La famille Berlier de Vauplane est une famille subsistante d'ancienne bourgeoisie française, originaire de Barcelonnette, en Provence. Famille de juristes connue depuis la fin du , elle a formé plusieurs branches dont seule subsiste la branche de Vauplane. Elle compte parmi ses membres des avocats, des hommes politiques dont des maires de Draguignan, de Tourtour et d'Eyguières, des officiers et des magistrats. Elle se caractérise par sa présence dans la judicature de façon ininterrompue depuis le début du .
Elle est membre de l’association Société des Cincinnati de France par représentation collatérale de François-Augustin de Berlier-Tourtour et membre de l'association des Vieux noms français subsistants (VNFS).
Onomastique Le patronyme Berlier s'est aussi écrit jusqu'à la fin du Berlieri ou Berliery. Plusieurs individus de cette famille sont dénommés comme tels dans les registres paroissiaux de Tourtour ou dans les minutes notariales de Tourtour.
Bien que les armes des Berlier représentent un bélier, il faut chercher ailleurs le sens du mot. L’animal « bélier » en provençal est désigné par le mot aret, étymologiquement éloigné de Berlier, plus proche de l’italien ariete (bélier) et du latin aries (bélier) que du français.
Le Trésor du Felibrige rapproche ce nom de « berlo », éclat de bois, mais aussi de la berle (nom identique en provençal), qui, selon Dauzat et Rostaing, a donné de nombreux noms de lieux. Dans le Recueil des mots de la basse latinité de Maigne d’Arny, « Berla » peut indiquer en langage agricole, dans certaines provinces gauloises, « un grand troupeau de moutons » et « berliera », la bélière, à savoir un anneau de cuir auquel est suspendue la cloche, la clarine du bétail.
Le rattachement à la terre la berlière en Provence est aussi explication de l'origine du nom. Toutefois, le rattachement de cette famille avec les Villeneuve et la branche Villeneuve La Berlière est à écarter, malgré le lien avec les troubles pendant les guerres de religion.
Le choix du bélier comme signe représentatif du patronyme peut s’expliquer tout autant par le nom d’un lieu (bergerie) ou d’une terre (berlière) ou d’une activité (berger) que par les symboles que représente l’animal. Ce qui explique pourquoi certaines villes ont comme armoiries un bélier (comme Quimper en Bretagne), et que d’autres familles que les Berlier retiennent le bélier comme signe distinctif. On peut ainsi citer les familles Blégiers (Comtat-Venaissin), La Boissonade (Rouergue), ou encore les Roblelin d’Ogny(Bourgogne).
Histoire La famille Berlier est une famille provençale connue à partir de la fin du , originaire de Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence). Balthazard Berlier (1489-1560), le premier ancêtre connu, était juge-mage. Au siècle suivant un membre de cette famille s'établit à Tourtour, puis à Draguignan (Var) au , où plusieurs de ses descendants furent consuls ou maires de ces deux localités..
Au César Berlier (1659-1734), conseiller du roi, fait inscrire son blason à l'Armorial général de France de 1696Charles d'Hozier, Armorial général de France. Provence, , , (lire en ligne)..
Le nom de la seigneurie de Vauplane est venu à la suite du mariage de Marc-Antoine Berlier avec Marguerite d'Arnoux de Vauplanela terre de Vauplane était tenue en fief par la famille d'Arnoux : cf. M.Z Isnard, État documentaire & féodal de la Haute-Provence, Digne, 1913, . et d'une convention passée en 1773 entre celui-ci et sa belle-mère Anne-Thérèse Circlot, veuve de Guillaume d'Arnoux. Un décret du ratifie l'usage établi depuis la fin de l'Ancien Régime par la famille Berlier de joindre à son nom celui de VauplaneGustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du , , Berlier de Vauplane.. Les Berlier de Vauplane s'installent à Marseille au début du , puis à Paris au milieu du .
Des Berlier de Vauplane est issue la branche Berlier-Tourtour qui prend au début du le nom de la seigneurie qu'elle possédait à Tourtour. et le rameau cadet de celle-ci ajoute le nom de la terre de La Rémolle à la fin du .
Filiation
Branche Berlier-Tourtour Contrairement à ce qu'affirmait Gustave Chaix d'Est-Ange, la branche Berlier-Tourtour est une branche cadette de la famille Berlier.
