Bruno Montpied est un écrivain, peintre, cinéaste, chercheur et médiateur de l’art brut et des arts spontanés, né le à Boulogne-Billancourt..

Biographie Après des études littéraires, Bruno Montpied renoue en 1976, en autodidacte, avec la peinture et le dessin qu’il n’a plus pratiqués depuis l’école maternelle, ayant pratiqué jusque-là seulement l'écriture poétique (depuis 1971). Membre du Groupe du Denis-Martin qui réunit de façon informelle plusieurs jeunes désœuvrés que rassemble leur désir commun de changer la vie sur la base d'une nouvelle sensibilité héritée de l'expérience des avant-gardes du , il découvre parallèlement le Super 8.

Il publie son premier livre en 1977Journal du Cercle, éditions Réflexion, Paris, 1977 (sous le pseudonyme de Julian Silja). ; la même année, il expose ses premières œuvres au musée du LuxembourgTrois peintures de Bruno Montpied (Compartiments géométriques, inscrite au catalogue, et deux autres peintures sans titre) sont exposées au Salon Écritures organisé par le groupe lettriste au musée du Luxembourg du 3 au 31 octobre 1977. et fonde à cette occasion, aux côtés de Jacques Burtin et de Vincent Gille, le groupe épisodique Zoom Back, CameraCinq films du groupe sont projetés au musée du Luxembourg dans le cadre du Salon Écritures :1. Trouvez Hortense, de Bruno Montpied ;2. Pont-au-Double, de Bruno Montpied ;3. L’Innocence du Grand Large, de Jacques Burtin et Vincent Gille ;4. Sans titre, de Jean-Loup Montpied ;5. Conversation aigre sur les malheurs du temps, de Bruno Montpied. !

Après avoir découvert le mouvement surréaliste en 1974, il se passionne dans les années 1976-1980, à la suite de sa rencontre avec Joël Gayraud, pour le groupe CoBrA et son éloge de la spontanéité en art, puis pour les publications situationnistes qui prônent la réalisation de l’art et la fin de l’économie, enfin pour l’art brut. Ce dernier le mène à s’intéresser à l’art naïf et à l’art populaire rural. Séduit par l’idée d’une création qui n’a besoin d’aucune hiérarchie, d'aucun permis de créer, ni d'aucune initiation pour pouvoir éclore, il se met à la recherche de créateurs populaires inconnus. Il sera le révélateur d'un certain nombre de nouveaux auteurs peu ou pas perçus en France avant lui, et se fera l’écho d'autres créateurs oubliés.

D’abord en Super 8, puis à partir des années 1990 par la photo, il accumule une documentation et une iconographie de plus en plus vastes et variées sur les créateurs spontanés. Il écrit des articles sur ce thème dans différentes revues spécialisées. À partir de , il lance et anime un blog sur internet, Le Poignard subtilBlog., dans le sillage de deux revues qu’il a successivement éditées, La Chambre rouge.Format 21 x 15 cm, 5 numéros parus entre 1983 et 1985. et L’Art Immédiat.Format 29,7 x 21 cm, deux numéros parus, le premier en 1994, le second en 1995..

En 2011, il publie un livre entièrement consacré à ses recherches sur les environnements spontanés, Éloge des jardins anarchiquesÉditions de l’Insomniaque (220 pages et 250 photos) .. La même année, il coécrit avec Rémy Ricordeau le film Bricoleurs de Paradis (Le Gazouillis des éléphants)Ce film, diffusé sur plusieurs chaînes régionales de FR3 et sur Planète, a été édité en DVD et joint au livre Éloge des jardins anarchiques. Il a été projeté notamment à la Collection de l'art brut à Lausanne pour la Nuit des Musées en septembre 2011 (Programme de la Collection de l’art brut, septembre 2011, page 17)..

En 2015-2016, il a fondé et dirigé aux éditions de l'Insomniaque la collection « La Petite brute », consacrée aux créateurs autodidactes (quatre titres parus). Il est également un collaborateur actif de la revue Création franche du musée de la Création Franche, et depuis l'été 2019, du magazine d'art Artension. Il donne également régulièrement des chroniques à la revue Trakt.

