LObservatoire de la laïcité était une commission consultative française chargée de conseiller et d'assister le Gouvernement quant au respect et à la promotion du principe de laïcité, qui a existé entre le et le . Elle était composée de 23 membres, dont des parlementaires de la majorité et de l'opposition, des hauts fonctionnaires et des personnalités qualifiées. Administrativement rattaché au Premier ministre, l'Observatoire était cependant autonome dans ses travaux.
Il est créé le par le président de la République Jacques Chirac et le Premier ministre Dominique de Villepin et a été installé le au palais de l’Élysée par le président de la République François Hollande et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.. Après la remise de son cinquième rapport annuel au président de la République Emmanuel Macron, sa mission est reconduite pour 5 ans par décret du Premier ministre Édouard Philippe du .
Outre son rôle de conseil via l'adoption d'avis officiels, consultatifs pour le Gouvernement et le Parlement, les membres de cette instance organisent, co-organisent et délivrent chaque semaine des formations à la laïcité et à la gestion des faits religieux partout en France et dans différents secteurs, notamment dans la fonction publique, l'éducation populaire, le médico-social, le socio-éducatif, les entreprises privées, l'éducation nationale et le sport.
Ses avis sont parfois jugés trop laxistes par certains intervenants dans le débat public, notamment sur des sujets sensibles liés à la question de l'islam en France, quand d'autres les estiment au contraire parfaitement « juridiques ». Cette opposition fait l'objet de vifs débats de la part d'intellectuels, de droite comme de gauche.
La ministre déléguée chargée de la Citoyenneté Marlène Schiappa annonce la suppression de l'Observatoire de la laïcité le devant le Sénat, le mandat de son président Jean-Louis Bianco prenant fin le suivant. Finalement, le Premier ministre Jean Castex met un terme aux missions de l'Observatoire de la laïcité le . par le décret créant un « comité interministériel de la laïcité », dont le secrétariat est désormais assuré par le ministre de l'Intérieur.
Le , Jean-Louis Bianco et plusieurs personnalités, sociologues, historiens et juristes annoncent la création d'un « organisme indépendant » et citoyen dénommé « Vigie de la laïcité »..
Historique Création Le , le président de la République Jacques Chirac annonce dans un discours sur la laïcité la création d'un futur « Observatoire de la laïcité » rattaché au Premier ministre. Il est finalement créé par décret le et effectivement institué auprès du Premier ministre.
L'Observatoire est composé d'un président, d'un rapporteur général et de 21 membres, dont sept hauts fonctionnaires (représentant les administrations concernées), deux députés et deux sénateurs (deux parlementaires de la majorité et deux de l'opposition), ainsi que « dix personnalités désignées en raison de leurs compétences et de leur expérience ». Mis à part les membres de droit et le rapporteur général, ses membres sont nommés pour une durée de quatre ans.
Sous les présidences de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, les membres ne sont pas nommés. L'Observatoire de la laïcité est cependant renouvelé pour une durée de cinq ans (durée légale des commissions consultatives, renouvelable), à compter du , par décret du Premier ministre Jean-Marc Ayrault du Décret du 3 avril 2013 Décret du Premier ministre, 3 avril 2013 et les premiers membres de l'Observatoire de la laïcité sont nommés par un arrêté du Premier ministre du . Jean-Louis Bianco, ancien ministre, ancien secrétaire général de l’Élysée, ancien député, ancien élu local et par ailleurs conseiller d’État en prend alors la présidenceL'arrêté de nominations des membres de l'observatoire de la laïcité, du 5 avril 2013, est consultable sur le site Internet de l'observatoire de la laïcité.. Le , l'Observatoire de la laïcité est officiellement installé au palais de l'Élysée par le président de la République, François Hollande et le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, en présence du ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon et du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, à la suite des décret et arrêté publiés au Journal officiel le Discours d'installation du président de la République Discours de François Hollande, 8 avril 2013Décret du 5 avril 2013 Décret du Premier ministre, 5 avril 2013Arrêté du 5 avril 2013 Arrêté du Premier ministre, 5 avril 2013.
Contexte politique La création de l'Observatoire de la laïcité s'inscrit dans une stratégie d' « apaisement » vis-à-vis des questions liées à la montée des revendications communautaristes observée depuis le début des années 2000. Cette stratégie a été choisie par le président François Hollande après son élection. Certes, cette création donne un gage à une frange de la gauche inquiète des atteintes à la neutralité religieuse; cependant la stratégie d'apaisement et de dédramatisation de ces questions affichée délibérément par son président Jean-Louis Bianco est l'image d'une tendance moins radicale de la conception laïque à gauche.
L'Observatoire de la laïcité absorbe les prérogatives précédemment attribuées au Haut Conseil à l'intégration, instance de réflexion et de propositions créée en 1989 par le gouvernement de Michel Rocard. Sa mission était d'élaborer un rapport annuel et d'émettre des avis consultatifs à la demande du gouvernement sur « l’intégration des résidents étrangers ou d’origine étrangère ». Une « mission laïcité » a été créée en 2010 au sein du HCI. Entre fin 2010 (groupe de réflexion) et fin 2012, cette mission a rendu trois avis, sur « la neutralité en entreprise ».», sur « la laïcité dans la fonction publique ». et sur « la pédagogie de la laïcité à l'école ».. Au mois d', le quotidien Le Monde publie « l'ultime rapport » de la mission laïcité du HCI, consacré à la neutralité religieuse dans l'enseignement supérieur. Sur un ton alarmiste, le rapport préconise, entre autres, d'interdire le port de signes religieux dans les salles de cours à l'université. Selon le quotidien, cette approche déplaît à Matignon et au président de l'Observatoire de la laïcité, Jean-Louis Bianco, lequel « s'est notamment donné pour mission d'accompagner la volonté d'apaisement du gouvernement sur ces questions». François Hollande fait le choix de laisser s'éteindre le Haut Conseil à l'intégration en ne renouvelant pas son décret qui arrive à échéance en et le gouvernement Ayrault refuse d'autoriser la publication du rapport sur la neutralité religieuse dans l'enseignement supérieur par la Documentation française, ce qui est pourtant la coutume.
