Le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) (, en anglais) est une organisation à but non lucratif qui réunit de nombreux journalistes et médias d'investigation à travers le monde.. Elle est basée à Washington D.C.

Histoire Fondée en 1997 par Center for Public Integrity (CPI), l'ICIJ est devenue une organisation indépendante en février 2017..

Cette nouvelle organisation permet de ne plus centrer les enquêtes uniquement sur les États-Unis.

En , le consortium comptait plus de 200 membres journalistes dans 70 pays... Cette année-là, les Paradise Papers, une enquête internationale impliquant 95 médias partenaires et 381 journalistes, conduite durant un an sur 13,4 millions documents fuités, révèle les activités offshores de nombreuses personnalités et ainsi que des multinationales..

En 2018, une autre enquête de l'ICIJ, les Implant Files, médiatisée le , associant 250 journalistes issus de 59 médias internationaux, révèle un scandale sanitaire mondial : les dégâts causés par les prothèses et implants médicaux sont multiples, souvent sous-estimés, difficiles à cartographier.

Les projets les plus récents concernent les Mauritius Leaks, enquête publiée en 2019, et les Pandora Papers, publiée en .

Les millions de données réunies dans les dossiers « Paradise Papers » et « Panama Papers » pour épingler certains paradis fiscaux, restent cependant encore des initiatives pionnières, voire isolées, a tempéré Bruno Breton, PDG de Bloom, dans Les Échos"Le data journalisme, une chance pour la presse" par Bruno Breton, PDG de Bloom, dans Les Echos le 24 mai 2018 . Selon lui, la masse de données apportées par ce consortium, loin de minimiser le rôle du journaliste, renforce sa capacité d'analyse.

Révélations Offshore Leaks

Le , cette organisation révèle le résultat de quinze mois d'enquêtes, rassemblant 260 gigaoctets de données concernant les propriétaires de comptes en banque offshore. L'ICIJ s'est associé avec The Guardian, la BBC, Le Monde, The Washington Post, , Le Matin, Süddeutsche Zeitung et Norddeutscher Rundfunk afin de diffuser une série d'enquêtes sur les comptes dans des paradis fiscaux ( offshore). L'ICIJ et ses partenaires comptent révéler les phénomènes de corruption des gouvernements à travers le monde, les stratagèmes de fraude fiscale utilisés par les riches, l'utilisation des comptes secrets dans les systèmes de Ponzi, le rôle actif des grandes banques pour faciliter le secret de leurs clients ainsi que les stratégies et les acteurs qui rendent ces activités possibles.

En 2014, le Consortium international pour le journalisme d'investigation affirme que Chinois seraient impliqués dans des compagnies offshore basées dans les paradis fiscaux. En particulier des princes rouges, membres des familles des dirigeants du parti communiste chinois. Le Consortium a enquêté sur près de 2,5 millions de dossiers financiers pendant deux ans. Les documents proviennent de deux entreprises basées aux îles Vierges britanniquesSources dans l'article détaillé Offshore Leaks.

Selon le Consortium international des journalistes d'investigation, un chef d'un cartel international, accusé d'avoir inondé les pays européens et d'autres pays de cocaïne et d'amphétamines, a créé une entreprise à Dubaï pour employer des membres clés de son organisation. Cela comprenait trois personnes chargées de trafic de drogue, de blanchiment d'argent et de tenter de renverser l'État bosniaque..

Luxembourg Leaks

Le , l'organisation révèle, en collaboration avec une quarantaine de journaux, dont Le Monde, The Guardian, la Süddeutsche Zeitung, l'Asahi Shimbun et Le Soir, le contenu de centaines d'accords fiscaux préalables très avantageux conclus avec le fisc luxembourgeois par le cabinet de conseil PricewaterhouseCoopers pour le compte de nombreux clients internationaux au nombre desquels sont cités Apple, Amazon, Heinz, Pepsi, Ikea et Deutsche Bank. Des copies de ces documents sont publiées sur un site web. librement accessible au publicEvasion fiscale : tout sur les secrets du Luxembourg, Anne Michel, Le Monde, 5 novembre 2014.

SwissLeaks

En , l'organisation révèle, en collaboration avec de et d'une soixantaine de médias internationaux, un système international de fraude fiscale et de blanchiment d'argent qui aurait été mis en place par la banque britannique HSBC à partir de la Suisse. Selon les journalistes, entre et , plus de d’euros ont transité, à Genève, sur les comptes de et de offshore, concernant différents. Des chefs d’État, des personnalités médiatiques du monde des affaires, de la politique, du sport, ainsi que des artistes, mais également des financiers du terrorisme, des trafiquants de drogue et des trafiquants d'armes figurent sur la liste des clients.Serge Michel, « SwissLeaks : Les coulisses d’une investigation mondiale », Le Monde, 9 février 2015 (consulté le 9 février 2015).

Panama Papers

En , 109 rédactions membres de l'ICIJ dans 79 pays révèlent simultanément ce que l'ICIJ qualifie de « plus gros scandale d'évasion fiscale ».. Plusieurs millions de documents du cabinet panaméen Mossack Fonseca constituent une source d'information sur les activités des clients de ce cabinet, impliquant des personnalités de premier plan dans une quarantaine de pays.

Paradise Papers

Le , à l’issue d’un an d’enquête collaborative menée par 381 journalistes de 67 pays, 95 médias partenaires coordonnés par le Consortium ont publié les premières révélations des « Paradise Papers », une fuite massive de documents issus notamment du cabinet d’avocats Appleby, spécialisé dans les activités offshore., mais aussi de documents issus des registres confidentiels des sociétés de dix-neuf paradis fiscaux.