En 2017, il publie aux éditions du Sandre une tentative d'inventaire général des environnements spontanés en France, Le Gazouillis des éléphants, fort volume de 936 pages où sont répertoriés et décrits 305 environnements populaires spontanés disparus ou encore existant...  

Au fil du temps, il constitue une collection d'art brut, ou naïf, anonyme ou non, ou encore d'art populaire insolite, ainsi que de créations d’artistes contemporains singuliers, l'essentiel étant qu'il soit surpris et enchanté par les oeuvres ou les objets recueillis.

Parallèlement à ces activités, il n’a cessé de peindre et d’exposer, tant dans le cadre d’expositions personnelles que collectivesPrincipales expositions personnelles : galerie l’Usine, Paris, 1987 ; Galerie Imago, Site de la Création Franche, Bègles, 1991 ; Librairie de la Halle Saint-Pierre, Paris, 1994 ; musée de la Création Franche, Bègles, 2002 ; Galerie Orsel, Paris, 2002 ; Galerie Dettinger-Mayer, Lyon, 2005 puis 2017 ; Musée de la Création Franche, Bègles, 2011 ; Galerie La Fabuloserie-Paris, 2018.. Il a fait donation de près de deux cents œuvres à différents musées de France, de Belgique, d’Espagne et d’Italieplus d'une centaine d'œuvres ont fait l’objet d’une donation au Musée de la Création franche à Bègles (Gironde).Quatre œuvres sont présentes dans la collection de la Fondation néerlandaise d’art naïf et outsider Die Stadshof prêtée et hébergée provisoirement au musée du Docteur Guislain à Gand en Belgique.23 œuvres font partie de la collection d’art singulier du musée de Navarre à Pampelune en Espagne.Une dizaine d’œuvres figurent dans le cabinet des estampes de la bibliothèque Panizzi à Reggio d'Émilie, en Italie, dans le cadre d’une donation du critique d’art Dino Menozzi.Une œuvre fait partie de l’Artothèque du centre régional d’art contemporain du château du Tremblay à Fontenoy (Yonne).Enfin, une donation de 26 œuvres a intégré en 2012 les collections du musée du Vieux-Château (Laval) (musée d’Art Naïf et d’Art Singulier)..

Peinture thumb|La Reine des feuilles mortes, 2005 × , technique mixte sur carton entoilé.. À ses débuts, Bruno Montpied travaille souvent sur de petits formats, à la peinture acrylique - influencé en cela par les peintres du groupe Cobra — puis à l’encre ou à l’aquarelle, composant de façon automatique, en jouant du hasard et d’expérimentations diverses, des scènes fouillées, complexes, parfois difficiles à interpréter. Ayant commencé au début de ses travaux par un emploi fréquent de couleurs vives, parfois criardes, sa palette a évolué progressivement vers plus de modération et d’unité chromatique.

Le dessin, les graphismes dominent son travail. Les tracés au stylo des premières années laissent progressivement la place à l’utilisation de Rotring) et de marqueurs en tous genres.

Publications Écrits Journal du Cercle, éditions Réflexion, Paris, 1977 (sous le pseudonyme de Julian Silja) Mystères, La Chambre Rouge, Paris, 1984 Papillons noirs, la Goutte d’Eau, Paris, 1991 Tour de France de quelques bricoles (inédites) en plein air, tiré à part de la revue Gazogène, Cahors, Éloge des jardins anarchiques, Éditions de l'Insomniaque, Montreuil-sous-Bois, 2011, 224 p., accompagné de 250 photos de l’auteur Andrée Acézat : oublier le passé, Éditions de l’Insomniaque, , Montreuil-sous-Bois, 2015, 80 pages, 70 photos couleurs de l’auteur Marcel Vinsard, l’homme aux mille modèles, Éditions de l’Insomniaque, , Montreuil-sous-Bois, 2016, 80 pages, 70 photos couleurs de l’auteur Le Gazouillis des éléphants : Tentative d’inventaire général des environnements spontanés et chimériques créés en France par des autodidactes populaires, bruts, naïfs, excentriques, loufoques, brindezingues, ou tout simplement inventifs, passés, présents et en devenir, en plein air ou sous terre (quelquefois en intérieur), pour le plaisir de leurs auteurs et de quelques amateurs de passage, Éditions du Sandre, < s. l. >, 2017, 930 pages, plus de photographies couleurs ..