Autres branches La souche de la famille Berlier a formé par ailleurs une branche mentionnée à Toulon qui fut l'aînée de cette famille provençale. Et une branche à Dijon mais dont le rattachement reste à confirmer.
Branche Berlier (Toulon) À la fin du la branche aînée de la famille Berlier s'installe à Toulon et donne de nombreux chirurgiens de la marine ainsi que des officiers du génie qui ont participé à l'épopée napoléonienne dont notamment François Toussaint Berlier (1767-1849) et Jean-Charles Berlier (1788-1837).
Branche Berlier (Dijon) Une autre branche est mentionnée comme faisant partie de la famille Berlier originaire de Provence mais le point de jonction avec les autres est à confirmer. Xavier de Montclos pour sa part indique que les Berlier de Dijon sont une branche de cette famille mais il ne donne toutefois pas une indication sur un ancêtre communBibliothèque Paul Arbaud (Aix-en-Provence), dossier 525 A 1.Hubert Berlier de Vauplane rapporte que Xavier de Montclos indique clairement que la branche de Dijon et celle de Tourtour/Draguignan sont liées mais qu'il ne donne pas ses sources. Hubert Berlier de Vauplane ajoute que selon ses propres recherches cet auteur se fonde sur les archives de la bibliothèque Paul Arbaud d'Aix où dans le dossier Berlier il est fait mention de liens entre ces deux branches via les livres de raison et les recherches effectuées par Régis de Gâtimel sur la famille Berlier. Il ajoute encore qu'il est possible aussi que Xavier de Montclos soit allé voir les archives de Draguignan dans le dossier Berlier établi par Frédéric Mireur sur les familles de Draguignan où ce lien est aussi mentionné. De même, du côté Berlier de Dijon, les archives familiales (versées aux archives de Dijon) mentionnent aussi le lien entre ces deux branches. Extraits du livre de Xavier de Montclos : "À la fin du un Berlier s'installe à Lyon ; il est l'auteur des Berlier de Dijon (...)". Les deux éditions du livre de Montclos sont identiques sur ce point. Hubert Berlier de Vauplane rapporte également que les actes d'archives (archives départementales de Dijon, Saint-Étienne, Draguignan) donnent le rattachement comme suit : Balthazard Berlier (1534 - ?), fils de Balthazard (1489-1560) et frère de Gaspard (notaire à Tourtour mais pas de date de baptême : les registres paroissiaux ne sont pas tenus avant 1554 à Tourtour) quitte Tourtour pour Lyon où il se marie; d'où notamment Jaques (1588 - ?), puis Claude ( ? - ?) à Saint Étienne, d'où Mathieu (1674 - 1700 ?) à Saint Étienne, d'où Guillaume (1699-1765) à Dijon; d'où Antoine (1731-1777) et Théophile (1733-1794), conseiller du roi à Dijon puis garde marteau à Chatillon-sur-Seine guillotiné à Dijon le 20 mai 1794. Pas d'idées sur les métiers exercés pour les premiers degrés : Guillaume (1699-1765) est mentionné marchand dans son acte de mariage, Antoine (1731-1777) est mentionné selon les actes avocat puis quincailler (il reprend l'activité de son père). Hubert Berlier de Vauplane indique par ailleurs ne pas avoir le détail du dossier à la bibliothèque Paul Arbaud à Aix. Cette origine commune est donc dans l'attente d'une confirmation..
Cette branche fut illustrée par Théophile Berlier (1761-1844), député de la Côte d'Or à la Convention nationale, vote la mort du roi, président de la Convention nationale, membre du Comité de salut public, député et président du Conseil des Cinq-Cents, président du Conseil des Prises, conseiller d'État, comte d'Empire, l'un des principaux rédacteurs du code civil, du code pénal, et du code d'instruction criminelle.
Également par Pierre-André-Hercule Berlier (1769-1821), général de brigade (infanterie) sous la Révolution et l’Empire, baron d’Empire, officier de la Légion d'honneur, chevalier de Saint-Louis.
Cette branche aujourd'hui éteinte avec Raymond Berlier (1958) serait aussi liée aux Berlier établis dans le Forez, comme en attesterait un litige successoral.
Armes et titres Les armes de la famille Berlier ont évolué avec le temps. Elles ont été enregistrées dans l'Armorial de France comme : " D'azur à un bélier d'argent, au chef de gueules chargé de trois besants d'or".
