Leysin est une commune suisse du canton de Vaud, située dans le district d'Aigle. Commune de montagne, elle se trouve dans les Préalpes vaudoises.
La station, dont le village est inscrit sur l'Inventaire fédéral des sites construits à protéger en Suisse, est reliée par la route ainsi que par le train depuis Aigle. Elle accueille divers événements sportifs tels que Champs Open, la plus ancienne compétition de snowboard d’Europe, ou GiantX Tour.
Géographie vignette|gauche|Leysin sur les pentes sud du chaînon Aï-Mayen-Famelon en 1919. Leysin est située à d'altitude, à à vol d'oiseau au nord-est d'Aigle. Le village se situe sur une large terrasse dominant la vallée des Ormonts au versant sud de la Tour d'Aï (), le sommet le plus élevé de la commune. Le territoire de Leysin s'étend sur . Lors du relevé de , les surfaces d'habitations et d'infrastructures représentaient de sa superficie, les surfaces agricoles , les surfaces boisées et les surfaces improductives .
Les sommets avoisinants sont notamment la Berneuse (), la Tour de Mayen () et la Tour de Famelon ().
Feydey () au-dessus du village, et Les Esserts () au nord-est, sont des hameaux aujourd'hui intégrés au village de Leysin. La commune compte aussi des hameaux, En Crettaz () sur la terrasse, et Veyges () au sud-ouest du village. Les alpages d'Aï () au lac d'Aï et de Mayen () au lac de Mayen comptent également un certain nombre de chalets.
Les communes voisines sont Aigle, Yvorne, Corbeyrier et Ormont-Dessous.
Lieux-dits
Leysin-Village est le centre historique de la commune, structuré autour de la rue de la gare et du temple. Le village est composé de chalets auxquels s'ajoutent quelques anciens bâtiments à toit plat, anciens sanatoriums. Outre la Clinique Miremont et de nombreux hôtels, il abrite également des écoles internationales sur ses hauts (Kumon Academy Leysin, Swiss Hotel Management School, Leysin American School).
Les Esserts est un quartier résidentiel situé au nord-est du village. Le hameau de Crettaz compte près de 110 habitants et 50 maisons. Veyges est le second hameau de la commune, situé sur un balcon dominant la ville d'Aigle. Il est composé d'une trentaine de maisons et abrite le stand de tir communal. Le cimetière de Leysin, auquel s'ajoute un cimetière militaire , se trouve également aux abords du hameau.
Transports vignette|La gare de Leysin-Village.
La commune est située à l'écart des grands axes de circulation. La route cantonale secondaire à fort trafic (RC 709) la relie, depuis Le Sépey, à la route principale 11 Aigle-Col des Mosses. La ligne de CarPostal 171 Le Sépey - Leysin la parcourt. Depuis le , un train à crémaillère, le chemin de fer Aigle-Leysin, relie Leysin depuis la gare d'Aigle, avec 6 arrêts sur la commune de Leysin (Rennaz, La Roulaz) dont quatre arrêts dans le village (Leysin-Village, Vermont, Leysin-Feydey, Grand-Hôtel). Un bus des Transports publics du Chablais assure la liaison avec Château d'Œx.
Histoire Depuis l'âge de bronze (1200 - 800 ) Une civilisation dite du Bronze final ou aussi « des champs d'urnes » en raison des modes d'ensevelissement, se développe dans le pays de Vaud. À cette époque ces hommes se sont déjà mis à conquérir les Alpes. Des haches ont été retrouvées à Leysin mais aussi au col des Mosses, à Château-d'Œx et à Rougemont. Ces trouvailles sont autant d'indices de migrations en altitude.
Attesté dès 1231 sous le nom de « Leissins » puis « Leisins » dès 1352, le village n'est peuplé que par quelques centaines d'âmes jusqu'à la fin du (61 feux en 1313, 415 habitants en 1850 puis 1065 au tournant de 1900). Sous le régime bernois de 1475 à 1798, Leysin reçoit une certaine autonomie dès 1520 par l'autorisation qui lui est faite d'élire un conseil général (exécutif), avant de passer à la Réforme en 1528. Fidèles aux tuteurs bernois, les Leysenouds obtiennent l'occupation du village par les troupes du canton souverain alors que les soldats napoléoniens prennent le bourg d'Aigle et avant que les Bernois ne se retirent à la suite des combats à Ormont-Dessus.
