Jean Druys fut un prélat important dans l'histoire de l'abbaye de Parc, chronologiquement son . Il exerça cette responsabilité de 1601 jusqu'à sa mort en 1634. L'abbaye de Parc est un monastère de l'ordre des Prémontrés fondé en 1129 et toujours en activité en 2021. Elle est située dans la province du Brabant flamand, en Belgique, près de Louvain.
L'abbé Jean Druys a complètement transformé l'ancienne église de l'abbaye et enlevé un grand nombre de monuments romans et gothiques qui s'y trouvaient. Mais il s'est aussi distingué par le relèvement de son abbaye et malgré la pauvreté ambiante, par l'amitié des archiduc et archiduchesse Albert et Isabelle dont il était le conseiller, par les visites des Universités de Louvain et de Douai, par l'intervention concernant l'ordre interne dans un grand nombre de monastères norbertins en tant que vicaire général et visiteur, et par la publication de nouveaux Statuts et du livre cérémonial de l'Ordre des Prémontrés.
Jeunesse et études Jean Druys, né à Cumptich-lez-TirlemontCumptich est un village distant d'une lieue de la ville de Tirlemont. en 1568, est apparenté au de Parc Ambroise Loots, son oncle maternel.. Il commence ses études aux écoles de Saint-Trond, de Liège et de Namur, puis de Louvain lorsque l'abbé Ambroise Loots l'incite à achever ses humanités au collège du Lis, pour suivre ensuite le cours de philosophie à la pédagogie du Faucon.
Il est admis à l'abbaye de Parc en 1587, profès en 1588, prêtre en 1592, licencié en théologie le , ayant étudié d'abord la théologie avec les professeurs Jean Lens et Guillaume Hulselmans, puis ayant rempli quelque temps les fonctions de maître des novices, envoyé à Louvain enfin pour poursuivre ses études théologiques au collège des Prémontrés, où il obtient ce grade de licencié en théologie.
Il est sous-prieur de l'abbaye de Parc en 1596, fonction qui lui permet d'expliquer avec beaucoup d'érudition aux jeunes religieux l'Évangile de saint Jean et le traité de saint Thomas sur l'Incarnation. Quand il est appelé à Bruxelles comme chapelain auprès de l'abbé François van Vlierden à l'agonie, ce dernier, tellement convaincu des qualités de Jean Druys, lui remet la bague qu'il porte au doigt comme pour signifier qu'il le juge digne d'être appelé à la prélatureÀ Bruxelles, Jean Druys est d'ailleurs plus d'une fois salué comme le futur abbé de Parc par des hommes très en vue, comme l'évêque de Bois-le-Duc Gilbert Maes..
Jean Druys est élu à la dignité d'abbé de Parc le sous la présidence des commissaires de la cour, d'abord l'abbé de Sainte-Gertrude de Louvain Arnould Eyndhouts, puis Philippe Boxhorn, membre du conseil privé de Leurs Altesses, sacré finalement par l'archevêque de Malines Matthias Hovius..
Il meurt presque subitement alors qu'il se trouve au refuge de Bruxelles le , son corps est transporté à l'abbaye le lendemain et est enterré en l'église de l'abbaye de Parc, dans le caveau qu'il s'est fait construire devant le maître-autel, son éloge funèbre étant prononcé par le docteur Libert Fromond le ..
Abbatiat Généralités L'abbé Jean Druys est l'acteur et le témoin de la plus belle période pour l'abbaye de Parc, avec celle du . Si le est celui du travail manuel et de la consolidation du domaine, de la vie pieuse et active, le est celui du progrès. L'abbé Jean Druys est influencé dans son action religieuse par les décrets du Concile de Trente, et dans son action temporelle et scientifique, par les relations extérieures et le voisinage de l'Université de Louvain.
À l'époque, cent à deux cents mendiants affluent quotidiennement aux portes de l'abbaye de Parc, et même parfois quatre ou cinq cents, tous recevant une aumône et pouvant se nourrir du pain partagé par l'abbé Jean Druys.