À ces livres s’ajoutent des textes publiés dans différentes revues, notamment : « Petite course de ma vie » - « L’Été » - « En rêvant sur des couples (Onze dessins commentés par l’auteur) », La Vie Exactement , printemps-été 1986 « Bouquet du  », La Vie Exactement , automne-hiver 1987-1988

Revues thumb|La Chambre Rouge n° 2, revue éditée par Bruno Montpied, 1983. La Chambre Rouge, 5 numéros, 1983-1985. L’Art immédiat, 2 numéros, 1994-1995

En marge de La Chambre Rouge, Bruno Montpied a fait paraître les textes de différents auteurs dans la collection « La Petite Chambre Rouge » (1984-1985)Roland Chelle, Vers luisants, 1984 ; Régis Gayraud, Faire chou blanc, 1984 ; Jean-Pierre Le Goff, Sur le tas, 1984 ; Joël Gayraud, Prose au lit, 1985..

Articles Des articles de Bruno Montpied sont parus dans des revues spécialisées, dont Raw Vision, Plein Chant, Art et Thérapie, Création Franche, Gazogène, Artension, Réfractions, SURR, The Southern Quarterly Review, Le Monde libertaire, Ligeia, Les Cahiers de l’Institut, Venus d’Ailleurs, Recoins, L’Or aux 13 îles, Jardins, 303 Arts, Recherches et Créations, Mirabilia, Profane, Trakt. Certains de ces articles ont été repris dans L’Éloge des jardins anarchiques.

Parmi les articles non repris en recueil, on peut citer : « Outsider art, the situationist utopia : a parallel » (« L’Art Brut, l’utopie situationniste : un parallèle »), The Southern Quarterly Review, vol. 39, , Hattiesburg (université du Sud Mississippi), États-Unis, automne 2000-hiver 2001 « Liabeuf », « Les pipes des condamnés à mort », « Le carnaval de Belleville » et « Hérold Jeune », contributions au livre Un Paris révolutionnaire, émeutes, subversions, colères, sur une idée de Claire Auzias, coédition Nautilus et l’Esprit frappeur, Paris, 2001 « D’où vient l’art brut ? Esquisses pour une généalogie de l’art brut », Ligeia, dossiers sur l’art , Paris, juillet- « Unica Zürn, la seconde enfant qui ne voulait pas grandir », Création Franche , , Bègles « Les Bois Sculptés de l’abbé Fouré », dossier avec une introduction (Le Musée fantôme, afin d’introduire le Guide du Musée (1919) des bois sculptés créés par l’ermite de Rothéneuf), des documents rares réédités sur la vie et l’œuvre de l’abbé Fouré (dont Le Guide du Musée), une bibliographie, le tout illustré de photos de Bruno Montpied et de cartes postales anciennes, dans L’Or aux 13 Iles , , Veneux-les-Sablons « Les Barbus Müller retrouvent leur père », in Viridis candela/Le Publicateur du Collège de 'Pataphysique, , 146 E.P. [], Paris, , et surtout, sur le même sujet, on consultera Faux art roman ou art brut populaire, les Barbus Müller retrouvent leur père dans le catalogue de l'exposition Les Barbus Müller. Leur énigmatique sculpteur démasqué! du Musée Barbier-Mueller à Genève en 2020.

Médiation et découvertes Parmi les créateurs populaires que Bruno Montpied a contribué à faire connaître tant en France que sur le plan international peuvent être cités le tailleur de pierre François Michaud, ou le sculpteur et dessinateur Gaston Mouly., ainsi que, autres exemples, les créateurs André Pailloux, ou Eric Le Blanche dont Montpied fut le premier à signaler l'environnement peint, créé en secret, à l'intérieur de sa maison en Vendée.

Il a également relancé l'information sur d'autres créateurs oubliés ou peu perçus, comme l'abbé Fouré (l'ermite auteur des rochers sculptés de Rothéneuf), Désiré Guillemare, Pierre Jaïn, Maurice Lellouche, Ludovic Montégudet, René Rigal, Antoinette Dumas, Georges Maillard, Paul Fauroux, Alain Sanfourche, Alain Genty, Lui Buffo, Joseph Donadello, ou encore Jacques-Bernard Brunius (dans son rapport à un art non encore défini à son époque comme « brut »).