Jean-Rodolphe Perronet, né à Suresnes le , mort à Paris le , est un ingénieur et architecte français, fondateur et premier directeur de l’École des ponts et chaussées.

Vie et carrière Jean-Rodolphe Perronet est né à Suresnes le , enfant naturel d'un jeune « cadet » des Gardes suisses protestant, et d’une jeune vigneronne catholique de 19 ans. Après l’assassinat de son père en 1725, il entre à dix-sept ans comme apprenti-architecte au cabinet de Jean Beausire, premier architecte de la ville de Paris. Il est chargé du projet et de la conduite du grand égout de Paris, des travaux des quais et de l’entretien des chemins de banlieue. En 1735, il est nommé sous-ingénieur à Alençon et il entre en 1736 au corps des ponts et chaussées. Néanmoins, il aimera toujours se dire architecte et c'est en cette qualité qu'il apparaît dans son portrait par Alexandre Roslin, actuellement au musée de Göteborg.

En 1737, il devient sous-ingénieur, puis ingénieur de la généralité d'Alençon. En cette qualité, il construit la lanterne de la basilique Notre-Dame d'Alençon.

Le , un arrêt nomme Perronet à la direction du Bureau des dessinateurs du Roi, que vient de créer Trudaine, pour lever les cartes et les plans du royaume. Il a pour mission de former les ingénieurs des ponts et chaussées et d’en contrôler l’action dans les généralités où ils sont employés. Il reçoit en outre la direction du lever de tous les plans des routes et le droit de projeter, conduire et inspecter tous les travaux dans les provinces, concurremment avec les inspecteurs généraux.

En 1750, il obtient le grade d'inspecteur général et, en 1764, celui de premier ingénieur dont il remplit les fonctions pendant plus de trente ans. Il réalise de très nombreux ponts, dont le pont de la Concorde à Paris. Entre 1747 et 1791, de routes sont ouvertes ou rectifiées sous sa direction.

thumb|Double portrait dit lArchitecte Jean-Rodolphe Perronet et son épouse, Antoinette Charlotte Besson, par Alexandre Roslin (1759), au musée des beaux-arts de Göteborg.

Il entre en 1756 à l'Académie royale d'architecture. Il est nommé premier ingénieur du roi en 1763 et devient membre associé de l’Académie royale des sciences en 1765.

Le Bureau des dessinateurs du Roi qu'il dirige depuis 1747 devient le Bureau des élèves des ponts et chaussées puis, en 1775, l’École des ponts et chaussées. Organisateur, animateur et pédagogue, il est le véritable père spirituel de ses élèves et met en œuvre une pédagogie originale qui, encore aujourd’hui, semble d’actualité.

La première École des ponts et chaussées est installée dans l’hôtel Libéral Bruant à Paris.

Jean-Rodolphe Perronet a contribué aux articles « pompe à feu » et « épinglier » dans l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, éditée de 1751 à 1772 sous la direction de Diderot et d’Alembert. En 1772, il devient membre de l'Académie royale des sciences de Suède.

Selon Michel Gallet :

Le nom de Jean-Rodolphe Perronet est souvent cité dans la correspondance de Diderot, car Perronet était amoureux de Marie Charlotte Legendre, la sœur de Sophie Volland et l'épouse de Jean-Gabriel Legendre, lui-même inspecteur général des ponts et chausséesGeorges Roth, in Diderot, Correspondance, , Minuit, 1959, .. Il avait épousé Antoinette Charlotte Besson.

Réalisations Outre les ponts ci-dessous, l'ingénieur Perronet a supervisé la construction de la première manufacture de Sèvres dont l'architecte est Laurent Lindet.

Ponts vignette|Première pensée de Perronet pour le pont de la Concorde. vignette|Le second pont de Neuilly, conçu par Perronet. 1750-1760 : pont George-V à Orléans sur la Loire ; 1757-1765 : pont de Mantes-la-Jolie sur la Seine ; 1758-1764 : pont de Trilport sur la Marne, dans la banlieue Est de Meaux ; 1759-1768 : pont sur la Lys, premier à cet endroit, entre Nieppe et Armentières ; 1765-1786 : pont de Château-Thierry sur la Marne ; 1766-1769 : pont Saint-Edne à Nogent-sur-Seine ; 1768-1774 : pont de Neuilly-sur-Seine ; 1770-1771 : pont des Fontaines ; 1774-1785 : pont de Pont-Sainte-Maxence sur l’Oise ; 1775 : pont de Biais-Bicheret ; 1776-1791 : plans du Grand-Pont de Nemours à Nemours, construit après sa mort de 1796 à 1804, sur deux périodes (1796–1797) et (1803–1804) ; 1784-1787 : pont de Brunoy sur l'Yerres, affluent de la Seine ; 1786-1787 : pont de Rosoy sur l'Yonne, entre Rosoy et Sens ; 1786-1791 : pont , futur pont de la Concorde, à Paris.

