Jean-Pierre Alibert, né à Montauban le et mort à Paris le Revue d'Auvergne, 69, 1966, p. 24., est un marchand et aventurier français, exploitant d'une mine de graphite en Sibérie, qu'il avait découverte en 1847. Il rentre en France en 1862 ; souffrant de rhumatismes, il découvre la station thermale de Châteauneuf-les-Bains, dans le Puy-de-Dôme ; il s'attache à cette station, s'y fait construire une maison et participe à son développement.
Biographie vignette|Le mont Batougol et l'accès à la mine, gravure tirée de l'ouvrage de 1865 vignette|Intérieur de la mine de Batougol, gravure tirée de l'ouvrage de 1865
Né dans une famille de drapiers dont il est le huitième enfantSur le souvenir laissé par Alibert à Montauban, où il est né dans le quartier artisanal de Villebourbon et où vivent encore des collatéraux, voir La Dépêche, août 2010., il part à 14 ans travailler dans une pelleterie à Londres. Celle-ci l'envoie en Russie en 1837 – il a dix-sept ans – pour chasser le renard et l'hermine. Cinq ans plus tard, il se met à son compte et son entreprise de commerce de peaux prospère rapidement.
Amené à voyager fréquemment en Sibérie, il en profite pour prospecter des minéraux et chercher de l'or dans les rivières ; c'est dans ces conditions qu'il découvre en 1847 un gisement de graphite d'une pureté exceptionnelle (plombagine) sur le mont Batougol, dans le massif des Saïans, à l'ouest d'Irkoutsk. Malgré le caractère très inhospitalier de la région, il réussit à aménager une mine et à en faire une exploitation très rentable pendant une quinzaine d'années. En effet, vers la même époque, la mine de Borrowdale, dans le Cumberland, au nord de l'Angleterre, venait à épuisement ; c'était la seule au monde à fournir un graphite suffisamment pur pour fournir des mines de crayon à papier de bonne qualité. Alibert trouva donc rapidement un débouché pour son produit ; en 1856, il signa un contrat d'exclusivité avec la maison allemande Faber, installée près de Nuremberg.
En 1859, il découvre un important gisement de néphrite, variété de jade, dans la vallée de l'Onot ; il l'exporte vers la ChineLa néphrite des monts Saïan a fourni le jade utilisé pour la réalisation du sarcophage d'Alexandre III : Encyclopedia Britannica 1911..
En 1862, souffrant de rhumatismes, il doit rentrer en France et s'installe à Châteauneuf-les-Bains.
Collections De ses voyages, Jean-Pierre Alibert a ramené de nombreux objets et échantillons minéralogiques. Ils sont aujourd'hui dispersés dans de nombreux musées en France et à l'étranger, dont le Muséum national d'histoire naturelle et le Muséum d'histoire naturelle Henri-Lecoq de Clermont-Ferrand.
Hommages
La vie d'Alibert a inspiré le romancier Gérard Georges, dans Le piocheur des terres geléesParis, Presses de la Cité, 2006. , qui le met en scène dans sa vieillesse, à Châteauneuf-les-Bains, sous le nom d'Ismen Fulbert. C'est d'ailleurs sous ce nom donné à une impasse (Impasse Ismen-Fulbert) qu'il est honoré dans sa ville natale de Montauban et non sous celui d'Alibert, afin que cette voie ne soit pas confondue avec la rue du Docteur-Alibert (1843-1927), qui perpétue le souvenir d'un de ses petits-neveuxLa Dépêche, août 2010..
À Châteauneuf-les-Bains existe un « Pic Alibert », car il vint faire soigner ses rhumatismes dans cette station thermale, fit des travaux d’aménagement du roc et offrit en remerciement la statue Notre-Dame de l'Espérance qui le couronne (1892).
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie La mine de graphite de Sibérie découverte en 1847 par M. J.-P. Alibert, Paris, Poitevin, 1865. (En ligne.) Jean-Pierre Blazin, Châteauneuf-les-Bains, Évian, Cleopas, 2009, pp. 68–79. Stéphane Pelucchi, « Alibert, une aventure sibérienne », La Lettre de l'AMA, Les Amis des musées de Clermont-Ferrand, n° 25, 2014-2015, p. 9. Maddalena Napolitani, « L’expédition en Sibérie de Jean-Pierre Alibert (1844-1857): l’exploitation du graphite entre art et science », 2019, sito del LUHCIE, Working papers https://luhcie.univ-grenoble-alpes.fr/wp-content/uploads/2019/06/NAPOLITANI-Maddalena.pdf
Liens externes
La mine de graphite du mont Batougol. Jean Pierre Alibert, Batagol et le pays secret des Soyots, juillet 2008.
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