Avant 1960, en dehors de l'agglomération parisienne, le numéro de téléphone des régions françaises comporte un indicatif départemental. Dans certaines grandes villes, on compose un préfixe (soit une ou deux lettres, soit une lettre et un chiffre) suivi de quatre chiffres, ce qui induit une combinaison alphanumériquecertaines des précisons qui suivent ont été apportées par Thierry Couture à la suite de recherches effectuées en avril-mai 2013 à la Bibliothèque Historique des Postes et des Télécommunications - BHPT (89-91 rue Pelleport - 75020 PARIS)..

Automatisation L'automatisation du réseau téléphoniqueEncyclopédie des PTT, tome 2, 1957, p.98-99., permettant de supprimer l'intervention des opératrices, est déjà entamée en 1912 à Paris et en 1913 à Nice. Elle a nécessité un plan de numérotation de l'ensemble du territoire, donc l'introduction d'indicatifs littéraux pour les centraux régionaux.

Dès la généralisation de l'automatisation des centraux en 1928, les appareils téléphoniques possèdent un cadran à 10 ouvertures permettent de composer des numéros alphanumériques. Le cadran comporte donc, sur le modèle de celui du Royaume-Uni, l'alphabet complet (sauf le Z) superposé aux chiffres, imprimé sur un disque rotatif (dit système Rotary). Le 1 étant réservé aux services, les lettres sont majoritairement distribuées par groupes de trois : thumb|Téléphone à disque rotatif. 2 = ABC ; 3 = DEF ; 4 = GHI ; 5 = JKL ; 6 = MN ; 7 = PRS ; 8 = TUV ; 9 = WXY ; 0 = OQ. Indicatifs littéraux Le plan de numérotation téléphonique en France de 1946 prévoit d'utiliser, en province, quatre chiffres précédés, selon l'importance du réseau, d'un caractère quand le nombre de commutateurs ne dépasse pas 9, ou de deux caractères à partir de 10.

Ainsi, dans trois grandes villes (Lyon, Marseille et Toulouse) on compose les deuxà Lyon et à Marseille, on compose primitivement la première lettre, puis les deux premières à partir de 1948 à Marseille, et de 1951 à Lyon. À Toulouse, on compose toujours les deux premières lettres. premières lettres d'un indicatif (comme en Amérique du Nord), suivies de deux fois deux chiffres.

Voici la liste des préfixes : Burdeau, Franklin, Gailleton, Lalande, Moncey, Parmentier, Terreaux, Villeurbanne à Lyonles indicatifs littéraux apparaissent à Lyon dès juin 1919 avec Vaudrey, en service jusqu'à juillet 1934. Suivront Barre, en service de juillet 1920 à 1927 ; Burdeau, en janvier 1928 ; Franklin et Villeurbanne, en mai 1928 ; Lalande, en 1929 ; Moncey et Parmentier, en juillet 1930 ; Gailleton, en 1948 ; enfin Terreaux, en 1956. En pratique, on peut ne mentionner que la première lettre car chaque indicatif commence par un caractère différent. ; Colbert, Dragon, Ferréol Garibaldi, Guynemer, Lycée, Monte-Cristo, National, Prado à Marseilleà Marseille, seul est d'abord en service le central Colbert, suivi de Dragon en 1928. Puis apparaissent Garibaldi et National, en 1931 ; les éphémères Marengo et Meilhan (en service de 1934 à 1937) ; Prado, en 1941 ; Ferréol, en 1946 ; enfin Guynemer et Monte-Cristo, en 1951. Le central Mistral sera inauguré en janvier 1960 - trois ans après l'abandon des indicatifs littéraux. ; Capitole, Garonne, Languedoc, Matabiau à Toulouseles quatre indicatifs littéraux de Toulouse sont mis en service en 1949, sous la forme de deux lettres. Comme à Lyon, la première lettre d'un indicatif suffit, en théorie, à le distinguer des autres. De plus, il est amusant de constater que tous les indicatifs toulousains se terminent en A. N'est-ce que le fruit du hasard ou une volonté délibérée d'évoquer les consonances occitanes ?.

