L'abbaye Notre-Dame de Bellefontaine est une abbaye française en activité fondée en 1120 sur la commune actuelle de Bégrolles-en-Mauges dans le département de Maine-et-Loire, en France. De 1816 à 2025, sa communauté est composée de moines trappistes, qui sont remplacés par des moines bénédictins en 2026.

Histoire Avant l'abbaye bénédictine Il semble qu'un ermite, peut-être avec un ermitage, préexiste à l'abbaye elle-même ; on le date autour de 1010 ..

La fondation L'abbaye est fondée vers 1120 ; à cette date un document atteste l'existence d'une charte passée entre Pétronille de Chemillé, première abbesse de l'abbaye Notre-Dame de Fontevraud, et Pierre, premier abbé de Bellefontaine.

Au Moyen Âge L'abbaye est notamment connue pour la visite qu'y fait en 1305 Bertrand de Got, alors archevêque de Bordeaux, qui y apprend qu'il est élu pape sous le nom de Clément V. En souvenir de ce jour, le nouveau pape offre une statue en pierre de la Vierge qui se trouve encore aujourd'hui dans l’église, adossée au pilier droit du chœur.

Les guerres de Religion En 1610, les armoiries royales sont apposées sur l'abbaye. Bellefontaine devient abbaye royale sur décision du roi Henri IV. Ce geste vient comme une réparation des ravages que l'abbaye à subit durant les guerres de Religion, tantôt par les Huguenots que par les Ligueurs.

Le régime de la commende Comme de nombreuses autres abbayes à l'époque, celle de Bellefontaine est placée sous le régime de la commende à partir de la fin du . Ce régime permet initialement à un clerc non régulier ou même à un laïc de prendre le contrôle d'une abbaye, sans s'impliquer dans la vie proprement monastique. Ce régime aboutit à une déshérence très nette des ordres religieux qui y sont soumis, tant du point de vue spirituel que matériel.

Le temps des réformes En 1637, face à l'aggravation du déclin de l'abbaye, le nouvel abbé commendataire, Michel Sublet, tente de remplacer la règle bénédictine en vigueur par celle de la congrégation de Saint-Maur ; c'est un échec et les Mauristes sont remplacés au bout de cinq ans par les Feuillants, qui resteront presque 150 ans à Bellefontaine.

La Révolution left|vignette|220px|Louis Boudan, Vue de l'abbaye de Bellefontaine dans le diocèse de la Rochelle, dessin, lavis d'encre de Chine, 1707, BnF.

La réforme n'empêche pas le monastère de péricliter puisqu'il ne reste que trois moines feuillants en 1790. Ils sont chassés avec la Révolution.

Le mobilier est vendu puis c'est l'abbaye elle-même, qui sera transformée en prison durant la guerre de Vendée. Les archives de l'abbaye sont également brulées.

Bellefontaine devient un haut lieu de pèlerinage durant cette période. Le généralissime Jacques Cathelineau vient prier à la chapelle de Bon-Secours. À la suite de la défaite de Cholet le 17 octobre 1793, les Vendéens se replient par milliers vers la Loire marquant l'épisode de la virée de Galerne. Ils passent par Bellefontaine en emportant avec eux la statue en bois de la Vierge de la chapelle. Celle-ci disparait pour toujours lors du passage du fleuve.

L'abbaye est quant à elle saccagée et brulée puis laissée à l'abandon pendant plusieurs années. La chapelle est elle-aussi détruite par les Bleus.

La reprise de la vie monastique : les Trappistes (1816-2025) En 1816, le père Urbain Guillet rachète l'abbaye et s'y installe avec quelques moines Trappistes. Dès 1817, ils sont une quinzaine. Au tournant des années 1870, l'abbaye compte environ une centaine de moines.

L'abbaye est reconstruite sous l'abbatiat de Jean-Marie Chouteau par l'architecte Alfred Tessier. En 1866, le jeune abbé hérite d'une abbaye dans un tel état de vétusté que même l'église tombe en ruine. Il n'existe aucun bâtiment pour recevoir les hôtes. Il faut attendre 1876 pour que l'hôtellerie voit le jour et 1879 pour que l'église actuelle soit inaugurée par l'évêque d'Angers Charles-Émile Freppel. La statue en pierre de la Vierge qui fut donné par Bertrand de Got est retrouvée et restaurée durant cette période. Figurent dans les nouveaux éléments de construction, des vestiges de l'abbaye primitive, en particulier des contreforts et un porche dans le cloître datant du . La communauté doit cependant se disperser en 1880. Cette expulsion suscite une vague d'indignations et de protestations, mobilisant des milliers de fidèles. La situation finit par s'apaiser, non sans difficultés, au tournant du mois de décembre de la même année. C'est également sous l'abbatiat de Dom Chouteau que la communauté prospère ; un monastère est fondé au Canada en 1881, l'abbaye d'Oka. D'autres suivront sur les cinq continents au cours du .

L'abbaye est marquée par la figure de Gabriel Sortais, abbé de Bellefontaine de 1936 à 1951, devenu supérieur général de l'Ordre jusqu'à sa mort brutale en 1963.

En 1960, l'abbaye est la première à ouvrir ses portes à une caméra.

À partir de 1966, la communauté édite des textes de spiritualité qui sont comme un pont entre le monachisme d'Orient et d'Occident, d'hier et d'aujourd'huiAbbaye Notre-Dame de Bellefontaine, Découvertes des abbayes, monastères et couvents en France..

C'est aussi le temps des réformes avec le deuxième concile œcuménique du Vatican et la figure de Dom Emmanuel Coutant, abbé de Bellefontaine durant près de 35 ans.

