thumb|Église Notre-Dame de Bougival.Genre :antienne grégorienne (CAO2090)Origine et auteur :inconnus ;usage pour la liturgie locale romano-germanique (dite grégorienne)Manuscrit le plus ancien :antiphonaire de Hartker(abbaye de Saint-Gall, vers 990)Rite :rite romano-germanique, rite de Sarum, rite romain ;mais aussi prière universelle pour la paix thumb|upright=0.95Deux colombes sur le chapiteau de l'église de Perse (). La Da pacem Domine est une antienne grégorienne de liturgie locale, fondée sur des versets bibliques. Depuis le Moyen Âge, il s'agit d'une prière pour la paix, tant dans la liturgie qu'au moment le plus dangereux, demandant secours à Dieu.

Il ne faut pas confondre cette antienne avec l'introït grégorien Da pacem, Domine, sustinentibus te, qui est tout à fait issu du répertoire du rite romain ancien à RomeAcadémie de chant grégorien ; ce site compte des manuscrits les plus anciens du chant grégorien (Antiphonaire du Mont-Blandin, manuscrit Rh30 de la Zentralbibliothek de Zurich, manuscrit Einsiedeln 121 et le reste), directement issu du rite romain, qui fut adopté en Gaulle au ..

Texte latin français (I) français (II) Da pacem, Domine, in diebus nostris, quia non est alius qui pugnet pro nobis, nisi tu, Deus nosterVicaire-général Basile-Joseph Abbal , Le paroissien romain : latin-français, à l'usage du diocèse de Rodez, édition, p. 81, 1848 .Donnez la paix, Seigneur, en nos jours, parce qu'il n'est personne qui combatte pour nous, si ce n'est vous, notre Dieu.Donnez la paix, Seigneur, en nos jours, car il n'est autre qui combatte pour nous, sinon vous, notre Dieu.

Texte issu de la Bible Le chant se compose essentiellement de deux textes bibliques, I. le Siracide L, 25 et II. le Livre de Néhémie IV, 20 :

I. det nobis iucunditatem cordis et fieri pacem in diebus nostris in Israhel per dies sempiternos ; II. in loco quocumque audieritis clangorem tubæ illuc concurrite ad nos Deus noster pugnabit pro nobis.

D'ailleurs, Dom Jean Claire mentionnait une similitude avec l'antienne Media vita in morte sumusJean Claire, L'antienne Media Vita dans les premiers manuscrits dominicains, p. 216, note , 2004 :

III. quem quærimus adiutorem, nisi te, Domine ? (quel secours chercher, sinon vous, Seigneur ?)

Il est à noter que, dans la Bible, l'expression Da pacem ne s'emploie que dans le Livre d'Isaïe XXVI, 12Pierre Riché (éd.), Le Moyen Âge et la Bible, p. 286, 1984 :

IV. Domine dabis pacem nobis omnia enim opera nostra operatus es nobis.

Partition thumb|center|upright=1.6|Mélodie ancienne en deuxième modeSite GregoBase. Il s'agit d'une antienne grégorienne authentique, en raison de laquelle Dom René-Jean Hesbert donna, dans son vaste catalogue Corpus antiphonalium officii, sa notification comme CAO2090Académie de chant grégorienUniversité de La Trobe .

Historique Origine L'origine exacte reste floue, manque d'études approfondies.

En admettant que John Julian († 1913) mentionnât un antiphonaire du ou du , pour la source la plus ancienne, ce manuscrit demeure, de nos jours, irretrouvable. De surcroît, les textes bibliques cités par lui, tel le psaume 122 (121) verset 6, ont peu de rapport avec la Da pacem Domine.

Or, l'introït grégorien Da pacem, Domine, sustinentibus te, dont l'usage était très répandu au Moyen Âge, se trouve dans les manuscrits du chant grégorien les plus anciens, copiés vers 800. À la différence de celui-ci, l'antienne qui concerne cet article avait omis le terme Israel dans le texte biblique de Siracide. Une hypothèse est que l'antienne Da pacem, Domine serait moins ancienne que l'introït, et inspirée par ce dernier, car leurs usages et l'importance dans la liturgie n'étaient pas pareils.

Dans les manuscrits du chant grégorien Dans les archives, le manuscrit le plus ancien du chant grégorien est l'antiphonaire de Hartker, qui fut copié vers 990 à l'abbaye de Saint-Gall, avec le texte actuel . Il s'agissait d'une antienne. Étant le meilleur manuscrit de l'antiphonaire grégorien, cette notation en neume devint la référence de mélodie actuellement en usage.

