Louis Amédée Peyroux, né le à Peyrehorade (Landes) et mort le à Peyrehorade, est un médecin et homme politique français.

Biographie Jeunesse et formation Louis Amédée Peyroux est né dans les Landes, à Peyrehorade, au 45 rue Lembarry, le , de Louis Peyroux (1834-1914), huissierPremier adjoint au maire de Peyrehorade en 1914., et de Jeanne Pauline Laforêt (1849-1929).

Après des études secondaires au lycée de Bayonne, Amédée Peyroux entreprend des études de médecine, au cours desquelles il est lauréat de l’Institut et de l’Académie de médecineIl obtient notamment la mention honorable (juste après le de sa promotion) pour sa année à la faculté de médecine de Bordeaux (Le Progrès médical, journal de médecine et de pharmacie, 1891, ).. Il poursuit ensuite sa formation à l’École de médecine militaire de Lyon, puis à l’hôpital du Val-de-Grâce à Paris, où il obtient le titre de chef de clinique chirurgicale.

Carrière de médecin Nommé médecin aide-major en , il est d’abord envoyé au d'infanterie à Paris puis au Havre. Promu médecin-major de en 1901, il est affecté ensuite auprès des compagnies du régiment d'infanterie qui stationnent à Elbeuf (à l’époque département de Seine-Inférieure), dans la caserne Bachelet-Damville.

Il se marie à Bayonne le  avec Marie Élisabeth Élina Berthe Cavade (1878-1948). Le couple demeure en 1897 au 28 rue Lormand, à Bayonne. Ils ont au moins deux enfants : Marcel (né en 1898) et Simone (née en 1899).

Amédée Peyroux démissionne de l’armée en et s’y installe comme médecin généralisteIl habite, en 1916, 17 bis rue des Traites, puis réside en 1925 au de la rue Henry ; cependant, dans une pièce de son dossier de Légion d’honneur, l’adresse rue des Traites est biffée et remplacée par « Peyrehorade » au moment de son départ. Peut-être s’agit-il des adresses de son cabinet et de son domicile.. Il se fait connaître et apprécier des habitants par son aménité et ses talents, et s’occupe aussi du Bureau de bienfaisance. Il acquiert ainsi progressivement une notoriété et un réseau de sympathies. Il prononce quelques conférences publiques et publie également des articles dans le journal local L’Elbeuvien. Amédée Peyroux s’implique notamment dans une polémique locale après l’instauration de la « Goutte de lait »Pierre Largesse, « La goutte de lait d’Elbeuf. Étude sur son efficacité », Annales de démographie historique, 1990, ., service de distribution de lait stérilisé, décidée par le conseil municipal en 1898 (à l’imitation de celui créé par la ville de Fécamp en 1894). Le Dr Lourier, médecin attaché à cette institution, vante les mérites du lait stérilisé ; Amédée Peyroux, partisan de l’allaitement maternel, estime au contraire que « le nombre des enfants atteints par la diarrhée a été supérieur après »L’Industriel elbeuvien, 9 avril 1904.. Surtout, il démontre que le Dr Lourier, qui se présente aux élections municipales de 1904 sur la liste de Charles Mouchel (et sera élu), a exagéré les effets bénéfiques de la « goutte de lait », en truquant la présentation des statistiques annuelles de la mortalité infantile. En 1903, lors du XIVe Congrès international de médecine tenu à Madrid du 23 au , A. Peyroux présente une communication critique sur « Les gouttes de lait »« L’œuvre des Gouttes de lait de France. Leur fonctionnement. Leurs résultats », La Gazette médicale du Centre, août 1902, . et pareillement 1904, au Congrès national périodique de gynécologie, d’obstétrique et de pédiatrie, qui se tient à Rouen du 5 au en l’hôtel des Sociétés savantes.

Carrière politique À la suite du suicide du député-maire d’Elbeuf, Charles Mouchel, en 1911, la gauche locale, dépourvue de successeur solidement implanté, se trouve dans l’incapacité de présenter un candidat bénéficiant d’un ancrage local significatif.

