La bataille de Dinant est livrée du 12 au pour le franchissement par les unités blindées allemandes de la Meuse dans le secteur de Dinant et de ses environs en Belgique, face aux Français, lors de la bataille de France.
Les Allemands réussissent à établir une tête de pont et, repoussant les renforts blindés français à la bataille de Flavion, poursuivent leur progression vers l'ouest. Concurremment avec les autres franchissements de la Meuse (à Sedan, Monthermé, Givet…), une brèche est ouverte le dans le front français, large de Namur jusqu'à l'extrémité Est de la Ligne Maginot.
Les unités de chars allemands engagées dans cette bataille doivent couvrir le flanc nord de celles effectuant la percée de Sedan qui a lieu simultanément et qui représente l'axe principal de l'offensive allemande, la percée à Dinant était donc moins importante mais contribua ainsi à l'encerclement des armées alliées en Belgique et dans le nord de la France qui est effectif une semaine plus tard.
Contexte historique
Au printemps 1940, le Troisième Reich se prépare à démarrer sa grande offensive à l'ouest, sur les Pays-Bas, le Luxembourg, la Belgique et la France.
Les Allemands ont prévu d'appliquer le plan jaune : leur groupe d'armées B attaquera les Pays-Bas et avancera dans la plaine belge, y attirant ainsi l'aile marchante des Franco-Britanniques qui eux suivront le plan Dyle-Bréda prévu dans le cas d'une telle offensive allemande dans les pays neutres.
Dans le même temps, le groupe d'armées A allemand lancera l'attaque principale, à travers les Ardennes avec en premier échelon ses formations de chars : la Panzergruppe von Kleist qui a la mission essentielle, percer le front français sur la Meuse (surtout à Sedan mais également à Monthermé) pour atteindre la Manche, au cours de sa progression son flanc nord devra être assuré par la Gruppe Hoth qui aura à percer le front sur la Meuse au niveau de Dinant.
C'est en effet sur le cours de la Meuse compris entre Namur et le confluent avec la Chiers (un peu à l'est de Sedan) que le plan Dyle prévoit d'établir le front défensif. Dinant et ses alentours vont ainsi à nouveau être le théâtre de combats après ceux subit en 1914 lors de la Première Guerre mondiale.
Objectif Dinant vignette|Vue de la ville et de la Meuse depuis la citadelle de Dinant. C'est l'aile gauche de la armée française, constituée des d'armée ( CA) et CA qui doivent se porter sur la partie belge de la Meuse à défendre. Du nord au sud : le CA entre Namur (liaison avec la française) et l'île de Houx, au nord de Dinant, avec son unique division, la d'infanterie motorisée, puis le CA occupe la Meuse depuis cette île, d'abord avec sa d'infanterie ( DI) puis avec la DI jusqu'au sud de Givet en France (celle dernière division n'est pas concernée par la bataille de Dinant mais par celle de Givet).
Le terrain est nettement favorable aux défenseurs.. Le général Hoth, commandant le groupement éponyme, pour réussir son attaque, espère donc être sur la Meuse avant que les Français n'aient pu se mettre en place, c'est-à-dire faire traverser à ses troupes motorisées les depuis la frontière allemande en moins de temps que les défenseurs ne fassent les depuis leurs zones de départ en France.
Les deux divisions d'infanterie du CA sont hippomobiles, tandis que la division du CA, malgré sa dénomination, n'est en réalité que partiellement motorisée, son infanterie se déplaçant à pied. Les Français sont conscients de risquer d'arriver après les Allemands, même s'ils ne pensent pas que l'attaque principale aura lieu sur la Meuse. Pour éviter cela, ils prévoient que 5 divisions légères de cavalerie (essentiellement) soient envoyés dans les Ardennes (dès l'appel à l'aide de la Belgique) pour ralentir et jalonner l'avance allemande. Dans le secteur de la , face au corps de Hoth, il s'agit des légère de cavalerie ( DLC) et DLC.
