La Mort d'un bureaucrate (titre original : ) est un film cubain réalisé par Tomás Gutiérrez Alea et sorti en 1966.
Synopsis Francisco J. Pérez, ouvrier exemplaire, concepteur d'une machine à produire des bustes de José Martí, le héros national, meurt broyé par sa propre invention. Sur proposition de Ramos, responsable de l'atelier des images révolutionnaires, il est enterré avec son livret de travail, symbole de sa condition sociale. Or, privée de ce document, sa veuve ne peut obtenir sa pension de réversion. Son neveu, Juanchín, effectue d'incertaines démarches pour exhumer le cadavre. Mais, une fois le mort déterré clandestinement, il faut, à nouveau, obtenir un permis d'inhumer. Et, comment ? Puisque le défunt ne figure pas légalement comme exhumé. La quête de Juanchín sombre dans l'absurdité et provoque son hystérie. Après un dernier refus de l'administrateur, il l'étrangle. Une ambulance le conduit alors à l'asile. Sur la route du cimetière, le corbillard du bureaucrate assassiné croise un véhicule du service d'hygiène qui, alerté par la présence d'oiseaux charognards près du domicile de la veuve, ramène d'urgence la dépouille de l'ouvrier modèle dans son caveau.
Fiche technique Titre du film : La Mort d'un bureaucrate Titre original : Réalisation : Tomás Gutiérrez Alea Scénario : Alfredo del Cueto, Ramón F. Suárez et T.G. Alea Musique : Leo Brouwer Décors : Luis Marquez, Luis Obregon Costumes : Elbà Perez Photographie : Ramón F. Suárez Son : Pablo Martinez, Carlos Fernandez Montage: Mario Gonzalez Production : Margarita Alexandre Société de production et de distribution : ICAIC (Institut cubain des arts et de l'industrie cinématographiques) Format : Noir et blanc, 35 mm Animation : Pepín Rodríguez (générique : Carruana) Pays de production : Langue originale : Espagnol Durée : 85 minutes Date de sortie : 1966
Distribution : Juanchín, le neveu de la veuve Silvia Planas : la veuve Gaspar de Santelices : Ramos Manuel Estanillo : l'administrateur du cimetière Carlos Ruiz de la Tejera : le psychiatre Elsa Montero : Sabor Omar Alfpnso : Cojimar Luis Romay : El Zorro Ricardo Suarez : Tarafa Regina Amador : la fille en bikini noir Pedro Pablo Astorga Roberto Agromonte Laura Zarrabeitia
Autour du film , écrit Antxon Salvador CastiellaA. Salvador : Le cinéma espagnol, Gremese, 2011, Rome.. Il est, néanmoins, recommandé de lever une équivoque : in : Films des Amériques latines, M. Blaquière-Roumette et B. Gille, Éditions du Temps, 2001, p. 234.. En effet, La Mort d'un bureaucrate a été réalisé à partir d'octobre 1965 et présenté en 1966. Or, la campagne antibureaucratique officielle, orchestrée par le quotidien Granma, se déroule du 5 au . À travers celle-ci, le pouvoir castriste poursuit, vraisemblablement, des objectifs de politique extérieure - désaccords conjoncturels avec l'Union soviétique - et de politique intérieure - lutte contre la fraction communiste dissidente d'Anibal Escalantein : Films des Amériques latines , op. cité.. Gutiérrez Alea traite, quant à lui, d'un réel problème de société. Films des Amériques latines, op. cité. dans la vie quotidienne des citoyens cubains. in : Film des Amériques latines. Alea a donc souvent réutilisé les expressions de l'humour telles qu'elles ont pu se développer à travers l'histoire du cinéma. , dit le réalisateurin : Cineaste, New York, 1979.. Comme il fallait le prévoir, les burlesques américains sont les plus présents : Laurel et Hardy, Harold Lloyd, Buster Keaton... mais, peut-être aussi les pionniers de l'animation Georges Méliès et Segundo de Chomón. in : Film des Amériques latines, op. cité. La Mort d'un bureaucrate aura pourtant fait rire les bureaucrates eux-mêmes. Gutiérrez Alea reconnaît le fait et confesse : Entretien avec Michèle Firk, Positif, n° 85, juin 1967. Plus tard, le cinéaste cubain affirmera : T.G. Alea, Interview de Gary Crowdus, Un apoyo moral a las victímas del burocratismo, Cineaste, New York, 1979.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Propos de Tomas Gutierrez Alea recueillis par Michèle Firk, Positif, , Paris, , Michel Boujut, « Subversion de l'humour noir », L'Avant-scène du Cinéma, , L'Avant-scène du cinéma SARL, Paris, , , Yolanda Mollon et Emmanuel Vincent, « Découpage. La Mort d'un bureaucrate », ibid., Claude Bouniq-Mercier, « Mort d'un bureaucrate (La) », Guide des Films F-O (sous la direction de Jean Tulard), Éditions Robert Laffont (collection Bouquins), Paris, 2005, 2399 p., ,
Liens externes
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