Sollicité apparemment par des représentants de la Droite et les comités « républicains progressistes » (c’est-à-dire en fait conservateurs) – car aucun manufacturier ou notable local n’a eu le courage d’affronter les électeurs – Amédée Peyroux se présente alors à l’élection législative partielle du Pierre Largesse, « L’élection législative partielle d’Elbeuf de 1912 », Bulletin de la Société de l’Histoire d’Elbeuf, , décembre 2003, .. La campagne électorale est intense et passionnée. Bien que Jean Jaurès en personne (énorme meeting au cirque-théâtre le ) soit venu soutenir Ernest Poisson, avocat, délégué à la propagande de la SFIO de 1907 à 1912, A. Peyroux arrive en tête au premier tour. Il est élu finalement élu au second avec 6 333 voix contre 5 727 à E. Poisson. Il n’a pas encore 40 ans et débute ainsi, sans avoir jamais exercé d’autres mandats au préalable, une assez longue carrière politique en tant que député de la de Rouen, c’est-à-dire en fait celle des cantons d’Elbeuf et de Grand-Couronne.

Mandats successifs : Du au (Xe législature), membre du groupe des Républicains progressistes Du au (XIe législature), inscrit au groupe de la Fédération républicaine Du au (XIIe législature), groupe de l’Entente républicaine démocratique Du au (XIIIe législature), groupe de l’Union nationale républicaine et démocratique

Au Palais Bourbon, il siège alors sur les bancs des « progressistes », de 1912 à 1919, c'est-à-dire en fait de la Droite. C’est un conservateur et un nationaliste. Il vote pour Raymond Poincaré, soutient les gouvernements Briand et Barthou, et se prononce pour la liberté de conscience ou la liberté d’enseignement. Aux élections législatives générales de 1914, il se présente comme un « honnête homme », « à l’heure tragique où des ministres ont mis leurs fonctions au service de financiers véreux » et comme « un ami des travailleurs ». Après avoir tenté dans sa profession de foiProfession de foi du candidat Amédée Peyroux, Journal Officiel, 8 juillet 1914 (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6518919c/f520.image) de rallier un maximum d’électeurs, il l’emporte à nouveau, mais cette fois-ci avec une très faible avance, par 6 763 voix contre 6 469http://archives.assemblee-nationale.fr/dossiers/guerre1914-1918/docs/tableau_elections_1914.pdf. Mobilisé durant la Grande Guerre, il est fait chevalier de la Légion d'honneurDossier (base Léonore) : 19800035/1214/40199. à compter du . Il est alors médecin major de de réserve à la région Nord ; il sera nommé médecin major de (Gouvernement militaire de Paris), en 1919. À partir du , il passe dans le cadre de réserve. Il est par la suite élevé au rang d’officier de la Légion d’honneurLe ministère de la Guerre justifie ce passage au grade d’officier de la Légion d’honneur de la manière suivante : « Médecin qui a constamment rendu les services les plus remarquables par son action vigilante et éclairée, ses talents d’organisation, son zèle, son activité et son inlassable dévouement. » (dossier Légion d’honneur). La mention de « 47 annuités de services civils ou militaires » est cependant totalement erronée vu son âge ; il ne peut se prévaloir, en 1925, que de 30 années de services, au maximum., par décret du . Son brevet de réception lui est remis par le colonel Girod, un député et aussi un ami (Amédée Peyroux est alors médecin principal de 2e classe de réserve, rattaché au d’armée). Son dossier signale qu’il a également obtenu la croix de guerre 1914-1918. Il est réélu à la Chambre « bleu horizon », lors des élections de sur la liste présentée en Seine-Inférieure par l'Union nationale républicaine et démocratiqueVoir Programmes, professions de foi et engagements électoraux, Paris, Imprimerie de la Chambre des députés, 1920, p. 836-839., emmenée par Jules Siegfried, député du Havre. Celle-ci est entièrement élue ; ses membres obtiennent en moyenne 95 000 suffrages (et Peyroux 95 101), les candidats socialistes ne dépassant guère les 40 000 voix. Il l’emporte à nouveau en 1924 sous l’étiquette de l’Union républicaine démocratique à laquelle il appartient de 1919 à 1928 (en fait, il s’agit de la même obédience que la liste précédente), face à l’union des Gauches. Membre de la Fédération républicaine jusqu’en 1925, il semble se rapprocher ensuite des radicaux. Mais aux élections législatives de 1928, Amédée Peyroux, se présente curieusement en candidat indépendant. Il est alors battu par le candidat socialiste, René Lebret.