Avant leur enregistrement dans l’Armorial Général de France, il existait deux autres armes, selon l'historien Frédéric Mireur.
Des premières blasonnées comme suit : « bélier la toison d’or sur champ d’azur, une étoile d’or au chef rayonnante ».
Des secondes encore plus anciennes blasonnées comme suit : « d’or à trois pals de gueules, au chef d’azur chargé d’un croissant d’argent ». Toujours selon Frédéric Mireur « ces armes sont sur la pierre qui était sur la porte » de la maison de la place du Cros (Draguignan). Ces dernières sont identiques à celles de la famille Berliet, elle aussi originaire de la vallée de Barcelonnette et qui fut active en Savoie puis dans le Bugey notamment comme président de la chambre des comptes de Savoie et comme archevêque. Il n'existe aucun lien établi entre les familles Berlier et Berliet.
D'autres armes ont été enregistrées à l'Armorial :
- « De Gueules à un renard d’or coupé d’argent, à la buse de gueules »,
- « De gueules à une barre d’or, coupé d’argent à un loup de sinople »
Armes de Théophile Berlier, comte d'Empire Figure Blasonnement Parti : au 1, de sable, au bélier d'argent ; au 2, d'argent, à un mât de pourpre ; franc-quartier de comte conseiller d'État.
Armes de Pierre-André-Hercule Berlier, baron d’Empire Figure Blasonnement120px|Blason de Pierre-André-Hercule Berlier Écartelé : aux I et IV, d'argent à trois lionceaux de sable ; au II, de gueules à une épée d'argent qui est des barons militaires ; au III, de gueules à une lance d'argent.
Châteaux et demeures Château Berlier-Tourtour, hameau de Rebouillon à Chateaudouble (Var) Château de Genas à Cléon d'Andran (Drôme) Château de Launay à Tuffé (Sarthe) Mas Berlier à Eyguieres (Bouches-du-Rhône) Hôtel Berlier-Tourtour à Draguignan (Var) Hôtel Berlier à Draguignan (Var) Mas Morière à Soliès-Toucas (Var) Domaine de la Braquety au Castellet (Var)
Personnalités liées
Gaspard de Tressemanes de Brunet, fils de Madeleine Berlier; Bruno-Louis de Lenfant, fils de Anne Berlier; André Rostand, beau père de Henri Berlier de Vauplane ; Général Henry Marabail, beau-père de Henri Berlier de Vauplane; Jules Pighetti de Rivasso, beau père de Henri Berlier de Vauplane ; Sirus Pirondi, grand père de Henri Berlier de Vauplane; Jean-Antoine de Paul de Chateaudouble, beau-père de Adolphe de Berlier-Tourtour ; Charles de Ribbe, gendre de Adolphe de Berlier-Tourtour; Didier Pérouse de Montclos, fils de Jeanne Berlier de Vauplane; Xavier Pérouse de Montclos, fils de Jeanne Berlier de Vauplane.
Alliances La famille Berlier s'est notamment alliée aux familles Clemens (1551), Boyer (1588), Mottet (1613), Versoris (1651), d'Audiffret (1659), Taxil (1661), (1684), Bœuf de Villepey (1686), de Raimondis (1688), Brunel de Vilepeys (1694); Tressemanes de Brunet (1705), Muraire (1707), de Lenfant (1707), Renom de La Baume (1742), d'Arnoux (1759), de Leuze du Cheyla (1794), de Chieusse de Combaud (1796), de Paul de Châteaudouble (1828), de Gabrielli de Gubbio (1853), de Ribbe (1855), d'Estienne (1865), Vialète d'Aignan de Mortarieu (1872), Pighetti de Rivasso (1884), de Régis de Gâtimel (1888), Jaubert d'Aubry de Puymorin (1899), de Courrèges (1907), Pérouse de Montclos (1909), Bouvet de La Maisonneuve (1946), Rostand (1952), Richebé (1976), Abbo (1983), Odart de Rilly d'Oysonville (1984), Rioufol (1984), Robert de Lézardière (2012), Barbier de Préville (2014), Lemaistre (2017), Thierry d'Argenlieu (2018), Gaubert (2018), de Hercé (2023), Mine (2025).
Postérité