Des chefs d’État, des personnalités médiatiques du monde des affaires, de la politique, du sport, ainsi que des artistes figurent sur la liste des clients d'Appleby.....

Le , une enquête coordonnée par le Consortium international des journalistes d’investigation, associant 250 journalistes issus de 59 médias internationaux, révèle un scandale sanitaire mondial : les dégâts causés par les prothèses et implants médicaux sont nombreux, souvent sous-estimés, difficiles à cartographier. La réglementation en la matière est insuffisante... L'opacité des autorités de santé en France, et de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé est spécifiquement viséeCertification défectueuse : Radio france Novembre 2018.

China Cables

Dix-sept médias de différents pays révèlent le l'enquête du Consortium international des journalistes d’investigation sur la politique de répression et de détention menée par l'État chinois au Xinjiang envers la population ouighoure..

FinCEN Files

Le , l'ICIJ révèle FinCEN Files, à propos de l'implication d'environ 2 milliards de dollars de transactions par certaines des plus grandes banques du monde.. Les FinCEN files révèlent également que Gunes General Trading, basé à Dubaï, avait acheminé l'argent de l'État iranien via le système bancaire central des Émirats arabes unis et traité 142 millions de dollars en 2011 et 2012.

Pandora Papers

Le , le consortium révèle un nouveau scandale : les Pandora Papers, qui concernent les paradis fiscauxJérémie Baruch , Anne Michel et Maxime Vaudano, « Pandora Papers » : plongée mondiale dans les secrets de la finance offshore, LeMonde.fr, 3 octobre 2021. Les Pandora Papers représentent l’enquête la plus importante menée par l'ICIJ et ses partenaires : elle a mobilisé 600 journalistes de 150 médias répartis dans 117 pays, ont étudié 11,9 millions de documents issus de 14 cabinets spécialisés dans la création de sociétés offshore.

The Ericsson List

En , l'ICIJ et ses partenaires dont Radio France révèle une nouvelle enquête : The Ericsson List. Elle révèle que le géant de la télécommunication Ericsson a financé l'État islamique afin de continuer de travailler en Irak. En 2019, le groupe était déjà condamné à des pénalités au ministère américain de la Justice, s'élevant à un milliard de dollars..

Uber Files

L'enquête journalistique sur l'entreprise Uber est publiée par l'ICIJ en , elle a été réalisée à partir de 124000 documents confidentiels mettant en évidence sa stratégie d'influence auprès et à l'aide de personnalités politiques de premier plan pour tenter de faire changer la législation à son avantage.

Cyprus Confidential

La cellule investigation de Radio France, révèle à l'issue du Projet Cyprus Confidential mené par le Consortium international des journalistes d'investigation que Chypre accueille de nombreux avoirs russes, dont certains proviennent d'oligarques, sous sanctions internationales, y compris après le début de la guerre en Ukraine en 2022..

Enquête « Coin Laundry » Le titre Coin Laundry fait référence au terme anglais « laundry » (machine à laver), utilisé métaphoriquement pour désigner le blanchiment d'argent sale via les cryptomonnaies. L'enquête., publiée en , après près de dix mois de travail de plus de 100 journalistes, de 37 médias partenaires dans 35 pays, a révélé que de grandes plateformes de cryptomonnaies, dont Binance, Coinbase, Kraken, Bybit et Kucoinet ou encore OKX, ont facilité, dans le monde entier, le transfert de milliards de dollars liés au blanchiment d'argent, aux escroqueries financières, aux arnaques en ligne, au trafic de drogue, aux pirates informatiques nord-coréens, aux réseaux criminels chinois et russes (dont ceux qui sont spécialisées dans la traite des personnes), au trafic de fentanyl, aux cartels de la drogue ( Sinaloa au Mexique) et à de nombreuses opérations illégales utilisant des « boutiques en crypto-monnaie »., y compris dans l'Ukraine en guerre ou dans la riche capitale comme Dubaï. Une suite de rapports d'enquête montre comment ces flux illicites ont prospéré grâce à l'opacité des systèmes de contrôle et à l'absence de régulation efficace de la crypto-finance ; montrant aussi que les victimes de ces fraudes ont été ruinées pendant que les profits criminels circulaient librement. Ce travail a relancé le débat mondial sur la responsabilité des plateformes, et la nécessité d'une coopération internationale pour le contrôlede ce secteur devenu un vecteur majeur de criminalité transnationale, pour la justice envers les victimes.. » s'interroge Gerard Ryle (directeur exécutif de l'ICIJ) en ..

L'ICIJ montre ou confirme que les outils d'analyse blockchain et de « traçage crypto », utilisés par les forces de l'ordre et les sociétés privées missionnées pour vérifier l'honnêteté des transactions ne parviennent généralement pas à attribuer ou à étiqueter correctement la propriété des adresses de portefeuilles de cryptomonnaies d'origines criminelles ou liées à des services de conversion crypto‑vers‑cash, ou alors ils doivent être (par exemple pour ChainalysisChainalysis est l'un des outils utilisés par les autorités et les entreprises pour suivre, cartographier et attribuer des adresses de cryptomonnaies afin de détecter les activités illicites et le blanchiment d’argent., fastidieusement alimentés à la main. Les enquêtes sont ainsi rendues inefficaces, d'autant que l'on peut générer rapidement de nouvelles adresses secrètes qui empêchent un suivi durable et fiable. Sans identification claire de leur propriétaire, les adresses ne peuvent être qualifiées de « propres », et l'industrie des cryptos se contente souvent d'outils d'analyse utilisés pour l'apparence plutôt qu'avec efficacité, ce qui laisse un vide dans la lutte contre le blanchiment d'argent, vide rapidement exploité par le crime organisé.