Activités parlementaires Amédée Peyroux fut un député très actif. Dès son entrée à la Chambre, où il occupe un poste de secrétaire de 1912 à 1914, il devient membre de la Commission de l'hygiène, dont il sera plus tard vice-président, et au sein de laquelle il fait preuve d’une très grande énergie. Il est également secrétaire de la Commission de l’assurance et de la prévoyance sociale, puis membre de la Commission de l’hygiène, des travaux publics et du travail et de la Commission des minesL'Écho des mines et de la métallurgie, 20 décembre 1927.. Il multiplie les propositions de loi, amendements et rapports, intervenant principalement sur des questions de santé, en rapport avec son domaine de compétence. Durant son premier mandat, il obtient la création d’une médaille de vermeil pour les vieux serviteurs et d’une médaille d’or pour les vieux ouvriers, mais surtout fait étendre la loi sur le repos des femmes en couches aux 4 millions d’ouvrières travaillant à domicile et à toutes celles sans ressources ne pouvant se livrer à aucun travail. Il fait insérer dans la loi sur les maladies professionnelles le libre choix du médecin par l’ouvrier (et prône l’expertise contradictoire et un demi-salaire pour les accidentés du travail) et participe aussi à une polémique entre médecins à propos de l’indemnisation des maladies professionnellesVoir Le concours médical. Guide précis du praticien, 1913, p. 164 et 1 100 notamment.. Il vote un certain nombre de lois sociales (limitation du travail journalier à 10 heures, salaire minimum, allocations aux familles nombreuses…) et demande même la semaine anglaise. Par contre, il vote contre le droit donné aux préfets de limiter les débits de boissons (apparemment au nom de la liberté de commerce), et se prononce pour l’établissement d’une surtaxe sur les grands magasins ou les magasins à succursale multiplesProfession de foi, Journal officiel, 8 juillet 1914, p. 1 123.. Il vote en faveur de la loi des trois ans (1913).

Certaines de ses propositions dénotent des tendances nationalistes : il dépose ainsi un projet de loi tendant à restreindre l’accès de l’internat des hôpitaux aux « non Français » et veut défendre les dentistes contre les étudiants de nationalité étrangère qui transforment leur diplôme universitaire en diplôme d’ÉtatLe concours médical. Guide précis du praticien, 1913, p. 991 et 1 273.. Durant la Première Guerre, tout en étant mobilisé comme médecin militaire, il revient fréquemment à la Chambre et intervient fréquemment sur les problèmes de santé et d'hygiène publiques : réglementation de la vente des spécialités pharmaceutiques, protection des femmes en couches et des enfants du premier âge, organisation du service de santé des armées, droits à pension des mutilés et des veuves de guerre, etc.

En 1915, il présente une proposition de loi tendant à rendre la vaccination et le rappel antivarioliques obligatoires à tous les âges. Il soumet à la Chambre plusieurs projets de loi concernant les femmes en couches, la puériculture, l’attribution de pensions aux veuves et orphelins de médecins morts en soignant des épidémies au même titre que ceux victimes de combats et intervient au sujet de l’organisation du service de santé des armées, des droits des mutilés et veuves de guerre.