Deux anciens membres du Haut Conseil à l'intégration considèrent que l'extinction de cette instance et son remplacement par l'Observatoire de la laïcité est liée à ses positions favorables à une laïcité intransigeante. Jean-Philippe Moinet observe par surcroît qu'il était « trop marqué « sarkozyste » – son Président, Patrick Gaubert, ayant eu un mandat électif européen sous bannière UMP.». L'essayiste Malika Sorel estime que « la création de cet Observatoire avait pour objectif de faire disparaître la mission laïcité du Haut Conseil à l'Intégration, dont les rapports gênaient très fortement le pouvoir socialiste». Elle critique l'orientation de l'Observatoire, dont un certain nombre de positions iraient à l'encontre de la défense du principe de laïcité. Malika Sorel rapproche ce positionnement d'une publication de la fondation Terra Nova, proche du Parti socialiste, expliquant que la classe ouvrière s'est détournée du Parti socialiste et que la majorité électorale pour l'élection de 2012 doit être recherchée notamment parmi « les minorités et les quartiers populaires », « la France de la diversité », « les jeunes ouvriers d’origine étrangère (maghrébine) »..
En , au nom du Comité Laïcité République, trois membres de l’Observatoire de la laïcité à savoir Jean Glavany, député des Hautes Pyrénées, Patrick Kessel, Président du Comité Laïcité République et Françoise Laborde, sénatrice de Haute Garonne, publient un communiqué commun critiquant le positionnement de l’Observatoire de la laïcité, ce dernier considérant qu'il n'existe .. Dans la société civile, Hanan Ben Rhouma, rédactrice en chef de Saphirnews, observe que l’Observatoire de la laïcité souhaite rendre « aimable » le concept de laïcité auprès des Français, concept « sans cesse brandi en vue de restreindre des libertés individuelles ». Il éloigne notamment la perspective d’une nouvelle loi contre les signes religieux dans les crèches privées. Le philosophe Alain Finkielkraut estime pour sa part Interview d'Alain Finkielkraut par Ruth Elkrief sur BFM TV le 27 juin 2013. À l'inverse, le sociologue de la laïcité, Jean Baubérot, considère qu'il . Il parle du risque d'une qui permettrait le les différentes religions. Pour Jean Baubérot, Marine Le Pen défendrait désormais cette même ..
Le , par décret et arrêté du Premier ministre Bernard Cazeneuve, le mandat du président, du rapporteur général et des membres de l'Observatoire de la laïcité est renouvelé.
Activités
thumb|Exemple d'infographie réalisée par l'Observatoire de la laïcité
À la date du , outre les réponses apportées quotidiennement aux citoyens (dont analyses juridiques individualisées), entreprises, élus et associations, l'Observatoire de la laïcité a formé et sensibilisé ou participé à la formation et la sensibilisation de personnes (dont personnes directement), a rendu au gouvernement 22 avis officiels et publics (ceux à destination des tribunaux restant confidentiels jusqu'à l'expiration des recours) sur différents sujets et à propos de différents secteurs, publié 6 rapports annuels et états des lieux, édité 5 guides pratiques sur la laïcité et la gestion du fait religieux, transmis 36 communiqués de presse et prises de position, installé avec l'ancienne ministre de l'Éducation nationale des référents laïcité dans chaque académie, été auditionné 28 fois par des instances officielles nationales ou internationales, participé à la mise en place de l'enseignement moral et civique (EMC), au renforcement de l'enseignement laïque des faits religieux et à l'affichage dans tous les établissements scolaires de la charte de la laïcité à l'école, et compte plus de 950 déplacements de terrain (soit une moyenne de 130 par an).
Il a par ailleurs organisé 4 grands colloques à l'occasion des 110 ans, des 111 ans, des 113 ans et des 114 ans de la loi du 9 décembre 1905 avec le ministère de l'Éducation nationale, la Ligue de l'enseignement et le mouvement des territoires, 1 grand colloque en avec le Conseil économique, social et environnemental, 1 colloque en avec le Cevipof de Sciences Po sur le thème "laïcité et médias", 1 colloque en , sur le même thème et à destination du jeune public avec le CFJ Paris (école de journalisme), et a participé à l'élaboration de nombreux guides, chartes, modules de formations et formations à la laïcité (notamment en partenariat avec le CGET, le CNFPT, le ministère de l'Intérieur et le ministère des Sports) et à la gestion du fait religieux dans les administrations et dans le secteur privé (entreprises et associations). Son rapport annuel et état des lieux a été remis au président de la République François Hollande et au Premier ministre Bernard Cazeneuve le , puis au président de la République Emmanuel Macron le au palais de l'Élysée et en juillet au Premier ministre Édouard Philippe.. Son rapport annuel a été remis au président de la République Emmanuel Macron le au palais de l'Élysée puis au Premier ministre Édouard Philippe le . Son rapport annuel a été remis au Premier ministre le .