D'après un autre manuscrit ancien, il est vraisemblable que l'origine de ce chant était dans ce royaume carolingien. Le manuscrit B. III. 11 qui se conserve à la cathédrale de Durham date du (sans notation). Or, il fut copié dans le Saint-Empire romain germanique, et sans doute à LiègeUniversité de Durham .

Usage de texte Il est à noter que cette antienne dans tous les manuscrits les plus anciens se consacrait à la fête de saints Maccabées, qui n'était autre qu'une liturgie locale, réservée au Université de Ratisbonne . Puis, dans un certain nombre de manuscrits, apparut l'utilisation pour la commémoration de la paixUniversité de Waterloo . De plus en plus, cette deuxième fonction devint principale et est gardée jusqu'ici. Ainsi, un manuscrit du en faveur du rite de Sarum aussi présente sa rubrique De sancta pace dans la liturgie des HeuresRichard Rouse (éd.), Medieval and Renaissance Manuscripts in the Claremont Libraries, p. 45, University of California Press 1986 manuscrit Crispin 22 de Honnold Colleges Library (Claremont Colleges). Une particularité se trouve dans le bréviaire d'York (Breviarium Eboracens, folio 264). Il s'agissait d'une prière en dialogue, recitée entre le célébrant disant Da pacem, Domine, in diebus nostris et son répons Quia non est alius qui pugnet pro nobis nihi tu Deus noster, dans la prière de matin (Morning Prayer). L'usage dans la liturgie n'était pas fixé.

Question de l'autorisation par le Saint-Siège À l'origine un chant de la liturgie locale, mais on ne sait pas quand celui-ci fut intégré dans le rite romain. Certes, John Julian dont une immense étude sur l'hymne était effectuée avec un grand nombre de manuscrits sûrs mentionnait une bulle de 1279, qui aurait été déclarée par le pape Nicolas III. Or, l'auteur ne précisait pas quelle bulle se concernait. De plus, la Da pacem Domne ne se trouve dans aucune bulle de ce pape parmi celles qui se conservent dans les archives du Vatican et qui furent publiées à Paris en 1898 et 1938 par Jules GayJules Gay, Les registres de Nicolas III (1277 - 1280), tome I et tome II , consultés les , 2 et 3 novembre 2021Il s'agirait d'une copie conservée ailleurs que John Julian consulta. Toutefois, selon l'étude d'Armand Jamme (2016), les documents pontificaux sortis entre 1050 et 1400 étaient très compliqués, parce qu'à partir du , c'était le chancelier qui expédiait les missives au lieu du Saint-Siège ..

Si le Saint-Siège l'avait autorisée au , il y aurait eu la trace de pratique de ce chant à la chapelle du pape. Cependant, la composition de la polyphonie indique qu'à la Renaissance, tous ceux qui composèrent ce chant étaient en fait des musiciens de l'école franco-flamande et non ceux qui s'engageaient au Vatican : Gilles Binchois, Alexandre Agricola, Pierre de La Rue, Arnold von Bruck, Thomas Créquillon, Roland de Lassus, Philippe Rogier. Néanmoins, on compte deux compositeurs italiens du , Alfonso Ferrabosco l'ancien et Carlo Gesualdo. Cette évolution peut être expliquée, soit par l'influence des compositeurs de l'école franco-flamande, qui ne cessaient pas de se déplacer dans l'Europe entière, soit par une autorisation hypothétique du Saint-Siège dans ce siècle. Quoi qu'il en soit, la mise en musique de ce texte fut principalement effectuée à la Renaissance, ce qui demeure une de ses particularités.

Dans le cadre de la Contre-Réforme L'usage demeurait, dans le rite romain, après la reforme liturgique selon le concile de Trente. Un bréviaire romain qui fut imprimé tardivement à Lyon contenait, pour les offices de vêpres du samedi et de laudes du lendemain, en tant qu'antienne et en faveur du patron ou du titulaire d'une église Le bréviaire romain, suivant la réformation du S. Concile de Trente, 1684, p. 151.