Pour une raison qui échappe, Bordeaux (jadis quatrième ville française la plus peuplée, dépassant Toulouse) n'a jamais eu d'indicatifs littéraux.

Cette numérotation devient tout en chiffres en 1957 à Lyon et à Marseille, et en 1959 à Toulouse. Si les indicatifs téléphoniques littéraux de Paris et de sa banlieue imprègnent durablement la mémoire collective et subsistent notamment grâce au cinéma, ceux de province sont totalement oubliés.

Dans certains centres urbains de moindre importance, l'indicatif est l'initiale du nom de la ville suivie d'un chiffre : Bpréfixes B2 à Brive-la-Gaillarde et B3 dans les communes de son agglomération. à Brive-la-Gaillarde, de 1953 à 1955 ; Dpréfixes D2 à Dijon ; D0, D4, D5 et D6 dans les communes de son agglomération. à Dijon, de 1952 à 1955 ; Epréfixes E2 et E3. à Saint-Étienne, de 1951 à 1956 ; Hpréfixes H2 et H8 au Havre et à Sanvic ; H2 à Rouelles ; H8 à Bléville et Sainte-Adresse. au Havre, de 1951 à 1955 ; Lpréfixe L1. dans les communes de l'agglomération lyonnaise, de 1951 à 1956 ; Mpréfixe M2. à Montpellier, de 1951 à 1954 ; Rpréfixes R1 à Rouen ; R5, R6, R8 et R9 dans les communes de son agglomération. à Rouen, de 1949 à 1955.

Les centraux téléphoniques régionaux Central Datede construction Architecte Adresse Ville Indicatifs Photo Chartrons 10-12 rue Gouffrand Bordeaux Gallien 13 rue du Palais Gallien Bordeaux Meriadeck 1975 Jacques Rabinel 114 rue Georges Bonnac Bordeaux Chappe 14 rue Claude Chappe Laval Lyautey 11 avenue du Marechal Lyautey Le Mans Pasteur 21 rue Pasteur Le Mans Boitelle 8 rue Louis Dupied Lille Burdeaul'automatisation du réseau lyonnais commence en 1928 au central Burdeau. 19231957 Charles Meysson,Michel Cuminal 12 bis rue Burdeau,9-11 rue Terme Lyon BUrdeau,TErreaux Franklinle central Franklin est parfois appelé Ampère, du nom de la place près de laquelle il se situe. 1926 Charles Meysson 19 rue Franklin,2 Rue Henri-IV,18 rue Bourgelat Lyon Barre,FRanklin,GAilleton Lacassagne 1972 André Gutton 123-131 avenue Félix-Faure,5 rue Kimmerling,rue Maurice-Flandin,avenue Lacassagne Lyon Lalande 1928 1 boulevard Jules-Favre,rue Fournet,rue Lalande Lyon LAlande Monceyun bâtiment jumeau sera construit à Paris en 1928, à la demande de l'administration centrale des PTT. 1919-1927 Tony Garnier rue Vaudreyle central téléphonique Moncey (construit en 1927) est parfois nommé Vaudrey, sa première appellation. Mis en service en 1919, Vaudrey est le premier indicatif littéral lyonnais.,20 rue Vendôme,20 rue Edison,rue Chaponnay Lyon MOncey,Vaudrey Parmentier 1928-1930 Charles Meysson 12 rue du Brigadier Voituret Lyon PArmentier Villeurbanne 1929 Gratte-ciel (Villeurbanne)42 avenue Henri Barbusse Villeurbanne VIlleurbanne Colbert place de la Poste,rue Colbert,rue Sainte-Marthe,2 rue Saint-Cannat Marseille COlbert Dragon 51 rue Dragonpuisangle des rues Lulli et Sainte Marseillepuis DRagon,FErréol,LYcée,Marengo Ferréol angle des rues Lulli et Sainte Marseille DRagon,FErréol,LYcée Garibaldi 19351950 Pierre Romette (1935),Eugène Chirié (1950 - surélévation) 75 rue Saint-Pierre Marseille GAribaldi,GUynemer,LYcée, Meilhan Lycée angle des rues Lulli et Sainte Marseille DRagon,FErréol,LYcée National 20 bis rue de Crimée Marseille NAtional,MOnte-Cristo Prado 343 avenue du Prado Marseille PRado Capitole 6 rue John Fitgerald-Kennedy Toulouse CApitole Garonne 73bis allée Charles de Fitte Toulouse GAronne Languedoc 13 boulevard Delacourtie Toulouse LAnguedoc Matabiau Toulouse MAtabiau