Patrimoine bâti avant 1900
Jusqu’à la fin du , Leysin est un modeste village rural alpin, avec, autour de l’église, un groupement de maisons à toit d’enseilles chargées de pierres et couvertes de tavillons, sauf à l’est du village, où les bâtiments ont été reconstruits après les incendies du milieu du . Le plus ancien bâtiment de bois qui nous soit parvenu est de 1600. Au centre du hameau de Veyges, deux maisons bien conservées remontent à 1687 et 1688 selon les dates gravées sur le poinçon soutenant le faîte..
Pendant le , une vague de constructions renouvelle le bâti du village. La cure est reconstruite aux frais des autorités bernoises en 1703.
L'église réformée, anciennement Sainte-Madeleine-et-Saint-Théodule, est un édifice du milieu du , avec clocher-porche probablement de la fin du . Nef et chœur couverts d'une voûte en berceau lambrissé, 1673. Cloches du , dont l'une datée 1420..
L'ère des sanatoriums vignette|gauche|Le village de Leysin à la fin du . vignette|Action de la station climatérique de Leysin en date du 15 mars 1902. Le pasteur vaudois Jean-Louis Muret (1715-1796) met en évidence dans son Mémoire sur l'état de la population dans le pays de Vaud (1766) la longévité frappante des habitants de Leysin. Dans son livre de 1789 Essay upon the principles of population, Thomas Malthus compare la durée de vie relativement longue des habitants du village (61 ans en moyenne) à celle d'autres communes européennes, ce qu'il attribue au climat sain et à l'isolement. C'est ainsi qu'au 19e siècle et durant la première moitié du 20e siècle, Leysin a acquis une renommée internationale en tant que lieu de convalescence..
Leysin accueille au des malades atteints de rachitisme, de crétinisme et, dès 1873, de phtisie. La route entre le Sépey et Leysin est inaugurée en 1875, le chemin de fer à crémaillère Aigle-Leysin en 1897. Dès 1888, deux médecins, Louis Secretan et Édouard de Cérenville, en compagnie d’un hôtelier, Ami Chessex, achètent des terrains en bordure de village, au Feydey. Le sanatorium du Grand Hôtel, par Henri Verrey, est l’un des premiers à être construits. Il est suivi de peu par celui du Mont-Blanc (1895), dû au même architecte.
vignette|Premiers sanatoriums, sur les hauteurs du village. Ces édifices, parmi lesquels on compte aussi le Chamossaire (1901), le Sanatorium populaire (1902), les Chamois (1903), ou le Belvédère (1906)"Le tourisme à Leysin: depuis cinquante ans seulement? " par Liliane Desponds dans la Revue historique vaudoise en 2006 , sont initialement conçus à la fois comme hôtels et maisons de soins. Mais vers 1900, la localité prend un tournant clairement médical., tout particulièrement avec l'arrivée en 1903 du Dr Auguste Rollier qui établit le premier sanatorium destiné à héberger des enfants tuberculeux, le « Chalet », les malades profitant de l'ensoleillement favorable de la station.
Lors de la Première Guerre mondiale, des villages de Suisse, dont Leysin, ont accueilli des prisonniers de guerre malades, sortis des camps allemands et français grâce aux négociations triangulaires menées dès le printemps 1915 par la Suisse. De à , y seront soignés à Leysin, principalement des Français, mais aussi des Belges, des Polonais et des Anglais. Néanmoins, 90 Français, 17 Anglais et 10 Belges y trouveront la mortÀ Leysin, les internés alliés prennent leur mal en patience, 24 Heures, 13 août 2017.