Publications

, planches I, II, III (voir)

Articles de l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers : « épinglier » ; « pompe à feu »

Construire des ponts au , Presses des ponts, 1993, 1993

Hommages vignette|L'église Saint-Pierre de Neuilly et le monument à Perronet dans les années 1910.

vignette|droite|Statue de Jean-Rodolphe Perronet, à l'extrémité de l'île de Puteaux. La rue adjacente à l'ancien site de l’École nationale des Ponts et Chaussées porte aujourd’hui son nom, à la limite des et le de Paris. Une statue de Perronet, réalisée par le sculpteur Adrien Étienne Gaudez et l'architecte Édouard Guiard pour le socle, est inaugurée en 1897 rond-point d’Inkermann (actuelle place Winston-Churchill). Fondue en 1942 sous le régime de Vichy, elle a laissé la place à un monument aux morts... En 1981, la ville de Neuilly acquiert une statue en pierre de Perronet datant du , d’origine inconnue, et l'installe à la pointe nord-est de l’île de Puteaux, au pied du pont de Neuilly (dont l'ingénieur avait créé la première version en pierre en 1772). En 2023, elle est déplacée sur le parvis de l'hôtel de ville« Monument à Jean-Rodolphe Perronet », anosgrandshommes.musee-orsay.fr, consulté le 4 novembre 2023.« Des écrins de choix pour Parmentier et Perronet », neuillysurseine.fr, 31 octobre 2023.. On a, à Neuilly-sur-Seine, une rue, une avenue et un square Perronet. Une rue lui rend aussi hommage à Suresnes, sa ville de naissance. À Brunoy, une voie porte le nom « rue du Pont Perronet.

Notes et références

Annexes

Bibliographie Perronet (M.), in Table générale des matières contenues dans l'"Histoire" et dans les "Mémoires de l'Académie royale des sciences", Paris, Panckoucke, 1774, tome 8, 1761-1770, (lire en ligne). Perronet (M.), in Table générale des matières contenues dans l'"Histoire" et dans les "Mémoires de l'Académie royale des sciences", Paris, Imprimerie de Moutard, 1786, tome 9, 1771-1780, (lire en ligne). .

. Pierre-Charles Lesage, Recueil de divers mémoires extraits de la Bibliothèque impériale des ponts et chaussées, à l'usage de les ingénieurs, Paris, Firmin Didot, 1810. François Moureau, Diderot et le portrait de Perronet : trois lettres inédites, Dix-Huitième Siècle , 1984, , . Guy Coriono, de l’École des Ponts en cent portraits, Paris, Presses de l’École nationale des Ponts et Chaussées, 1997, et suivantes. M. Guillot, Un destin helvétique, Jean-Rodophe Perronet et sa famille suresnoise (1708-1794) in Les gardes suisses et leurs ""familles au et siècles en région parisienne, . Yvon Michel, Jean-Rodolphe Perronet (1708-1794) in Monuments historiques, Paris, avril-, n° 150-151, . Claude Vacant, Jean-Rodolphe Perronet (1708-1794), premier ingénieur du Roi et directeur de l’École des Ponts et Chaussées, Paris, Presses de l’École Nationale des Ponts et Chaussées, 2006. , 344 p., ill. . Pierre Charles Lesage, Notice pour servir à l'éloge de M. Perronet, Premier ingénieur des Ponts et Chaussées, Paris, 1805 Lire en ligne. Benjamin Fillon, Jean-Rodolphe Perronet 1778-1791. Deux lettres de Jean Rodolphe Perronet, l'une sur une pyramide à élever sur le pont de Fontenay-le-Comte (1778), l'autre relative aux travaux du pont Louis XVI à Paris (1791), , Nouvelles archives de l'art français, 1872, (lire en ligne). Louis de Grandmaison, Essai d'armorial des artistes français. Lettres de noblesse. Preuves pour l'Ordre de Saint-Michel, , Réunion des sociétés savantes des départements à la Sorbonne. Section des beaux-arts, Paris, Ministère de l'instruction publique, 1903, (lire en ligne) Sous la direction d'Antoine Picon, L'art de l'ingénieur constructeur, entrepreneur, inventeur, , Paris, Centre Georges Pompidou/Éditions Le Moniteur, 1997, .

Articles connexes Liste des membres de l'Académie royale des sciences Académie royale d'architecture Ingénieur des ponts et chaussées École des Ponts ParisTech Pont en maçonnerie

Liens externes

Académie des sciences : Les membres du passé dont le nom commence par P Recueil des Commémorations nationales 2008 : Jean-Rodolphe Perronet Notice biographique (ENPC) Notice biographique (Structurae) Histoire de l'École des Ponts Portrait de Perronet et sa femme, par Alexandre Roslin, 1759 Judith Förstel, Perronet et la Seine, Région Île-de-France : Région Île-de-France : Judith Förstel, Perronet et la Seine, Conférence du 13 février 2010

Catégorie:Architecte français du XVIIIe siècle Catégorie:Ingénieur du corps des ponts et chaussées Catégorie:Ingénieur constructeur de ponts Catégorie:Membre de l'Académie des sciences (France) Catégorie:Membre de l'Académie royale d'architecture Catégorie:Collaborateur de l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers Catégorie:Naissance à Suresnes Catégorie:Naissance en octobre 1708 Catégorie:Décès à Paris Catégorie:Décès en février 1794 Catégorie:Personnalité liée à Neuilly-sur-Seine Catégorie:Décès à 85 ans