Pierre de Lupel, né le à Thiviers (Dordogne) et mort le à Paris, est un avocat, propriétaire terrien et homme politique français.

Biographie Famille vignette|gauche|upright=0.9|Armes de la maison de Lupel. Pierre Marie Édouard de Lupel appartenait à la famille de Louvel, vieille famille noble originaire de Picardie, autorisée à changer son nom en « de Lupel » par ordonnance royale du Bulletin des lois de la République Française, Volume 11, page 543, reprise depuis du nom de Louvel..

Cette famille de noblesse d'extraction (1546)E. de Séréville, F. de Saint-Simon, Dictionnaire de la noblesse française, 1975, page 669. fut reconnue noble par arrêt du parlement du Jean ou Francois Haudicquer de Blancourt, Nobiliaire de Picardie, 1693, page 311., maintenue noble en 1699 sur preuves de 1546Henri Jougla de Morenas, Grand Armorial de France, tome 4, page 482..

Il était le fils du comte Guillaume de Lupel (1854-1919) et d’Alix de Montalembert (1856-1942).

Par sa mère, il était l'arrière-petit-fils de Louis Victor Léon de Rochechouart, le neveu de Geoffroy de Montalembert (1850-1926), député du Nord, et le cousin germain de Geoffroy de Montalembert (1898-1993), député puis sénateur de Seine-maritime.

Il épouse Marguerite Desjardins, fille de Jules Desjardins et sœur de Charles Desjardins, qui furent tous deux députés de l’Aisne. Il est le père de Guillaume et Antoine de Lupel. 

Début de carrière politique avant 1914 Avocat à Paris, il plaide peu et se consacre à la gestion de ses domaines agricoles dans la Somme. Ayant le goût de la politique, il devient le premier vice-président de la conférence Molé-Tocqueville.

Officier pendant la Grande Guerre

Mobilisé le comme lieutenant d'infanterie, Pierre de Lupel est envoyé sur le front des Ardennes où, dès les premières semaines de la guerre, il abat en duel un officier allemand. vignette|178x178px|Pierre de Lupel, capitaine d'infanterie, en 1915. Maurice Thiéry relate ce fait dans L'Héroïsme français pendant la guerre 1914-1918Maurice Thiéry, L'héroïsme français pendant la guerre 1914-1918, Ducrocq (Paris), 1921, pages 9 et 10. :

Thomas Herbert Russel rapporte aussi ce fait dans America’s War For HumanityThomas Herbert Russel,America’s War For Humanity, Éditeur H. Miller (Chicago), 1919, chapitre XIV. : Lieutenant de Lupel of the French army is said to have endeared himself to his command by a most unusual exhibition of what they are pleased to term “old-fashioned French gallantry”. Accompanied by a few men, Lieutenant de Lupel succeeded in surrounding a German detachment occupying the station at Mezieres.  The Lieutenant, on searching the premises, came upon the German officer hiding behind a stack of coal.  Both men leveled their guns, and for a moment faced each other.“After you”, finally said the Frenchman courteously. The German fired and missed, and Lieutenant de Lupel killed his man.The French soldiers cheered their leader, and he has been praised everywhere for his action "

À la bataille de la Marne de 1914, Pierre de Lupel est blessé une première fois et, à peine rétabli, il repart au front. En , il est blessé une deuxième fois à Flirey en Lorraine. Guéri, il demande à rejoindre son régiment sans attendre son tour de départ. Il est promu capitaine.

Le , à la bataille de Verdun, à la tête de sa compagnie de mitrailleuses, il défend avec héroïsme sa position et repousse les attaques de l'infanterie allemande. Lors de cet engagement, il est à nouveau blessé, mais grièvement cette fois.

Le à l'ordre du jour, il fait l'objet de la citation suivante :

Le général Alby, commandant le groupement nord-ouest de la défense de Verdun, cite à l’ordre du jour le capitaine de Lupel  (Pierre-Marie-Édouard), commandant la compagnie de mitrailleuses de la d’infanterie :

Déclaré inapte au service armé, il est affecté à l’état-major du maréchal Foch qui le charge de missions en Roumanie puis en Russie. Fait prisonnier à Moscou par les révolutionnaires, puis condamné à mort, il réussit à s'échapper.

Après l'armistice du 11 novembre 1918, il est envoyé à Fiume, Prague et enfin à Varsovie où il contribue à la formation de la nouvelle armée polonaise.

Retour à la vie politique et mort en fonctions

Au service de la politique locale

Le retour à la paix lui permet de regagner ses terres de Warvillers, dans la Somme.

Physiquement très éprouvé par ses blessures de guerre, il reprend ses activités agricoles et s'emploie généreusement à mettre ses connaissances au profit de son village et du développement du Santerre, notamment par les coopératives dont il devient administrateur.

Il contribue à la réorganisation de la vie régionale et à la reconstruction des régions dévastées par les combats de la première guerre mondiale.

En 1920, il est élu maire de Warvillers, succédant à son père qui avait exercé cette charge pendant trente-deux ans.

Sur le plan national, hostile à la formation du Cartel des gauches, il défend la politique d'union nationale de Raymond Poincaré et se présente aux élections législatives du . Candidat dans la Somme sur la liste républicaine d'union nationale et sociale, il n'est pas élu, la plupart des sièges ayant été emportés dans la Somme par la liste présentée par les radicaux et radicaux-socialistes.

Retour à la Chambre des députés

Mais la popularité de la gauche s'atténue en 1926 avec l'aggravation des difficultés financières et, aux élections d', les modérés triomphent. C'est alors que, dénonçant la politique du cartel qu'il accuse d'être un véritable « gâchis », Pierre de Lupel se présente pour la seconde fois aux élections législatives pour lesquelles le scrutin majoritaire uninominal avait été rétabli. Il est élu le dans la circonscription de Montdidier, au second tour de scrutin, par 5.387 voix contre 5.141 à son principal adversaire, Tonnellier, sur 12.459 votants.

À la Chambre, il siège parmi les républicains de gauche. Secrétaire de la Chambre, membre des commissions des régions libérées et de l'aéronautique, Pierre de Lupel ne connaît que la première année de cette . Les séquelles de ses blessures ne lui permettent pas de prendre une part active aux travaux de la Chambre et de défendre les intérêts de l'agriculture comme il s'y était engagé.

Mort En 1929, il est élu conseiller général du canton de Rosières, en remplacement de Louis-Lucien Klotz, mais son état de santé ne lui permet pas de siéger durant plus d'une session.

Après plusieurs mois d'inactivité due à la maladie, Pierre de Lupel s'éteint à Paris, le , à l’âge de .

Décorations Pierre de Lupel était chevalier de la Légion d’honneur à titre militaire et avait reçu la croix de guerre, les insignes de l'ordre de Michel le Brave de Roumanie et celles de l’ordre de l'Aigle blanc de Serbie. Notes et références

Voir aussi Bibliographie Jean Jolly, Dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940Assemblée Nationale : base de données des députés français depuis 1789. Journal d'Amiens, Mémorial de la Somme du

Articles connexes Familles subsistantes de la noblesse française

Liens externes

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