L'église Saint-Rémi est une église catholique paroissiale située à Asnières-sur-Oise, en France. Elle se situerait à l'emplacement d'un oratoire primitif, bâti au à un emplacement désigné par saint Rémi lui-même. L'église d'Asnières-sur-Oise, sans doute déjà dédiée à saint Rémi, est donnée à l'abbaye de Saint-Denis en 775, et la paroisse est mentionnée dans un acte de 907. Un nouveau chœur roman est édifié sans doute au premier quart du . Ses deux premières travées, voûtées en berceau, existent toujours et représentent la partie la plus ancienne de l'église actuelle. À la première période gothique, la nef est reconstruite avec des arcades en tiers-point retombant sur les chapiteaux de crochets de piliers cylindriques, sans voûtement, puis l'abside romane est remplacée par deux nouvelles travées avec un chevet à pans coupés, curieusement voûtées d'arêtes. Le clocher-porche doit dater de la même époque, et est considéré comme l'élément le plus intéressant de l'église. Par la suite, à la fin du et au début du , deux chapelles latérales sont ajoutées au nord et au sud du chœur, qui sont les seules parties de l'église à avoir bénéficié d'un voûtement d'ogives. La première travée de la chapelle du nord, qui est la chapelle seigneuriale, a encore été modifiée à la période gothique flamboyant. En 1792, l'église reçoit le retable de l'abbaye de Royaumont, flanquée de deux colonnes de marbre. Dans son ensemble, l'église Saint-Rémi se remarque moins pour sa qualité architecturale, même si le chœur n'est pas sans originalité, que comme témoin précieux de l'architecture religieuse en pays de France au , époque peu représentée parmi les églises aujourd'hui conservées. En plus, un mobilier riche et varié ajoute au charme de l'église, qui est bien entretenue et accueille encore une célébration eucharistique presque chaque dimanche. L'église est inscrite monument historique depuis 1985..
Localisation
L'église est située en Île-de-France, dans le nord du département du Val-d'Oise, près de la rive gauche de l'Oise, en pays de France, sur la commune d'Asnières-sur-Oise, rue Pierre-Brossolette / rue du Crocq. Asnières-sur-Oise fait partie du Parc naturel régional Oise-Pays de France et est limitrophe du département de l'Oise. C'est sur son territoire municipal que se situe l'ancienne abbaye de Royaumont. L'élévation de l'église est alignée sur la rue Pierre-Brossolette, qu'elle suit avec une certaine distance, et domine la place du village où se regroupent la plupart des commerces de proximité. La façade occidentale avec le clocher et les deux portes d'entrée donnent sur l'étroite rue du Croq, qui monte vers la forêt de Carnelle. L'élévation sud est longée par la ruelle Bovin, et un peu plus haut, un parking public a été aménagé. Au nord et au sud, les haies qui cachaient en partie la vue sur l'église ont été abattues, et le monument est désormais bien mis en valeur. Seul le chevet est enclavé dans des terrains privés, mais un étroit passage permet néanmoins de faire le tour de l'édifice.
Historique thumb|upright|left|Statue de saint Rémi. thumb|upright|left|Chœur, vue vers l'est.
Au , saint Rémi (437-533), évêque de Reims et évangélisateur qui baptisa le roi Clovis I, serait passé par Asnières-sur-Oise en compagnie du roi. Il aurait lui-même décidé de la construction d'un oratoire à l'emplacement de l'église actuelle. Une première église est bâtie au , ce que l'on peut déduire d'une charte de 775 mentionnant l'église d'Asnières parmi les biens de l'abbaye Saint-Denis. Depuis lors, et sous tout l'ancien régime, l'abbé de Saint-Denis nomme à la cure. Un acte du roi Robert le Pieux daté de 907 cite pour la première fois la paroisse d'Asnières. L'on suppose que l'église primitive était construite en bois. En tout cas, rien n'en subsiste. Elle est remplacée dès le début du par un édifice roman, dont seules les deux premières travées du chœur restent encore en place. La datation est approximative, car ne s'appuyant que sur les deux voûtées en berceau et deux chapiteaux, qui permettent au moins un rapprochement avec le chœur de Luzarches justement daté du début du ....