Ordre de bataille Forces alliées (général André Georges Corap)
légère de cavalerie ( DLC, général d'Arras) brigade de cavalerie (général d'Humières) de chasseurs à cheval (colonel d'Amonville) de dragons (lieutenant-colonel Challan-Belval) brigade légère mécanique (général Moulin) régiment d'automitrailleuses (lieutenant colonel de Lannurien) de dragons portés (lieutenant-colonel Durand de Villers) d'artillerie (lieutenant-colonel Emond)
légère de cavalerie ( DLC, général Barbe) brigade de cavalerie (colonel Marteau) de dragons (colonel Cuny) de dragons portés (colonel Rey) brigade légère mécanique (colonel du Temps) { régiment d'automitrailleuses (lieutenant colonel Grévy) de dragons portés (chef de bataillon Pommarès) d'artillerie (lieutenant-colonel Baratchart)
d'infanterie nord-Africaine (général Sancelme) Infanterie (colonel Bernard) de tirailleurs algériens (colonel Magnin) de tirailleurs algériens (colonel Eigenscheck) de zouaves (lieutenant-colonel Pothuau) Artillerie (colonel Chausdessole) régiment d'artillerie nord africaine (lieutenant-colonel Siviende) 233 régiment d'artillerie nord africaine (lieutenant-colonel Bonnot) groupe de reconnaissance de division d'infanterie (colonel Préaud)
d'infanterie (ne participe pas à cette bataille)
corps d'armée ( CA, général Bouffet) d'infanterie motorisée ( DIM, général Boucher) Infanterie (général Dunoyer) d'infanterie (ne participe pas à cette bataille) d'infanterie (colonel Dugenet) d'infanterie (colonel Taschet des Combes) Artillerie (colonel Chausdessole) d'artillerie divisionnaire (lieutenant-colonel Maillard) d'artillerie lourde divisionnaire (lieutenant-colonel Duhil de Benazé) groupe de reconnaissance de division d'infanterie (colonel Préaud)
corps d'armée ( CA, général Martin) d'infanterie ( DI, général Duffet) Infanterie (colonel Pollet de Saint Ferjeux) d'infanterie (lieutenant-colonel Boby) d'infanterie (colonel Mazoyer) d'infanterie (lieutenant-colonel Tauréo) Artillerie (colonel Allard) d'artillerie divisionnaire (colonel Benedetti) d'artillerie lourde divisionnaire (colonel Meaux) groupe de reconnaissance de division d'infanterie (lieutenant-colonel d'Orth) d'infanterie (ne participe pas à cette bataille)
corps d'armée (ne participe pas à cette bataille)
éléments des chasseurs ardennais. Un certain nombre de soldats belges stationne également dans la ville, dont des soldats du génie ( du génie).
Forces allemandes XV. Armee-Korps (Hermann Hoth)
5. Panzer-Division (Generalleutnant Max von Hartlieb-Walsporn) (Generalmajor Haarde) (Oberst Streich) (Oberst Werner) (Oberst Degener) (Oberst Lübbe (Oberst Stegmann) (Oberst Leyers)
7. Panzer-Division (Generalleutnant Erwin Rommel) (Oberst Rothenburg) Panzer-Abteilung 66 (Oberst Fürst) (Oberst von Unger) (Oberst von Bismarck) (Oberst Fröhkich)
Prélude Le , un régiment français d'artillerie de canons de 75 Modèle 1897 ( d'artillerie) est déployé à Sommière, près de Dinant. Un combat aérien oppose dans la journée un chasseur de l'Armée de l'air française et deux appareils allemands, qui sont abattus au-dessus de Sommière. À Rosée sur la route de Philippeville, la DCA française ouvre le feu contre des avions de la Luftwaffe alors que la ville est la cible de quelques bombardements.
Les civils évacuent dans la panique en direction de Bruxelles, craignant une invasion imminente des Allemands, ce qui provoque un amas de réfugiés sur les routes belges. Marche-en-Famenne est prise le après des combats opposant la légère de cavalerie française contre les avant-gardes blindées allemandes de la 5. Panzer-DivisionYves Buffetaut, Ardennes 1940 : La percée allemande (Militaria Magazine HS ), 2010, .
Déroulement de la bataille Combats pour le contrôle de Dinant Le , devant la menace que constitue l'arrivée imminente des Allemands du XV. Armee-Korps, le pont qui traverse la Meuse en face de la Collégiale Notre-Dame de Dinant est saboté peu après 16 h par des soldats du génie belgesHISTOIRE DU PONT DE DINANT ( PARTIE De 1866 à nos jours), genedinant.be, 4 janvier 2008. En effet, à la fin de la journée les Allemands de la 7e Panzerdivision d'Erwin Rommel arrivent sur la rive droite de la Meuse au niveau de Dinant.