Domaine vignette|droite|Portrait de l'archiduc Albert d'Autriche par Rubens. En 1618, l'abbé Jean Druys cède à l'archiduc Albert, qui en a fait la demande, une partie du bois de Vossem pour agrandir le parc de Tervueren, vend de même le moulin de Hilverenbeeck dans le Brabant septentrional.. En revanche, il fait l'acquisition de la seigneurie de Wilder sous Bierbeeck, avec toutes les dépendances et droits seigneuriaux, d'Adolphe Trompers, seigneur de Velthoven, et de son épouse Adrienne T'Seenaer, pour la somme de . Par ailleurs, l'abbaye de Parc achète la ferme dite la Franche Comté, de 60 bonniers situés à Tourinnes-Beauvechain, pour la somme de dix mille et quarante florins.
Intendance Du temps de l'abbé Jean Druys, 38 religieux sont acceptés à l'abbaye de Parc.
En 1610, il élève un nouvel autel à volets, dont la peinture est exécutée par le peintre Jean-Baptiste Lehavel, de Malines, et cela contre la somme de 235 florins et 15 sous. En 1610 encore, il fait couler à Malines par le fondeur Jean Cauthals un énorme candélabre de 1481 livres, il fait exécuter aussi quelques pièces d'argenterie : des statues d'anges agenouillées sur des socles en bois d'ébènen, pour 1034 florins 8,5 sous ; vignette|droite|L'église de l'abbaye de Parc. des candélabres ; un Christ en croix pour la somme de 303 florins et 19,5 sous ; un vase avec bassin pour le service de l'autel, représentant le Christ devant Pilate, et produit par l'artiste anversois Abraham Lissau ; un encensoir ; des burettes, etc. L'abbé Jean Druys fait agrandir le chœur de l'abbatiale dans l'optique d'optimiser la célébration du culte. Il décide d'enlever de ce chœur presque toutes les anciennes pierres tombales qui distinguaient quelques abbés et autres personnages. Le , l'ancien autel vieux de quatre siècles est démoli. Le , accompagné de l'abbé de Grimbergen et de tous les religieux, il pose la première pierre de la nouvelle bâtisse qui porte l'inscription suivante. : D. O. M.Virgini-MatriponebatR. D. Joannes Drusiusanno 1628 5 aug. En 1629, la première porte du monastère, construction sans envergure, est rebâtie. Les deux réfectoires et la salle capitulaire sont garnis de boiseries en bois de chêne, l'abbatiale est ornée d'un portail en bois de chêne également, et un nouvel orgue est mis en place.
Affaires religieuses En 1617, l'abbé Jean Druys, qui a une grande vénération pour les saints de son ordre, fait graver à Anvers des images des saints de l'ordre des Prémontrés et un arbre hagiologique conçu par le religieux Jean MaesCet arbre généalogique de saints et bienheureux est exécuté par le graveur Ch. Mallery contre 170 florins du Rhin..
Sous son abbatiat, deux chapitres provinciaux sont célébrés à l'abbaye de Parc, l'un en 1620, l'autre en 1628.
En 1628, le chapitre général le charge officiellement de la révision des statuts de l'ordre des Prémontrés. En fait, il travaille à la réécriture de ces statuts entre 1618 et 1630, aidé de son religieux Jean Maes, pour les rendre conformes au véritable esprit de l'Église et de l'ordre, et après maintes difficultés, il parvient, en 1630, à la suite du Concile de Trente, à la révision décisive des statuts. La nouvelle édition des statuts est imprimée à Louvain chez Bernardin Maes en 1630, ces derniers resteront en vigueur jusqu'en 1929.
Après les troubles du , l'abbé Jean Druys peut pontifier en grande pompe, à Bruxelles, devant les archiducs et le cardinal-infant Ferdinand, étant donné que la dignité d'archichapelain est remise à l'honneur.