La nef est un peu plus tardive, car ses grandes arcades sont déjà en tiers-point. C'est vers 1130 que l'arc brisé est utilisé pour la première fois pour les grandes arcades dans la région, à Rieux et Villers-Saint-Paul. Les chapiteaux annoncent déjà les crochets gothiques, et parlent en faveur d'une date après le milieu du . Des nefs avec des grandes arcades semblables ont été construites à cette époque à Fosses, Fontenay-en-Parisis et Plailly. Il n'est pas clair pourquoi Mathieu Lours situe la nef au , et affirme que les grandes arcades du nord seraient plus tardives que celles du sud, car elles sont strictement identiques. En plus, les nefs non voûtées deviennent rares au , sauf pour les églises de moindre importance, même si des exceptions existent, et la mouluration des arcades devient quasiment la règle. Une seconde campagne de reconstruction porte sur la troisième travée du chœur et l'abside, toujours sans recours au voûtement d'ogives, mais avec une voûte d'arêtes, ce qui parle plutôt en faveur d'une date au début de la période gothique, avant la fin du . À la fin du ou au début du , une chapelle latérale est ajoutée au nord du chœur, suivie plus tard par une chapelle plus large du côté sud. Ici, de nombreux détails de modénature permettraient une datation plus exacte, mais aucun spécialiste ne s'est encore consacré à la question .
Au milieu de la guerre de Cent Ans, en 1409, la foudre tombe sur le clocher, qui prend feu et est brûlé, ainsi que la moitié de la charpente de la nef. L'étendue concrète des dégâts n'est pas claire ; l'intérieur de la nef est badigeonnée et ne permet pas d'identifier des traces directement attribuables à l'incendie. Un examen des combles serait nécessaire pour trouver des indices. À la fin du , la première travée de la chapelle latérale nord du chœur est réparée, comme l'indiquent le profil aigu des ogives et le style gothique flamboyant de la sculpture des chapiteaux. Aucun changement n'intervient pendant les trois siècles qui suivent, sauf peut-être la reconstruction des murs gouttereaux des bas-côtés, à moins qu'elle ne date que de la première moitié du . En 1731, Antoine Lambert, charpentier à Boran-sur-Oise, reçoit une somme de 480 livres pour le nouveau beffroi à l'intérieur du clocher, fabriqué par ses soins. En 1763, les trois monuments funéraires des seigneurs de Touteville dans la chapelle latérale nord du chœur, avec des gisants ou des priants, sont supprimés. En 1791, le marquis Jean-Joseph Bourguet de Guilhem de Travanet achète le plus gros lot de l'abbaye de Royaumont en vue de la transformer en manufacture. Il n'a plus d'usage pour l'église abbatiale, qu'il fait démolir dès l'année suivante, et donne deux colonnes corinthiennes de marbre à l'église. Elles sont employées pour encadrer le retable du maître-autel. Le monument funéraire d'Henri de Lorraine, comte d'Harcourt, sculpté par Antoine Coysevox en 1711, est également transféré dans l'église paroissiale. Il retourne cependant à l'ancienne abbaye de Royaumont en 1959.