Le Sanatorium universitaire est constitué en 1922 sous la forme juridique d'une fondation par les universités de Bâle, Berne, Genève, Lausanne, Neuchâtel, Zurich et l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich. L'accès en est réservé aux professeurs, privat-docents, assistants et étudiants des Hautes Ecoles fondatrices atteints de tuberculose guérissable. Pendant sa période d'activité, le Sanatorium universitaire accueille 1500 patients et patientes de 40 pays. Sa clientèle diminue après la généralisation des traitements antibiotiques et l'établissement ferme en 1961 pour être transformé en hôtel estudiantin, puis démoli en 2006..
De 1900 à 1931, sociétés et particuliers érigèrent 277 nouveaux bâtiments aux tailles et architectures diverses, dont 38 construits au cours de l'année 1915. Dopé par des campagnes publicitaires très efficaces, le succès de Rollier va faire de Leysin une destination de cure emblématique puisque ce ne sont pas moins de 18 sanatoriums, accueillant plus de curistes du monde entier, que Rollier dirige en 1940. Par ailleurs, de nombreux établissements de cure indépendants sont bâtis dans la station, principalement pendant l'entre-deux-guerres. En 1946, la station compte en effet malades dans 80 sanatoriums.
La reconversion de l'après-guerre Alors qu'un traitement antibiotique efficace est découvert pour lutter contre la tuberculose, les cliniques ferment petit à petit dans les années 1950-1960. Leysin se convertit alors en station de tourisme d'hiver et d'été avec la réalisation de télécabines en 1956 et de divers centres sportifs. Fondée le 8 mai 1956, la société Leysintours prend le relais de la Société de Développement créée en 1923, mais cette fois pour réaménager les grands sanatoriums érigés au début du siècle.
Le Club Med est le premier à en bénéficier, à la demande de ses membres et aussi de ses salariés, qui peuvent ainsi effectuer une deuxième saisonDes copains, une envie, une affiche, et voilà le Club Med3" par Jean-Pierre Bécret, dans Le journal de l'école de Paris du management, en juin 2004 . Pour ne pas les décevoir et ne pas voir ses "gentils organisateurs" passer à la concurrence, il s'installe dans deux grands hôtels puis gère quatre hôtels dans la dizaine d'années qui suit. La station favorise aussi l'émergence du Tourisme social, qui prend forme à la fin des années 1950 en France. "Les Chamois" accueillent le groupement français Tourisme et Travail à l'été 1956. Le Touring-Club de France investit le Mont-Blanc pendant la saison d'été 1957.
En 1959 Leysintours devient peu à peu propriétaire d'autres bâtiments aménagés en hôtels, en accordant des contrats de location de dix ans. Les anciens sanatoriums sont transformés en établissements hôteliers et en écoles internationales qui participent à la réputation du village, comme l'American College of Switzerland (1963-2009) et la Leysin American School.
Le chanteur français Claude François a fait son dernier enregistrement télévisé les 9 et au restaurant « Le Leysin ». Rentré à Paris, il décède le de la même année.
De 1987 à 1993, Leysin accueille spectateurs en 7 éditions du Leysin Rock festivalLeysin Rock Festival http://www.jokka.ch/crbst_16.html. Des conditions météorologiques souvent mauvaises, dues au cadre de ce festival au sommet des montagnes, ont contribué à sa fin.
Population et société Gentilé et surnom Les habitants de la commune se nomment les Leysenouds.
Ils sont surnommés lè Faragnat ou Faragnis (les incendiaires ou les brûlés en patois vaudois, peut-être parce que le défrichage par le feu y a été pratiqué).
Démographie Évolution de la population Leysin compte au nombre des communes dont la part de résidences secondaires est supérieure à 20% (47,1% selon l'Office fédéral du développement territorial, au 31 décembre 2025), ce qui exclut en principe d'en construire de nouvelles.. Leurs propriétaires sont représentés par une association, l'APRSL.
Pyramide des âges
Composition de la population Avec 61,7 %, Leysin est la commune qui possède le plus fort taux de résidents étrangers de Suisse. En 2000, 56,1 % des habitants étaient francophones, 11,9 % anglophones et 3,5 % germanophones. Toujours en 2000, 18,0 % de la population était né et vivait à Leysin, 14,1 % était né dans le même canton, 12,0 % en Suisse, et 50,9 % dans un autre pays.