base qui était dans leur programme en 2007extrait du programme des Verts et aux européennes de 2009Programme d'Europe écologie aux élections européennes. En 2013, le parti réaffirme son soutien à l'idée grâce à une motion thématique portée par le sénateur Jean Desessard qui obtient plus de 70 % de votes favorables.. La même année, plusieurs députés européens EELV (dont Eva Joly, Karima DelliSimple, juste et efficace : le revenu de base pour tous, 7 janvier 2014, Rue89, Yves Cochet, Michèle Rivasi, José Bové) ont clairement affirmé leur soutien à l'initiative européenne pour le revenu de base en signant un appel à soutien34 députés européens appellent à soutenir l'initiative européenne pour le revenu de base.

L'UDE (Union des démocrates et des écologistes, classé au centre-gauche) de Jean-Vincent Placé, Jean-Luc Bennahmias et François de Rugy, s'est prononcé pour le revenu de base.

Le Parti pour la décroissance défend sur le même principe une dotation inconditionnelle d’autonomiehttps://revenudebase.info/2013/04/vincent-liegey-dotation-inconditionnelle-autonomie/ Vincent Liegey : « Le choix se situe entre décroissance choisie et récession subie »], interview de Vincent Liégey pour revenudebase.info. Ils la défendaient dans leur programme aux élections européennes de 2009 sous la forme d'un revenu garanti européen. En 2013, le parti défend officiellement l'initiative citoyenne européenneUn tremplin pour un Projet de Décroissance : l’initiative citoyenne pour le revenu de base, communiqué du parti pour la décroissance.

Le mouvement politique Utopia (rassemblant des personnes membres des (Verts, du Parti Socialiste et du Parti de gauche) promeut un « revenu universel citoyen » ou « allocation universelle »Manifeste Utopia, Éd Parangon, notamment par la voix de Baptiste Mylondo, économiste membre du mouvementBaptiste Mylondo: « Il y a de la place à gauche pour le revenu de base ! » interview pour le site revenudebase.info.

Le Parti fédéraliste français indique à l'article de sa charteCharte du Parti fédéraliste « Considérant que toute personne a droit à un revenu minimum vital, nous sommes partisans de la mise en place d'un revenu universel de citoyenneté ».