Numérotation « tout en chiffres » La numérotation « tout en chiffres » est adoptée dès 1953 pour les nouveaux centraux téléphoniques.

Dans un but de simplification et d'uniformisation, l'Administration envisage tout d'abord d'utiliser le plan d'immatriculation des véhicules automobiles (par exemple, 72 pour la Sarthe). Mais elle doit vite y renoncer vu les difficultés techniques : le trafic alors relativement faible de départements comme les Hautes-Alpes et les Basses-Alpes ne justifie pas un traitement d'égalité avec des zones de trafic intense comme la région parisienne, le Nord ou les Bouches-du-Rhône. De plus, les numéros de la zone parisienne comportent déjà 7 caractères. Pour éviter une exception source de complications et aboutir à une numérotation uniforme à 8 chiffres, il faut donc affecter aux départements de moindre trafic un préfixe ne comportant qu'un seul chiffre.

En 1955, un schéma de numérotation est établi sur les bases suivantes : des numéros régionaux à 6 caractèresen général à 6 chiffres., dont les deux premiers indiquent le centre de rattachement. Cela permet à tous les abonnés d'une même zone régionaleces zones correspondent non pas à une même région administrative, mais à des zones d'exploitation téléphonique. La majeure partie du trafic concerne le département d'origine et les départements limitrophes, qu'ils appartiennent ou non à la même région administrative. de s'appeler entre eux en ne composant que ces 6 caractères ; des indicatifs départementaux différenciant les zones régionales, sauf à de rares exceptions dues au chevauchement entre ces zonescette différence de numérotation régionale (6 ou 7 caractères) évite le chevauchement entre la zone de Paris et les autres zones régionales. Mais ces dernières, construites autour des départements, se chevauchent nécessairement..

Chaque abonné possède donc un numéro national à 8 caractères comportant l'indicatif départemental à 2 chiffressauf pour les départements de la région parisienne, dont l'indicatif commun est le 1..

Indicatifs départementaux (1955 à 1985) Dès 1955, les indicatifs départementaux sont identifiés par un numéro à 2 chiffres allant de 20 à 99. Une même région couvre un ensemble d'indicatifs départementaux - dans le tableau suivant, ces régions sont différenciées par des couleurs et assorties de l'indicatifs de leur zone de rattachement : Bordeaux, Lille, Montpellier, Nice, Rouen, Strasbourg, Toulouse, Marseille...

À l’origine, plusieurs départements présentant une petite surface ou une faible densité de population sont appariés à d'autres avec lesquels ils partagent le même indicatif : Meurthe-et-Moselle et Meuse = indicatif 28 ; Ariège et Haute-Garonne = indicatif 61 ; Gers et Hautes-Pyrénées = indicatif 62 ; Tarn et Tarn-et-Garonne = indicatif 63 ; Ardèche et Drôme = indicatif 75 ; Savoie et Haute-Savoie = indicatif 79 ; Basses-Alpes et Hautes-Alpes = indicatif 92 ; Haute-Saône et Territoire de Belfort = indicatif 84.

En dehors de l’Île-de-France, 78 indicatif "AB" à deux chiffres sont créés. Initialement, la série A = 0 et les AB = 30 et 50 sont gardés en réserve.