Pendant les combats l'artillerie allemande tire notamment sur la citadelle de Dinant qui sera endommagéeTémoignage de G.Starcke, correspondant de guerre auprès de la 7. Panzer-Division, cité par. La rive gauche de Dinant est défendue par le II/ d'infanterie (capitaine Fillaux) et une majeure partie du I/ d'infanterie (capitaine Cadieu).
Le quartier nord de la ville, Leffe, est pris dès le en fin de journée par les Allemands de la 7e Panzerdivision. Aussi les Allemands qui veulent dès le lendemain franchir la Meuse à Leffe en direction de Bouvignes, fleuve sur lequel repose une partie de la ligne principale de résistance française prévue par le généralissime Maurice Gamelin, devront le faire à l'aide de canots pneumatiques. Parallèlement, la division fera traverser une autre de ses unités (le Schützen-Regiment 6) plus au nord, au sud de l'Île de Houx (où la Panzerdivision traverse déjà).
Ce sont les Allemands du Schützen-Regiment 7 de Georg von Bismarck qui commencent à partir de 3 h 30 le à bord d'embarcations de fortune la traversée vers Bouvignes, sous une légère brume, mais les Français du I/ d'infanterie établis sur l'autre rive tirent et obligent les Allemands qui sont parvenus à traverser à rester protégé derrière le remblai de la voie ferrée, tout en empêchant toute nouvelle traversée ; plus au nord la traversée du Schützen-Regiment 6 est au même point mort, « les pertes [allemandes], blessés ou morts, sont considérables »Témoignage de G.Starcke, correspondant de guerre auprès de la 7. Panzer-Division, cité par . Le château de Crèvecœur dominant Bouvignes, utilisé comme poste d'observation par l'artillerie française, est attaqué. Aidée par la brume matinale, une compagnie parvient à atteindre le château avant d'être accueillie par des tirs de mitrailleuses tirant depuis la ville et des casemates implantées sur les hauteurs du château Battle of Dinant - May 12-14, 1940, consulté le 25 avril 2013. Les tirs des Panzer, « une pluie d'acier », ne parviennent pas à faire cesser ceux des Français, aussi Rommel et son supérieur, Hermann Hoth, prennent des mesures dans le but d'améliorer la situation : Rommel fait mettre le feu aux maisons de Leffe pour que la fumée masque les opérations mais seuls deux bataillons sont disponibles. Le soutien aérien de la Luftwaffe, déjà appelée à Sedan est indisponible. Des chars plus puissants (Panzer III et Panzer IV) arrivent en renfort avec une batterie d'obusier leH18 de la I./Artillerie-Regiment 78. Leurs tirs nourris calment l'intensité du feu des défenseurs, la traversée des Allemands reprend et le village de Bouvignes tombe aux mains des Allemands dans la matinée.
Les deux premières voitures blindées allemandes, envoyées en éclaireur dans Dinant, trouvent une ville déserte, la population se souvenant de l'invasion sanglante de 1914.
Dans le secteur de Houx et Yvoir vignette|Junkers Ju 87 similaire à ceux employés par la Luftwaffe le 12 mai lors de la bataille. C'est à Houx et à Yvoir le dimanche en fin d'après-midi, que les Allemands de la Voraus-Abteilung Werner, avant-garde de la Panzerdivision (Max von Hartlieb-Walsporn) mais temporairement sous contrôle de la 7e Panzerdivision (Erwin Rommel), atteignirent la Meuse, étant donc la première unité parmi celles engagées dans les Ardennes à atteindre le fleuve. Les Allemands se présentent ainsi à 16 h 30 devant le pont rail de Houx qui venait d'être détruit à 14 h 45 par le génie belge ( du génie), ses superstructures métalliques émergeant encore de l'eau sont défendues par un détachement du de chasseurs ardennais s'appuyant sur un petit bunker, mais un tir allemand au but sur celui-ci pousse les défenseurs à se replier, laissant un mort dans le bunker.