La pratique pour la commémoration restait encore. Ainsi, il s'agissait des Heures de Nostre Dame, à l'usage de Rome, selon la réformation de Nostre S. Pere Pape Pie V, publiées à Paris en 1583, avec la rubrique Commemoration de la paix, qui se faict quand il plaist au Recteur. Antienne. Celle-ci était réservée à la fin du second office de vêpres . Or, au à Paris, cela était, simplement, de la prière pour la paix, quel que soit le temps, quelle que soit la célébration Charles Moreau, La liturgie du Dimanche, Paris 1852. Ces manuscrits indiquent que se continuait largement en France la pratique de cette antienne. L'usage simple comme prière pour la paix se trouve aussi, dans l'antiphonaire imprimé en 1537 à Cologne en faveur du diocèse de Münster, lequel présentait une rubrique Pro pace, An[tiphon] .

Usage actuel Avant le concile Vatican II, l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes continua à publier cette pièce en 1956, 1957 et 1961. Or, comme le calendrier selon cette réforme ne la contient plus, la pratique dans la liturgie devint moins fréquente.

Cependant, deux grands compositeurs de la musique contemporaine laissèrent leurs œuvres. Le motif d'Igor Stravinsky était un hommage à Carlo Gesualdo, en faveur de son anniversaire de naissance, qui était auparavant attribué à l'année 1560. Cette composition de 1957 était à la base de l'œuvre incomplète de Gesualdo, un des compositeurs les plus distingués de la Renaissance. Arvo Pärt, quant à lui, effectua sa composition, tout à fait en priant la paix. Il s'agissait de commémorer les victimes des attentats de Madrid du 11 mars 2004. Le commanditaire était Jordi Savall, célèbre musicien espagnol qui avait été profondément touché par cet événement.

Centenaire de l'armistice de 1918 L'année 2018 était remarquée par le anniversaire de la fin de la Première guerre mondiale, qui se symbolisait du rétablissement de la paix. D'où, en faveur de cette occasion, on bénéficia de la Da pacem Domine. Ainsi, en Belgique, les carillons des églises firent le concert pour lesquels le carillonneur-professeur Geert D'Hollander avait composé une pièce inspirée par cette antienne. La communauté Saint-Martin sortit un disque intitulé Da pacem, DomineSite officiel.

Mise en musique À la Renaissance Gilles Binchois (vers 1400 - † 1460) : œuvre à 3 voixNotice Bnf Alexander Agricola (vers 1446 - † 1506) : motet à 3 voixNotice Bnf Pierre de La Rue (vers 1460 - † 1518) : motet à 4 voix (posthume, 1540)Notice Bnf Antoine Brumel (vers 1460 - † vers 1512) : motet à 4 voixNotice Bnf Claudin de Sermisy (vers 1490 - †1562) : motet à 3 voix (1542)Notice Bnf Johann Walter (1496 - † 1570) : motet (I) à 5 voixUniversité d'Oxford motet (II) à 4 voixUniversité d'Oxford Arnold von Bruck (vers 1500 - † 1554) : motet à 4 voix (1544)Notice Bnf Thomas Créquillon (vers 1505 - † 1557) : motet à 5 voixNotice Bnf sous-notice Roland de Lassus (1532 - † 1594) : motet à 5 voix (1588)Notice Bnf Alfonso Ferrabosco l'ancien (1543 - † 1588) : motetUniversité d'Oxford Eustache Du Caurroy (1549 - † 1609) : motet à 6 voixNotice CMBV Philippe Rogier (vers 1561 - † 1596) : motetUniversité d'Oxford Carlo Gesualdo (1560 ou 1566 - 1613) : motet à 6 voix Université de Tours Melchior Franck (1575 - † 1639) : canon à 4 voixUniversité de Malaga

Musique baroque Heinrich Schütz (1585 - † 1672) : motet à 9 voix avec cordes, SVW465Notice Bnf Johann Hermann Schein (1586 - † 1630) : motet à 10 voix en double-chœur avec basse continue, composé en faveur de l'élection du conseil municipal de Leipzig (1630)Notice Bnf

Musique classique Charles Gounod (1818 - † 1893) : œuvre à 2 voix, pour soprano ou ténor ainsi que contralto ou basse, CG110 (1846)Notice Bnf œuvre pour chœur à 3 voix égales et orgue ou piano, CG115 (1878)Notice Bnf motet pour chœur de femmes ou d'hommes à 3 voix égales, CG116 (1846)Notice Bnf

Musique contemporaine Igor Stravinsky (1882 - † 1971) : œuvre à 6 voix a cappella (1957), recomposition de l'œuvre de Gesualdo Tres Cantiones sacres, en faveur du anniversaire de la naissance de ce dernierCentre national d'art et de culture Georges-Pompidou