La communauté est marquée par l'assassinat, au monastère de Tibhirine en Algérie, de trois de ses anciens membres le : Bruno Lemarchand, Célestin Ringeard et Michel Fleury. Tous les trois, considérés par l'Église catholique comme martyrs, sont béatifiés In odium fidei par le pape François le 8 décembre 2018.

Au début des années 2020, la communauté de Bellefontaine compte environ une vingtaine de moines qui vivent principalement d'activités agricoles, en particulier de vergers de pommes, poires et kiwis, vendus sur place.. Une hôtellerie permet à une quarantaine de retraitants de passer un ou plusieurs jours à l'abbaye dans le silence et la prière, bénéficiant également des offices liturgiques (laudes : 7 h, vêpres : 18 h).

En 2025, la communauté indique quitter les lieux le , suite au vieillissement de ses membres.. Sur les 13 moines, sept vont rejoindre la maison de retraite des sœurs de la congrégation Sainte-Marie de Torfou. Parmi les moins âgés, trois choisissent une autre communauté pour y poursuivre leur vie monastique, et trois autres, vont vivre une expérience transitoire avant de faire un choix définitif. Toutefois, parmi les moins âgés, deux frères vont continuer de vivre sur place pour faire la transition avec la nouvelle communauté jusqu'au mois de juillet 2026. Avec l’aide des employés présents sur le site, ils maintiendront les activités économiques, en particulier la production de pommes et de kiwis ; ils assureront aussi le bon fonctionnement du magasin..

(2026) Des bénédictins de l'abbaye du Barroux s'installent courant 2026.. Lors du chapitre du , douze pères et frères sont désignés pour partir : père Raphaël (prieur), père Robert (sous-prieur), pères Cyrille, Matthieu, et Benoît ainsi que les frères Étienne, Tarsicius, Jean-de-Dieu, Gabriel, Charles-de-Foucauld, Colomban et Emmanuel.

Le , fête de Saint-Benoît, a lieu la messe d'installation des nouveaux moines bénédictins en présences des membres Trappistes de l'ancienne communauté. Elle est célébrée par Dom Louis-Marie, père-abbé du Barroux, en présence de l'évêque d'Angers Emmanuel Delmas, ordinaire du lieu, et de l'évêque de Luçon Renauld de Dinechin... Lors de la cérémonie figure également les pères abbés Dom Dupont, abbé émérite de Solesmes, Dom Pateau, de Fontgombault, Dom Philippe Piron, abbé émérite de Kergonan, le père Christophe Gapais, supérieur de Riaumont, l’abbé Loiseau, fondateur des Missionnaires de la Miséricorde, le père Augustin-Marie Aubry, supérieur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier..

Près de 2000 personnes sont présentes lors de l'inauguration. Durant la célébration eucharistique est lu un message du cardinal Pietro Parolin transmettant la bénédiction apostolique du pape Léon XIV, puis lecture est faite du décret d’érection canonique du prieuré, des messages de l’abbé primat des bénédictins Jeremias Schröder et de l’abbé général des trappistes Bernardus Peeters. Enfin, une charte de transmission de l’abbaye est signée entre les derniers trappistes présents et les douze moines fondateurs..

Liste des abbés Abbés 1115-1149 : Pierre 1150-1168 : Gérard 1168-1170 : Chrétien 1170-1173 : Bruno 1173-1187 : Jean 1187-1200 : Gérard II 1200-1223 : Jean II 1223-12?? : Pierre II 12??-1345 : Pierre III 1345-1403 : Pierre IV 1403-1429 : Thibaud 1429-14?? : Louis 14??-1488 : Robert 1488-1525 : Robert II de L’Espinose 1525-1539 : Pierre V Lambert 1539-1552 : Guillaume Menier 1552-1558 : Guillaume II Goupilleau 1558-1564 : Vacance 1565-1595 : Charles de Bourbon, prince de La Roche-sur-Yon 1595-1598 : Nicolas de Thou 1598-1602 : Jacques-Auguste de Thou 1602-1609 : René Maquenon 1610-1642 : Simon de La Lucière 1642-1649 : Michel Sublet d’Heudicourt 1649-1680 : Henri de Bruc de Montplaisir 1680-1704 : Jean-François de Bruc de Montplaisir (probablement neveu du précédent, fils de son frère René ?) 1704-1709 : Charles II Marcien de Druy 1709-1710 : François Le Roy de Chavigny 1710-1720 : Louis II de Balzac d’Entragues 1721-1735 : François II Mareschal 1735-1736 : Vacance 1737-1754 : Guillaume III Geoffroy-Jean-Pierre de Blanes de Millas 1754-1789 : Pierre VI Léonard de Luage

Supérieurs 1816-1817 : Urbain Guillet 1817-1828 : Michel II Le Port (1) Abbés 1828-1830 : Michel II Le Port (2) 1830-1845 : Fulgence Guillaume (1) 1845-1850 : Augustin de La Forest-Divonne 1850-1866 : Fulgence Guillaume (2) 1866-1930 : Jean-Marie Chouteau 1930-1936 : Jean-Baptiste Auger 1936-1951 : Gabriel Sortais 1952-1987 : Emmanuel Coutant 1987-2004 : Étienne Baudry 2004-2024 : Jean-Marc Chéné 2024-2026 : Samuel Gonçalves, supérieur

Prieur Depuis le : Père Raphaël

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Ordre cistercien Abbaye Notre-Dame des Gardes Abbaye d'Oka Abbaye Saint-Joseph de Spencer Diocèse de La Rochelle (1648-1790) Diocèse d'Angers

Liens externes

Site officiel de l'abbaye

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