En 1832, le cimetière situé tenant au mur nord de l'église, vers la place du village, est transféré à son emplacement actuel, au nord du village. D'importantes restaurations ont lieu au cours des et s et préservent l'église de la ruine. Pendant le dernier quart du , des paroissiens offrent à l'église six vitraux polychromes exécutés par de divers ateliers, auxquels s'ajoute un septième en 1934. Les derniers travaux en date concernent le clocher, en 1971 ; le gros-œuvre, entre 1979 et 1981 ; la sacristie, en 1995 ; et les chapelles latérales et le chœur en 2001. Entretemps, les efforts de la commune pour la préservation de l'église permettent son inscription aux monuments historiques par décret du . Plus récemment, trois nouvelles cloches de la fonderie Bollée d'Orléans ont été installées dans le beffroi, où elles côtoient la seule cloche antérieure à la Révolution française, nommée Marie et datant de 1692. — Appartenant au doyenné de Beaumont-sur-Oise du diocèse de Beauvais jusqu'à la Révolution , la paroisse d'Asnières-sur-Oise est intégrée dans le nouveau diocèse de Versailles par la suite, puis dans le diocèse de Pontoise lors de sa création en 1966. Aujourd'hui, Asnières forme un groupement paroissial avec Noisy-sur-Oise, Saint-Martin-du-Tertre et Viarmes. L'église Saint-Rémi est desservie par le curé de Viarmes, et des messes dominicales y sont célébrées à 9 h 30, sauf le premier dimanche du mois.
Description thumb|Plan de l'église. Aperçu général
Régulièrement orientée, l'église répond à un plan largement symétrique et se compose d'un clocher-porche ; d'une nef de quatre travées accompagnée de deux bas-côtés de même longueur ; d'un chœur de trois travées droites se terminant par une courte abside à pans coupés ; et de deux chapelles latérales du chœur, dont les deux travées communiquent à la fois avec les bas-côtés de la nef et les deux premières travées du chœur. Les bas-côtés, la nef et la chapelle latérale nord ont à peu près la même largeur, mais la chapelle latérale sud est plus large. Une sacristie occupe l'angle entre clocher et bas-côté nord. La tourelle d'escalier se situe curieusement près de l'angle sud-est, et occupe une partie de la première travée de la nef. — La nef et les bas-côtés ne sont pas voûtés. Les deux premières travées du chœur sont voûtées en berceau ; la troisième est voûtée d'arêtes ; et l'abside est couverte d'un type de plafond non clairement identifiable. Seules les deux chapelles sont voûtés d'ogives. — L'église possède deux accès, le portail occidental du clocher, et une petite porte à l'ouest du bas-côté sud. L'on peut visiter l'église Saint-Rémi en prenant rendez-vous avec l'Office du tourisme , ..
Intérieur Nef et bas-côtés thumb|Nef, vue vers l'est. thumb|Nef, vue vers l'est. thumb|Nef, vue vers l'ouest.
La nef se caractérise par ses grandes arcades en tiers-point, ainsi par la présence de la tourelle d'escalier dans l'angle sud-ouest, à côté de la porte d'entrée. Un bénitier surmontée d'une petite niche à statue est ménagé dans le pan nord-est de la tourelle, à laquelle l'on accède par le bas-côté sud. La première grande arcade du sud est incomplète du fait de la présence de la tourelle. Les arcades sont au nombre de quatre de chaque côté. Elles ne sont pas moulurées, mais néanmoins chanfreinées. La première grande arcade du nord retombe sur une simple imposte au droit du mur oriental. Près du chœur, les arcades se fondent dans les gros piliers carrés de l'époque romane. Au milieu, elles sont supportées par les tailloirs carrés de gros chapiteaux, qui reposent sur des piliers cylindriques isolés appareillés en tambour. Au sud, les tailloirs présentent deux retraites successives. Les corbeilles des chapiteaux paraissent rondes. Elles sont décorées, à chaque angle, d'une feuille striée dont l'extrémité supérieure forme un bourgeon, ainsi que d'une feuille côtelée appliquée au milieu de chaque face. L'astragale se fait discrète et prend la forme d'un boudin. Au nord, le second et le troisième tailloir sont ornées d'une baguette, et les astragales sont plates et garnies d'un filet. Ces composantes paraissent réguliers à un tel point que l'on ne peut exclure une réfection, alors qu'elles sont érodées et en partie cassées au sud, et qu'aucun des chapiteaux du nord ne se trouve complet. Mathieu Lours pense que leur sculpture soit restée en état d'ébauche. Il peut aussi s'agir d'une trace de la répartition après l'incendie de 1409, qui a pu détruire les chapiteaux, et motiver leur remplacement.