Affaires intérieures vignette|droite|L'évêque Jacobus Boonen. L'abbé Jean Druys devient député aux États de Brabant en 1604. Il devient vicaire général de l'ordre pour les circaries de Brabant et de Frise en 1605F.J. Raymaekers développe dans son ouvrage indiqué dans la Bibliographie du présent article, sur une vingtaine de lignes, le fait que durant son abbatiat et en tant que vicaire-général des Prémontrés dans la province de Brabant, l'abbé Jean Druys envoie en Angleterre le frère Waltmann, alias Théodore Van Dyck, chanoine de l'abbaye Saint-Michel d'Anvers, pour devenir le chapelain de la reine d'Angleterre Marie-Henriette, dans la mesure où ce religieux est le frère du célèbre peintre Antoine Van Dyck et que le prince Charles Ier, époux de la reine, est un admirateur du jeune peintre, voulant le retenir en Angleterre.. Il devient visiteur de l'Université de Louvain en 1607 lorsque les archiducs Albert et Isabelle font savoir qu'il convient d'en faire la visite du fait du contre-coup de la longue agitation et des luttes sanglantes du qui auraient pu entraîner des abus qu'il faudrait redresserLa désignation de l'abbé Jean Druys comme commissaire est consignée dans un acte publique des archiducs en date du 27 juillet 1607. Cet acte identifie les abus potentiels qui auraient pu se glisser dans cette institution : administration des dotations et des fondations académiques désorganisée, position des professeurs amoindrie sous le rapport scientifique et pécuniaire, nécessité d'imprimer à l'enseignement des sciences sacrées et profanes une direction plus régulière et plus forte.. Il est encore nommé visiteur, pour l'Université de Douai cette fois, en 1616.. Il est commis à plusieurs reprises à l'inspection du couvent des Célestins à HeverleeLe prieuré des Célestins à Heverlee doit sa fondation à l'illustre maison de Croÿ. L'abbé Jean Druys entretenait à cette occasion une correspondance assez suivie avec la pieuse Dorothée de Croÿ. », désigné aussi comme son intendant.
Les relations entre l'abbé Jean Druys et les archiducs sont fréquentes, début , l'abbé étant le conseiller intime et honoré de plusieurs missions importantes. Par exemple, en accord avec les archiducs, il collabore à l'érection du prieuré de Postel en abbaye, l'accord ayant été conclu, en sa présence, entre l'abbé de Floreffe et le prieur de Postel, le . Au , l'abbé Jean Druys réforme l'abbaye de Oosterhout qui a souffert des guerres des Pays-Bas. Malgré le désir de l'archiduc Albert, l'abbé Jean Druys décline l'honneur de l'archevêché de Malines après la mort de l'archevêque Mathias Hovius, ainsi que celui de l'évêché de Gand après le départ de l'évêque Jacobus Boonen pour l'archevêché de Malines.
Affaires internationales vignette|gauche|Saint Norbert L'abbé Jean Druys rédige des lettres de recommandation pour l'empereur du Saint Empire Romain de la part de l'infante d'Espagne Elisabeth et pour le prélat de Strahov, en y envoyant le un chanoine de Parc pour aller travailler là-bàs, en Allemagne, à la demande de l'abbé de Strahov, dans cette région évangélisée par saint Norbert.
L'abbé Jean Druys est visiteur de la circarie d'Espagne en 1630 et précisément chargé par le chapitre général, en 1631, à l'âge de 63 ans, de ramener cette province à l'union avec les Norbertins, les religieux espagnols s'étant séparé du siège des Prémontrés à la suite des guerres continuellesDans ce voyage vers l'Espagne, l'abbé Jean Druys est accompagné du cellérier de l'abbaye Guillaume Goossens, bachelier en théologie et en droit canon, et de Jean Rosemont, lié de parenté avec ce dernier et leur servant d'interprète. Ils partent de Bruxelles au mois d'octobre 1631, se trouvent à Paris le jour de la Toussaint et arrivent à Madrid le 13 novembre, accueillis alors par le comte de Soran et le marquis de la Gassec, tous deux belges d'origine.. Le roi reçoit le prélat avec la plus grande bonté, l'écoute quand ce dernier expose le triste état de son pays en lui présentant une supplique à l'effet d'engager le prince d'y apporter un prompte remède, mais pour ce qui concerne les négociations entamées pour ramener les Prémontrés d'Espagne à l'union, il n'y a pas de résultatPour clore la visite de l'abbé Jean Druys, le roi tire de son doigt l'anneau royal qu'il porte et le met au doigt du prélat. Cette bague est ornée d'un diamant de grande valeur et porte l'inscription suivante : Philippus IV Rex Hispaniœ abbati Drusio. D. D. 1632..
Postérité Indication posthume